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 La grande évasion d'Elios TOSCHI

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Alexderome
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MessageSujet: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:35

Tiré du prochain HISTOMAG 99

DE L'HIMALAYA À L'OCÉAN INDIEN, LA GRANDE ÉVASION D’ELIOS TOSCHI
Alexandre SANGUEDOLCE

Usque ad finem, jusqu’à la fin. 
Devise du sous-marin Gondar.

A l'issue  la Seconde Guerre mondiale, un million cinq cent mille soldats italiens sont  détenus par les différents belligérants, américains, britanniques, soviétiques, français et aussi allemands dont 339 735 dans les camps de Sa  Gracieuse Majesté, éparpillés dans plusieurs pays du Commonwealth.  70 000 Italiens, officiers pour la plupart, sont  internés en Inde. Le camp de Yol, situé sur les pentes de l'Himalaya, a accueilli jusqu'à 10 000 prisonniers de guerre. Un camp au milieu d’une nature hostile d'où l’on ne s'évade pas.

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:37

ELIOS TOSCHI ET TESEO TESEI, LES CONCEPTEURS  DES TORPILLES HUMAINES
La grande évasion d'Elios TOSCHI 1_elio10

En 1935, deux officiers appartenant au Génie Naval, Teseo TESEI et Elios TOSCHI, réfléchissent sur les moyens de surprendre la flotte anglaise dans ses bases de Gibraltar et d'Alexandrie en y occasionnant d’importants dégâts. Avec peu de moyens, ils mettent au point un prototype de torpille autopropulsée dans l'arsenal de San Bartolomeo à la Spezia. Testée au large du golfe de la Spezia en octobre 1935 en présence du vice-amiral et inspecteur de la flotte sous-marine Mario FALANGOLA qui, enthousiasmé par le projet, ordonne la construction de deux autres exemplaires pour atteindre le nombre de six. La torpille automotrice ou SLC appelée communément maiale (c'est-à-dire cochon) mesure dans sa version définitive 7,30 m, navigue à une vitesse de 3 nœuds pour une autonomie de dix milles à 2,5 nœuds d'où son nom de torpille à course lente. Elle peut descendre jusqu'à 30 mètres de profondeur. 
Pour transporter les SLC le plus près possible des objectifs, il ne peut plus être question d'employer comme moyens d'approche des contre-torpilleurs ou des vedettes MAS, facilement repérables par la reconnaissance aérienne ou les navires de surface. L'idée est d'arrimer les maiale sur des berceaux fixés sur le pont d'un sous-marin. Mais en raison de la complexité de la manœuvre de dégagement des SLC, il est nécessaire de trouver une autre solution. En outre, la navigation en profondeur altère la stabilité du submersible. Le sous-marin ne peut pas dépasser la profondeur de 30 mètres sans risquer d'endommager les SLC.
Les chantiers navals OTO procurent des caissons cylindriques étanches permettant de protéger les torpilles et de résister à la pression. Ils sont disposés deux en poupe et un à la proue. Pour arrimer ces conteneurs, il est nécessaire de modifier le pont et de démonter le canon de 100/47. Le choix se porte sur trois sous-marins de la classe 600, l'Iride (série Perla), le Gondar et le Scirè (série Adua). La pose de ces cylindres permet aux sous-marins de descendre à 90 m. de profondeur. 

En 1938, un appel au volontariat est lancé pour trouver des volontaires pour former une nouvelle unité qui prend le nom de 1a Flottiglia MAS commandée par le capitaine de frégate Paolo ALOISI. Après une sélection très rigoureuse, les équipages d'assaut sont formés et entraînés près de La Spezia, à Bocca di Serchio, près de l'embouchure du Serchio , à l’abri des regards indiscrets, pour obtenir le brevet de sommozzatore (homme-grenouille) après une formation des plus rigoureuses. Le secret le plus absolu est de rigueur. Un nouveau commandant prend la direction de la 1a Flottiglia MAS  peu avant l’entrée en guerre de l’Italie, le capitaine de frégate Mario GIORGINI.

