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 Grand Combattant ...Jean Souètre

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Papa schulz
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MessageSujet: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-27, 20:44

Les Grands Combattants Volontaires

SOUETRE Jean   

Jean René Souètre naît le 15 octobre 1931 à Ayguemortes les Graves, en Gironde.
 
A onze ans, il est enfant de troupe, puis, en 1950, il effectue un stage d'officier de réserve et est affecté, en 1950, à l'armée de l'air.  
 
En 1952, après être passé par l'Ecole d'Artillerie d'Idar Oberstein, il se voit refuser sa demande de servir en Indochine, et sert en RFA.
 

En 1954, le lieutenant Souètre se retrouve à Geryville en Algérie, au sein des fusiliers de l'air.

Deux ans plus tard, il va pouvoir montrer son caractère volontaire: apprenant que des pétroliers sont tombés dans une embuscade, il se porte à leur secours avec sa section et parvient à les dégager, ce qui lui vaudra une sanction de quinze jours d'arrêt de rigueur par sa hiérarchie, pour avoir agi sans ordre...
 
Les commandos de l'air

Sont alors créés et le lieutenant Souètre obtient sa mutation dans l'une de ces unités, où il se fait aussitôt breveter parachutiste.

En novembre 1957, il prend le commandement du commando "Maxime", pour remplacer son capitaine blessé, et mènera ses hommes au combat durant deux années.

En avril 1960, le capitaine Souètre est nommé à la direction du bataillon d'instruction des commandos de l'air.
 

Mais ses idées politiques lui valent d'être renvoyé en métropole en fin 1960.

Deux mois plus tard, celui que ses proches surnomment "le Robin des Bois de l'Ouarsenis" revient pour créer en Oranie un maquis de résistance pour l'Algérie française.

Il est arrêté, jugé, condamné et interné au camp de Saint Maurice l'Ardoise, dans le Gard, dont il s'évade en février 1962 pour rejoindre l'Algérie, où il devient l'un des responsables de l'OAS.
 
Condamné à mort par contumace, il est contraint de vivre en Afrique dans la clandestinité et commence une carrière de mercenaire, notamment avec Bob Denard, au Katanga, où il participe aux combats de 1967, avant de rejoindre l'Angola.
 
Amnistié en 1968, Jean Souètre rentre en Europe pour y exercer des fonctions de cadre supérieur, en Espagne d'abord, puis en Martinique, et enfin en métropole, à partir de 1975.
 
Jean Souètre meurt à Annemasse, le 18 janvier 2001, à l'âge de soixante-dix ans.
 
Ayant reçu plusieurs citations lors de sa carrière militaire, Jean Souètre avait été fait chevalier de la Légion d'honneur, et était titulaire de plusieurs autres décorations, notamment la croix de la Valeur militaire. 

FNCV   
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-27, 20:46

Jean Souètre

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-27, 20:55

Merci Gus

Un Grand Monsieur , un Ami de mon Père , j'ai sauté sur ses genoux (petit)

Il deviendra le directeur du Casino de "Divonne les Bains"

Etait au début , je crois au 10 , puis quand le Capitaine Fuhrer , fut blessé , c'est lui qui prendra le commandement du CPA40

Certains lui prêterons sa contribution a l'assassinat de Kennedy , ce qui est totalement faux

Je continuerai plus tard , afin d'honorer ce grand Soldat du "GCPA" Algérie .


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Sicut-Aquila

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“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-27, 20:56


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Au Capitaine

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Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors ce qui compte, c'est d'avoir le moral !
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-27, 21:00

Il serait intéressant d'en savoir plus sur ce grand Monsieur, comme tu le connais bien Grand Combattant ...Jean Souètre 373769
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-28, 07:24

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-28, 19:46

Je confirme :  il était au 20

Je ne le connais pas plus que d'autres , mais je vais relier mes souvenirs de gosse avec des recherches .

Grand Combattant ...Jean Souètre Souetr11

15 juin 2001 : mort de Jean Souètre

Jean-René Souètre est né le 15 octobre 1930 à Ayguemorte-les-Graves en Gironde.

Il embrasse très tôt la carrière militaire, à onze ans, il est enfant de troupe à Billom puis à Autun.

Il rejoint l’Armée de l’air en 1950.

Il obtient son brevet de commandant de batterie anti-aérienne à sa sortie de l’école d’artillerie interalliée d’Idar-Oberstein et est affecté à Mourmelon.

Sous-lieutenant en 1952, sa demande de servir en Indochine est refusée.

Sa spécialité n’y étant pas jugée utile; il se retrouve en occupation en RFA à Lahr .

Au début de la guerre d’Algérie, le groupement d’artillerie est dissout pour être remplacé par une demi-brigade de fusiliers de l’air (DBFA) qui en 1954 est aussitôt envoyée en Afrique du nord.

En 1956, le Lieutenant Souètre se distingue car, sans ordre, il va dégager avec sa section des pétroliers tombés dans une embuscade :

Il reçoit une sanction de quinze jours d’arrêt de rigueur.

C’est alors que sont créés les commandos de l’air, sur une idée du commandant de l’air en Algérie, le général de Maricourt.

Souètre demande sa mutation dans une de ces unités.

Breveté parachutiste, Jean Souètre, qui vient de passer quelques jours au CPA 20/541, devient l’adjoint du capitaine Fuhrer, commandant du commando parachutiste de l’air (CPA) 40/541 qui opère dans le sud oranais, l’Ouarsenis et la Kabylie.

Le 13 novembre 1957, son capitaine blessé, il se voit attribuer le commandement du commando.

Nommé capitaine à 29 ans, il quitte le CPA « Maxime » le 12 avril 1960 pour prendre la direction du bataillon d’instruction des commandos de l’air.

Il reçoit plusieurs décorations et citations et est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Avec audace, lors de la « Semaine des Barricades d’Alger », du 24 janvier au 1er février 1960, il affirme ses propres idées concernant la politique à suivre en Algérie.

En décembre, il est muté hors des commandos et envoyé en métropole après le voyage du général De Gaulle, lors duquel il a par trop manifesté ses fortes convictions « Algérie française » ».

Grand Combattant ...Jean Souètre Souetr10
"Tramoni et Souètre"

Surnommé par ses proches le « Robin des Bois de l’Ouarsenis », il revient en Algérie en février 1961, à Bouguirat, dans l’arrière-pays de Mostaganem, afin de créer un maquis de résistance pour l’Algérie française.

Arrêté peu après, il est libéré lors du soulèvement des généraux.

De nouveau arrêté, jugé, condamné, il est interné au camp de Saint-Maurice-l’Ardoise.  

Le 20 janvier 1962, son mariage dans ce camp avec Josette Marcailhou d’Aymeric, cousine de René Villard,  cause un petit scandale : en effet, la cérémonie a lieu en présence du commandant-adjoint de la IXe Région militaire, le général Clément.

Cela fait d’autant plus scandale que Paris Match en publie le reportage !

Dans la nuit du 18 au 19 février 1962, Jean Souètre, avec dix-sept complices, s’évade de l’« Ardoise » grâce à un tunnel de 35 mètres de long ; il passe en Espagne.

De nouveau en Algérie, il est un des responsable de l’OAS pour l’Oranie en tant que membre du directoire révolutionnaire.

Condamné à mort par contumace, il est contraint à la clandestinité.

Après juin 1962 et sa condamnation, Jean Souètre vit en Espagne.

En 1966, il est conseiller de Moïse Tshombe, président en exil en Espagne.

Durant les combats de juillet 1967 au Katanga, il est aux côtés de Bob Denard.

Puis, toujours en Afrique, il est à la tête d’un groupe en Angola.

Avec les autres membres de l’OAS, Jean Souètre est amnistié en 1968.

Il prend alors jusqu’en 1971 la direction d’une société basée à Majorque, aux îles Baléares puis revient en France, plus précisément aux Antilles, où il est fondé de pouvoir d’une sucrerie de Martinique.

De retour en métropole en 1975, Jean Souètre appartient au comité de direction du casino de Divonne-les-Bains jusqu’à son décès.

En 1977, la publication d’un document de la CIA lance une polémique sur l’éventuelle participation de Jean Souètre à l’assassinat de John F. Kennedy.

Ce document évoque en effet « sa » présence à Dallas le vendredi 22 novembre 1963.

Dix-huit heures après la mort du président américain, un Français est arrêté à Fort Worth puis expulsé des États-Unis.

La note précise : « le sujet est soupçonné d’être un capitaine déserteur de l’armée française et activiste de l’OAS ».

