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 11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ;

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Commandoair40
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11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Empty
MessageSujet: 11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ;   11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Icon_minitime2020-11-11, 15:07

"11 novembre 1918"

Un armistice met fin à la Grande Guerre


11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; 8099975_b8a94

Lundi 11 novembre 1918, 11 heures.

Dans toute la France, les cloches sonnent à la volée.

Dans les villes et les villages, c'est la liesse.

On sort dans la rue, on rit, on s'embrasse

On pleure aussi...  Sad  Sad

Au front, les clairons bondissent sur les parapets et sonnent le « Cessez-le-Feu », « Levez-vous », « Au Drapeau ».

La « Marseillaise » monte des tranchées.

Même soulagement en face, dans le camp allemand.

Mais des deux côtés, pas de cris de joie, pas d'embrassades.

On est soulagé.

C'est tout.

Et l'on pense à l'enfer passé et aux copains morts dans la boue.

Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s'entretuer.

Un armistice (arrêt des combats) a été conclu le matin entre les Alliés et l'Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes.

Il laisse derrière lui neuf à dix millions de morts et six millions de mutilés.

Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles qui ont fait la grandeur et l'unité de l'Europe.

Mais ils veulent croire que cette guerre qui s'achève restera la dernière de l'Histoire, la « der des der »...



Et

https://vimeo.com/134077859

La défaite inéluctable de l'Allemagne

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; HindenburgGuiLudendorff

Dès l'échec de leur contre-offensive de juillet 1918, les Allemands ont compris qu'ils n'avaient plus aucun espoir d'arracher la victoire.

Les troupes américaines, potentiellement fortes de quatre millions d'hommes, arrivent en renfort des Anglais et des Français.

La 1ère armée américaine du général John Pershing lance sa première offensive dans le saillant de Saint-Mihiel, près de Verdun, le 12 septembre 1918.

Ce tardif engagement suffit à convaincre les Allemands de leur infériorité.

Les Alliés mettent aussi en ligne en nombre croissant des chars blindés (« tanks ») qui ont raison des barbelés qui protègent les tranchées allemandes.

Le 28 septembre 1918, le quartier-maître général (« Generalquartiermeister ») Erich Ludendorff, chef des armées allemandes et véritable maître du pays, apprend que ses alliés bulgares s'apprêtent à signer un armistice.

Au quartier général allemand de Spa, en Belgique, Ludendorff, abattu, a un entretien dramatique avec l'empereur Guillaume II.

Il lui révèle que la situation militaire est désespérée et que l'armistice est devenu inévitable.

Il encourage l'empereur à démocratiser le régime et donner le pouvoir au Parlement, tout simplement parce qu'il veut transférer aux civils la responsabilité de la défaite et que « ceux qui nous ont mis dans cette situation se chargent de nous en sortir ! »
.

Le 3 octobre, résigné, l'empereur Guillaume II appelle donc à la chancellerie, sur proposition du Reichstag, le prince Max de Bade, un modéré dont il espère qu'il saura obtenir des conditions de paix raisonnables de la part des Alliés.

Le nouveau chef du gouvernement adresse aussitôt au président américain une demande d'armistice basée sur les Quatorze Points énoncés en janvier par Wilson.

Mais ce dernier refuse toute négociation avec l'empereur comme avec les militaires.

Maladroit, il en appelle à l'avènement d'un régime démocratique à Berlin.

De leur côté, les chefs alliés présents à Paris au même moment, le président du Conseil Clemenceau, le Premier ministre britannique Lloyd George et le président du Conseil italien Orlando, encaissent mal cette négociation en solo du président américain avec les Allemands, estimant à juste titre que leur pays ont supporté tout l'effort de guerre pendant quatre ans et qu'il leur revient de négocier avec les Allemands.

Le 26 octobre, Guillaume II, ne sachant que faire, demande et obtient la démission de Ludendorff.


11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Verduntranchee

Les Puissances Centrales se délitent

L'Allemagne bascule dans l'anarchie et la guerre civile.

Le 3 novembre, dans le port de Kiel, les marins de la flotte de guerre refusent d'aller à nouveau au combat.

Ils se mutinent et entraînent les ouvriers de la ville.

La contagion révolutionnaire se répand à Hanovre, Cologne et Brunswick.

À Munich, le 7 novembre, un socialiste, Kurt Eisner, dépose le roi de Bavière et installe un Conseil ouvrier.