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:40

OBJECTIF ALEXANDRIE
La grande évasion d'Elios TOSCHI 2_gond10

Le Gondar, on voit les cylindres porte-containers servant au transport des SLC

Le 10 août 1940, deux mois après l’entrée en guerre de l’Italie, l’amiral Domenico CAVAGNARI, à la tête de SUPERMARINA, l’état-major de la Regia Marina ordonne l’activation du plan “GA1” (Golfo d’Alessandria 1), l’attaque du port d’Alexandrie par les moyens d’assaut. Le sous-marin choisi pour l’opération est l’Iride, commandé par le lieutenant de vaisseau Francesco BRUNETTI. Il n’est pas encore équipé des cylindres pour le transport des SLC. Il appareille de la Spezia le 12 août pour rejoindre l'équipe de sabotage avec les quatre SLC à bord du torpilleur Calipso. Le rendez-vous doit avoir lieu dans le golfe de la Bomba, situé en Cyrénaïque à l'Est de la Libye. Le 21 août, le transbordement commence. L'Iride se met à couple avec le torpilleur. Les quatre SLC sont déchargés du Calipso pour être arrimés sur leur berceau. Un avion de reconnaissance survole la rade à 7 heures le lendemain matin, remarquant la présence inhabituelle d'un sous-marin, du torpilleur ainsi que celle d'un poseur de mines, le Monte-Gargano et divers petits navires. Vers midi,  trois Swordfish du porte-avions Eagle du 824th Naval Air Squadron surgissent au-dessus de la flottille, une torpille se détache à 200 m et frappe l'Iride qui coule en quelques minutes. Le Monte Gargano subit le même sort peu après. Les hommes qui étaient dans le kiosque et les opérateurs occupés à manœuvrer les SLC sur le pont du submersible sont récupérés à bord du Calipso. Le capitaine du Génie Naval Elios TOSCHI et ses compagnons descendent en apnée à l'aplomb du sous-marin qui jonche à dix-huit mètres de profondeur. Il reste des survivants à l'intérieur.  Il faut attendre l'arrivée de nouveaux appareils respiratoires, ceux prévus pour l'opération étant restés à l'intérieur de l'Iride. Sept sous-mariniers emprisonnés sont récupérés mais deux ne survivront pas à une embolie. Le torpillage a provoqué la mort de trente-cinq hommes d'équipage pour dix-sept rescapés. Quant aux quatre SLC, ils sont transbordés à bord du Calipso pour retourner à la Spezia.
Nullement découragé par ce premier échec et tirant les leçons des défaillances et des erreurs commises , l'amiral de COURTEN responsable des moyens d'assaut, lance GA 2. Cette fois, les SLC seront convoyés dans les cylindres hermétiques à bord du Gondar. Ce sous-marin côtier appartient à la série Adua, appelée série « africaine », comprenant dix-sept submersibles baptisés avec des noms de localités ou de fleuves africains (Adua, Alagi, Aradam, Ascianghi, Axum, Beilul, Dagabur, Dessié, Durbo, Gondar, Lafolé, Macallé, Neghelli, Scirè, Tembien, Uarsciek, Uebi Scebeli).