Le journaliste Steve Rivele découvre plus tard, en 1988, que Jean Souètre a un « ennemi » ancien : Michel Mertz.

Employé par les services secrets français pour infiltrer l’OAS avant de tremper dans des affaires de trafic de drogue, celui-ci aurait usurpé l’identité de Jean Souètre.

Ce dernier reconnaît d’ailleurs que Mertz avait déjà eu l’habitude de se servir de son nom comme pseudonyme, pour éventuellement le compromettre.

Il est évident donc que le véritable Jean Souètre ne se soit pas trouvé à Dallas ce 22 novembre 1963.

Le journaliste d’investigation français William Reymond, pense que le SDECE a voulu fabriquer « de toutes pièces la présence de Souètre, détenant ainsi un moyen de pression sur l’OAS. »

Dès son retour en métropole, il devient membre du Front National et un pilier de la fédération de Savoie ou il se présente régulièrement aux élections.

Le capitaine Souètre s’éteint le 15 juin 2001 à Annemasse.

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-05-28, 20:55

C'était un chef hors normes dans toute le sens du mot Grand Combattant ...Jean Souètre 926774
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-02, 18:31

Comme promis , je reviens sur le "Capitaine Souêtre"

Les travaux suivants ne sont pas de moi , mais d'un Ami et membre du Forum

Gilles CANOVARO

Gilles est un spécialiste de la période OAS , il même depuis des années des recherches , sur cette organisation .

Il a rencontré un grand nombre de participants: Civils et Militaires encore vivants .

Certains articles seront mis en ligne , ne parlants pas de "Jean-Souêtre" , afin de situer le contexte dans lequel il se trouvait .

Bonne lecture et régalez vous  

Première partie

Saint-Maurice l’Ardoise

Un camp pour activistes dans le Gard en 1962.


Didier Lavrut.

On peut commencer, puisqu’il a été l’un des plus médiatisés, par le capitaine Souètre.

Jean Souètre était un capitaine parachutiste appartenant au milieu des officiers ultras d’Algérie.

Refusant sa mutation en métropole, il déserta le 8 février 1961 avec un groupe d’une vingtaine d’officiers, sous-officiers, de simples soldats ainsi que des civils pour fonder un maquis dans l’arrière-pays de Mostaganem.

Ce maquis baptisé « France Résurrection » devait soulever les populations contre le pouvoir.

Souètre, qui était un personnage à l’évidence charismatique, avec un mélange assez prononcé de panache et d’immaturité, faisait distribuer à grande échelle des tracts où il écrivait :

« Voici venue l’heure des centurions. Il est temps de franchir le Rubicon ».

La tentative était vouée à l’échec et le 21 février, la gendarmerie donna l’assaut à la ferme où le groupe s’était réfugié, près de Bouguirat.

Huit membres de ce maquis comparaissaient les 18 et 19 décembre 1961 devant le Tribunal militaire spécial.

Les trois militaires, le capitaine Souètre et les sergents Luca et Lemineur, bénéficièrent des circonstances atténuantes et écopèrent de peines avec sursis.

Les cinq civils furent acquittés.

Mais dans la foulée, sept d’entre eux furent placés sous arrêté d’assignation et transférés le jour même dans les locaux de police de l’ancien hôpital Beaujon dans le 8e arrondissement de Paris.

Tous les sept, dont le capitaine Souètre, firent partie du tout premier groupe qui arriva à Saint-Maurice l’Ardoise le 12 janvier 1962.

Dès qu’ils arrivent, le 12 janvier 1962, le directeur Achille Perrodo, est frappé par la jeunesse des 58 assignés et par leur état d’esprit.

Beaucoup d’insolence, de bravades ainsi que le recours aux insultes, le refus d’obéissance et une indiscipline générale.

Les agressions envers les surveillants sont fréquentes, l’ivresse récurrente et le vol de matériel régulier.

Jusqu’en mars, des travaux de réaménagement se poursuivent, témoignant de l’extrême improvisation de la mise en service de ce camp, et les menuisiers, électriciens, peintres et plâtriers employés par des entreprises locales, sont régulièrement l’objet de menaces et menacent eux-mêmes de ne pas achever le chantier.

Il est très facile visiblement de dérober tournevis, clés, scies, pelles, etc.

Régulièrement des inscriptions « Vive l’OAS » ou encore « Algérie française » sont tracées sur les toits des baraquements ou sur les murs avec de la peinture dérobée sur le chantier.

La buvette est un jour baptisée « Bar de l’O.A.S. ».

C’est à tel point que très vite les RG en viennent à considérer Jean Dides, un des plus âgés avec ses 46 ans, comme un élément modérateur, le chef de file du camp « parmi les aînés » quoique « sans grande influence sur les éléments les plus turbulents ».

Au début de février, lorsque le successeur de Perrodo, Raoul Texier, veut reprendre les choses en main, les assignés lui font visiblement payer le renvoi de son prédécesseur.

Dans une série de courriers rédigés dans un état de panique extrêmement palpable, Texier fait état d’un véritable climat insurrectionnel.

Les assignés terrorisent le personnel civil, les agents, insultent les CRS par delà les barbelés, cassent ampoules, tabourets, tables, armoires, vident les extincteurs, arrachent les portes, les haut-parleurs et lacèrent les couvertures.

Texier tente de marquer son autorité avec l’opération « Aurore », mais elle ne fait qu’envenimer les choses.

Son arrêt de travail pour raison médicale semble arriver de façon forte opportune, le 6 février 1962.

Cela étant, il n’en demeure pas moins indiscutable qu’un sentiment de sympathie envers les assignés, pour ne pas dire de bienveillance, émane de l’encadrement.

Le premier de ces exemples, celui qui a le plus marqué à l’époque, est le mariage du capitaine Souètre.

Le 20 janvier 1962, le maire de Saint-Laurent-les-Arbres marie dans l’enceinte du camp le capitaine Jean Souètre avec Josette Marcailhou d’Aymeric.

Un banquet est dressé auquel participent les 74 internés mais également les épouses d’une partie d’entre eux.

Il y a bien sûr la famille de la mariée.

Le général Clément, commandant-adjoint de la IXe Région militaire (Marseille), est le témoin du marié et le repas de noce n’a rien de particulièrement carcéral.

Pour couronner le tout, un reporter de Paris-Match est là, entré avec on ne sait quelle autorisation.

Au terme des festivités, Souètre, officier déserteur est nommé commandant.

Cette affaire coûte au général Clément son poste et Achille Perrodo est remplacé à la direction du camp.

Elle témoigne néanmoins de la sympathie et des liens dont les assignés de l’Ardoise peuvent se prévaloir tant dans l’armée que dans la police où Jean Dides dispose encore de nombreux et solides soutiens.

Pour beaucoup de policiers, la cause de l’Algérie française où beaucoup de collègues ont donné leur vie est une cause forte, au moins jusqu’à la fusillade de la rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962.

L’évasion la plus spectaculaire se produit dans la nuit du 18 au 19 février 1962.

Pas moins de dix-huit assignés s’évadent dans des conditions qui laissent perplexe.

Il ressort de l’enquête minutieuse effectuée par la gendarmerie de Roquemaure que cette nuit-là, trois évasions sans rapport les unes avec les autres se sont produites.

La plus importante a visiblement été préparée par les deux capitaines d’active, Jean Souètre et Raymond Mura.

Depuis le sol d’un des baraquements en préfabriqué qui servait à stocker du bois de chauffage, ils ont creusé dans le sable un tunnel de 35 mètres de long sous un caniveau d’évacuation des eaux, qui débouchait au-delà des miradors et de la double clôture de barbelés, dans cet espace non encore débroussaillé à 18 mètres de la dernière rangée de chevaux de frise, laquelle fut franchie en-dessous avec quelques coup de pelle dans le sable.

23 mètres cube de déblais ont été retrouvés répartis dans trois petites pièces contiguës.

Il semble évident qu’un tel travail n’a pu être réalisé en quelques heures.

Cela n’empêche pas un des gardiens d’affirmer dans sa déposition avoir été cherché du bois dans la journée et n’avoir rien remarqué d’anormal.

Le bruit s’était répandu depuis quelques jours que quelque chose se préparait au baraquement M9 et qu’il y avait une opportunité d’évasion.

Vers 1 heure du matin, le tunnel semble achevé et les huit évadés qui ne furent pas repris l’empruntent immédiatement.

Au cours des heures qui suivent, le baraquement accueille jusqu’à 30 à 40 personnes qui arrivent là parce que les allées et venues sont inhabituelles, par curiosité ou parce qu’on leur a donné rendez-vous.