La Bavière menace de faire sécession !

Entre temps, l'un après l'autre, les alliés de l'Allemagne cessent les combats et signent des armistices (l'armistice est un arrêt des combats dans l'attente d'un traité de paix en bonne et due forme).

Les Bulgares, bousculés par l'armée du général Louis Franchet d'Esperey, signent un armistice dès le 29 septembre.

Le 30 octobre, c'est le tour des Turcs.

Ils signent à Moudros, sur l'île de Lemnos, en mer Égée, un armistice avec les Britanniques (ces derniers négligent d'associer les Français à la signature).

De l'Autriche-Hongrie se séparent les Tchécoslovaques le 28 octobre et les Hongrois le 1er novembre.

L'empire croupion de Charles 1er signe le 3 novembre à Villa Giusti un armistice avec l'Italie après que celle-ci eut enfin réussi une percée victorieuse à Vittorio-Veneto.

Le 9 novembre au matin, la contagion révolutionnaire gagne Berlin.

Une émeute éclate à l'instigation des spartakistes, un groupe très actif de militants marxistes-léninistes conduit par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg.

Le prince Max de Bade téléphone à l'empereur, à Spa.

« Votre abdication est devenue nécessaire pour sauver l'Allemagne de la guerre civile », lui dit-il.

Comme ses propres généraux plaident aussi en faveur de l'abdication, Guillaume II s'y résout enfin.

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Berlin1918

L'ancien empereur part en exil aux Pays-Bas.

Ses six fils jurent de ne lui succéder en aucun cas.

À Berlin, le même jour, le prince Max de Bade cède la chancellerie au leader social-démocrate Friedrich Ebert tandis que, dans une atmosphère révolutionnaire, un autre chef social-démocrate, Philipp Scheidemann, proclame la République.

L'inquiétude est générale.

Le quotidien parisien La Liberté titre dans son édition du 10 novembre :

La Révolution maîtresse de Berlin, L'armée a pactisé avec les révolutionnaires...

Un armistice mal accepté

Les militaires s'étant défaussés, c'est à un civil, Matthias Erzberger, que revient la pénible tâche de négocier l'armistice (cela lui vaudra d'être assassiné par les nationalistes allemands le 26 août 1921).

Les négociateurs n'ont pas attendu la démission de l'empereur pour préparer l'arrêt des combats.

Partis de Spa le 7 novembre à midi dans cinq voitures, ils ont franchi les lignes ennemies avec un drapeau blanc et sont arrivés à La-Capelle-en-Thiérache (Aisne) le soir même.

En France, leur demande d'armistice fait débat.

Le président de la République Raymond Poincaré et surtout le général Philippe Pétain voudraient profiter de l'avantage militaire pour chasser les Allemands de Belgique, envahir l'Allemagne elle-même et signifier à celle-ci l'étendue de sa défaite.

Mais le généralissime des troupes alliées, Ferdinand Foch, qui a été élevé au maréchalat le 6 août 1918, le général Maxime Weygand et le chef du gouvernement, Georges Clemenceau, ne l'entendent pas de cette oreille.

Ils ne croient pas l'armée française capable de se battre encore longtemps et souhaitent en finir au plus vite.

Ils craignent aussi qu'à trop tarder, l'Allemagne ne devienne comme la Russie la proie des révolutionnaires bolchéviques.

Surtout, chaque jour qui passe renforce dans le camp allié le poids des Américains, alors que ceux-ci, arrivés très tard, ont encore très peu participé aux combats.

En cas de prolongation des hostilités, Foch et Clemenceau craignent non sans raison que les Américains tirent toute la couverture à eux et relèguent la France à la deuxième place.

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Armistice1918

La délégation allemande est conduite par Matthias Erzberger, le général von Winterfeldt et le capitaine de vaisseau Vanselow.

Les plénipotentiaires sont reçus le soir du 10 novembre dans le wagon spécial du généralissime Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne.

On les fait patienter autour de quelques mets raffinés qui sont consommés en silence.

Erzberger s'inquiète de ne rien connaître encore des propositions adverses alors que le délai pour conclure l'armistice expire le lendemain à 11 heures.

Ses inquiétudes redoublent quand il reçoit un télégramme non chiffré du chancelier Ebert :

« Le gouvernement allemand accepte les conditions de l'armistice qui lui ont été imposées le 8 novembre ».

