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 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .

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Commandoair40
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MessageSujet: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 10:59

 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Censur10

Par Léon Mazzella, journaliste et écrivain

Guerre d'Algérie LE 5 JUILLET 1962 A ORAN

L'impossible lumière sur un épisode étrangement négligé et donc méconnu de l'histoire d'une guerre qui ne s'acheva pas en mars avec les accords d'Evian.

Comment peut-on être pied-noir ?

Né à Oran le 7 novembre 1958, j'appartiens à la "génération couffin" qui vécut le grand départ de l'été 1962 dans les bras d'une mère.

Soit plus d'un siècle après l'arrivée des membres de mon "olivier généalogique" sur une jolie côte méditerranéenne.

Je ne suis pas encore retourné là-bas, pour savoir.

Mes aïeux mélangés sur place ?

Un Lorrain anarchiste qui voulait rester Français, une Andalouse venue élever des chevaux, un armateur Napolitain de l'île de Procida et une Juive de Tétouan douée pour les affaires.

Devient-on pied-noir (c'est un sentiment) comme on se choisit juif ?

Le devient-on lorsque, enfant sur la Côte basque – j'ai quitté Oran le 25 juillet 1962 pour grandir à Bayonne - des copains d'école élémentaire à la cruauté touchante vous déchaussent de force dans les vestiaires pour vérifier la couleur de vos pieds ?

Ou bien lorsque votre première amoureuse, Miren, neuf ans, vous reprend vertement : "On dit pas : A voir ? Mais : Voyons ! Ou : Montre-moi !..". Cela conduit, des années après, à écrire un livre sur le parler pied-noir. Histoire de fixer l'évanescente tchatche du soleil. Par amour des mots et goût du paradoxe : écrire l'oral. Avant l'oubli. En souvenir de Miren…

18 mars 1962 :

Signature des accords d'Evian.

19 mars :

Cessez-le-feu sur tout le territoire.

La fin des "événements", a priori.

Il n'en sera rien.

La semaine suivante, massacre rue d'Isly, à Alger.

Si loin, si près d'Oran (mon père ne boira plus jamais d'eau d'Evian).

8 avril :

Référendum sur l'autodétermination, en métropole.

1er juillet :

Second volet du référendum en Algérie.

Total : 99,72% "oui" en faveur de l'indépendance ; reconnue le 3 par le général de Gaulle.

4 juillet :

Jour de liesse en Algérie.

5 juillet :

Anniversaire de la chute d'Alger en 1830, qui marqua le début de la conquête du pays par les Français.

C'est la date choisie pour fêter une Indépendance flambant neuve. Manifestations pacifiques et circonscrites dans tout le pays.

La guerre d'Algérie est vraiment finie.

Or ce jeudi-là à Oran, ville algérienne depuis deux jours, ces manifestations tournent au massacre, aux enlèvements massifs.

Au dégoût que nous savons. Ou que nous ne saurons jamais avec précision : 365, 700, 3 000 morts et disparus entre 11 heures et 17 heures ?

Il fait beau, évidemment.


Mon père se trouve sur le port avec un cargo en partance pour Carthagène, qu'il aide à charger de nombreux pieds-noirs qui préfèrent la valise au cercueil.

Vers onze heures moins le quart, mes grands parents maternels nous cueillent, ma sœur Muriel, deux ans, et moi, pour aller passer l'après-midi à la plage, dans leur cabanon de Bouisseville.

Ma mère reste seule chez nous, au centre-ville.

La Dauphine a pris la route.

Nous échapperons aux barrages et aux rapts routiers pourtant nombreux ce jour-là.

À quelques minutes près, nous étions pris dans un tourbillon de folie meurtrière… 11 heures.

Une foule en délire venue des faubourgs, notamment du Village-Nègre, surgit en plusieurs points de la ville.

Civils armés et soldats Algériens mêlés.

Les couteaux sont tirés. Et utilisés. Les armes à feu aussi. La suite ? – des Français désarmés, fusillés comme des lapins, poignardés comme des thons, enlevés comme des pucelles par des Huns, brûlés vifs comme des hérétiques, pendus à des crochets de bouchers, torturés de façon atroce… Tout cela en temps de "paix".

Qui a mis le feu à une foule "à cran" (chacun peut comprendre cela, au bout de 130 ans de brimades, dont 8 de guerre) en tirant les premiers coups ?  

Des fellaghas enragés ?

L'ALN, Armée de libération nationale ?

Des infiltrés du FLN ?

Des ATO, Auxiliaires temporaires occasionnels ?

Les derniers activistes de l'OAS n'ayant pas encore fui en Espagne ?

Fut-ce spontané ou bien fomenté ?

Mon oncle Naphtali et son fils Gérard, 13 ans, sont enlevés vers midi.

Les mains sur la nuque, un canon dans le dos, ils appellent au secours l'armée française en faction devant certains lieux, au hasard des rues.

Elle est "hors-jeu" depuis quatre jours.

Consignée, elle ne doit plus se mêler du maintien de l'ordre.

Demeure l'arme au pied.

Les gendarmes mobiles et les CRS aussi.

Tous sont aux ordres du commandant militaire du secteur d'Oran, le général Katz, surnommé plus tard "le boucher d'Oran".

En pleine tuerie, vers 12h30, il survole la ville en hélicoptère pour apprécier la situation, puis déjeune à l'aéroport de La Sénia.

Téléphone à de Gaulle, qui lui aurait répondu : "Surtout ne bougez pas".

Joseph Katz se trouve à la tête de 18 000 militaires.

L'ordre d'intervention fut donné aux gendarmes mobiles vers 14h30 seulement.

Une heure plus tard, contre-ordre de rejoindre les casernes.

Au cours du massacre, des militaires pris pour cibles désobéissent en ripostant, et "portent assistance à des civils en danger".

Les marsouins de la 3ème compagnie du 8ème Rima, Rabah Khelif et sa 403ème Unité de force locale ; les 2ème Zouaves en sont.

Avec, c'est important, nombre d'Algériens qui sauveront des amis pieds-noirs.

Vers 19 heures, mon père joint par téléphone ce jeune radioamateur qui a eu le réflexe héroïque de lancer des SOS au monde entier, via Saint-Lys Radio, à la mi-journée.

Y répondirent des navires de guerre américains, allemands, espagnols stationnés en Méditerranée…

Ce geste fit-il réagir de Gaulle ?

Naphtali et Gérard s'échapperont par miracle.

D'autres furent torturés ou immédiatement égorgés et jetés dans l'eau croupie du Petit-Lac, aux abords de la ville.

Les jours suivants, les bulldozers du génie, sur ordre du général Katz, iront vite enterrer et étouffer à la chaux vive un charnier devenu pestilentiel.

Il le restera des années, les jours de forte chaleur.

Terrée comme une proie n'ayant d'autre défense que la dissimulation, ma mère dut son salut au silence, lorsque d'aucuns tenteront de forcer l'entrée de l'immeuble.

La tuerie virait à l'ivresse.

Savoir qu'elle aurait pu être égorgée ou mitraillée ce jour-là me retourne encore le cœur.

Elle n'avait que 26 ans.

Et encore 36 à vivre.

Ce 5 juillet vit disparaître mon petit cousin Minou, enlevé comme plusieurs centaines d'autres.

Face à cela, pire qu'une fosse, il y a un vide historique.

Ce tragique "post-épilogue" n'appartient pas à l'histoire de France et l'histoire de l'Algérie peine à le reconnaître.

La presse de l'époque en a peu parlé.

L'opinion publique ignore encore presque tout d'un massacre négligé par les historiens immédiats et les autres.

Pendant ce temps-là, à Bouisseville, ma grand-mère m'envoyait au fond du jardin pour voir si ses poules allaient pondre leur œuf.

Je suivis son "conseil" en introduisant un doigt dans le cul des oiseaux.

Elle me rappela souvent cet épisode.

Le 5 juillet 1962, je touillais donc du doigt le cul des poules pour sentir l'œuf sans le casser…

Ces souvenirs nourris de témoignages marquent la vie d'un gamin de trois ans et demi.

Puisque j'aurais pu mourir ce jour-là avec ma famille, je m'interroge.

Sereinement. J'ai juste envie de savoir.

De tirer de l'oubli, puis au clair, l'incertitude qui persiste.

Cinquante ans après, la mémoire est avide.

Elle réclame un terrain d'explication.

Un jour, j'irai me faire cuire un œuf à Oran.

Pour voir.

Léon Mazzella tient un blog : KallyVasco.

Léon Mazzella, journaliste et écrivain

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/05/5-juillet-1962-souvenir-du-massacre-d-oran_1729190_3232.html#KxURI3Zqqx9WTWs4.99

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Sicut-Aquila

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“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 13:09

Oran, 5 juillet 1962: requiem pour un massacre oublié .

Combien de temps encore pour que la lumière soit faite?

Jeudi 5 juillet 1962. Cinq heures du matin. Le jour commence à se lever sur Oran. Il devrait faire très chaud. Un souffle de sirocco vient de franchir la barrière des hauts plateaux et se laisse glisser vers la mer. Comme le reste du pays, la ville a voté l’indépendance le dimanche 1er juillet. Celle-ci est effective depuis le 3.

Les festivités populaires sont pour la journée du 5. C’est une rumeur insistante qui l’annonce, de rue en rue, de quartier en quartier. Sur les 200 000 Oranais français d’origine européenne, dont 30 000 de religion juive, sont encore là environ 40 000 personnes, hommes, femmes et enfants mêlés. Peut-être moins. Dans des conditions matérielles inimaginables, les autres ont déjà pris le terrible et définitif chemin de l’exil…

Quarante mille vivants, mais dont deux tiers sont pris au piège du manque de moyens de transport. Et pour cause : le gouvernement gaulliste n’a pas ajouté la moindre rotation — de navire ou d’avion —  pour répondre à l’immense et prévisible torrent des départs : les pieds-noirs ne sont pas les bienvenus .