Certains décident d’emprunter le tunnel, certains prennent le temps de rassembler des affaires.

Non seulement ce défilé pour le moins indiscret n’alerte pas un seul gardien, mais il se prolonge jusque vers 4 heures du matin, moment où le dernier à décider de s’évader est finalement repéré à sa sortie du tunnel par un CRS et est arrêté sans résistance.

Au total, huit des seize évadés du tunnel sont repris dans la journée du 19 février, par petits groupes, errant dans les bois près de Tavel pour ceux qui purent aller le plus loin.


Parmi ces évadés repris, trois membres du maquis de Jean Souètre, deux civils et un sous-officier, qui d’après leur déposition n’apprirent l’existence du tunnel qu’au cours de la nuit et n’avaient par ailleurs quasiment au contact avec Souètre dans le camp.

Au cours de cette même nuit, un ancien légionnaire pris d’un coup de cafard décidait brusquement de s’évader en rampant sous la double rangée de barbelés en ignorant tout de l’existence du tunnel.

Du moins est ce qu’il affirme dans la déposition que recueillent les gendarmes de Roquemaure.

Enfin, par un invraisemblable concours de circonstances, cette même nuit, les deux activistes gardois évoqués plus haut, Durrmeyer et Cabanis, attendaient avec une voiture à proximité du périmètre du camp, un activiste de Palavas, Jean Rossini, qui devait lui aussi s’évader, en escaladant les pieux des clôtures de barbelés.

L’importance du dispositif policier qui vers quatre heures du matin lançait les premières recherches, fit échouer la tentative de ce groupe, Rossini n’étant pas parvenu à rejoindre ses deux complices.

Au total, huit assignés réussirent à s’échapper.

Les uns passèrent en Espagne.

D’autres restèrent en France pour rejoindre les réseaux de l’OAS comme Louis Larnaudie qui fut arrêté à Nice le 28 juin 1962 alors qu’il rackettait des commerçants. Souètre et Mura, les deux capitaines parachutistes cerveaux de l’évasion envoyèrent depuis l’Espagne au début du mois de mars une lettre en forme de justification destinée au directeur du camp, dont l’argumentaire résume assez bien l’esprit qui anime ces activistes.

Souètre passa ensuite en Algérie.

Une chemise d’un des cartons versés par le cabinet du préfet aux Archives départementales du Gard conserve la photocopie d’une carte postale envoyée de Sidi Bel Abbès le 12 mai 1962 et destinée à Jean Dides.

Souètre joua un rôle non négligeable dans les ultimes feux de l’OAS d’Alger.

Il n’en demeure pas moins qu’une évasion d’une telle ampleur apparaît difficilement imaginable sans que l’encadrement en ait eu connaissance, surtout si l’on en considère l’invraisemblable durée totale de plus de trois heures.

Grand Combattant ...Jean Souètre Camp_s11
"CAMP ST MAURICE ARDOISE"

Grand Combattant ...Jean Souètre Lemine11
"LEMINEUR EN DJELABA AVEC CIGARETTE MAIN DROITE"

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Grand Combattant ...Jean Souètre Mariag14

Grand Combattant ...Jean Souètre Mariag15
"MARIAGE SOUETRE"

Grand Combattant ...Jean Souètre Proces11
"PROCES SOUETRE - LUCA - LEMINEUR"

<< A suivre >>

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-02, 18:47

Grand Combattant ...Jean Souètre 926774  merci JP pour ce complément !  Grand Combattant ...Jean Souètre 373769 Grand Combattant ...Jean Souètre 373769

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-02, 19:55

"Deuxième Partie"

Jean Pierre

 En faisant mes recherches, je suis tombé sur ce texte écrit par Anne Dulphy, agrégée et docteur en histoire, qui permet de comprendre comment le pouvoir gaulliste en passant un accord avec les autorités franquistes, celles-ci lui ont garanti une contribution active à la répression des complots activistes.

Fin juin 1962, la plupart des chefs de l’OAS, les commandos Delta, la majorité des colonels ont rallié les côtes espagnoles en utilisant toutes sortes d’embarcations .

Voire en se glissant dans les navires affrétés par le gouvernement espagnol pour évacuer d’Oran plus de 4000 de ses ressortissants.

Au débarquement, les autorités franquistes ont fermé les yeux sur les passagers en situation irrégulière.

Un mouvement massif de milliers de Pieds Noirs liés à la péninsule par la nationalité ou l’ascendance, de réfugiés désemparés et remplis d’amertume vis-à-vis de la métropole, se produisait depuis le printemps.

Fondé sur les proximités historiques et géographiques entre les deux rives, en particulier le Levant et l’Oranie, cet exode était entretenu par l’absence de restriction policière ou douanière, par l’accueil chaleureux, par les facilités d’installation, par la modestie du coût de la vie et la possibilité de faire fructifier un modeste capital.

Les exilés de l’OAS formaient un milieu marqué par la politique et divisé en factions rivales, bien que le général Gardy eût été nommé vice-président du CNR en novembre 1962 pour représenter « les Espagnols ».

La présence de ce dernier, du colonel Dufour et de Jean Claude Perez à Saint-Sébastien lui donnait une « allure de capitale de l’OAS-Algérie-Sahara en exil », pour reprendre la formule de Jean Curutchet.

Le colonel Broizat vivait à Madrid, Joseph Ortiz, le docteur Kovacs, Jacques Achard et Jean René Souetre à Palma de Majorque, Athanase Georgeopoulos, Robert Tabarot, Michel de Bigne et Camille Vignau dans la région d’Alicane.

Pour occuper leurs troupes, des centres d’entrainement furent créés à Arenys de Mar et Reus en Catalogne, à Saint-Sébastien et à Alicante.


Puis on installa des écoles conjuguant formation politique, entrainement physique et préparation militaire, sur le modèle des organisations d’exilés cubains, à Villfogona de Riucop, près de Tarragone, et à San Vicente près d’Alicante.

Chargé du dossier espagnol aux Renseignements généraux, le commissaire principal Michel Baroin l’amorça dès l’été 1962 en établissant le contact entre son directeur Jules Plettner et le colonel Blanco.

Soucieuses de neutraliser les activistes, les autorités franquistes acceptèrent en octobre de refouler les unités combattantes de Saint-Sebastien vers Alicante, puis leur proposèrent de s’engager dans la Légion.

Par des contrôles policiers, des tracasseries administratives, elles instaurèrent un climat d’insécurité, mais exigèrent des contreparties pour agir plus directement.

Sans doute des assurances en ce sens furent-elles obtenues par le colonel Blanco lorsque, à Noël, il vint à Paris rencontrer le ministre de l’Intérieur Roger Frey puisque le pouvoir franquiste fit l’ouverture politique décisive le 18 janvier 1963.

Accompagné des directeurs techniques compétents, Roger Frey se rendit en Espagne dès la fin du mois, le 29, il signa avec son homologue Camilo Alonso Vega un accord lui garantissant une contribution active à la répression des complots activistes.

De nouvelles mesures de réciprocité furent prises à l’encontre de l’anti franquisme communiste et anarchiste réfugié en France.

Des expulsions furent décidées vers l’Amérique du Sud, en mars 1963, notamment celles de Jean Gardes et de Jean Claude Perez qui reviendra 3 mois après vivre semi clandestinement en Espagne.

Une fois isolées les éléments les plus dangereux, la France gaullienne souhaitait réintégrer dans la communauté nationale les militants de base de l’OAS sous le sous le coup d’une procédure judiciaire.

Les difficultés consécutives à l’exode avaient en effet détourné la grande majorité d’une lutte politique qui avait par ailleurs perdu son sens avec l’indépendance de l’Algérie.

En situation irrégulière, ils ne pouvaient obtenir un emploi et vivaient dans le dénuement.

Aussi l’opération Réconciliation engagée en août 1963 fut-elle synonyme de régularisation civile et judiciaire.

A son terme, deux ans plus tard, elle avait concerné 250 personnes, dont plusieurs criminels de sang, qui furent dotées d’attestations destinées aux autorités franquistes ainsi que de passeports valables en Espagne et hors Europe, et purent ainsi s’insérer.

Ce succès provoqua le désagrément des commandos et la colère des plus durs, comme Jean Claude Perez qui dénonça un travail de désunion au sein des réfugiés de l’OAS en Espagne.

La loi d’amnistie du 24 juillet 1968 constitua l’aboutissement de la stratégie française qui a tendu à faire rentrer dans le giron national, par le rapatriement ou la légalisation de l’expatriation, une population en désarroi afin d’éviter toute dérive activiste.