À  la lecture de ce télégramme en clair, les Alliés ont pu, comme lui, comprendre que les Allemands signeront quoi que ce soit.

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Rethondes_maxi
Le maréchal Foch, entouré du général Weygand et de l'amiral Wemyss après la signature de l'armistice (Rethondes, 11 novembre 1918)

Arrive le moment des négociations.

À la délégation allemande font face, dans le wagon, l'amiral Sir Rosslyn Wemyss, Premier Lord de l'Amirauté britannique, et le maréchal Ferdinand Foch.

Le général Maxime Weygand assiste les deux plénipotentiaires alliés.

Au lieu des « propositions » qu'ils attendent, les Allemands, « à la merci des vainqueurs » selon Foch, se voient soumettre des « conditions ».

Aucune marge de négociation ne leur est laissée !

Erzberger, accablé, ne se fait pas faute, toutefois, de contester chaque article et de négocier des concessions  avec le général Weygand, son interlocuteur direct.

Ainsi obtient-il que 25 000 mitrailleuses soient livrées au lieu de 30 000...  

Au total, l'Allemagne se voit imposer la livraison de 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 1700 avions, de leurs sous-marins et de sa flotte de guerre (celle-ci se sabordera dans la rade britannique de Scapa Flow).

Son armée est sommée d'évacuer sous quinze jours les territoires envahis ainsi que l'Alsace-Lorraine, et sous 30 jours la rive gauche du Rhin et trois têtes de pont sur la rive droite, Coblence, Cologne et Mayence.

L'armistice est enfin conclu le 11 novembre à 5h15 du matin.

Des officiers allemands le signent la larme à l’œil.

Erzberger reste quant à lui impassible :


« Un peuple de 70 millions d'hommes souffre, mais il ne meurt pas », se contente-t-il de commenter.

L'arrêt des combats est fixé ce 11 novembre, à 11 heures.

Les Français, encore très attachés à leur terroir et leur clocher, ne manquent pas de noter que ce jour est la fête du saint patron de leur pays, saint Martin.

L'armistice est conclu pour 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu'au traité de paix du 28 juin 1919.

Le dernier...

Ce 11 novembre 1918, dès 9h30, le maréchal Foch s'empresse de remettre le texte d'armistice au Président du Conseil Georges Clemenceau, à Paris.

Malgré ses efforts, celui-ci ne peut garder l'information secrète.

Les journaux se hâtent d'imprimer des éditions spéciales.

La rumeur d'un cessez-le-feu se répand assez vite et atteint le front où l'on se garde de toute action périlleuse.

Tout est calme... ou presque.

À la 11ème heure du 11ème jour du 11ème mois de l'année 1918, après 51 mois de conflit, l'agent de liaison Auguste Trébuchon (40 ans) est atteint par une balle alors qu'il portait un ordre concernant le rassemblement du régiment pour le ravitaillement des troupes.

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C'est le dernier soldat français tué pendant la Première Guerre mondiale.

Il repose aujourd'hui dans le cimetière communal de Vrigne-Meuse.


11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Clemenceau-1918

Sans plus attendre, le Président du Conseil Georges Clemenceau annonce l'armistice à la tribune de la Chambre des députés au milieu des acclamations et des larmes de joie :

« Au nom du peuple français, au nom du gouvernement de la République française, le salut de la France une et indivisible à l'Alsace et à la Lorraine retrouvées, (les députés se lèvent. - applaudissements enthousiastes)

Et puis honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire ! (longs applaudissements unanimes)

Nous pouvons dire qu'avant tout armistice, la France a été libérée par la puissance de ses armes (applaudissements prolongés), et quand nos vivants, de retour sur nos boulevards, passeront devant nous, en marche vers l'Arc de Triomphe, nous les acclamerons.

Qu'ils soient salués d'avance pour la grande oeuvre de reconstruction sociale (vifs applaudissements).

Grâce à eux, la France, hier soldat de Dieu, aujourd'hui soldat de l'humanité, sera toujours le soldat de l'idéal ».


11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Clemenceau-armistice

En France, l'anniversaire de l'armistice ne tarde pas à devenir une commémoration essentielle de la vie nationale, avec dépôt de gerbes devant les monuments aux morts de chaque village et sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe de la place de l'Étoile, à Paris.