Mais l’ont-ils jamais été hors en 1914 -1918 et 1944-1945 ?

Les abords de l’aéroport de La Sénia et la zone portuaire sont ainsi devenus des lieux d’entassement, de désordre indescriptible et de désespoir. Le chaos humanitaire s’ajoute au chaos militaire. Paris a choisi de l’ignorer.

Restent donc quelques milliers d’Oranais pieds-noirs qui, volontairement, n’ont pas encore quitté leur terre natale. Eux ont choisi d’attendre et voir (« Tout va peut-être rapidement s’améliorer… »), ou par opportunisme personnel, ou craignant pour leur entreprise, leur commerce ou leurs biens.

Des vieillards isolés aussi, qui n’ont plus la force de partir vers une terre que pour la plupart ils ne connaissent pas.

Ou plus volontairement encore pour quelques centaines d’entre eux. Ces derniers sont logiques avec eux-mêmes et le choix politique qui les a conduits à soutenir plus ou moins activement le FLN.

Pour eux, bientôt, le mirage d’une carte d’identité algérienne.

Ceux que l’on appellera plus tard les « pieds-verts ». Un pour cent des Français d’Algérie.

Officiellement, la guerre est stoppée

5 juillet 1962. Depuis plus de trois mois, et contre toute évidence, la guerre est officiellement terminée. L’armée française qui a stoppé unilatéralement toute action militaire depuis le 19 mars à midi, ne protège plus la population civile européenne.

Encore plus qu’avant, les pieds-noirs sont ainsi livrés depuis ce jour de défaite et de deuil, aux innombrables attentats aveugles du FLN et aux enlèvements qui augmentent en flèche. Désormais seule, face aux tueurs FLN et l’inflexibilité du parjure, l’OAS fondée à la mi-1961.

Ses commandos ont poursuivi le combat contre l’inéluctable. A un contre dix. Contre le FLN et les forces françaises devenus désormais alliés contre nature.

Le gigantesque incendie du port pétrolier est le point final de cette guerre dans la guerre. Collines et Autonomes ont quitté Oran pour l’Espagne dès le 26 juin.

L’Organisation armée secrète n’est plus, et avec elle son rêve de conserver l’Algérie à la France. Il ne reste plus un seul de ses quelques centaines de jeunes hommes survivants d’une année d’ultra-violence, et durant laquelle — comme à Alger — ils se sont battus contre le sanglant terrorisme FLN, et l’impitoyable répression d’une armée française dirigée contre un million de civils français désarmés.

Français dits « d’Algérie »… De ces commandos oranais, la moitié d’entre eux est tombée les armes à la main en moins de douze mois.

Et majoritairement face aux balles de l’armée française et la terrible et tortionnaire gendarmerie mobile.

Impitoyable et aveugle répression dirigée contre ces petits blancs coupables d’avoir cru jusqu’au bout au « Vive l’Algérie française » crié devant 100 000 personnes le 4 juin 1958 à Mostaganem à 90 km à l’est d’Oran, et par le Général de Gaulle lui-même. Le Général-parjure.

Le chaos a tout dévoré.

Entre un monde qui vient de mourir et celui qui ne lui a pas encore succédé, vient de s’ouvrir une béance d’apocalypse où le pire et l’impossible deviennent ordinaires. Malgré l’apparence, plus aucune structure officielle ne fonctionne.

Bien à l’abri dans ses cantonnements urbains, l’armée française observe et ne bouge plus.

Pour la seule ville, 16 000 hommes en armes et leurs officiers, réduits sur ordre au déshonneur.

Oran-la-Française, Oran-la-Rebelle finit de mourir.

Sept heures. Le soleil est déjà haut. Santa-Cruz, son fort et sa basilique vont tenter une dernière fois de veiller sur les survivants.

La nuit n’a pas été calme malgré les rues désertées. Pas de fusillades, pas d’explosions, et pourtant peu nombreux sont ceux qui ont pu dormir.

Les bruits les plus contradictoires se font entendre partout.

Une tension de plus en plus palpable a précédé le progressif envahissement des avenues et des boulevards par une foule déchaînée. Même les murs ont peur.

Cette tension qui monte, peu à peu se fait tintamarre.

Tandis que le centre-ville tarde à s’ouvrir au présent, les faubourgs surpeuplés se répandent dans les rues étroites. Direction le centre.

Depuis deux jours le bled a investi Oran pour y célébrer l’indépendance et matérialiser la victoire sur la France.

La ville entre en ébullition

La couronne de quartiers périphériques entre progressivement en ébullition.

Ebullition de joies et de triomphe politique, modérée d’incertitudes soigneusement provoquées et entretenues par des meneurs du FLN. Comme l’annonce l’une de leurs banderoles : « L’indépendance n’est qu’une étape »…

Mais pour qui œuvrent-ils ?

Pour le clan Ben Bella ou celui du seul Boumediene et son armée des frontières ?

Pour l’un des multiples courants d’un gouvernement provisoire de la République algérienne déjà dépassé ? Pour l’un ou l’autre des nombreux clans avides de pouvoir ?

Nul ne le sait. Et cela n’a pas d’importance ; le peuple algérien triomphe pour quelques jours encore tandis que chaque faction veut démontrer l’incompétence de l’autre et confisquer à son bénéfice les rênes du pouvoir naissant.

Le Maroc n’est pas loin, et « Radio Trottoir » assure que l’armée des frontières fonce depuis cette nuit dans la direction de cette capitale de l’Ouest algérien…

Capitale dont le contrôle lui ouvrira ensuite la route d’Alger et d’un pouvoir à prendre.

Huit heures. Une chaleur qui s’annonce étouffante et lourde va s’infiltrer partout. Le soleil déjà écrase la ville. Les faubourgs commencent leur lente descente vers le centre-ville. Médioni, Lamur, Victor-Hugo, Ville-Nouvelle, le Village-Nègre, le sanguinaire quartier des Planteurs, Eckmühl…

Des dizaines de milliers d’Algériens, ivres de joie et de vengeance, déferlent vers le centre.

Dans toutes les bouches, les cris, les slogans révolutionnaires et les chants de mort se mêlent en un charivari de violence et de transe.

Cette marée humaine se retrouve progressivement aux portes des quartiers à dominante européenne.

Entre neuf heures et dix heures, trois points névralgiques sont investis : par la rue d’Oudjda, la rue de Tlemcen et le boulevard du 2ème Zouaves, dix mille manifestants surexcités convergent vers la place Karguentah.

Le lieu est devenu politiquement symbolique même si les pieds-noirs l’ignorent : la vaste place ovale est dominée par l’étrange bâtiment nommé « Maison du colon ».

En Algérie, jusqu’en 1962, « colon » est le titre de noblesse de celui qui travaille une terre difficile.

Après 1962, ce sera autre chose…

C’est donc l’équivalent d’une Maison des agriculteurs… Dans Le Minotaure ou la halte d’Oran, Albert Camus a longuement brocardé ce bâtiment très original et de belle taille, mais à l’architecture inclassable et surprenante.

Son faîte en forme de coupe renversée domine la cohue vociférant.

A quelques centaines de mètres, au terme du boulevard de Mascara et du boulevard Joffre, la place d’Armes — vaste espace arboré bordé de bâtiments officiels — est maintenant noyée elle aussi d’une masse humaine maintenant déchaînée, hurlant et gesticulant.

De rares meneurs en civil — commissaires politiques — s’y sont infiltrés, et tentent là aussi d’amplifier et diriger cette puissance que plus rien ne pourra bientôt contenir.

Là aussi, deux ou trois dizaines de milliers d’hommes jeunes surtout, excités par les you-you stridents des femmes.

Cette mer humaine se répartit entre la mairie et sa façade de mini-Versailles, le remarquable et gracieux théâtre municipal construit au début du siècle, et enfin le Cercle militaire, mess des officiers où des centaines de soldats français sont retranchés sur ordre.

Ils savent qu’ils ne bougeront pas. « Quoi qu’il arrive », comme cela a été décidé à l’Elysée.

Et puis, dernier lieu symbolique un peu plus bas vers cette avenue du Général-Leclerc qui mène vers le cœur urbain de la place des Victoires, le square Jeanne d’Arc au pied des escaliers de la cathédrale, à la façade de style néo-mauresque.

Là aussi enfin, une foule gigantesque occupe tout ce qui peut l’être et entoure la statue équestre de la Pucelle.

Celle-ci, toute dorée des sabots jusqu’à l’épée inclinée vers le sol, élève depuis trente et un ans son visage vers le ciel.

Encore quelques instants, puis escaladée par les plus agiles, elle va se retrouver porteuse d’un immense drapeau vert et blanc.

Le triangle de la mort prend forme

Le triangle de la mort est ainsi tracé et scellé.

Le décor est en place.

Il ne manque plus que les trois coups d’une prévisible et inévitable tragédie…

Trois coups bientôt frappés à la porte du malheur…

Le rideau va se lever sur le plus grand massacre de civils de toute la guerre d’Algérie.

Et dont pourtant celle-ci ne fut pas avare.

Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, de nombreux pieds-noirs marchent sans crainte au milieu de cette foule.

Oran la populaire se maintient fidèle à sa vieille tradition cosmopolite.

Depuis toujours, dans l’Oran populaire, on cohabitait, on était voisin, la pauvreté partagée était le meilleur lien…

Les derniers Oranais français observent, certains se réjouissent, d’autres tentent de rejoindre leur lieu de travail par volonté ou habitude.

Avec le temps, ils se sont habitués aux attentats aveugles, aux grenades, aux brusques fusillades, aux bombes du FLN, aux attaques brutales des groupes OAS, aux mitrailleuses 12,7 et aux canons de 37 de l’armée française.

La guerre et la mort n’ont pas réussi à empêcher ce peuple d’âme espagnole à continuer de vivre.

Et puis, cette guerre qui n’a jamais dit son nom, n’est-elle pas finie depuis plus de trois mois ?