Synonyme de régularisation collective, elle a été le prélude à de nombreux retours.



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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-02, 21:24

Merci pour ces compléments sur la vie activiste de Souêtre !! quel mec avec des idées bien ancrés Grand Combattant ...Jean Souètre 373769
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-03, 12:04

"Troisième Partie"

Revenons sur l'assassinat de JFK pour parler des faits qui sont à l'origine des soupçons portés sur le Capitaine Souètre dans cet attentat.

L’histoire de la piste française de l’assassinat de JFK commence en 1977 quand Mary Ferell, une des plus importantes chercheuses sur l’attentat, trouve dans les archives déclassifiées par le gouvernement américain le compte rendu d’une demande de renseignement des services secrets français sur un officier déserteur, membre de l’OAS activement recherché, présent à Dallas le 22 novembre 1963.

« Jean Souetre alias Michel Roux alias Michel Mertz » a été expulsé des Etats Unis, à Fort Worth ou à Dallas, quarante huit heures après l’assassinat. Il était à Forth Worth le matin du 22 novembre et à Dallas l’après midi.

Les français pensent qu’il a été expulsé vers le Mexique ou le Canada.

Le message date du début mars 1964, les services secrets français justifient leur démarche, non pas dans le but de contribuer à l’enquête sur l’assassinat, mais parce que le général de Gaulle doit se rendre au Mexique à la mi mars et que les attentats de l’OAS et ce qui est arrivé à JFK, il convient de redoubler de prudence.

Le Capitaine Souetre a eu vent assez tôt des éléments qui le reliaient au crime de Dallas.

Sa défense est alors claire et précise : il n’était pas à Dallas, et si son nom a été cité par les services secrets français, c’est que ces derniers voulaient l’impliquer dans l’assassinat pour l’empêcher de recevoir le soutien de la CIA dans les combats qu’il entendait mener contre le communisme.

Jean René Souetre, le french assassin.

Restait à vérifier l’histoire en trouvant l’origine de l’information des services secrets français.

Retrouvée par hasard, perdue dans le fond d’un dossier, un article de presse, dans Côte Basque Soir, un journal oublié et disparu du sud ouest de la France.

Un soir de février 1964, un journaliste, Louis Assémat Tessandier, revenant de Montréal, y raconte une histoire singulière.

Un ancien officier para en Algérie, rencontré par une nuit d’ivresse au Canada, lui a parlé d’un projet d’attentat : il s’agissait de tuer le général de Gaulle lors de son prochain voyage officiel au Mexique.

Le jeune homme lui a expliqué qu’il arrivait de Mexico, où il s’était retrouvé après avoir été expulsé des Etats Unis en novembre.

« J’étais à Fort Worth au breakfast à écouter Kennedy dire son dernier discours. Je savais qu’à Dallas, ce serait fini. Dès la fin du discours, je sautais dans un avion pour Dallas, là je puis seulement vous dire qu’il y avait un feu croisé, avec plusieurs tireurs ».

Il parle en revanche du futur voyage de De Gaulle, la foule et la confusion permettront à d’excellents tireurs de faire le boulot et croyez moi ce sera comme à Dallas et pas comme au Petit Clamart.

L’article atterrit vite entre les mains des autorités locales et Louis Assémat Tessandier est interrogé.  

Il livre le nom de l’homme : Michel Roux, un nom banal, si commun qu’il fleure bon le nom d’emprunt derrière lequel se cache sans doute un tueur de l’OAS.

Son projet, son attitude et son physique décrits par le journaliste amènent les services de renseignement à penser qu’il pourrait s’agir de Jean René Souetre.

Ceux-ci ont, en effet, intercepté un courrier qui lui était adressé et provenait du Texas, rien de compromettant, la carte d’un dentiste de Houston, mais qui prouve que Souetre a des contacts dans la région de Dallas.

Une demande d’information est envoyée à la CIA, c’est son compte rendu qui apparaît dans les archives, un condensé de ce qu’a raconté le journaliste.

Grâce à ces informations, les services secrets français retrouvent des personnes qui ont fréquenté « Michel Roux » à Montréal.

Et finissent par le localiser, il s’appelle bien Roux Michel, Pierre, Gabriel, Louis.

Il confirme qu’il était aux Etats Unis en novembre 1963 et au Canada au début de l’année 1964. Qu’il a bien été en contact à Montréal avec le journaliste.

Pour le reste, face à son article, il tombe des nues.

Non, il ne fait pas partie de l’OAS, n’a aucune intention de tuer de Gaulle, et ne sait rien de l’assassinat de JFK.

Certes, il était bien à Fort Worth le 22 novembre mais il n’en a pas été expulsé, il a de son plein gré, gagné le Mexique puis le Canada.

S’il s’est rendu aux Etats Unis, c’est qu’il avait fait la rencontre, alors qu’il était employé dans un hôtel parisien, d’entrepreneurs texans.

Il est donc allé chez eux, à Fort Worth, dans l’espoir d’y travailler puis il est parti, sur leurs conseils à Mexico où il n’a pas non plus trouvé d’emploi et s’est donc rabattu sur le Canada, avant finalement, de rentrer en France.

Parallèlement, les américains enquêtent, ils n’ont pas trouvé trace de la moindre expulsion d’un français de Dallas après l’assassinat, ils ont constaté qu’aucun Michel Mertz, ni aucun Jean Souetre n’avait été enregistré sur un vol partant ou arrivant à Dallas-Fort Worth.

En revanche, ils ont bien un Michel Roux, il était sur un vol Paris-New York et New York-Fort Worth, le 19 novembre.

Son numéro de passeport a été dûment noté.

Après vérification, il s’agit bien de celui du Michel Roux retrouvé par les services français.

Les américains indiquent qu’il a quitté les Etats Unis à Laredo, Texas, pour le Mexique, le 6 décembre 1963.

Les amis de Fort Worth qui ont recueilli le français confirment son histoire et précisent qu’au moment de l’assassinat de JFK, le jeune homme déjeunait avec leur fils sur le campus de l’université.

Au final, Michel Roux reconnaît qu’il a, avec Louis Assémat Tessandier, évoqué le voyage de De Gaulle et donné son avis sur l’assassinat de JFK. A Dallas, il avait raconté au réceptionniste de son hôtel qu’il était un légionnaire déserteur.

Louis Assémat Tessandier apparaît comme le principal responsable de cet étrange roman où transparait ce que la victime Michel Roux, appelle son goût du sensationnel en même temps que sa totale indifférence pour l’exactitude des faits.

Grand Combattant ...Jean Souètre Photos11
"PHOTOS SOUETRE CIA"

Grand Combattant ...Jean Souètre Souetr12
"SOUETRE ET CIA"

Grand Combattant ...Jean Souètre Souetr13
"SOUETRE ET FBI"

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-03, 18:59

"Quatrième Partie"

Jean Pierre,

Au départ, mes recherches sur l'assassinat de JFK m'ont conduit à rencontrer le Sergent François Lemineur, puisque le livre "Autopsie d'un crime d'Etat" de William Reymond évoque l'arrestation du Capitaine Jean René Souetre, des Sergents Esquer, Luca et Lemineur à Bouguirat en février 1961, suivie de leur internement au Camp de St Maurice l'Ardoise en janvier 1962.

J'ai comparé ses arguments pour appuyer sa thèse avec les éléments que j'ai pu recueillir auprès des personnes qui suivent:

1/ Reymond a écrit que Souètre s'est fait arrêté au maquis de bouguirat en février 1961 en compagnie d'un légionnaire français du 1er REP, qui sera membre d'un futur Delta commando, or ni les journaux ni le Sergent Lemineur qui était donc présent ce jour là avec Souètre ne valide la présence d'un légionnaire avec eux.

2/ Au camp de St Maurice l'Ardoise en février 1962, lors de l'évasion de Souètre, le seul militaire qui s'est évadé avec lui c'est le Capitaine Mura du GCP. Cette information je la tiens des archives du Gard qui détienne les rapports de Gendarmerie.

3/ En mai 1962, le tireur d'élite qui devait abattre de Gaulle sur le perron de l'Elysée était Marcel Ligier accompagné de Gabriel Anglade, or tous les deux seront arrêtés et conduits au pénitencier de l'Ile de Ré (livre Objectif de Gaulle).

4/ Reymond a écrit que de Gaulle a échappé à un attentat en mai 1963 à la Nouvelle Orléans, or de Gaulle était en France en mai 1963. Cette information je la tiens de la Fondation du Général de Gaulle.