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; 1418defilevictoire

Amertume des vaincus

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Ludendorff

Rien de tel en Allemagne où l'armistice a été à peine remarquée, tant les citoyens étaient au même moment traumatisés par les privations dues au blocus britannique et les mouvements révolutionnaires à l'intérieur même du pays.

Ils notent aussi avec consternation que l'Allemagne n'a pas été envahie et que leurs armées ne se sont pas effondrées.

La demande d'armistice étant venue des représentants civils et non militaires de l'Allemagne, ces derniers échappent à l’infamie de la défaite.

Le prestige du maréchal Hindenburg est intact.

Le 12 novembre, le chef d'état-major général lance à l'adresse des combattants :

« L'armistice est signé. Jusqu'à ce jour, nous avons porté nos armes dans l'honneur. Fidèlement attachée à son devoir, l'armée a réalisé des exploits grandioses... Nous avons ainsi évité au pays la peur et les destructions. Étant donné le nombre de nos ennemis... notre gouvernement a dû se résoudre à accepter de dures conditions de paix. Mais nous sortons la tête haute et fiers de cette lutte que nous avons menée pendant quatre ans contre un monde rempli d'ennemis  ».

À Berlin, les représentants de la jeune République accueillent les combattants en ces termes : « Soldats qui revenez invaincus... »

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Cologne-1918

Dans les mois qui suivent l'armistice, Ludendorff et Hindenburg attribuent avec aplomb la défaite militaire à un « coup de poignard dans le dos » de la part des politiciens et des bourgeois cosmopolites.

L'expression sera reprise avec conviction par les Allemands meurtris et humiliés.

Elle fera le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi.

Le traité de Versailles n'arrangera rien.

Au lieu d'amorcer la réconciliation, comme il est d'usage avec les traités de paix, il fera au contraire porter toute la responsabilité de la guerre sur les seuls Allemands.

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Autocollant+bleuet

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Sicut-Aquila

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; 908920120 11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Cocoye10 11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Convention d’armistice du 11 novembre 1918 .   11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; Icon_minitime2020-11-11, 15:16

Convention d’armistice du 11 novembre 1918

11 novembre 1918 : Un armistice met fin à la Grande Guerre ; 11-novembre-1918-commemoration-de-l-armistice

Entre le Maréchal Foch, commandant en chef des armées alliées, stipulant au nom des puissances alliées et associées, assisté de l’amiral Wemyss, first lord of the sea, d’une part ;

Monsieur le secrétaire d’État Erzberger, président de la délégation allemande ;

Monsieur l’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire comte Von Oberndorff ;

Monsieur le général-major Von Winterfeldt ;

Monsieur le capitaine de vaisseau Vanselow, munis de pouvoirs réguliers et agissant avec l’agrément du chancelier allemand, d’autre part, il a été conclu un armistice aux conditions suivantes :

A) Sur le front d’occident

I) Cessation des hostilités, sur terre et dans les airs, six heures après la signature de l’armistice.

II) Évacuation immédiate des pays envahis : Belgique, France, Luxembourg, ainsi que de l’Alsace-Lorraine, réglée de manière à être réalisée dans un délai de quinze jours, à dater de la signature de l’armistice.

Les troupes allemandes qui n’auront pas évacué les territoires prévus dans les délais fixés seront faites prisonnières de guerre.

L’occupation par l’ensemble des troupes des Alliés et des États-Unis suivra, dans ces pays, la marche de l’évacuation.

Tous les mouvements d’évacuation ou d’occupation sont réglés par la note annexe n° 1, arrêtée au moment de la signature de l’armistice.

III) Rapatriement, commençant immédiatement et devant être terminé dans un délai de quinze jours, de tous les habitants des pays énumérés ci-dessus (y compris les otages et les prévenus ou condamnés).

IV) Abandon par les armées allemandes du matériel de guerre en bon état :

   5.000 canons (dont 2.500 lourds et 2.500 de campagne) ; 2.500 mitrailleuses ;
   3.000 Minenwerfer ;
   1.700 avions de chasse et de bombardement ; en premier lieu tous les D.7 et tous les avions de bombardement de nuit ;

À livrer sur place aux troupes des Alliés et des États-Unis, dans les conditions de détail fixées dans la note annexe n° 1, arrêtée au moment de la signature de l’armistice.

V) Évacuation des pays de la rive gauche du Rhin par les armées allemandes.

Les pays de la rive gauche du Rhin seront administrés par les autorités locales, sous le contrôle des troupes d’occupation des Alliés et des États-Unis.