L’armée française l’a placardé partout ; ce doit donc être vrai puisqu’elle l’affirme.

Et puis, et puis elle est bien toujours là ; c’est donc bien que tout va rentrer dans l’ordre.

L’Oranais n’est pas avare de contradictions…

Une détonation et la ville s’embrase

Onze heures. Ou quelques minutes avant. Place Karguentah.

Soudain un coup de feu, parti d’on ne sait où ; suivi de plusieurs autres.

Quelqu’un est tombé. La panique. Des cris, des hurlements ; des doigts se tendent selon un automatisme parfait.

« La Maison du colon ! C’est là ! C’est là ! L’OAS ! C’est l’OAS ! »

Presque à la même seconde, devant la cathédrale, même tir, mêmes doigts qui se tendent, eux, vers les balcons des immeubles proches, mêmes cris : « C’est l’OAS ! C’est l’OAS ! »

Le massacre peut enfin commencer.

En quelques secondes, c’est la chasse à l’homme blanc.

D’abord vont mourir ces Européens présents parmi la foule.

Les couteaux jaillissent des poches, des pistolets, des cordes, des haches, des ongles de femmes, de lourdes et tranchantes pierres toutes bien préparées…

Le double abattoir qui vient simultanément de s’ouvrir va engloutir en quelques minutes les premières dizaines de victimes.

L’horreur ne peut se décrire… Place de la cathédrale, place Karguentah, on tue.

On tue comme on chante ; on tue comme on respire…

Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche

Place d’Armes, les manifestants, après de multiples égorgements, font maintenant des prisonniers.

Tout ce qui montre allure européenne, vêtements, visages, langage, tout est capturé, dépouillé, roué de coups, blessé.

Malheur au blanc et à tout ce qui s’en rapproche.

Là aussi, des dizaines et des dizaines d’hommes de femmes ou d’enfants touchent à leur dernier jour.

La ville n’est plus qu’une clameur multiple de cris de mourants, de pogroms et de haine brutale.

La contagion est instantanée : en moins d’une heure le massacre pousse ses métastases partout et  s’organise selon d’épouvantables modes.

Ici, on tue à la chaîne.

Là, c’est à l’unité, à la famille.

En quelques lieux, le sang a envahi les caniveaux.

Ailleurs, on assassine, on démembre, on violente, on blesse pour faire plus longtemps souffrir ; le parent meurt devant le parent provisoirement épargné.

Douze heures trente. La place d’Armes est devenue maintenant un lieu de détention et de transit.

Tandis qu’à cinquante mètres, à l’abri du Cercle militaire et des arbres qui le dissimulent, les soldats français ne peuvent pas ne pas entendre l’affreux concert de mort qui va durer jusqu’à dix-sept heures.

Plus connu sous le nom de « Boucher d’Oran », le général Katz nommé à cette fonction par un autre général-président, effectuera même à cette heure-là un rapide survol en hélicoptère.

Sans rien repérer de particulier certifiera t-il, sinon quelques attroupements et défilés de manifestants joyeux.

« Ne craignez rien, mon Général, aucun imprévu notable dans cette ville où vous avez prononcé l’un de vos meilleurs discours, et qui vous a tant acclamé… »

« Mort aux Roumis ! », « Mort aux Youdis ! »

Treize heures. Place d’Armes toujours.

Des camions militaires se présentent et s’alignent.

Dans les premiers, on entasse ceux des prisonniers qui tiennent encore debout.

Les autres sont chargés de cadavres.

De dizaines et de dizaines de cadavres jetés les uns sur les autres.

Ces camions proviennent des Etablissements du Matériel de l’armée française.

Camions que celle-ci a remis depuis le 19 mars au FLN pour la logistique de la force locale chargée d’effectuer la transition et le maintien de l’ordre.


Tous se dirigent vers le sinistre quartier du Petit Lac.

Où les vivants sont atrocement massacrés, et tous les corps enfouis dans d’innommables charniers rapidement ouverts à la pelleteuse, ou au fond de ces marigots d’eau salée et putride qui lui ont donné son nom.

Treize heures. L’horreur couvre maintenant toute la ville.

Partout des chasses à l’homme menées aux cris de « Mort aux Roumis ! », « Mort aux Youdis ! »

Les tueurs sont innombrables.

Ici, on égorge une famille.

Un peu plus loin, une autre est fusillée contre un mur déjà balafré de sang.

Là, on arrête les voitures ; les occupants blancs meurent ou prennent la direction du Petit Lac tandis que la voiture est volée ou incendiée.

Ailleurs, des groupes déchaînés pénètrent dans les immeubles, éventrent les portes et tuent tout ce qui est pied-noir.

Ailleurs encore, un vieil homme est jeté du haut de son balcon.

Plus loin une femme court et tente inutilement d’échapper à ses poursuivants.

Des groupes indistincts d’hommes et de femmes, les mains en l’air, sont conduits à pied vers le commissariat central, ou un autre lieu de détention qui deviendra vite lieu de mort.

Peu de coups de feu. Beaucoup de cris d’agonie. Des hurlements, des ordres encore. Des poursuites.

Des hangars, des gymnases, des dépôts commerciaux deviennent lieux de détention.

Détention très provisoire.

Et durant ces heures maudites, les mêmes camions poursuivent leur lent travail de noria et d’effacement des traces.

C’est ainsi qu’au quartier de la Marine proche de la Calère, plus d’une centaine de « suspects » sont regroupés dans un vaste local duquel ils seront libérés, leur a-t-on dit, après vérification de leur identité.

Il n’y aura pas un survivant.

Tous disparaissent à jamais.

Quinze heures. Un bref accrochage a lieu sur l’esplanade de la gare, tandis que finit de se consumer  à même le sol le corps d’un homme jeune qui a longtemps hurlé.

L’accrochage est le fait d’une section de soldats français menée par un jeune officier qui sans le savoir va tenter à lui seul de sauver l’honneur d’une armée déshonorée.  

Sa section reprend ainsi un petit groupe de prisonniers conduit à pied vers leur destin.

De la même façon, plus bas vers le centre, un lieutenant courageux va ravir plus d’une dizaine d’otages européens en passe de disparaître dans les sous-sols du commissariat central.

Une bouteille à la mer

Quinze heures encore. Place de la Bastille.

Dans le bâtiment de la Grande Poste, plus précisément dans la partie occupé par le central téléphonique relié à la métropole, se trouvent encore des téléphonistes — dont une majorité de jeunes femmes.

Celles-ci ont lancé un appel au secours sur les fréquences internationales.

Comme on lance une dernière bouteille à la mer.

Cet appel aurait été capté par un navire anglais qui l’aurait amplifié et transmis vers le Nord-Méditerranée.

Mais cet appel a aussi été capté par les radios de l’armée FLN des frontières.

Ses hommes viennent d’encercler le bâtiment et l’investissent.

La plupart des occupants sont tués sur place. Les survivants chargés sur leurs véhicules pour disparaître à jamais.

Là aussi, nul ne sera jamais retrouvé.

Même le dieu des chrétiens abandonne les siens ; les églises n’ont su protéger les quelques fuyards éperdus qui espéraient y trouver refuge.

La grande synagogue du boulevard Joffre n’a pu faire mieux. « Mort aux Youdis ! »,« Mort aux Roumis ! »

Ça et là, cependant, de très rares prisonniers échappent au massacre.

Le hasard, autre nom du destin, fait passer un Algérien musulman près d’un groupe de vivants provisoires.

Celui-ci y reconnaît un voisin, un ami, un employeur, une femme ; quelqu’un qu’il connaît peut-être depuis l’enfance.

Si l’homme a réussi à convaincre exécuteurs ou garde-chiourmes, un homme est épargné, une femme revit.

Ces retours de l’enfer restent hélas rarissimes.

Dix sept heures. Ou un peu avant.

Les rumeurs internationales commencent à se faire trop insistantes.

Les questions des capitales affluent vers Paris.

« Que se passe-t-il à Oran ? »

Est-ce là  la seule cause du changement d’attitude ?

Soudain, de plusieurs casernes simultanément, surgissent  des patrouilles armées et quelques blindés.

Un corps militaire FLN se joint à elles.

Le secret politique ne livrera rien des rapides accrochages, des rares échanges de feu.

Le calme est rétabli dans l’heure qui suit.

Même les bourreaux ont besoin de repos.

Mais si cette réaction reste bien timide, elle suffit pourtant à stopper les massacres et ses tragédies.

L’ALN publie aussitôt un communiqué affirmant que l’ordre est rétabli dans Oran, et que les ennemis de la révolution algérienne ne sont pas parvenus à leurs fins.

« Des meneurs, disent-ils, ont été arrêtés et seront jugés et punis par les tribunaux de la République algérienne démocratique et populaire. »

Le couvre-feu est instauré à partir du coucher du soleil à 19h55. Mais pas pour tout le monde.

Pendant la nuit, les mêmes camions nettoient la ville de ces derniers cadavres et effacent les traces et les preuves du carnage.

La gendarmerie mobile française prend quelques photos des derniers entassements de cadavres.

Ces photos sont introuvables.

Le 6 juillet, rien n’y paraît plus

Le 6 juillet, la ville est propre.

Même si ça et là, quelques tueurs sont encore à l’œuvre.

Les journalistes français présents sortent des bâtiments militaires où la France a assuré leur protection. Mais il n’y a plus rien à voir, ils peuvent circuler…

Dans les jours qui suivent, des hélicoptères français ramèneront d’indiscutables clichés, pris au-dessus du Petit Lac, et montrant de multiples et longues fosses parallèles en passe d’être refermées.

L’Algérie nouvelle vient de naître.

Son acte de naissance est paraphé des sept cents noms des victimes françaises, sacrifiées sur l’autel du vent de l’Histoire et celui de l’anticolonialisme.

Cinquante quatre ans après, un bilan plus précis reste difficile à établir.

Sans doute entre sept cents et mille deux cents morts.