5/ Reymond a écrit qu'un des tireurs de Dallas figure sur la photo des 3 tramps, clochards arrêtés dans un wagon le jour de l'assassinat de JFK, or ni Lemineur, ni Jo Rizza, ni Jean Claude Perez et Georges Fleury n'identifient ces hommes.

Il faut savoir que la source de William Reymond c'est Gilbert Lecavelier, ancien du SAC, ces informations ont d'ailleurs été remises en cause par Vincent Quivy, journaliste et historien, qui a publié Les Soldats Perdus et Qui n'a pas tué JFK ?

Je pense que ces 3 tramps ont été arrêtés pour faire diversion et faciliter la fuite des vrais tireurs situés face à JFK sur la colline herbeuse (Grassy Knoll).

La photo tirée du film d'Orville Nix est la seule photo qui parait tangible et qui représente un des tireurs du Grassy Knoll, à voir sur internet.

Malheureusement, l'agrandissement ne permet pas de l'identifier, mais sa silhouette montre qu'il ne s'agit pas a priori des 3 tramps arrêtés et conduits au DPD.

Grand Combattant ...Jean Souètre Tireur10
"TIREUR INCONNU SUR LE GRASSY KNOLL"

Grand Combattant ...Jean Souètre Tireur11
"TIREUR INCONNU"

Gilles CANOVARO

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-03, 19:11

Il a échappé de peu, a l'accusation de mort sur un président !!!Sa vie est une grande aventure faite d'incertitude et de planques sans cesse renouvelée. Grand Combattant ...Jean Souètre 73951 il faut avoir des nerfs solides Grand Combattant ...Jean Souètre 926774
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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-16, 14:12

"Cinquième Partie"

En enquêtant sur le capitaine Jean René Souètre pour les besoins d’un livre « Les Soldats Perdus », Vincent Quivy s’est appuyé sur des entretiens effectués entre 2001 et 2007, notamment avec Josette Marcailhou d’Aymeric et François Lemineur.

Officier de l’armée de l’air, Jean René Souetre avait suivi une formation poussée, incluant un passage au centre d’entrainement de la CIA installé dans le centre de la France, un séjour en Allemagne et un brevet de parachutiste.

Elément d’élite, il avait rejoint à leur formation les commandos de l’air qu’un proche du général de Gaulle, le préfet François Coulet, avait montés pour répondre à la spécificité de la guerre menée par les indépendantistes algériens.

Ces commandos avaient aussi un but moins avouable, ils servaient de bras armé à ce fidèle gaulliste dans la lutte engagée dès 1956 pour le retour au pouvoir du Général.

En juillet 1957, après avoir défilé sur les Champs Elysées, François Coulet avait emmené Jean René Souetre auprès du grand Charles.

L’officier avait assuré au futur président la fidélité de son commando.

S’il fallait un peu forcer le destin, le camp gaulliste pouvait compter sur ces paras expérimentés et mobiles.

Une menace que, dans la tourmente de mai 1958, au plus fort de la crise politique, les proches du Général laissaient malicieusement planer pour convaincre les parlementaires réfractaires.

Une fois au pouvoir, le fidèle Souètre fut, de ce fait, parmi les premiers déçus.

Le retour du Général signifiait pour lui la poursuite de la guerre jusqu’à la victoire totale.

Il entraina au contraire une politique de désengagement jusqu’à l’indépendance de l’Algérie.

Jean René Souetre fût un des officiers à manifester haut et fort son désaccord.

Protégé par Coulet et ce qu’il savait du retour au pouvoir du Général, il jeta les bases d’un mouvement organisé pour lutter contre l’indépendance jusqu’à que sa hiérarchie finisse par sévir : mutation d’office loin des combats et loin de l’agitation algérienne.

Ce qui l’amena à déserter en prenant avec lui ses hommes, ses armes et son matériel. Et à créer le premier maquis « Algérie Française ».

Isolé, il fut contraint de se rendre aux forces françaises régulières.

Il goûta à la prison puis fut interné dans un camp militaire au régime peu contraignant : il put y organiser son second mariage.

Déserteur, ayant pris les armes contre l’armée régulière, il risquait le peloton d’exécution. Il fut condamné à une peine d’emprisonnement avec sursis.

Cette mansuétude avait sans doute un rapport avec son parcours dans les coulisses du retour du Général, mais n’alla pas jusqu’à sa libération.

On ne tenait pas à le punir mais on ne tenait pas à le voir reprendre les armes.

Il parvint néanmoins assez facilement à s’évader et n’eut pas grand mal non plus à filer en Algérie rejoindre l’OAS qui, entre temps, avait vu le jour.

Il combattit à Oran où il se lia avec un autre capitaine déserteur, Yves Guillou (Guérin Sérac), avec qui, après l’indépendance de l’Algérie, le départ vers l’Espagne puis le Portugal, il créera une structure contre révolutionnaire qui aura pout but, s’appuyant sur des mercenaires d’extrême droite, de lutter contre le communisme partout dans le monde.

Afin d’obtenir de l’aide et le soutien dans leur combat contre le communisme, Souètre et Guérin Sérac ont pris contact avec la CIA à Lisbonne, en mai 1963.

Le représentant de la CIA a dit à Souètre que de Gaulle était le chef d’Etat d’un allié ancien et respecté et que les Etats Unis  n’avaient absolument aucune intention de travailler avec des personnes ou des groupes s’opposant au gouvernement dûment constitué de la France. Document CIA : CSCI-3/776 742, juin 1963.

La volonté, réaffirmée, de Souètre de tuer de Gaulle était, pour les américains, rédhibitoire.

Si certains agents avaient visiblement de la sympathie pour ces combattants extrémistes et ces anciens officiers d’élite, l’Agence, elle, est restée en dehors.

La seconde femme de Souètre, avec laquelle il vivait à l’automne 1963, le décrit comme impatient de repartir à l’action, très souvent en voyage, mais de courtes périodes.

Elle l’accompagne alors fréquemment en Belgique ou au Portugal, ils utilisent tous deux de faux noms et de faux papiers.

Elle n’a pas souvenir de déplacements très lointains ni très longs.

Sans économie et sans ressource depuis qu’il avait déserté, Souètre tentait de travailler pour gagner de quoi vivre.

A l’automne 1963, il touche pourtant 1 million d’anciens francs qui lui permet d’acheter un fonds de commerce sur la plage de Palma de Majorque, en Espagne.

D’où l’argent provenait-il ? sa femme l’ignore.

Des fonds de l’OAS, peut être.

Homme d’action et de terrain, Souètre s’était, en effet, investi dans ce qui restait de l’OAS mais s’était rapidement agacé des luttes internes et des discours politiques qui ne menaient à rien. Il voulait agir concrètement, se battre, arme à la main.

Les actions auxquelles il participa au cœur des années 1960 restent inconnues pour la plupart.

Aginter Press, la structure montée avec son confrère Guillou, devenu « Ralf Guérin Sérac », fut semble t-il  très active mais, obnubilés par le secret, les deux hommes ont agi avec tant de précaution que peu de chose a filtré.

On sait, grâce à la justice italienne, que leur organisation a amplement participé à la « stratégie de la tension » qui, dans les années 1960 et 1970, a consisté à commettre des attentats en Europe en les faisant passer pour des actions d’extrême gauche.

Affaiblir les communistes, renforcer dans l’opinion la crainte des « rouges » et ainsi favoriser l’émergence de pouvoirs réactionnaires et autoritaires, tel en était le but.

On sait aussi que la structure de Souètre a armé des commandos de mercenaires parties combattre en Afrique avec le soutien des services secrets occidentaux.

Les deux anciens capitaines sont en relation avec les espagnols et les portugais, ont des contacts suivis avec l’extrême droite belge et italienne, recrutent des agents troubles et des anciens des services secrets français comme américains.

Leur nébuleuse de mercenaires va aider la police de Franco à neutraliser les basques indépendantistes, collaborer avec les services politiques de Salazar, participer à des attentats en Italie et même poser des bombes en Algérie.

Pendant que Souètre s’occupe de l’action, Guérin Sérac, qui a combattu avec les américains durant la guerre de Corée et a appartenu aux services secrets de l’armée, se voue au renseignement et ne délaisse pas les informations venues des Etats Unis.

Elément troublant, la façon dont, en 1969, ont opéré les auteurs d’un attentat à Milan, dit de la « piazza Fontana » sur lequel plane, selon la justice italienne, la patte de la structure montée par Souètre et Guillou.

L’idée était de fomenter une action meurtrière en la mettant sur le dos de l’extrême gauche grâce à la manipulation habile d’un « pigeon », « un anarcho-communiste » qui, pris au piège, allait apparaître comme le coupable.