Les troupes des Alliés et des États-Unis assureront l’occupation de ces pays par des garnisons tenant les principaux points de passage du Rhin (Mayence, Coblentz, Cologne) avec, en ces points, des têtes de pont de 30 kilomètres de rayon, sur la rive droite, et des garnisons tenant également les points stratégiques de la région.

Une zone neutre sera réservée, sur la rive droite du Rhin, entre le fleuve et une ligne tracée parallèlement aux têtes de pont et au fleuve, et à 10 kilomètres de distance, depuis la frontière de Hollande jusqu’à la frontière de Suisse.

L’évacuation par l’ennemi des pays du Rhin (rive gauche et rive droite) sera réglée de façon à être réalisée dans un délai de seize nouveaux jours, soit trente et un jours après la signature de l’armistice.

VI) Dans tous les territoires évacués par l’ennemi, toute évacuation des habitants sera interdite ; il ne sera apporté aucun dommage ou préjudice à la personne ou à la propriété des habitants. Personne ne sera poursuivi pour délit de participation à des mesures de guerre antérieures à la signature de l’armistice.

Il ne sera fait aucune destruction d’aucune sorte.

Les installations militaires de toute nature seront livrées intactes ; de même les approvisionnements militaires, vivres, munitions, équipements qui n’auront pas été emportés dans les délais d’évacuation fixés.

Les dépôts de vivres de toute nature pour la population civile, bétail, etc., devront être laissés sur place.

Il ne sera pris aucune mesure générale ou d’ordre officiel ayant pour conséquence une dépréciation des établissements industriels ou une réduction de leur personnel.

VII) Les voies et moyens de communication de toute nature, voies ferrées, voies navigables, routes, ponts, télégraphes, téléphones, ne devront être l’objet d’aucune détérioration.

Tout le personnel civil et militaire, actuellement utilisé, y sera maintenu.

Il sera livré aux puissances associées: 5.000 machines montées et 150.000 wagons en bon état de roulement et pourvus de tous rechanges et agrès nécessaires, dans les délais dont le détail est fixé à l’annexe n° 2 et dont le total ne devra pas dépasser trente et un jours.

Il sera également livré 5.000 camions automobiles en bon état, dans un délai de trente-six jours.

Les chemins de fer d’Alsace-Lorraine, dans un délai de trente et un jours, seront livrés, dotés de tout le personnel et matériel affectés à ce réseau.

En outre, le matériel nécessaire à l’exploitation dans les pays de la rive gauche du Rhin sera laissé sur place.

Tous les approvisionnements en charbon et matière première d’entretien, en matériel de voies, de signalisation et d’atelier seront laissés sur place. Ces approvisionnements seront entretenus par l’Allemagne, en ce qui concerne l’exploitation des voies de communication des pays de la rive gauche du Rhin.

Tous les chalands enlevés aux Alliés leur seront rendus.

La note annexe n° 2 règle le détail de ces mesures.

VIII) Le commandement allemand sera tenu de signaler, dans un délai de quarante-huit heures après la signature de l’armistice, toutes les mines ou dispositifs nuisibles qui auraient pu être prises (tels qu’empoisonnement ou pollution de sources ou de puits, etc.).

IX) Le droit de réquisition sera exercé par les armées des Alliés et des États-Unis dans tous les territoires occupés, sauf règlement de comptes avec qui de droit.

L’entretien des troupes d’occupation des pays du Rhin (non compris l’Alsace-Lorraine) sera à la charge du gouvernement allemand.

X) Rapatriement immédiat, sans réciprocité, dans les conditions de détail à régler de tous les prisonniers de guerre, y compris les prévenus et condamnés, des Alliés et des États-Unis. Les puissances alliées et les États-Unis pourront en disposer comme bon leur semblera.

Cette condition annule les conventions antérieures au sujet de l’échange des prisonniers de guerre, y compris celle de juillet 1918 en cours de ratification.

Toutefois, le rapatriement des prisonniers de guerre allemands, internés en Hollande et en Suisse, continuera comme précédemment. Le rapatriement des prisonniers de guerre allemands sera réglé à la conclusion des préliminaires de paix.