L’administration française, la civile aussi bien que la militaire, a tout fait pour que la vérité ne puisse sortir du puits qu’elle a contribué à fermer avec l’aide active des différents pouvoirs algériens.

Le pouvoir gaulliste ne peut être coupable. Le pouvoir algérien non plus. L’amitié franco-algérienne est intouchable.

Cette perversion du silence fonctionne toujours aujourd’hui, ardemment soutenue par la gauche française.

D’abord, il fut question de 25 morts (Général Katz).

Puis d’une petite centaine, un an plus tard et dans la presse parisienne.

Ce nombre a plafonné ensuite à 325, pendant quarante ans, de 1970 à 2010.

Sans listes nominatives précises ni recherches réelles.

Il a fallu la volonté et l’obstination d’un chercheur historien pour pouvoir rompre « à titre exceptionnel » le secret des archives officielles françaises, et découvrir dans l’épouvante et l’horreur, la réalité de la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran.

Raison d’Etat…

Sept cents morts… Au minimum.

A 95%, les corps n’ont jamais été retrouvés.

C’est à dire qu’ils n’ont jamais été recherchés.

La France et son allié l’Algérie ne pouvant être soupçonnées d’assassinats collectifs et de complicité.

Cela se nomme « raison d’Etat ».

Aujourd’hui encore et pour le nombre, rien n’est sûr, rien n’est prouvé.

Seuls savent les pieds-noirs d’Oran et les vieux Algériens qui se souviennent et en parlent discrètement encore entre eux.

Le sujet est devenu une bombe à retardement politique qui finira inéluctablement par exploser.

Mais les sept cents morts du 5 juillet 1962 ne sont qu’une partie d’un bilan encore plus lourd.

Après la signature des accords dits d’Evian, et ne pouvant poursuivre les assassinats de pieds-noirs avec la même liberté qu’auparavant, le FLN a développé une terrible politique d’enlèvements.

Pour briser, chez ce peuple, la volonté de se maintenir.

Et lui imposer la seule alternative, celle de « la valise ou du cercueil… »


De ce funeste mois de mars 1962 jusqu’à mars 1963, il y a eu plus de 2 000 enlèvements effectués sur cette part de la population française.

Des blédards surtout, des petits blancs qui refusaient de perdre cette terre qu’ils aimaient et qui avait été leur patrie.

Parmi eux, quelques centaines ont été libérés vivants, quelques dizaines de corps retrouvés.

Les autres, avec ceux du 5 juillet 1962, ont désormais leurs noms gravés sur le Mur des Disparus à Perpignan.

Tel qu’il est écrit à l’entrée du monument :

« C’est ici leur premier et ultime tombeau »…

Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que ce jour affreux trouve enfin la page toujours blanche qui l’attend dans les livres d’histoire ?

Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que soient sondés les charniers du Petit Lac ?

Combien de temps va t-il encore falloir attendre pour que s’ouvrent toutes les archives, et que la France ait la grandeur de reconnaître sa complicité dans ce crime d’abandon de son propre peuple ?

Et, comme pour ceux d’Oradour-sur-Glane, recevoir en son sein la mémoire de ces Disparus qui n’avaient cessé de croire en elle.

Oui, combien de temps encore ?

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Drapea12


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Sicut-Aquila

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Cocoye10 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 13:22

Un article, qui retrace bien l’horreur de ce crime couvert par le mutisme de l’armée française et qui restera comme une tache honteuse et indélébile de ladite armée.

À l’époque cependant, la presse française a, elle aussi, été la grande muette, excepté Minute et je ne sais plus quel autre journal d’extrême droite.

Ces deux journaux ont dénoncé ces crimes et cette haine du blanc, racontant même des horreurs plus grandes encore, si c’est possible, commises dans les bleds à l’écart de tout, où l’on a massacré à tout va et à qui mieux mieux des Européens perdus au milieu des populations musulmanes.

Ainsi de l’histoire de cette française qui a été violée par tous les hommes du village et qui est restée attachée à un poteau nuit et jour sur la place où, pendant des mois, elle a servi d’objet sexuel à la merci de tous ces barbares pervers!

Elle a dû finir par mourir, abandonnée de tous.

Comme si cela était en soi par assez déshonorant, l’armée s’est aussi couverte de honte lors de l’abandon des harkis  massacrés eux aussi à tout va.


5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 63-8213

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Sicut-Aquila

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Cocoye10 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 20:40

Mise à part les vieux de la vieille !! qui peut se rappeler cette date ??? Bon; encore, puisque nous sommes tous dans le bain des souvenirs  !! Mais les autres ?? et même les descendants de Pied-Noir, de quoi peuvent-ils se souvenir ?? A part les commémorations du souvenir du 5 juillet 1962 !!! S'ils y viennent ?? et c'est pas sûr ???
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MessageSujet: témoignage de mon ami André AMADEUF de Bel-Abbès   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 21:11

Témoignage de André A. de Sidi-Bel-Abbès

Le 5 juillet 1962 je me rends de bon matin en voiture glacis Sud, Avenue du Maréchal Foch, derrière l'école Paul Bert.
Tous les jours un convoi de véhicules civils et militaires escorté par la Légion et à destination d'Oran se rassemble à cet endroit
J'ai le plaisir de prendre à bord de ma Peugeot 404, Martial Gonon un copain qui était en classe de première avec moi en 1954-55 au Collège Leclerc, il est lui-même satisfait de voyager confortablement avec un ami.
Bien que Sous-Lieutenant de réserve il n'avait droit qu'à s'installer dans la caisse d'un camion de l'armée. Il est en uniforme et représente pour moi un gage de sécurité.
Lorsque nous traversons le village des Trembles ? Celui de Oued imbert ? un barrage de F.L.N. veut nous contrôler, comme nous sommes entre deux camions de la Légion nous n'obtempérons pas.


Nous entrons à Oran, faisons un grand détour, passons devant le stade Montréal pour nous rendre au centre ville !!
Des milliers d'Algériens en liesse nous font une haie d'honneur, ils chantent, ils crient, ils dansent, en apparence ils semblent bienveillants, des youyous fusent. Je ne ressens aucune hostilité. Ils attendent paraît-il un défilé de troupes du F.L.N.
Je dépose Martial à l'entrée du Château Neuf qui est la base de transit de l'armée. C'est par là que passent tous les militaires qui regagnent la France ou qui en viennent.
Je me dirige aussitôt dans l'enceinte du port d'Oran à la recherche d'un aconier qui pourra faire embarquer ma voiture bourrée de ce qui nous est le plus précieux.
Je contacte en vain plusieurs courtiers. Ils n'ont pas la possibilité de prendre en charge mon véhicule!

C'est alors que des coups de feu retentissent au-dessus de nous dans toute la ville. Craignant un couvre feu et ne voulant pas être bloqué au port , je le quitte et me dirige vers le centre ville.


Mon but est de sécuriser ma 404 qui n'est pas encore totalement rodée, je vais la déposer au Garage Peugeot qui est situé si j'ai bonne mémoire au carrefour de la rue de la Vieille Mosquée et de la rue Lahitte. Ensuite , je me rendrai à l'hôtel de la Vieille Mosquée où j'ai retenu une chambre et j'attendrai que la situation se calme!.
Je remonte du port par la rampe du Capitaine Valès. Au carrefour avec la rue El Moungar, je croise sans problème une voiture occupée par des membres en armes du F.L.N. je leur demande par gestes ce qui se passe ? Ils n'ont pas l'air de savoir ! Ils ne sont pas hostiles. Par chance ils continuent leur chemin, moi le mien !!!
J'arrive au garage Peugeot, je gare ma voiture, le gardien des lieux : un Français, décide d'en fermer l'entrée. En effet, nous pouvons apercevoir au croisement de la rue Jalras et de la rue d'Alsace-Lorraine devant la brasserie Bousquet (Je connais bien Mr Bousquet qui est le président de la ligue de handball de l'Oranie) des hommes du F.L.N. qui tirent à la mitraillette dans la rue d'Alsace-Lorraine. Il nous semble qu'un corps est à terre.


A cet instant arrive une petite Renault : je pense que c'était une Dauphine ! A son bord un homme jeune, son épouse et deux enfants dont un bébé de quelques semaines. Il s'agit d'un médecin et sa famille qui rentrent de la plage. Nous les interceptons avant qu'ils s'engagent vers la brasserie Bousquet, ils entrent, nous fermons aussitôt le rideau et surveillons les alentours. Des F.L.N. arrivent dans un car qu'ils garent face au garage, ils investissent les immeubles et en ressortent avec des civils européens, des hommes seulement qu'ils font monter dans le car après avoir récupéré les clefs et les voitures de ces malheureux. Quel sort leur a-t-il été réservé par la suite ? J'en tremble encore !
Le Garage Peugeot a plusieurs étages, on y accède par une rampe en colimaçon. Nous faisons monter la Renault du docteur avec sa femme et les petits au dernier étage, les enfants ont faim, soif , ils pleurent, il n'est pas question de les laisser au rez de chaussée, ils pourraient trahir notre présence. Nous allons vivre cinq à six heures d'angoisse en attendant le pire ! Hasard ? Chance ? Les F.L.N. n'ont pas l'idée d'entrer dans notre cachette bourrée de voitures dont les clefs sont accrochées sur un grand tableau !!

Vers cinq heures de l'après-midi, ils se rassemblent rapidement et disparaissent avec leur triste butin, des patrouilles de l'armée française prennent enfin possession des rues. Nous nous dépêchons de quitter les lieux, je me dirige vers l'hôtel qui doit être à moins de deux cents mètres du garage.
A l'accueil, je trouve quelques militaires clients tout comme moi. Un sous-officier du 28ième train est décomposé, il tremble de rage, de désespoir et d'impuissance, il a vu devant sa caserne à quelques pas des sentinelles de notre armée, des civils français qui ont été lynchés et même dépecés par une foule en délire. Les militaires n'ont pu intervenir en raison des ordres formels d'un certain Général Katz (voir note 4).....!