Gilles CANOVARO

Grand Combattant ...Jean Souètre Souetr14
"SOUETRE CONTACT CIA LISBONNE MAI 1963"

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"SOUETRE ET GUERIN SERAC"

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2015-06-16, 16:18

"Sixième Partie"

Le livre de Frédéric Laurent "L'Orchestre Noir" révèle la composition et la structure d'Aginter Presse ainsi que la première opération d'importance pour l'Agence :

C’est à Lisbonne, au mois de décembre 1966, qu’un groupe de français vivant au Portugal crée l’Agence internationale de presse « Aginter Presse ».

Le directeur d’Aginter Presse, Ralf Guérin Sérac, est arrivé à Lisbonne à la fin de l’année 1962. Il s’appelle à l’époque Yves Guillou, né à Plouzbere en Bretagne, dans une famille très catholique, il est entré dans l’armée française en 1947.

Il sert d’abord en Corée dans le corps expéditionnaire français, ce qui lui vaut la médaille des Nations Unies et la Bronze Star américaine, puis en Indochine, où il gagne deux blessures, la Légion d’honneur à vingt six ans et la Croix de guerre avec citation.

Enfin, c’est l’Algérie.

Nommé capitaine le 1er avril 1959, il est affecté au 11e choc, une unité parachutiste, commandée par le colonel Godard, mise à la disposition du service action du SDECE (dissoute en janvier 1962).

Au mois de février 1962, le Capitaine Guillou rallie l’OAS après avoir déserté son commandement au 3e commando de la 11e DBPC à Oran.

Son rôle dans l’armée secrète est peu connu, on sait seulement qu’il était à la tête d’un commando dans la région d’Oran.

Au mois de juin 1962, à la déclaration de l’indépendance de l’Algérie, il se réfugie d’abord en Espagne à San Sebastian, et participe avec le colonel Château Jobert à la création du Mouvement de Combat contre Révolutionnaire, puis devient membre du directoire du CNR de Georges Bidault.

Ensuite, le Capitaine Guillou va offrir ses services de technicien de la guerre révolutionnaire et de l’action psychologique au dernier empire colonial qui représente désormais, pour le français, l’ultime rempart contre le communisme et l’athéisme, le Portugal.

Les autres ont désarmé, dit-il, pas moi.

Après l’OAS, je me suis réfugié au Portugal pour continuer le combat et pour l’élargir à sa vraie dimension, qui est celle de la planète.

Dans la tête du Capitaine Guillou germe déjà l’idée d’une organisation internationale anticommuniste formée de spécialistes de la guerre révolutionnaire et de la contre subversion.

A Lisbonne, c’est par l’intermédiaire du théoricien nationaliste Jacques Ploncard d’Assac, qui gravite dans l’entourage direct du dictateur portugais, qu’Yves Guillou prend contact avec les autorités.

Le Capitaine Guillou, qui s’appelle désormais Ralf Guérin Sérac, sera d’abord engagé comme instructeur des unités antiguérillas de l’armée.

Pendant plusieurs années, Guérin Sérac va ainsi faire partager aux fascistes portugais l’expérience de l’espionnage et du terrorisme qu’il a acquise au sein des commandos de choc et de l’OAS.

Entre-temps, un groupe de fidèles, presque tous sont comme lui des anciens de l’OAS, l’a rejoint à Lisbonne.

Chez tous ces anciens de l’OAS a muri l’idée de créer une organisation anticommuniste internationale.

La PIDE va leur fournir l’occasion de la réaliser.

Les autorités portugaises chargent Guérin Sérac et ses amis, engagés par la PIDE, de la constitution de ce réseau.

Guérin Sérac devait organiser une agence de presse qui serve de couverture à une organisation chargée de s’infiltrer dans les pays africains.

En effet, la PIDE avait besoin à l’époque d’un réseau de renseignement pouvant fonctionner dans les pays africains qui abritaient les mouvements de libération des colonies portugaises.

Parallèlement, Guérin Sérac met sur pied une organisation clandestine « Ordre et Tradition » qui réunit deux types d’hommes :

-des officiers venus à lui après les combats d’Indochine et d’Algérie,  certains même de Corée.

-des intellectuels, qui pendant les mêmes périodes, s’étaient attachés à l’étude des techniques de subversion marxiste.

Les uns et les autres, mêlés de très près aux combats des dernières années, ont accepté, par des chemins différents, de disparaître dans la clandestinité où la plupart d’entre eux ont passé au moins cinq ou six années.

Constitués alors en groupes d’études, ils ont mis leur expérience en commun pour essayer de démonter les techniques marxistes de subversion et de tenter de jeter les bases d’une parade.

Pendant cette période, ils ont noué des contacts avec des groupes similaires nés en Italie, en Belgique, en Allemagne, en Espagne ou au Portugal, pour fonder le noyau d’une véritable ligue occidentale de lutte contre le marxisme.

A cette ligue occidentale de lutte contre le marxisme, Guérin Sérac donne le nom OACI :

Organisation d’action contre le communisme international, son rôle, être prête en toute occasion à intervenir dans n’importe quelle partie du globe pour affronter les plus graves menaces communistes.

Ses membres ont signé un véritable acte de soumission et d’obéissance aveugle et absolue, et se sont engagés à garder le silence sur les activités de l’organisation et sur les noms des responsables.

Dès leur création, Aginter et Ordre et Tradition reçoivent un accueil très favorable dans les milieux d’extrême droite européens.

Aginter s’est surtout assuré la collaboration d’autres agences et notamment italiennes, dépendant étroitement des services secrets : l’Agence FIEL et Oltremare.

Un accord de réciprocité des correspondants, d’échange de renseignements et de documentations concernant certains pays d’Afrique, est signé en février 1967 à Lisbonne.

Afin de ne pas dépendre complètement des Portugais, Guérin Sérac et son équipe ont pris contact avec les gouvernements sud africain, brésilien, rhodésien, sud vietnamien et de la Chine nationaliste.

En France, l’équipe d’Aginter a gardé de bons rapports avec les milieux d’anciens OAS et après 1966, avec le mouvement Occident et le Mouvement Jeune Révolution.

D’ailleurs, plusieurs militants du MJR effectueront des stages auprès de l’Agence.

Enfin, Aginter avait des liens étroits avec les milieux catholiques intégristes jusqu’au Vatican avec le cardinal Tisserant et Monseigneur Georges Roche, supérieur général de l’Opus Cenaculi.

En suisse, Aginter s’était assuré la collaboration de la centrale néo nazi du nouvel Ordre Européen, en Belgique Aginter avait des contacts avec Jean Thiriart, en Allememagne Aginter était en relation avec le parti néo nazi NPD, en Espagne avec le CEDADE mouvement des ultras de la Phalange et aux Etats Unis avec la National Review dirigée par William Buckley, agent extérieur de l’antenne CIA de Mexico qui était dirigeait par Howard Hunt dans les années 1960.

Sur la base de tous ces contacts, Guérin Sérac et son équipe avaient mis en place un réseau d’informateurs et de correspondants dans toute l’Europe.

Au départ, ils effectuaient un travail banal de correspondant de presse, correspondant spécialisé puisqu’il s’agissait essentiellement des informations sur les activités des communistes et des gauchistes, sur leur pénétration dans l’armée, leur financement, les organisations qu’ils contrôlaient, etc…

Ces correspondants munis d’une carte de presse délivrée à Lisbonne, devenaient de fait des espions travaillant pour la PIDE.

Enfin, certains correspondants effectuaient aussi des stages à Lisbonne où, dans le cadre de l’OACI, ils recevaient une formation spéciale.

Aginter avait installé dans la capitale portugaise une véritable école des techniques de subversion et de terrorisme.

De nombreux fascistes européens ont ainsi, pendant plusieurs années, suivi, dans des camps d’entrainement fournis par la PIDE et la Légion portugaise, des cours de subversion dispensés par Guérin Sérac et son équipe à leurs « correspondants » et aux agents très spéciaux.

Les recrues étaient entrainées pour des actions de sabotage….. dans des camps, notamment, au sud du Portugal dans l’Algarve, et le plus important était à Windhoek dans le sud ouest africain.

Cette formation spéciale se déroulait sur une période de trois semaines :

5 jours par semaine avec des cours théoriques le matin et des travaux pratiques l’après midi.

Cet enseignement était divisé en quatre matières :

action, propagande, renseignement et sécurité, et mettait spécialement l’accent sur l’action psychologique et les techniques de terrorisme et de sabotage, ainsi que l’utilisation des explosifs et l’emploi des armes.