XI) Les malades et les blesses inévacuables, laissés sur les territoires évacués par l’armée allemande, seront soignés par du personnel allemand, qui sera laissé sur place avec le matériel nécessaire.
B) Dispositions relatives aux frontières orientales de l’Allemagne

XII) Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant guerre de l’Autriche-Hongrie, de la Roumanie, de la Turquie, doivent rentrer immédiatement dans les frontières de l’Allemagne telles qu’elles étaient au 1er août 1914.

Toutes les troupes allemandes qui se trouvent actuellement dans les territoires qui faisaient partie avant la guerre de la Russie devront également rentrer dans les frontières de l’Allemagne définies comme ci-dessus, dès que les Alliés jugeront le moment venu, compte tenu de la situation intérieure de ces territoires.

XIII) Mise en train immédiate de l’évacuation par les troupes allemandes et du rappel de tous les instructeurs, prisonniers et agents civils et militaires allemands se trouvant sur les territoires de la Russie (dans les limites du 1er août 1914).

XIV) Cessation immédiate par les troupes allemandes de toutes réquisitions, saisies ou mesures coercitives en vue de se procurer des ressources à destination de l’Allemagne, en Roumanie et en Russie (dans les limites du 1er août 1914).

XV) Renonciation aux traités de Bucarest et de Brest-Litovsk et traités complémentaires.

XVI) Les Alliés auront libre accès aux territoires évacués par les Allemands, sur les frontières orientales, soit par Dantzig, soit par la Vistule, afin de pouvoir ravitailler les populations, et dans le but de maintenir l’ordre.

C) Dans l’Afrique Orientale

XVII) Évacuation de toutes les forces allemandes opérant dans l’Afrique Orientale dans un délai réglé par les Alliés.

D) Clauses générales

XVIII) Rapatriement, sans réciprocité, dans le délai maximum d’un mois, dans des conditions de détail à fixer, de tous les internés civils, y compris les otages, les prévenus ou condamnés, appartenant à des puissances alliées ou associées, autres que celles énumérées à l’article III.

E) Clauses financières

XIX) Sous réserve de toute revendication et réclamation ultérieure de la part des Alliés et des États-Unis:

Réparation des dommages

Pendant la durée de l’armistice, il ne sera rien distrait par l’ennemi des valeurs publiques pouvant servir aux Alliés de gage pour le recouvrement des réparations de guerre.

Restitution immédiate de l’encaisse de la banque nationale de Belgique, et, en, général, remise immédiate de tous les documents, espèces, valeurs (mobilières ou fiduciaires avec le matériel d’émission) touchant aux intérêts publics et privés dans les pays envahis.

Restitution de l’or Russe ou Roumain pris par les Allemands ou remis à eux.

Cet or sera pris en charge par les Alliés jusqu’à la signature de la paix.

F) Clauses navales

XX) Cessation immédiate de toute hostilité sur mer et indication précise de l’emplacement et des mouvements des bâtiments allemands. Avis donné aux neutres de la liberté concédée à la navigation des marines de guerre et de commerce des puissances alliées et associées dans toutes eaux territoriales, sans soulever de questions de neutralité.

XXI) Restitution, sans réciprocité, de tous les prisonniers de guerre des marines de guerre et de commerce des puissances alliées et associées au pouvoir des Allemands.

XXII) Livraison aux Alliés et aux États-Unis de tous les sous-marins ( y compris tous les croiseurs sous-marins et tous les mouilleurs de mines) actuellement existants, avec leur armement et équipements complets, dans les ports désignés par les Alliés et les États-Unis. Ceux qui ne peuvent pas prendre la mer seront désarmés de personnel et de matériel et ils devront rester sous la surveillance des Alliés et des États-Unis.

Les sous-marins qui sont prêts pour la mer seront préparés à quitter les ports allemands aussitôt que des ordres seront reçus par T.S.F. pour leur voyage au port désigné de la livraison, et le reste le plus tôt possible.

Les conditions de cet article seront réalisées un délai de quatorze jours après signature de l’armistice.

XXIII) Les navires de guerre de surface allemands qui serons désignés par les Alliés et les États-Unis seront immédiatement désarmés, puis internés dans des ports neutres, ou à leur défaut dans les ports alliés désignés par les Alliés et les États-Unis.

Ils y demeureront sous la surveillance des Alliés et des États-Unis, des détachements de garde étant seuls laissés à bord.

La désignation des Alliés portera sur:

   6 croiseurs de bataille
   10 cuirassés d’escadre
   8 croiseurs légers (dont 2 mouilleurs de mines)
   50 destroyers des types les plus récents.