Le 21 septembre 1940, le Gondar appareille de la Spezia. Son commandant est le lieutenant de vaisseau Francesco BRUNETTI qui avait tenu la barre de l'Iride, perdu lors de la mission précédente. Il est décidé à mener à terme l'opération interrompue par la perte de son sous-marin et venger ses camarades disparus à bord. Les opérateurs partent en train pour Messine afin d'éviter les fatigues d'un long séjour à bord du submersible qui les prend en charge dans le port sicilien le 23 septembre. L'opération est menée par le chef de la 1a Flottiglia MAS, le capitaine de frégate Mario GIORGINI. En cours de route, Supermarina avise que l'escadre navale d'Alexandrie a quitté sa base en route pour Malte et en raison du manque d'objectif, Brunetti doit se diriger vers Tobrouk. Le 29 septembre, il est repéré par deux bâtiments ennemis, le contre -torpilleur australien HMAS Stuart et le H-22 de la Royal Navy. Le Gondar plonge à 80 mètres de profondeur et se livre à une éprouvante partie de cache-cache pour échapper aux grenades sous-marines. D'autres unités de surface arrivent sur les lieux ainsi qu'un hydravion Short Sunderland et au bout de douze heures de chasse ininterrompue, BRUNETTI doit se résigner à faire surface pour sauver son équipage avant de saborder le Gondar. Elios TOSCHI nage en direction du Sindonis, un chalutier armé (trawler) arrivé sur les lieux. Les autres membres de l’équipage du Gondar et les opérateurs sont recueillis à bord H-22 et du Stuart. GA 2 est un fiasco. Outre la perte du submersible, c'est une grande partie du fleuron des opérateurs de la 1a Flottiglia MAS qui est capturée dont les deux figures principales, Mario GIORGINI et Elios TOSCHI. Pour eux, la guerre est finie.
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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:44

CAPTIFS DES ANGLAIS
Les Italiens sont débarqués à Alexandrie et emmenés dans des camions  rejoindre un camp de passage près de la ville portuaire. BRUNETTI, GIORGINI, TOSCHI et les autres officiers subissent un interrogatoire de routine, déclinant  identité et grade. Les officiers anglais sont intrigués par le nombre important d'officiers à bord du Gondar. En outre, peu avant son naufrage, le Sutherland a photographié les cylindres destinés au transport des SLC. Pendant trois jours, on les interroge au sujet de ces mystérieux containers. Mais le secret est bien gardé, les services de renseignements ne parviennent pas à percer le mystère. 
Les prisonniers sont envoyés au camp 306 de Geneifa, un camp de prisonniers de guerre situé à proximité du canal de Suez. Il est rempli de soldats capturés lors de l’opération Compass qui a vu l’armée britannique s’emparer de plus de 130 000 Italiens durant l’hiver 1940-1941.
Gardé par des soldats indiens, c’est un immense camp de toile, entouré d’une double rangée de barbelés. Chaque tente de forme conique abrite deux prisonniers.
Deux jours après son arrivée, TOSCHI voit un nouveau groupe de prisonniers se joindre à ses compagnons de captivité. Ce sont des sous-mariniers et à sa grande surprise, leur commandant est son ami, le lieutenant de vaisseau comte Camillo MILESI FERRETTI, originaire d’Ancône comme lui. Son navire, le sous-marin Berillo (classe Perla) suite à une avarie moteur, traqué par les contre-torpilleurs Havock et Hasty a dû être abandonné et sabordé le 2 octobre 1940 au large de Sidi El Barrani. A Alexandrie, MILESI est questionné longuement sur les cylindres photographiés sur le Gondar coulé quelques jours auparavant. Il ignore l’existence même de ces conteneurs. Une nouvelle déception pour les services de renseignements de Sa Majesté.
Les deux amis partagent la même envie de retourner se battre et TOSCHI lui expose son projet d’évasion. Avec un camarade ingénieur et d’après ses calculs, un tunnel dont l’entrée serait dissimulée par une tente, profond de deux mètres, permettrait de s'échapper du camp. Ensuite, les fugitifs à bord d’un canoë de fabrication sommaire traverseront le canal de Suez et le désert du Sinaï pour rejoindre la Syrie, administrée par Vichy. Mais avant même  d’avoir donné le premier coup de pioche, le 18 octobre un officier anglais leur apprend la nouvelle affectation : l’Inde ! 
Le départ est prévu le lendemain.
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Clichés du camps de GENEIFA près du canal de Suez