Les élèves étaient ainsi préparés à des missions spéciales du style de celles qu’effectuent les services « action » des services spéciaux officiels : action commando, espionnage, mission d’intoxication, attentat, assassinat, etc.

L’un de ces cours théoriques était ainsi rédigé :

La subversion agit avec les moyens appropriés sur les esprits et sur les volontés pour conduire à agir en dehors de toute logique contre toutes règles, contre toutes lois, elle conditionne ainsi les individus et permet d’en disposé à son gré.

Terrorisme : le terrorisme casse la résistance, obtient sa soumission et provoque la rupture entre la population et le pouvoir.

Terrorisme sélectif : casser l’appareil politique et administratif en éliminant les cadres de cet organisme.

Terrorisme aveugle : briser la confiance du peuple en désorganisant les masses pour mieux les manipuler.

Progression : éliminer des personnalités pour frapper l’opinion, élimination des cadres importants, affoler l’administration, élimination des petits cadres, et des élites naturelles afin de casser la société.

Attentats et sabotages généralisés : pour provoquer la paralysie générale d’une région.  

L’Afrique est le premier champ d’opération de Guérin Sérac et de ses hommes.

C’est vers la fin de l’année 1965, soit plusieurs mois avant la création officielle d’Aginter que les honorables correspondants de l’agence commencent à y opérer pour le compte de la PIDE et du ministère de la Défense portugais.

L’Agence envoyait ses officiers d’opération dans les pays limitrophes de l’Afrique portugaises.

Leurs objectifs incluaient la liquidation des dirigeants des mouvements de libération, l’infiltration, l’installation d’informateurs et de provocateurs et l’utilisation de faux mouvement de libération. Lisbonne est depuis le début des années 1960 l’une des principales plaques tournantes des mercenaires pour l’Afrique.

Une aubaine pour Aginter qui devient vite l’un des principaux intermédiaires pour le recrutement des soldats de fortune.

Une entreprise qui va enrichir Guérin Sérac et ses amis.

Fin 1966, l’agence décroche son premier marché important : le plan « Kerillis », mis au point par certains milieux financiers belges, avec la complicité des services portugais, qui doit ramener Moïse Tschombé au pouvoir au Congo.

L’aventure de Moïse Tschombé a commencé le 11 juillet 1960 avec la sécession de la province du Katanga douze jours après la proclamation de l’indépendance de l’ancienne colonie belge.

Dès les premiers mois, Tschombé engage, pour encadrer son armée, des mercenaires européens.

Il s’adresse pour cela à un des théoriciens de l’action psychologique, le colonel Trinquier, qui passe alors pour être l’un des experts de la guerre révolutionnaire.

Celui-ci recrute plusieurs officiers mis sur la touche après l’affaire des barricades, tels le commandant Faulques, La Bordonaye, Bob Denard, etc.

Durant deux ans, plusieurs centaines de mercenaires vont se battre contre les troupes de l’ONU envoyées pour mettre fin à la sécession.

Finalement, au mois de décembre 1962, Tschombé est contraint à l’exil.

Rappelé au Congo en 1964 comme Premier ministre pour mater la rebellion des Simbas, il ramène avec lui ses mercenaires.

Renversé par le général Mobutu au mois d’octobre de l’année 1965, Tschombé est à nouveau contraint à exil …

Mais il ne s’avoue pas vaincu.

Dans son refuge Madrilène, il se prépare à reprendre le pouvoir, toujours avec l’aide de ses mercenaires.

Un peu partout en Europe, des mercenaires sont recrutés.

Par l’intermédiaire de la PIDE, Tschombé et son conseiller, le professeur Clemens, se sont assuré les services d’Aginter Presse, c’est l’occasion pour l’OACI, nouvellement crée, de battre le rassemblement des militants d’extrême droite et des anciens OAS pour défendre la présence occidentale en Afrique.

Guérin Sérac se charge de recruter une armée de mercenaires qui, le moment venu, avec les gendarmes katangais fidèles à Tschombé et l’armée blanche du colon belge Jean Schramme, doit renverser le gouvernement de Mobutu.

« J’ai été recruté pour cette opération à Bruxelles, où je vivais, par le capitaine Souètre que j’avais connu à l’époque de l’OAS, explique Jacques Depret, ancien des services spéciaux français, passé à l’OAS durant la guerre d’Algérie.

Souètre avait été chargé par Guérin Sérac de commander les mercenaires recrutés dans le cadre d’Aginter, il me proposa d’être son officier de renseignement, j’acceptais immédiatement ».

Jean René Souètre, ancien capitaine des commandos de l’air, est engagé par Guérin Sérac, sous le pseudonyme de Constant, à l’occasion de cette opération dont il lui confie l’organisation et le commandement.

En quelques mois, il réunit à Lisbonne une cinquantaine d’hommes, pour la plupart belges et français, anciens de l’OAS ou du Katanga.

Au début de l’été 1967, munis de laissez-passer délivrés par Perreira de Carvalho, numéro trois de la PIDE, toute l’équipe est expédiée à Luanda, en Angola.

Théoriquement, l’opération doit avoir lieu au mois de juin, une opération aéroportée était prévue sur Elisabethville, nom de code « Matou », souvenir des commandos de l’air en Algérie. Mais quelques jours avant l’opération, Tschombé se faisait enlever en avion par un autre français, Francis Bodeman.

Le rapt de Tschombé avait déréglé la machine de guerre destiné à renverser Mobutu. Schramme fut obligé de frapper plus tôt que prévu.

Les services spéciaux français avaient fini par apprendre notre existence, ils nous infiltrèrent en nous envoyant des anciens de l’OAS manipulés par eux.

Un jeu subtil commença entre services portugais et services français.

Ce jeu subtil avait pour objet Aginter. Les services français ne tenaient pas à ce que l’agence de Lisbonne, dirigée par d’anciens OAS, fourre trop son nez dans les affaires africaines, chasse gardée de Jacques Foccart.

Ce dernier avait d’ailleurs envoyé son bras droit Morichot-Beaupré à Luanda pour évaluer la situation.

Les services spéciaux français effectuent de fortes pressions sur la PIDE pour qu’elle élimine Souètre et les autres membres d’Aginter et envoient un de leurs agents à Luanda, le mercenaire Bob Denard, pour qu’il prenne le contrôle des opérations.

Le SDECE somme alors la PIDE de choisir entre lui et les anciens de l’OAS.

Les services portugais cèdent et les français d’Aginter sont mis en résidence surveillée dans un fort surplombant Luanda, puis après quelques semaines, réexpédiés à Lisbonne.

Bod Denard reprendra à son service, à quelques exceptions près, l’équipe de mercenaires recrutée par le capitaine Souètre.

L’aventure katangaise d’Aginter s’était limitée à un vol de reconnaissance du capitaine Souetre et des mercenaires Léon Liber et Roger Braco au dessus d’Elisabethville, et à quelques missions confidentielles effectuées pour le compte de Pierre Joly, représentant à l’étranger du colonel Jean Schramme.

Gilles CANOVARO

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2020-11-04, 10:26

OLA

Deux documents qui malheureusement ne peuvent être sur à 100/100 car non signés (ils peuvent avoir été recopiés)

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2020-11-04, 11:35

Merci mon Raymond ,

En effet , pas de signature , mais les propos ont bien l'air d'être de Souetre .

Je n'ai plus hélas de nouvelles de notre Ami Canovaro , qui avait fait des recherches extraordinaires sur l'OAS .

Il a rencontré dans les alentours de Nice des anciens CPA , passés a l'OAS avec Souetre .

Si mon Papa était encore de ce monde , il me dirait pas mal de choses , mais hélas .

C'est tout de même la première fois que je vois ces courriers , je vais poser des questions a certaines de mes relations .

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2020-11-04, 12:10

re

c'est un lot qui a été vendu en 2017....il y avait un second lot de documents et papiers vendu comme "Lot de 40 documents Partie de Carrière Militaire - Officier Commando Parachutiste dégradé".... mais impossible de lire le nom dessus..

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2020-11-04, 15:42

Il y a parfois de beaux documents a récupérer .

En 65/66 a Nimes , il y avait un Sergent qui était parait-il S/Lt en Algérie aux CPA ;

Le sergent Viney , un brave garçon qui a été muté fin 66 je ne sais ou .

Je n'ai jamais osé lui poser la question .