Tous les autres navires de guerre de surface (y compris ceux de la rivière) devront être réunis et complètement désarmés dans les bases navales allemandes désignées par les Alliés et les États-Unis, et y être placés sous la surveillance des Alliés et des États-Unis.

L’armement militaire de tous les navires de la flotte auxiliaire sera débarqué.

Tous les vaisseaux désignés pour être internés seront prêts à quitter les ports allemands sept jours après la signature de l’armistice.

On donnera par T.S.F. les directions pour le voyage.

XXIV) Droit pour les Alliés et les États-Unis, en dehors des eaux territoriales allemandes, de draguer tous les champs de mines et de détruire les obstructions placées par l’Allemagne, dont l’emplacement devra leur être indiqué.

XXV) Libre entrée et sortie de la Baltique pour les marines de guerre et de commerce des puissances alliées et associées, assurée par l’occupation de tous les forts, ouvrages, batteries et défenses de tous ordres allemands, dans toutes les passes allant du Cattégat à la Baltique, et par le dragage et la destruction de toutes mines et obstructions dans et hors les eaux territoriales allemandes, dont les plans et emplacements exacts seront fournis par l’Allemagne, qui ne pourra soulever aucune question de neutralité.

XXVI) Maintien du blocus des puissances alliées ou associées, dans les conditions actuelles, les navires de commerce allemands trouvés en mer restant sujet à capture.

Les Alliés et les États-Unis envisagent le ravitaillement de l’Allemagne, pendant l’armistice, dans la mesure reconnue nécessaire.

XXVII) Groupement et immobilisation dans les bases allemandes désignées par les Alliés et les États-Unis de toutes les forces aériennes.

XXVIII) Abandon par l’Allemagne, sur place et intacts, de tout le matériel de port et de navigation fluviale, de tous les navires de commerce, remorqueurs et chalands, de tous les appareils, matériels et approvisionnements d’aéronautique maritime, de toutes armes, appareils, approvisionnements de toute nature, en évacuant la côte et les ports Belges.

XXIX) Évacuation de tous les ports de la Mer Noire par l’Allemagne et remise aux Alliés et aux États-Unis de tous les bâtiments de guerre Russes saisis par les Allemands dans la Mer Noire ; libération de tous les navires de commerce neutres saisis; remise de tout le matériel de guerre ou autre, saisi dans ces ports, et abandon du matériel allemand énuméré à la clause XXVII.

XXX) Restitution, sans réciprocité, dans les ports désignés par les Alliés et les États-Unis, de tous les navires de commerce appartenant aux puissances alliées et associées, actuellement au pouvoir de l’Allemagne.

XXXI) Interdiction de toute destruction des navires ou de matériel avant évacuation, livraison ou restitution.

XXXII) Le gouvernement allemand notifiera formellement à tous les gouvernements neutres, et en particulier aux gouvernements de Norvège, du Danemark ou de la Hollande, que toutes les restrictions imposées au trafic de leurs bâtiments avec les puissances alliées et associées, soit par le gouvernement allemand lui-même, soit par des entreprises allemandes privées, soit en retour de concessions définies, comme l’exportation de matériaux de construction navales, ou non, sont immédiatement annulées.

XXXIII) Aucun transfert de navires marchands allemands de toute espèce sous un pavillon neutre quelconque ne pourra avoir lieu après la signature de l’armistice.

G) Durée de l’armistice

XXXIV) La durée de l’armistice est fixe à trente-six jours, avec faculté de prolongation.

Au cours de cette durée, l’armistice peut, si les clauses ne sont pas exécutées, être dénoncé par l’une des parties contractantes qui devra en donner le préavis quarante-huit heures à l’avance. Il est entendu que l’exécution des articles III et XVII ne donnera lieu à dénonciation de l’armistice pour insuffisance d’exécution dans les délais voulus, que dans le cas d’une exécution mal intentionnée.

Pour assurer dans les meilleures conditions exécution de la présente convention, le principe d’une commission d’armistice internationale permanente est admis. Cette commission fonctionnera sous la haute autorité du commandement en chef militaire et naval des armées alliées.


Le présent armistice a été signé le 11 novembre 1918, à 5 heures (cinq heures), heure française.

Signé : F. Foch, R.E. Wemyss, M. Erzberger, A. Oberndorff, Winterfeldt, Vanselow

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“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
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Merci mon Jojo .

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