Le couvre feu a été instauré. Nous n'avons rien à manger, la patronne de l'hôtel nous donne à chacun un petit morceau de pain agrémenté d'un brin de jambon cuit.
Je dors très mal cette nuit là ! Une foule de questions se bousculent dans ma tête ! Au petit jour du 6 juillet 1962 ma décision est prise. Je rentre en France avec ou sans voiture !


Le couvre feu a été levé à sept heures du matin, je longe le Lycée Lamoricière qui sert de casernement à des soldats français et me rends au comptoir d'Air France sis Boulevard Galliéni ou rue de la Poste ? (Trou de mémoire).
Une dizaine de personnes ,des hommes en majorité, attendent une problématique ouverture des bureaux de réservation !
Alors que je vais prendre place derrière le dernier arrivant, j'ai la joie de trouver dans la file d'attente : Aimé Muller ,un de mes cousins originaire d'Hammam-Bou-Hadjar. Nous sommes heureux de nous savoir libres et en bonne santé. Je lui fais part de l'insuccès de mes démarches pour embarquer ma voiture. Il a une solution à mon problème.
La veille, alors qu'il attendait son tour dans les bureaux de la Compagnie Transatlantique afin de faire prendre en charge son auto pour l'expédier en France, la fusillade à fait que la Transat a fermé ses guichets. Les employés lui ont donné un ticket de priorité pour la file d'attente des jours suivants. Il a le numéro deux ou trois ??
La veille pendant qu'il attendait, son beau-frère a fait le nécessaire pour expédier en métropole leurs deux voitures par l'intermédiaire d'une autre compagnie !

Il me cède aussitôt son ticket prioritaire !
Le rideau de l'agence se lève, j'achète trois places d'avion pour le dix juillet sur la ligne Oran-Marseille : deux places pour mes parents, une pour moi!
Je descends au port, à onze heures ma Peugeot est dans la cale d'un bateau qui part pour Marseille le jour même!
Je rentre à Sidi-Bel-Abbès par le premier train, fort de ce que j'ai vécu à Oran, j'essaye de convaincre mes parents qu'ils doivent impérativement prendre l'avion avec moi.
Ils refusent catégoriquement, ils tiennent absolument à rester sur place tant que leurs meubles et les miens ne seront pas expédiés sur le sol français !
Dans ma précipitation, j'avais oublié de prendre une place d'avion pour mon beau-père, confus, je lui propose l'une des deux places réservées devenue vacante.
Il a exactement la même réponse que mes ascendants !
Je prends quelques photos de notre ville, les quartiers européens sont déserts, le Bel-Abbès si vivant hier est devenu désertique , les habitants sont partis ou restent terrés chez eux en attendant des jours meilleurs.

Le 9 juillet, désespéré de partir seul, je reprends le train en direction d'Oran et passe la nuit à l'hôtel de la Vielle Mosquée. Je revends à prix coutant les billets d'avion en ma possession à deux pauvres femmes ; une mère et sa fille. Terrorisées depuis le 5 juillet ,elles ne sont pas sorties de l'hôtel tellement elles sont traumatisées !!!
Le 10 juillet en début de matinée, je me rends au siège d'Air France, je prends un bus qui nous transporte à l'aéroport de La Sénia . Nous traversons les quartiers principalement peuplés d'algériens. A chaque carrefour, des combattants de l'A.L.N. montent la garde en armes. Nous sommes enfin soulagés quand le bus passe la porte de l'aéroport gardée par l'armée française.
Je possède deux valises lourdement chargées, Julien Torregrossa que j'ai connu lors d'un stage pédagogique à Aïn-EL Turck va prendre le même avion que moi, il me propose de prendre une de mes valises à sa charge. Il voyage avec ses parents, ils n'ont pratiquement rien comme bagages, il m'évite de payer ainsi un lourd supplément ! J'aurai le plaisir de le remercier une seconde fois en 2008 après qu'il m'ait retrouvé grâce à Henri Lavina et son merveilleux site : mekerra.fr

Nous arrivons à Marignane à 16 heures 15 après un vol bien triste mais sans histoire. Avec trois autres passagers de l'avion, à 16 heures 45, nous louons un taxi pour 1000 francs . Il nous emmène aussitôt au port de Marseille.
A 18 heures, je récupère ma voiture et les bagages qu'elle contient, le tout en excellent état. Je retourne à l'aéroport et y récupère mes deux valises.



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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 21:41

Il a passé à travers l'enfer !!! une chance que son aventure se passe presque bien, il n'en a était  pareil pour d'autres pauvres malheureux !!!!
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-05, 21:47