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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2022-05-23, 16:56

Dick Russell, auteur de l'ouvrage fondateur, The Man Who Knew Too Much (1992), écrit dans son analyse de l'agenda de Jean-Pierre Lafitte qui sert de pierre angulaire à Coup in Dallas (2021) de H. P. Albarelli Jr. :

SOUÈTRE. Il s'agit clairement de Jean René Souètre, dont le nom apparaît dans un certain nombre d'entrées entre le 25 avril et le 4 décembre. Il semble que Souètre faisait partie d'une "équipe de tueurs" qui s'est présentée à des réunions à la Nouvelle-Orléans, à Madrid et à Mexico avant l'assassinat [de Kennedy]. Le nom de Souètre est apparu pour la première fois dans la "littérature sur l'assassinat" à la suite d'une publication de documents de la CIA en 1977, qui indiquait qu'"il avait été expulsé des États-Unis à Fort Worth ou Dallas 48 heures après l'assassinat... vers le Mexique ou le Canada". Selon ce que le FBI a dit à une connaissance de Souètre que j'ai interviewée, il avait été "emmené cet après-midi-là par un pilote privé... dans un avion du gouvernement". Souètre était un tueur à gages connu de l'OAS, un groupe terroriste français qui avait pris pour cible le président de Gaulle.



Un extrait pertinent de Coup in Dallas :

Comment savons-nous que ces assassins expérimentés, qui ont émergé des rangs de La Cagoule pour traiter directement avec Otto Skorzeny, se sont regroupés en 1963 dans le cadre de notre enquête sur les événements de Dallas ? Certaines des réponses se trouvent dans une série d'obscures lettres post-assassinat adressées au directeur du FBI J. Edgar Hoover par un certain Paul Gluc, 112 avenue du Général Leclerc, Boulogne Billancourt (92) France. Selon l'une de ces lettres, M. Gluc, qui se décrit comme un détective bienveillant, était employé par le constructeur automobile français Régie Renault et vivait dans une banlieue populeuse située à huit kilomètres du centre de Paris.



Un compte rendu détaillé de cette correspondance étrange et révélatrice sur une période de neuf ans, ainsi que le trafic de mémos du FBI qui a suivi et qui a tenté de discréditer sa signification et de mettre en doute la personnalité de l'auteur, est disponible pour le lecteur dans les notes de fin de chapitre. Pour l'instant, les extraits suivants servent non seulement à valider l'histoire susmentionnée des assassins directement associés les uns aux autres, et par déduction avec Otto Skorzeny, mais ils fournissent également la confirmation indépendante de Gluc de certaines entrées dans l'agenda de 1963 de Pierre Lafitte essentiel à l'enquête sur l'assassinat de John Kennedy.



Monsieur le Directeur, vous seul pouvez blanchir OTTO SKORZENY de la culpabilité

d'avoir été (un) agent dans l'opération de Dallas avec (la) complicité

passive d'Allen W. Dulles.



— Paul Gluc, 14 mars 1975.




La lettre de 1975 était la quatrième et dernière correspondance de Gluc avec le FBI. La première lettre, datée du 18 mars 1964, quatre mois à peine après l'assassinat du président John F. Kennedy, et dont le FBI a déclaré par la suite qu'elle avait été perdue ou égarée, était écrite à la main en anglais à l'intention de "M. Hoover, directeur du FBI". Il se lit comme suit : 

Je comprends que vous êtes très proche de la solution de tous les mystères de l'assassinat du président Kennedy, mais je soupçonne que vous manquez d'informations clés. Ces informations concernent les détenteurs de plusieurs des cartes manquantes, Jean Souètre, ainsi que Jean-Paul Filiol, tous deux connus pour avoir été à Dallas le 22 novembre 1963. . . . Sont inclus dans ces connaissances Mme Lamy et M. Litt, tous mentionnés précédemment, et des individus extrêmement désagréables. . . . Je suis impatient de vous le faire savoir en venant à Washington.

La lettre est signée : "M. Gluc."



L'auteur Albarelli est reconnaissant au fils de M. Gluc, Thierry Baudin, d'avoir fourni une photocopie de la copie carbone de la première lettre de son père au directeur Hoover, dont le contenu suggère que le Bureau de Hoover avait toutes les raisons de l'égarer.

Avec sa lettre, Gluc a fourni la corroboration indépendante que Filiol, Lamy et Litt étaient des associés connus et qu'ils étaient à Dallas, et comme noté, il l'a fait dès mars 1964. Nous voyons également, peut-être pour la première fois en dehors des rapports cryptiques qui ont révélé quelques faits, que le FBI a été informé de la possibilité que l'assassin connu Jean Souètre ait été à Dallas. Gluc aurait pu simplement reprendre les rumeurs obscures sur l'expulsion de Souètre de la région de Dallas-Fort Worth, mais il n'y avait aucune trace connue dans le domaine public de la présence de Filiol, Lamy ou Litt à Dallas qui aurait pu les lier tous les trois à Jean Souètre.

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2022-05-23, 18:05

Merci d’avoir remonté ce fil qui croise les recherches sur Aginter Press et Yves Guérin-Sérac en rapport avec mon sujet sur les années de plomb. Aginter Press était un bureau de recrutement clandestin et formait les membres aux techniques de guerre subversive.

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2022-05-23, 18:13

Maintenant,  d'après le poste du 16 juin de Commandoair40,  je comprends l’inimitié entre Schramme et Denard et maintenant je m’interroge sur sa blessure au Katanga au début de l’opération KERILLIS puis du retard de sa colonne bloquée à Kolwezi pour rejoindre Schramme à Bukavu à l’est du Congo.

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MessageSujet: Re: Grand Combattant ...Jean Souètre   Grand Combattant ...Jean Souètre Icon_minitime2022-05-23, 18:59

Personne ne veut envisager la possibilité que Skorzeny soit impliqué dans cette affaire, ou que Jean Souètre ait pu travailler avec Skorzeny en Espagne ou se trouver à Dallas le 22 novembre 1963. Tout le monde semble penser que la French Connection a été réfutée il y a de nombreuses années, et c'est compréhensible, car lorsque l'histoire a éclaté, elle a été rapidement subvertie par des questions sans fin sur les pseudonymes et le dentiste de Houston, et par Christian David, emprisonné, qui a nommé sa propre série d'assassins français qui n'ont pas passé un examen approfondi. D'autres pensent que Souètre était plus une personne de relations publiques pour l'OAS, qu'il n'a jamais réellement visité les Etats-Unis, selon l'avocat Bud Fensterwald, pour rencontrer le général Edwin Walker et le détective privé Guy Banister.

Jusqu'à présent, à part la question de l'authenticité de l'agenda de Lafitte, la plus grande résistance a été l'idée qu'un élément nazi (bien que techniquement "ancien" nazi) serait directement impliqué, et que Jean Souètre - qui s'est entraîné avec le commando préféré d'Hitler, Otto Skorzeny - serait un assassin de Kennedy.

L'importance de la lettre de Gluc est qu'il a identifié Litt, Lamy, Filiol bien avant qu'aucun de ces personnages ne soit sur le radar comme ayant été à Dallas.

Lafitte identifie Litt dans une entrée significative du 9 octobre, et le 13 novembre il note que Lamy vient à l'hôtel et que le nom de Souètre apparaît au bas de la même page ; et le 20 novembre il déclare que Lamy - Filiol étaient à l'hôtel, dans une entrée qui fait également référence à [Robert G.] Storey et au [juge] Duvall, et à [George] de M. [Mohrenschildt]. Il note également "rifle into building - yes / / DPD." (traduction : "fusil dans le bâtiment - oui / / DPD [Département de la police de Dallas]."

Bien sûr, on pourra arguer que quelqu'un a eu accès à la correspondance de Gluc, a pris un agenda vierge de 1963 qu'il a conservé pendant des décennies, et a concocté un canular incluant des noms qu'il a découverts par hasard. Cependant, parce que les auteurs de Coup in Dallas soient certains de la provenance de ce document exclusif, ils soutiennent que la lettre de Gluc est une corroboration indépendante des notes de Lafitte relatives aux trois assassins connus, et vice versa.

Skorzeny semble avoir eu un large réseau de contacts, peut-être bien des agents. Il y a un certain nombre de relations imbriquées entre les Russes blancs et ceux qui connaissaient Skorzeny et qui se sont engagés dans des entreprises commerciales avec lui dès 1952, y compris Jack Crichton qui a établi la 488e unité de renseignement à Dallas. La mission première de la 488e était de fournir des renseignements pour les intérêts pétroliers de l'Amérique, en particulier ceux des pétroliers indépendants du Texas.

Pour en savoir plus Otto Skorzeny, le major Ralph P. Ganis (qui possède les archives personnelles de Skorzeny) a publié l'ouvrage The Skorzeny Papers, Evidence for the Plot to Kill JFK (2018).


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