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:49

RENDEZ-VOUS A BOMBAY
La grande évasion d'Elios TOSCHI 4_raju10

L’annonce du départ fait l’effet d’une bombe. D’Inde, les chances d'évasion sont infimes pour rejoindre la mère-patrie. Le 19 octobre, TOSCHI, MILESI et cent quatre-vingt-dix Italiens embarquent à Suez à bord du vapeur SS Rajula, un navire de 10 000 t de la British-India Steam Navigation Company, réquisitionné pour le transport de troupes. Il fait partie d'un convoi  WS (Winston’s Special ), escorté par le croiseur lourd HMS Kent.
TOSCHI échafaude un nouveau plan, lorsque le convoi passera au large de Massoua en Erythrée italienne, il s’emparera avec ses compagnons du Rajula pour voguer vers les côtes italiennes. Mais une mutinerie semble inenvisageable. Le 29 octobre, le navire fait étape à Aden puis repart sans son escorte. Les deux compères pensent agir à l’arrivée à Bombay en se cachant dans les latrines au moment du débarquement. Là encore, le plan s’avère irréalisable. 
Au bout de dix-huit jours passés à fumer et jouer aux cartes, les prisonniers arrivent à Bombay. TOSCHI et MILESI envisagent de sauter dans les eaux fétides du port  durant la nuit mais l’ordre de descendre à terre les surprend en pleins préparatifs. Les deux compères avec un groupe d’Italiens montent à bord d’un autocar qui les mène à la gare. D’un commun accord, ils décident de se faire la belle séparément durant le transfert en train et de se retrouver à minuit à Bombay devant le consulat du Brésil. Lors d’un arrêt dans la banlieue bombayite, MILESI remarque que la porte des toilettes demeure ouverte, il pénètre à l’intérieur et s’échappe par la fenêtre au démarrage du train. A la gare suivante, TOSCHI effectue la même opération. Après avoir rejoint à pied la petite gare, il demande à un taxi de l’emmener au consulat du Brésil, lieu du rendez-vous prévu avec MILESI. A l’heure H, TOSCHI est devant le consulat. Il attend son compagnon comme prévu. Au bout d’un long moment, il décide de se rendre auprès du consul du Japon. Il est deux heures du matin. Le secrétaire refuse de réveiller le représentant du pays du Soleil Levant. Il lui indique de revenir à neuf heures du matin. Dépité, TOSCHI se dirige sur le front de mer pour dormir. Il est réveillé par la marée montante. À 7 heures 45, il se présente au consulat espagnol et attend l’ouverture. Au bout de dix minutes de veille, il voit un européen descendre d'un taxi, c'est son ami MILESI ! Après un court conciliabule, ils choisissent de se rendre au consulat japonais. Le consul refuse de les recevoir et de leur venir en aide. Une connaissance de MILESI leur vient en aide en leur prêtant cinq cents roupies. Les deux fugitifs ont l’intention de louer les services d’un Indien propriétaire d’une Chevrolet pour se rendre dans l’enclave neutre portugaise de Goa, à cinq cents kilomètres au sud de Bombay.
Ils arrivent de bon matin à Belgaum située à 40 km de Goa. Au poste-frontière, la voiture est fouillée par les douaniers  à la recherche de marchandise de contrebande. Puis vient le moment de présenter les passeports. Il sont découverts, arrêtés et envoyés à Belgaum pour y être interrogés par la police. Ils prétendent être des représentants de commerce mais l’officier qui est en face d’eux connaît leur identité, un avis de recherches concernant deux officiers italiens évadés a été lancé. Escortés par un sergent britannique et cinq soldats indiens, ils rejoignent en train le camp de Ahmednagar, situé dans le territoire du Maharashtra.
Le camp de prisonniers de guerre est composé de tentes. Les prisonniers de guerre sont bien traités, un terrain de football est mis à leur disposition et une projection cinématographique se déroule deux fois par semaine. TOSCHI et MILESI ne subissent aucune sanction pour leur tentative d’évasion. Mais fin décembre 1940, le camp n’est plus suffisant pour recueillir les Italiens capturés lors de l’Opération Compass et les deux amis sont envoyés dans un autre camp, à Ramgahr, à l’est du pays, près de la chaîne de l’Himalaya.