Subject: GENDARMES MOBILES,COMPLICES DU FLN en 1962
Ce témoignage corrobore les faits évoqués par JORDI dans son livre “les disparus
civils européens de la Guerre d’Algérie Silence d’Etat”
La date des faits se situe au mercredi suivant la fête des pères 1962 (mois de juin). Je
me trouvais en fonction au Commissariat de Police de Saïda en qualité de Gardien de la
Paix. Un collègue de mon service, Roland Hamel, qui possédait une 4 CV. Renault,
avait consenti à m'accompagner à l'aéroport de La Sénia afin que je puisse revoir mon
épouse et mon fils avant leur départ pour la métropole.
Nous sommes arrivés à Oran par Gambetta. Je conduisais et j'ai pris la direction de La
Senia. Tout s'est très bien passé. Nous sommes arrivés à La Senia vers 13 heures 30.
J'ai demandé à voir mon épouse à l'entrée de l'aéroport et elle est arrivée avec notre fils
vers 14 heures. Nous sommes restés ensemble pendant une heure environ : j'avais
appris que son embarquement était prévu dans le courant de la soirée; et c'est ce soir-là
qu'ils ont quitté Oran à destination de Marignane où ils sont bien arrivés. Il pouvait être
donc 15 heures lorsque Roland Hamel et moi-même avons quitté l'aéroport de La Senia
à destination d'Arzew.
Je conduisais la 4 CV. Renault, circulant vers le centre ville, afin de nous rendre à
Arzew en passant par Gambetta. Au carrefour nous avons aperçu un half-track et une
automitrailleuse, de face et sur la gauche, en quinconce, avec quatre à cinq gardes
mobiles en protection au sol et l'un d'eux s'approchant des véhicules pour interpeller les
occupants. Le serveur de la mitrailleuse de l'half-track était en position de tir et assez
irrité. Cela allait très vite et nous n'avons pas eu le temps de nous interroger !... Il
pouvait y avoir un ou deux véhicules devant nous.
A notre tour, le garde mobile s'est approché de moi et je lui ai fait savoir que nous
étions tous deux policiers à Saida. Il a alors crié à l’attention du serveur de la
mitrailleuse : "II y en a deux là"... Et aussitôt un arabe en tenue militaire est apparu de
derrière l'half-track et l'A.M. pour arriver vers nous au pas de gymnastique; comme
cela s'était produit pour les véhicules qui nous précédaient. Il s'est installé à l'arrière de
la 4 CV. armant la MAT 49 qu'il portait et dont le canon touchait ma tête. Au moment
où j'ai démarré, sur l'ordre de notre convoyeur, j'ai entendu le serveur de la mitrailleuse
dire :
"deux de moins à dédommager en France"...
Nous étions pris au piège, suivant le ou les véhicules qui nous précédaient et suivis de
la même façon par d'autres voitures. C'est pratiquement en cortège que nous sommes
arrivés dans un des P.C. du F.L.N. de la ville nouvelle (Village nègre); Roland Hamel
se trouvant en position de passager avant. Je me souviens qu'il n'y avait pas de
circulation en sens inverse... Ce campement était installé, pour ce dont je me souviens,
dans une impasse avec un parking assez large, clos à droite par un mur pouvant
constituer l'arrière de garages dont les portes donnaient dans la rue ou l'impasse
parallèle; et bordé gauche et au fond par des pavillons. Je pense qu'il s'agissait d'une
impasse parce que le pavillon où nous allions être détenus se situait en bout et en
travers de la chaussée et du parking sur lequel nous sommes arrivés. Cette impasse ne
se situait pas sur l'artère principale.
Sur les indications de notre convoyeur, j'ai tourné une fois à gauche en rentrant dans la
ville nouvelle, et une fois à droite à environ deux à trois cents mètres, puis à nouveau à
droite pour nous retrouver vraiment dans ce camp retranché...
Sur le rétroviseur intérieur j'avais remarqué que notre convoyeur avait le doigt sur la
détente. Il avait environ la trentaine d'années et il paraissait sûr de lui. J'ai commencé à
lui parler lentement en arabe, lui faisant remarquer qu'il avait le doigt sur la détente et
qu'un "accident regrettable" pouvait toujours arriver en roulant. Je l'ai alors prié de
quitter son doigt de la détente, ce qu'il a fait lentement. Puis je lui ai demandé de me
confirmer si nous allions vers un P.C. du F.L.N. Il a répondu par l'affirmative. Toujours
en arabe et très lentement, je lui ai dit que je voulais avant toute chose parler à un
responsable; lui précisant que mon père avait servi dans la même unité que Ahmed Ben
Bella, en Italie, et qu'il serait regrettable pour tous qu'il nous arrive quelque chose... Il
m'avait alors promis de faire le nécessaire et nous avons eu beaucoup de chance.
Dès notre arrivée, plusieurs individus se sont rués vers notre véhicule comme sur tous
les véhicules qui nous précédaient (un ou deux) et qui nous suivaient (beaucoup plus);
j'ai encore à l'esprit l'image de l'individu qui arrivait vers moi, débraillé, veste ouverte,
un couteau de boucher passé dans la ceinture avec encore du sang frais sur la lame... Et
à proximité, sur notre gauche, un groupe d'individus formant un rond au centre duquel
un ou plusieurs Français étaient en train de se faire égorger...
Cette situation était générale dans ce campement sur 200 à 250 mètres environ.
Notre convoyeur est sorti rapidement et s'est interposé énergiquement à l'adresse de
ceux qui se ruaient vers nous. Ces derniers ont marqué un temps d'arrêt et le convoyeur
nous a demandés de descendre, les mains en l'air, de manière à nous faire désarmer.
Nous portions tous deux nos armes de service et je l'avais dit à notre convoyeur avant
d'arriver. C'est pendant cette opération que j'ai aperçu, quatre à cinq voitures derrière
nous, un ami d'Arzew... Il était conduit "manu militari" dans notre direction... Il s'agit
de François Perles, propriétaire et exploitant du cinéma "L'Eden" d'Arzew.
A partir de là les choses ont été très vite. On m'a demandé d'avancer vers un pavillon
qui se trouvait en face de nous. J'ai exigé que mon collègue reste avec moi. C'est ainsi
que nous avons été tous les deux conduits au 1er étage. Alors que nous gravissions
l'escalier, j'ai pu apercevoir François Perles qui était dirigé vers le sous-sol de ce même
pavillon; pour entendre presque aussitôt trois coups de feu claquer... J'ai compris qu'ils
l'avaient tué...
Présenté au responsable qui s'est avéré être un "religieux" faisant autorité (Alem ou
recteur de mosquée), je n'ai pas eu de mal à m'entretenir avec lui pour avoir appris le
"coran"... Je lui avais proposé de prendre attache avec mon chef de brigade de Saïda, le
brigadier Seddiki, que nous tenions depuis peu pour être le responsable du F.L.N.; mais
surtout avec le poste de commandement de Ahmed Ben Bella. Il m'a demandé certaines
précisions à ce sujet et je lui ai dit ce que je savais, Ahmed Ben Bella et mon père
faisaient partie de la même compagnie de tabors. Ben Bella commandait la 3e section
et mon père la 4e. Ils avaient fait Monte Casino ensemble... et avaient gardé de bons et
loyaux souvenirs de combattants. Enfin, peu de temps avant, mon père m'avait
demandé de ne pas hésiter à en user en cas de difficulté. Ce responsable, âgé de 35 à 40
ans environ, à l'époque, était bien mis de sa personne. Sur photo d'époque, je pourrai le
reconnaître. Il avait un coran à la main lors de notre entretien. Il nous a laissés à la
garde de deux militaires en armes, dans cette pièce quasiment vide, regardant le mur;
alors que notre convoyeur était reparti dès notre prise en charge.
Pendant ces deux heures, sans parler ni nous retourner, nous avons entendu les départs
et arrivées de véhicules, les cris, les coups de feu qui se répétaient, et toutes ces
clameurs nous renseignaient sur la tuerie qui se commettait...
Deux heures après, environ, entre 17 heures et 17 heures 30, le "responsable" est
revenu en me précisant qu'il n'avait pas pu avoir Saïda en raison d'une coupure des
communications téléphoniques; mais il avait pu obtenir le poste de commandement de
Ahmed Ben Bella, et il nous apprenait aussitôt qu'il nous libérait... Dans la mesure où
ses renseignements auraient été négatifs, dès son arrivée nous aurions été abattus, sans
discussion... Il nous a demandés de le suivre. Nous sommes sortis du pavillon et nous
avons pu constater que la même "effervescence" régnait dans le campement. Notre
véhicule avait été déplacé et garé plus près du pavillon. J'ai pris le volant, Roland s'est
installé à la place passager-avant, et le responsable est monté à l'arrière. Nous avons
quitté ces lieux, que je ne puis situer exactement, et c'est sur les indications de ce
"responsable" que nous avons abouti "avenue ou boulevard" de Lyon.
Peu avant la mairie, en venant de la ville-nouvelle, le "responsable" m'a demandé de
m'arrêter. Il nous a rendu nos armes de service, chargeurs vides, et les cartouches en
vrac. Il est descendu du véhicule et nous a souhaités bonne chance... J'ai donc pris la
direction d'Arzew. Arrivés devant le boulevard Front-de-mer, nous nous sommes
arrêtés pour nous détendre et nous remettre de nos émotions.
C'est là aussi, en contrebas du boulevard, que nous avons vu des hommes tirer à la
roquette sur les réservoirs de carburant situés à droite du port... et prendre feu... il s'agit
de ceux qui n'avaient pas encore été détruits...
Nous avons repris la route en direction d'Arzew où nous sommes arrivés vers 19
heures, chez mon oncle, François Cano, a qui nous avons relaté les faits. Avec lui, nous
sommes allés prévenir une autorité et nous sommes allés aviser le frère de François
Perles : Michel. Je ne lui ai rien caché en ce qui concernait François, à savoir que
j'avais bien entendu trois coups de feu et que je pensais qu'il avait été tué. Il n'a plus été
revu vivant... Le lendemain, Roland et moi-même avons rejoint Saïda... où nous avons
signalé les faits au commissariat de police...
Peu de jours après, le 29 juin 1962, dans la matinée, avec seize de mes collègues,
pratiquement tous pieds-noirs, j'ai été invité à quitter le territoire algérien en raison de
l'évolution politique et par mesure de sécurité...
En clair, il nous avait été dit que nous faisions tous l'objet d'un jugement de
condamnation à mort rendu par le tribunal permanent des forces de l'A.L.N. : c'est alors
que j'ai compris toute la chance que nous avions eu... le responsable religieux n'avait
pas pu obtenir téléphoniquement notre chef de brigade qui est devenu peu de temps
après commissaire de police à Saïda... Et il devait avoir connaissance de cette
condamnation me concernant...
Dès ma sortie du bureau de l'officier de paix Abed Djillali, j'ai rencontré Hamel Roland
qui m'a aussitôt remis les clefs de sa voiture pour quitter Saïda avant midi... Il l'a
récupérée à Arzew, chez mon oncle, par la suite...
Par ailleurs, l'administration a obligé chacun de nous à se rendre à la préfecture d'Oran
à l'effet de récupérer le certificat de cessation de paiement; faute de quoi, nous avaientils
dit, nous ne pourrions pas recevoir notre traitement en arrivant en France. Or, le jour
où j'ai quitté le port d'Oran, le 4 ou le 5 juillet, sur l'EI-Djézaïr, quinze collègues venant
d'un peu tous les environs avaient été tués et pendus aux crochets de bouchers de
l'abattoir.
Cette pièce administrative ne comportait pas d'obligation à signature de l'intéressé; et,
par conséquent, l'administration aurait très bien pu transmettre ce document, par
courrier, au lieu d'affectation connu depuis quelques jours déjà... Il faut y voir là, sinon
un moyen certainement une occasion de faire éliminer beaucoup d'entre nous !...
Par conséquent, la date de la fête des pères de juin 1962 et la date du départ réel de
"L'EI-Djézaïr" (NDLR : le 5/07) me permettraient d'être formel sur les dates de ces
faits. Un plan d'Oran de l'époque, permettrait peut-être de situer le P.C. du F.L.N. où
nous avons été conduits; ainsi que l'endroit exact où nous avons été interceptés par les
gardes mobiles agissant de concert avec le F.L.N.
Je vous donne donc mandat à l'effet de faire valoir le présent témoignage, dans le cadre
de l'information ouverte contre le Général Katz, et contre toute autre personne qu'elle
révélerait; voire même par le dépôt de plainte pour tentative d'assassinat à mon
encontre puisqu'elle n'a raté son effet que par des circonstances indépendantes de la
volonté
des gardes mobiles agissant de concert avec le F.L.N. Je pense que Roland Hamel
pourrait aussi me suivre dans cette voie. Je vous laisse donc le soin de mettre en forme
le témoignage ou la plainte que vous aurez décidé après vérification des faits.
Je persiste et signe les présents feuillets pour valoir ce que de droit, affirmant qu'il
s'agit de l'expression de la vérité, sans haine ni passion, ou autre intéressement de
quelque nature que ce soit.
André RASTOLL
Merci GUY pour ce partage poignant, je ne sais si tu te souviens
lorsque j'ai raconté notre départ de Saïda en Juin 1962 par un
hasard incroyable avec ma mère nous, nous sommes retrouvés sur le
quai d' ORAN noir de monde. Elle avait pris un taxi pour me porter le
manteau que j'avais oublié à ARZEW à Pâques et de retour chez elle
des hommes "felouz" armés étaient sur le bord de la route, ma mère
a été prise de panique et le chauffeur du taxi l'avait rassurée en lui
disant que ce n'était pas pour eux, nous savions que monsieur Perlés
était rechercher par les arabes, c'était un homme honnête propriétaire
d'une salle de cinéma et de ce fait il arrivait souvent qu'il rejette les
fraudeurs, de plus ces jeunes arabes qui ne payaient pas leur billet
d'entrée détérioraient les chaises et faisaient du scandale.
Nous souhaitons que toute la vérité éclate un jour...Cependant à mon
avis l'Europe entière est en danger par tous ces envahisseurs.
BONNE FIN DE JOURNEE ET GROSSES BISES A VOUS DEUX.
Sans oublier chats et chiens.
Francine.
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 08:15

Merci Guy 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 926774

Faisons en sorte que nul n'oublie .

Ce Forum est là pour ça .

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Sicut-Aquila

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Cocoye10 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 08:49

Commandoair40 a écrit:
Merci Guy  5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 926774

Faisons en sorte que nul n'oublie .

Ce Forum est là pour ça .

et merci à toi d'avoir pensé à parler du 5 juillet 62 !
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 11:53

C'est normal mon Ami .

J'ai encore dans ma tête , les seuls jours ou j'ai vu mon Père pleurer .

Le 05 Juillet 1962 et La Rue d'Isly .

Lui l'homme de fer et de parole , le Vieux Juteux-Chef qui a fait trois guerres et une bataille .

Bon restons en là : j'ai de la buée sur mes lunettes


Sad  Sad  Sad  Sad

Pour eux et pour lui .

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 1996631456 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 1996631456

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 756672612

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MessageSujet: UN COUP POUR RIEN !   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 12:30

N° 1258
_____
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
QUATORZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 16 juillet 2013.
PROPOSITION DE LOI
visant à reconnaître le massacre de la population française à Oran le 5 juillet 1962,
(Renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de
constitution
d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée par Madame et Messieurs
Lionnel LUCA, Élie ABOUD, Thierry MARIANI, Philippe MEUNIER, Philippe VITEL, Alain
CHRÉTIEN, Bernard BROCHAND, Laurent FURST, Jean-Claude GUIBAL, Jean-Frédéric
POISSON, Patrice VERCHÈRE, Jean-Jacques GUILLET, Guy TEISSIER et Valérie BOYER,
députés.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Le 5 juillet 1962 restera la date d’une tragédie pour les Européens installés en Algérie
lorsqu’elle était française.
Le journaliste Georges-Marc Benamou a écrit à juste titre, « le massacre du 5 juillet d’Oran
semble être un évènement clandestin, discutable, fantasmé, et dont les seuls survivants se
repassent le souvenir. Aucune étude historique définitive. Pas de véritable investigation. Peu
de livres. Pas une plaque, nul hommage officiel de la République ».
La reconnaissance, en octobre dernier par François Hollande, de la responsabilité de la
France dans la tuerie d’Algériens à Paris en octobre 1961, semble être une pierre de plus
dans cette volonté d’ignorer celles et ceux qui ont payé de leur vie le fait d’être français
durant cette période.
Le 5 juillet 1962 il reste à Oran, environ 100 000 Européens.
Les accords d’Évian du 18 mars 1962 ont fixé la date du cessez-le-feu au 19 mars entre le
FLN et la France et le principe d’indépendance de l’Algérie.
À compter de cette date, massacres de harkis, enlèvements d’Européens contraints de
traverser des quartiers musulmans pour se rendre à leur travail, se multiplient faute de
patrouilles militaires.
Dès lors, la population civile française terrorisée comprend la fragilité de son statut défini
par les accords d’Évian, son manque de protection, dont la seule issue est l’exode massif en
métropole.
Si l’exode s’organise, celui-ci est très vite ralenti, faute de moyens suffisants, terrestres et
aériens, pour assurer le retour sur le continent de toutes les familles, qui, effrayées par les
exactions, tentent de fuir un territoire qu’elles ont aimé.
Le 3 juillet 1962, après le référendum organisé en Algérie, le Général de Gaulle reconnait
officiellement l’indépendance de l’Algérie et le transfert de la souveraineté à l’exécutif
provisoire algérien.
La proclamation de cette indépendance est prévue pour le 5 juillet, date du
132ème anniversaire de la prise d’Alger par les Français en 1830.
Cette journée sera une journée dont l’histoire restera à jamais écrite avec le sang
d’innocents, lynchés sur la place d’armes d’Oran, tués à coup de fusils ou de couteaux.
Les témoignages recueillis sont accablants ; les chiffres varient de quelques centaines à
quelques milliers de victimes.
À la douleur des souffrances vécues, s’est ajoutée au fils des ans, la douleur de
l’inacceptable oubli de ce massacre.
Certains, pourtant, se sont élevés pour que les Français d’Algérie, sacrifiés à des dessins
politiques, ne le soient pas par l’indifférence qui confine à la négation des faits.
Le Révérend Père Michel de Laparre, présent lors des massacres, fut l’un des premiers à
publier en 1964 « Le journal d’un prêtre en Algérie », relatant les heures durant lesquelles
les Français furent massacrés dans les rues du centre-ville, sans qu’intervienne ni l’armée, ni
les gardes mobiles, pourtant encasernés en grand nombre dans les différents bâtiments
militaires, lycées ou collèges, et qualifiant cette journée de « journée de honte ».
Jean-Jacques Jordi, dans son livre « Un silence d’État : Disparus civils et européens de la
guerre d’Algérie » retrace les évènements de ce 5 juillet 1962, où hommes, femmes, enfants
furent lapidés, égorgés, torturés, sur la place publique, sans que l’armée française
n’intervienne pour les sauver.
Plus récemment, Guillaume Zeller, dans son livre publié en 2012 « Oran, 5 juillet 1962, un
massacre oublié » pointe du doigt cette ignorance voulue jusqu’au plus haut sommet de
l’État.
Qualifié par l’auteur de « nouvelle Saint Barthélémy », le massacre d’Oran, grâce à sa
position de journaliste, sort peu à peu de l’ombre, touche le grand public, et fait reculer le
déni historique.
Reste l’État français, qui a fait sienne une théorie fort connue en psychanalyse : « ce qui
n’est pas dit, n’existe pas ».
Ce massacre collectif, rendu possible par une passivité coupable au plus haut niveau de
l’État, a volontairement été occulté par les protagonistes qui n’avaient aucun intérêt à la
vérité.
Mais, comme le souligne Jean-Pierre Pister, Agrégé de l’Université, Professeur de Chaire
supérieure honoraire, lycée H. Poincaré à Nancy, « l’Histoire, la vraie, celle qui n’est pas
falsifiée, ni par les idéologies, ni par les raisons d’État, finit toujours par s’imposer ».
Ce massacre qui a blessé dans leur chair les Français d’Algérie, mais qui blesse aussi
aujourd’hui les Français qui n’ont pas vécu ces évènements, doit être enfin reconnu par
l’État français qui ne peut plus s’extraire d’une mémoire collective, dont il doit être le
gardien, et qui est aujourd’hui partagée par des historiens, des journalistes, des écrivains…
Il n’est que temps que la République française honore les victimes innocentes dont le seul
tort fut d’être françaises, ou d’avoir servi la France le 5 juillet 1962 à Oran.
Il vous est ainsi soumis la proposition de loi suivante.
PROPOSITION DE LOI
Article unique
La République française reconnaît le massacre de la population française du 5 juillet 1962 à
Oran.
© Assemblée nationale
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 12:36

Merci Guy ,

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 367768 mais je suis comme "Sœur Anne" , ne vois tu rien venir ??????

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 12:44

Et, actuellement, ou en ai toute cette législation ?? il y a-t-il des manifestation ou des villes qui honorent les morts de ce massacre ?? et quel magasine peut en parler ?? Je ne me suis pas trop  impliqué dans l'histoire de ce pogrome ? Qui encore fait un devoir de mémoire pour en parler ? mise à part vous deux !!!
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MessageSujet: TEMOIGNAGE, un parmi d'autres   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-06, 15:06

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Pn_la_10
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MessageSujet: ORAN 5 JUILLET 1962   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-07, 14:13

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-07, 15:08

Merci Guy ,

Je connais bien Sausset les Pins , j'y ai beaucoup d'amis PN .

Quand les "Français" , vont ils enfin se rendre compte de ce qui risque de se passer dans qq année .

Bof , les vacances sont là , comme en Juillet 62 , roulez , roulez , petits manèges .

De Gaulle et les suivants devraient êtres condamnés pour crime contre l'humanité .

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 4103821100 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 4103821100

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MessageSujet: Quelle était la culpabilité des enfants d'El-Halia ?   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-07, 16:23

Quelle était la culpabilité des enfants d'El-Halia ?

"Témoignage de marie-jeanne Pusceddu"

http://www.algerie-francaise.org/temoignages/e lhalia.shtml

Insoutenable horreur barbare. Quelle était la culpabilité des enfants d'El-Halia ?

Je m'appelle Marie-Jeanne Pusceddu, je suis Pieds-Noirs, née à Philippeville en 1938 de parents français, d'origine italienne.

Mes parents étaient des ouvriers; toute ma famille, frères, oncles, cousins, travaillait à la mine d'El-Halia, près de Philippeville.

Ce petit village d'El-Halia n'était qu'un village de mineurs, d'artisans qui travaillaient dur dans la mine de fer.

Il y avait également des ouvriers arabes avec qui nous partagions, au , moment de nos fêtes respectives, nos pâtisseries et notre amitié. Ils avaient leurs coutumes, différentes des nôtres, nous nous respections. Nous étions heureux.

Les « événements d'Algérie » ont commencé en 1954. Mais pour nous, la vie était la même, nous ne nous méfions pas de nos amis arabes.

Je me suis mariée le 13 août 1955, nous avons fait une belle fête et tous nos amis étaient là, notamment C..., le chauffeur de taxi arabe que nous connaissions bien... Avec mon mari, nous sommes partis en voyage de noces.

Le 19 août 1955, avec mon mari André Brandy (ingénieur des mines employé au Bureau de la recherche minière d'Algérie), nous avons pris le taxi de C...pour rentrer à El-Halia.

Pendant le trajet, C... nous dit : « Demain, il y aura une grande fête avec beaucoup de viande ». Je lui répondis : « Quelle fête ? Il n'y a pas de fête ». Je pensais qu'il plaisantait...

Le lendemain, 20 août, tous les hommes étaient au travail à la mine sauf mon mari.
Il était juste midi, nous étions à table, quand soudain, des cris stridents, les youyous des mauresques et des coups de feu nous ont surpris.

Au même moment, ma belle-sœur Rose, sa petite dernière Bernadette (trois mois) dans les bras arrive, affolée, suivie de ses enfants, Geneviève 8 ans, Jean-Paul 5 ans, Nicole 14 ans, Anne-Marie 4 ans. Son aîné Roger, âgé de 17 ans, était à la mine avec son père.

Avec ma mère, mon frère Roland de 8 ans, Suzanne ma sour de 10 ans, Olga mon autre sour de 14 ans et mon mari, nous avons compris qu'il se passait quelque chose de grave. Les cris étaient épouvantables. Ils criaient : « Nous voulons les hommes ». Je dis à mon mari : « Vite, va te cacher dans la buanderie ! ».

Nous nous sommes enfermés dans la maison, mais les fellaghas ont fait irruption en cassant la porte à coup de hache. À notre grande stupeur, c'était C..., le chauffeur de taxi, « l'ami » qui avait assisté à mon mariage. Je le revois encore comme si c'était hier. Il nous a poursuivis de la chambre à la salle à manger, puis dans la cuisine; nous étions pris au piège. C..., avec son fusil de chasse, nous menaçait.