La grande évasion d'Elios TOSCHI 5_dzob11Débarquement de prisonniers de guerre italiens à Bombay

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:49

TUNNELS SANS ISSUE
Le camp de Ramgahr est destiné à recevoir deux cents prisonniers de guerre. TOSCHI apprend la déroute italienne à la frontière égyptienne. Les hommes qui affluent sont démoralisés, épuisés, dépenaillés, souffrant de dysenterie. Ils laissent une mauvaise impression. Mais les deux amis sont décidés à renouveler l’évasion. Elios passe son temps à cartographier l’Inde clandestinement. Un plan pour se faire la belle est élaboré. Les deux compères s’évaderont au moyen d’un tunnel et voyageront déguisés en indiens. Ils commencent à apprendre l’urdu, une des multiples langues que compte l’Inde parlée par les gardiens. Mais un jour, probablement informé par un délateur, le commandant du camp découvre l’entrée du tunnel. Il ne reste qu’à recommencer. En mars 1941, TOSCHI fait la connaissance d’Anastasio, un officier qui est parvenu à s’évader en coupant les barbelés. Capturé en tentant de prendre le train, son expérience est mise au service des deux amis. La chaleur devient insoutenable dépassant les 50°, les prisonniers souffrent du béri-béri, de la fièvre typhoïde et de la dysenterie. Un second tunnel est entrepris, caché par l’entrée des latrines. Aidé par d’autres Italiens, travaillant la nuit pour échapper à la curiosité des délateurs, TOSCHI est sur le point de réussir mais le commandant ordonne la destruction des latrines. Sixième tentative et nouvel échec. L’année 1941 passe. Début janvier 1942, nouveau transfert, la destination est Yol, sur les pentes de l'Himalaya. 

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 19:52

YOL
La grande évasion d'Elios TOSCHI 6_gard10

Yol est divisé en quatre camps numérotés 25, 26, 27 et 28. Chacun est divisé en cinq sous-camps comprenant une dizaine de baraquements. Les prisonniers de guerre italiens proviennent des champs de bataille d'Afrique du Nord, d'Erythrée, ou  capturés lors des différents affrontements navals opposant la Regia Marina à la Royal Navy. Malgré la captivité, la vie à Yol est moins dure que dans les autres camps. Les prisonniers disposent d’un terrain de football, pratiquent le tennis et assistent à des séances cinématographiques de plein air. Il existe même un alambic clandestin! La vie dans le camp est rythmée par les appels du matin et du soir.
Dès son arrivée au camp n°27, TOSCHI est minutieusement fouillé. On trouve sur lui de l’argent, des morceaux de cartes et de la documentation qui sont confisqués. Toujours accompagné par MILESI, son acolyte,il retrouve une vieille connaissance de la Spezia, le lieutenant de vaisseau Luigi FAGGIONI de la 1a Flottiglia MAS, devenue la Decima MAS le 15 mars 1941. FAGGIONI commandait la flottille de barchini esplosivi qui était parvenue à forcer la baie de la Sude, en Crète et à endommager le croiseur York, le 26 mars 1941. Les trois hommes se mettent immédiatement à l’étude d’un plan d'évasion. Goa est trop loin,  l’Afghanistan semble le meilleur refuge pour les Italiens. TOSCHI s’est familiarisé avec l’urdu et les amis ont commencé à se confectionner des vêtements pour se faire passer pour des Pathan, d’ethnie pachtoune, dont la physionomie est similaire aux Européens. Mais rejoindre l’Afghanistan n’est pas aisé, il faut marcher sur deux mille kilomètres, franchir des torrents, passer par des cols culminant à plus de cinq mille mètres. Une aventure digne d’un roman de Rudyard KIPLING. 
La grande évasion d'Elios TOSCHI 7_phot10

Le 18 mars 1942, TOSCHI, MILESI et FAGGIONI se font porter pâles et sont hospitalisés. Vers midi, alors que les gardiens sont occupés à déjeuner, les trois compères s’éclipsent par la fenêtre et vont se cacher dans le magasin du camp, sous une pile de couvertures. Trois marins prennent leur place avant l’appel. La nuit tombée, une nuit sans lune, ils sortent de l’appendice, rampent jusqu'à la double rangée de barbelés et se retrouvent à l’extérieur. 
Commence une vie de fugitifs, ils se cachent dans des refuges de pasteurs qui pour quelques roupies fournissent du lait et de la viande. Mais les Italiens restent sur leur garde, une simple dénonciation et ils retournent à Yol. Mais les populations favorables au Parti du Congrès affichent des positions hostiles à la Grande-Bretagne et prêtent leur concours au trio. Cependant la condition physique de MILESI se dégrade chaque jour. En attendant le dégel, ils s’établissent dans une petite cabane où un Indien prénommé Kalah leur vient en aide. MILESI n’est plus en mesure de continuer avec ses deux amis. Ils décident de se séparer début juin 1942. Après un dernier salut, TOSCHI et FAGGIONI se mettent en route. 
Nous retrouverons MILESI plus tard dans ce récit.
La progression des deux officiers avec l’aide de deux guides devient de plus en plus pénible en raison de l'altitude et du manque d'oxygène. Ils traversent l'État du Chamba et arrivent au Penjab. La rivière Ravi est un obstacle incontournable, son cours est impétueux et même pour un excellent nageur comme TOSCHI, son franchissement à la nage est impossible. Le premier pont est à Nurpur et doit être gardé. Ils atteignent cette localité en pleine nuit. Ils trouvent l’hospitalité dans une hutte. On leur offre un bon repas. Ce repas est le dernier, comme pour la Cène de Jésus, un judas les a trahis. La police militaire vient les arrêter. Après un séjour dans la forteresse de Nurpur, ils retrouvent le camp de Yol.

LA NEUVIÈME EVASION 
La grande évasion d'Elios TOSCHI Clip10

TOSCHI et FAGGIONI sont dépités. Ils n’ont pas de nouvelles de MILESI mais ils apprennent la grande victoire de la Decima MAS qui est parvenue à violer l’entrée du port d’Alexandrie et à endommager les cuirassés HMS Queen Elizabeth et Valiant, le 19 décembre 1941. 
TOSCHI est décidé à retenter l’aventure, cette fois sans FAGGIONI qui refuse une nouvelle désillusion. Il envisage de rejoindre une des trois enclaves portugaises en Inde, Goa, Diu et Daman. Avec le lieutenant Anastasio, parlant parfaitement l’urdu et qui compte cinq tentatives d’évasion, TOSCHI renouvelle le même mode opératoire pour se faire la belle. Après s’être faits hospitalisés, les deux fugitifs se cachent dans le magasin du camp et disparaissent dans la nuit. Ils retrouvent Kalah, l’Indien qui avait hébergé TOSCHI, FAGGIONI et MILESI. Il avait accompagné ce dernier à une gare pour se rendre à Lahore. Kalah décide de les accompagner pendant 130 km. Ils marchent pendant trois jours et trois nuits. Leur guide est épuisé. Un soir, il leur fausse compagnie.  Ils atteignent la rivière Ravi, par expérience TOSCHI sait qu’elle est infranchissable et le seul moyen de la traverser est d’emprunter le pont qui est gardé et dont les sentinelles doivent savoir que deux Italiens sont dans la nature. Alors, ils longent la rivière jusqu’à croiser le pont du chemin de fer qui mène à Kangra. Par chance il n'est pas surveillé. Ils attendent la nuit pour le traverser et entrer à Pathankot. Vêtus en pathan, ils passent inaperçus. A la gare, ils prennent un billet de troisième classe pour Amritsar, la ville sacrée des Sikhs avec pour sanctuaire son temple d’Or. Puis un autre train les conduit à Jodhpur, la ville aux innombrables édifices peints en bleu. La mer d’Oman se profile à leur vue. Pour ces deux marins,  revoir le troisième élément leur procure une joie immense. Ils contemplent en face d’eux l'île de Diu, séparée des côtes du Gujarat par un bras de mer de moins d’un kilomètre à certains endroits, dans le golfe de Cambay. TOSCHI a subi le rude entraînement des hommes-torpilles, cette distance ne paraît pas être un obstacle pour retrouver la liberté. Appliquant la devise de la Decima MAS, Memento Audere Semper, souviens-toi toujours d’oser, il se lance à la nage dans l'océan en pleine nuit avec Anastasio. L’eau est froide. Le fort courant formé par la marée les pousse vers le large. Épuisés, ils doivent revenir sur le continent. A l’aurore, une embarcation s’approche du rivage. Un groupe de femmes portant des jarres sur la tête attend de pouvoir embarquer. Ils décident de se mêler à la procession, payent leur place et montent à bord. La fortune finit toujours par sourire aux audacieux. Derrière eux, l’Inde britannique s’éloigne.
Finalement ils posent pied à Diu. Un lieutenant de police portugais contrôle les papiers. TOSCHI et Anastasio simulent être pathans.  Ils sont emmenés au poste afin de vérifier leur identité. Le lieutenant les menace de les renvoyer. Ils lui répondent en anglais qu’ils ont une importante déclaration à faire. Mendoça, c’est le nom de l’officier de police, déclare ne pas comprendre cette langue. C’est alors que les deux fugitifs déclinent leur véritable identité. Mais le gouverneur ne les autorise pas à quitter Diu pour se rendre à Goa. 
Ils apprennent la capitulation italienne du 8 septembre 1943. Ils devront attendre la fin de la guerre dans le Pacifique pour rejoindre Bombay et de là Goa. Au bout de quatre longs mois d’attente, ils peuvent embarquer pour retrouver la mère-patrie. 
Six années s’étaient écoulées.