Il a immédiatement tiré sur ma pauvre mère, en pleine poitrine, elle essayait de protéger mon petit frère Roland. Elle est morte sur le coup avec Roland dans ses bras, lui aussi gravement atteint. Ma belle-soeur Rosé a été tuée dans le dos.

Elle gardait son bébé contre le mur, ma jeune soeur Olga s'est jetée, dans une crise d'hystérie, sur le fusil, il a tiré à bout portant. la blessant salement. Il nous narguait avec son fusil.
Bravement et affolée, je lui dis : « Vas-y ! Tire ! Il ne reste plus que moi ». Il a tiré, j'ai reçu la balle à hauteur de la hanche, je n'ai même pas réalisé et il est parti.

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Elhali10

J'ai pris les enfants, les ai cachés sous le lit avec moi, mais je souffrais trop et je voulais savoir si mon mari était toujours vivant. Je suis allée dans la buanderie et me suis cachée avec lui derrière la volière. Les fellaghas, les fils de C..., sont revenus. Ils se dirigeaient vers nous en entendant un bruit, mais l'un d'eux a dit en arabe : « C'est rien, c'est les oiseaux ». Et nous sommes restés, apeurés, désemparés, sans bouger jusqu'à cinq heures de l'après-midi.

Les cris, le youyous stridents, la fumée, le feu, quel cauchemar !...

Un avion de tourisme est passé au-dessus du village et a donné l'alerte.

L'armée est arrivée à dix-sept heures. Et là, nous sommes rentrés dans la maison pour constater l'horreur.

Mon petit frère Roland respirait encore; il est resté cinq jours dans le coma et nous l'avons sauvé.
Malheureusement, ma sœur Olga a été violée et assassinée. Ma sœur Suzanne, blessée à la tête, elle en porte encore la marque.

Puis l'armée nous a regroupés.

Ma famille Azeï, tous massacrés au couteau, la soeur de ma mère, son mari, ses deux filles dont l'une était paralysée, l'une des filles qui était en vacances avec son bébé a été, elle aussi assassinée à coups de couteau (c'est la fiancée de son frère, qui s'était cachée, qui a tout vu et nous l'a raconté).

Le bébé avait été éclaté contre le mur.

Puis, mon cousin a été tué à coups de fourchette au restaurant de la mine, le frère de ma mère.
Pierrot Scarfoto a été, lui aussi massacré, en voulant sauver ses enfants, à coups de couteau, les parties enfoncées dans la bouche, ainsi que mon neveu Roger, âgé de 17 ans.

Mon père, sourd de naissance, blessé à coups de couteau, s'était réfugié dans une galerie abandonnée. Il n'a pas entendu l'armée, on ne l'a retrouvé que quinze jours plus tard, mort à la suite de ses blessures. Il a dû souffrir le martyre. Mon jeune frère Julien a été également massacré.

Treize membres de ma famille ont ainsi été martyrisés, massacrés par le F.L.N.

Je suis restée à l'hôpital près de trois mois, j'avais fait une hémorragie interne avec infection, car les balles fabriquées étaient bourrées de poils, de bris de lames de rasoir.

Nous avions échappé à la mort, mais pas à la souffrance. Mon mari fut muté à Bougie, mais le chantier ayant subi une attaque, il a dû fermer; puis à Ampère, près de Sétif, et finalement au Sahara. Mais les femmes n'étaient pas admises.

J'ai été recueillie avec mes deux frères à Lacaune-les-Bains, chez les sours de Saint-Vincent-de-Faul, j'y étais déjà venue plus jeune.

Le fellagha meurtrier de ma famille a été arrêté, j'ai dû venir témoigner pendant trois ans en Algérie, car j'étais le seul témoin.

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Elhali11

Mon témoignage fut mis en doute, du moins la façon dont les miens ont été massacrés.

Ils ont déterré ma mère pour voir si je disais la vérité, je n'en pouvais plus.

On a retiré plusieurs balles et la seule chose de positive dans tout ce cauchemar, c'est le collier qu'elle portait et que l'on m'a remis; collier dont je ne me séparerai jamais.

Et si nous parlions de repentance ?

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Sicut-Aquila

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MessageSujet: MASSACRE D'UNE FAMILLE EN ORANIE   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-07, 16:35

MASSACRE D'UNE FAMILLE EN ORANIE

Par Jean-Claude KESSLER

http://www.algerie-francaise.org/leflnafai t/index.shtml

Témoignage recueilli par Hervé CUESTA dans le dernier numéro d'Aux Echos d'Alger

Depuis quelques jours une espèce d'hystérie collective s'est emparée de la presse et de l'audiovisuel mettant en cause le comportement de l'armée Française durant la guerre d'Algérie.

D'anciens soldats du contingent éprouvent aujourd'hui, disent-ils, un besoin impérieux de parler.... de dénoncer certaines dérives qu'aurait pu commettre notre armée durant ce conflit.

Aussi, j'ai décidé à mon tour de parler, de raconter...

Tout ce qui va suivre est un témoignage destiné aux générations présentes et à venir, afin de ne jamais oublier le martyre qu’ont subit ces Français d'Algérie, véritable génocide que la France a caché.

Je veux raconter...

Les toutes premières victimes innocentes, qui au lendemain de la Toussaint sanglante, pour la plupart des femmes et des enfants, étaient retrouvées affreusement mutilées, mais ceci n'allait être que le prélude d'une extermination qui devait durer plus de sept ans.

Alors que je me trouvais avec mon unité en Oranie, nous étions chargés d’assurer la protection de femmes isolées et au cours de la journée nous passions les voir afin de les rassurer.

Je me souviens en particulier d'une famille de cultivateurs dont leur ferme n'était qu'à une vingtaine de kilomètres de notre base, elle était composée du père, de la mère et de quatre enfants dont l’aînée, une fillette de quatorze ans et le dernier âgé seulement de quelques mois, ils avaient installé sur le toit une sirène à air comprimé qu’ils devaient déclencher en cas d’attaque.

Je me souviens de cette nuit où le hurlement lugubre de la sirène semblait nous dire : « dépêchez-vous » .

Je veux vous raconter ce que nous avons retrouvé à notre arrivée :


La grange était en feu, dans la cour la fillette était au sol, morte et entièrement dévêtue, après l’avoir violée ils lui avaient tranche la tête et déposée entre ses jambes nues.


Mes hommes et moi étions pétrifiés, incapable de bouger, le plus jeune du groupe a vomi et a refusé d’aller plus loin.

Nous nous sommes dirigés vers l’entrée de la maison et là, dans la grande pièce qui servait de séjour, j'ai découvert ce qu'on appelle l'horreur, le père était étendu près de la grande table qui occupait le centre de cette pièce, son visage, les yeux grand ouvert disaient encore sa souffrance et sa bouche entre-ouverte avait vainement tenté de prendre un peu d'air quand ils l'ont égorgé, son pantalon était rabattu sur ses chaussures.

Il était émasculé et il y avait du sang partout sur le sol.

Sur la grande table gisait sa femme, la jupe retroussée sur sa poitrine, une grande plaie allant du pubis jusqu'à la taille et par où s’échappaient ses viscères qui pendaient le long de la table.

Un peu plus loin sur le sol, une « bouillie » sanguinolente qui de prime abord ne ressemblait à rien, était en fait les deux garçons sur qui les terroristes s’étaient acharnés probablement à coup de barre transformant leur tête en une espèce de galette rouge dont la cervelle striait de blanc cette flaque.

Enfin je dois raconter aussi comment nous avons découvert le quatrième enfant. Un bébé d’une quinzaine de mois, comment décrire la scène tant cela est hideux, dans la cheminée éteinte ils s’étaient servi du tournebroche pour empaler l’enfant, le pique qui traversait son corps ressortait près du cou, sa tête pendait et ses mains touchaient les cendres du foyer.

Il flottait dans la pièce une odeur fade, et je sais à présent ce que l’on appelle l’odeur de la mort ;

Les corps étaient encore chauds preuve que le massacre venait d’avoir lieu, les Melons ne devaient pas être bien loin.

Nous avons roulé les cadavres dans nos toiles de tentes afin de les ramener à notre camp, et j’ai du personnellement retirer le pique qui empalait le bébé car les hommes qui m’accompagnaient ont refusé de toucher le petit corps meurtri et je ne voulais pas, par respect pour cet enfant dont le seul crime avait été de naître européen, que d’autres le voient.

Peut-on imaginer que des êtres humains puissent commettre de tels actes au nom d’une quelconque idéologie sans devenir eux-mêmes des animaux.

Jean-Claude KESSLER
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Voici ce qui risque d'arriver en France dans qq années .

Le réveil sera difficile , m'en fout , moi , je serai "Crevé"  5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 138580
 

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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-07-07, 18:22

C'est ce qui nous attend dans quelques temps  si nous prenons pas certaines précautions !!!


Dernière édition par bretirouge le 2016-09-28, 11:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-09-28, 00:21

L'horreur... en fait, je ne trouve pas de mots Sad Sad Sad

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Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu'au jour où être fort reste ta seule option !
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-09-28, 11:27

Abomination d'un peuple redevenu à l'état barbars comme ils sont tous! L'appel du sang les rend fous méfiez vous des meilleurs ce sont souvent les plus fanatiques au moment de la curée 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565  
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MessageSujet: Re: 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié .   5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Icon_minitime2016-09-28, 11:52

bretirouge a écrit:
Abomination d'un peuple redevenu à l'état barbars comme ils sont tous! L'appel du sang les rend fous méfiez vous des meilleurs ce sont souvent les plus fanatiques au moment de la curée 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 33565  

Gus : 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 926774 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 373769 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 926774 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 373769 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 926774

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 1502460398

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Sicut-Aquila

5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . Cocoye10 5 juillet 1962 à Oran, un massacre oublié . 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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