LE PÉRIPLE DE MILESI
MILESI, affaibli, n'avait pu se joindre à TOSCHI et FAGGIONI pour continuer vers le Thibet. Après les soins prodigués par la brave Kalah, il peut se mettre en route. Il achète un billet de train pour Lahore. Après plusieurs changements de trains, il descend à Hyderabad. Au hasard des rencontres, un Iranien accepte de l’héberger en attendant la venue d’un passeur. Les jours défilent. Début 1943, craignant d'être dénoncé, il se remet en route. Sa destination est Goa. Il fait la connaissance d’un musulman qui doit se rendre également dans l’enclave portugaise. Ils passent la frontière sans encombre, l’homme est connu des douaniers. Mis aux arrêts par les autorités portugaises, il apprend l’annonce de l’armistice italien du 8 septembre 1943. Il embarque le 21 février 1945 à bord du Nyassa et retrouve l’Italie le 2 juillet suivant.

BIBLIOGRAPHIE
BERRAFATO Enzo et Laurent, Decima MAS, l’unité mythique du prince Borghese. Nouvelle édition. Memorabilia. 2021.
ISACCHINI Valeria, Fughe, dall’India all’Africa. Le rocambolesche evasioni di prigionieri italiani. Mursia editore. Milan. 2017.
SANGUEDOLCE Alexandre, Péril au fond des mers : la Xa Flottiglia MAS. 10 juin 1940 - 8 septembre 1943. Histomag 77, Cap sur le Ponent.
TOSCHI Elios, Ninth time lucky. William Kimber. Londres. 1955.
SOURCES INTERNET
http://www.mountcity.it/index.php/2019/02/21/himalaya-i-dannati-del-campo-yol/
https://loccidentale.it/la-storia-dei-diecimila-soldati-italiani-prigionieri-in-india-1a-parte/
http://lnx.anrp.it/wp-content/uploads/2016/10/5-6-2012.pdf

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 20:10

Merci Alex ,

Très occupé ce soir , je regarderai demain .

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MessageSujet: Re: La grande évasion d'Elios TOSCHI   La grande évasion d'Elios TOSCHI Icon_minitime2021-05-03, 20:18

Un peu long à raconter mais c'est une évasion peu connue et exotique, pas de mauvais traitements, seulement des privations. J'ai réalisé une carte du périple mais je ne la trouve pas.

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