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 27 SEPT 1748 - LES GALERES OU LE BAGNE - DREYFUS AU BAGNE A CAYENNE

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MessageSujet: 27 SEPT 1748 - LES GALERES OU LE BAGNE - DREYFUS AU BAGNE A CAYENNE   27 SEPT  1748 - LES GALERES OU LE BAGNE - DREYFUS   AU BAGNE A CAYENNE Icon_minitime2015-09-27, 14:45

A QUELQUES ANNEES PRÉS . LE CAPITAINE ALFRED DREYFUS POUVAIT
SE RETOUVER ATTACHE AUX RAMES DES GALERES.
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lol! lol!
Les Bagnes « descendants » des Galères
par Patrice MERLAN
Sommaire

A partir du Moyen Âge, le rôle de la galère, dont l'utilisation remonte à l'antiquité, est double : militaire, pendant les périodes de guerre, et commercial pour le transport de produits onéreux ou de riches voyageurs. Avec le temps, les difficultés à garnir les bancs de nage, jusqu'alors occupés par les bonevoglies1, obligent les capitaines à trouver d'autres moyens de recrutement. Ils ont, successivement, recours aux esclaves, aux travailleurs saisonniers puis, avec l'autorisation de Charles VII, aux personnes oiseuses ou vagabondes enrôlées de force. Ces volontaires seront, par la suite, directement recrutés dans les prisons avant d'être rejoints par les condamnés à mort ou à divers châtiments.

La peine des galères, prononcée seulement en temps de guerre, apparaît, en tant que condamnation, vers le début du XVIe siècle. D'abord non répressive, elle le deviendra quelques années plus tard. C'est donc en ramant sur les galères du roi que, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, les condamnés aux travaux forcés accomplissaient leur peine.

Elle est une sorte de peine capitale tant la mortalité y est importante mais aussi une peine corporelle en raison de son lot de supplices tels le port des chaînes et des entraves, le fouet en place publique, le marquage au fer rouge et, parfois même, la mutilation du nez et l'ablation des oreilles. Elle peut être soit à temps, pour des durées de 3 à 10 ans, soit à perpétuité. De fait, malgré les rappels de l'ordonnance royale de 1580 faisant défense à tous les capitaines de galères... de retenir ceux qui y seront conduits outre le temps porté par les arrêts ou sentences de condamnation, le roi soutient la Marine2, accordant peu de libération aux galériens en fin de peine.

Destinée à pourvoir les besoins en rameurs de la marine royale, la peine des galères satisfait également l'Etat en le débarrassant d'individus jugés dangereux. Toutefois, tous ne sont pas envoyés en mer. Les femmes, les vieillards, les malades, les fous sont placés dans les quartiers de force dépendants des hôpitaux et dans les maisons du roi. Le nombre croissant de prisonniers causait alors un sureffectif important qu'il était difficile d'endiguer sans construire de nouvelles prisons. C'est ainsi que la galère devient, pour des raisons économiques, un lieu de détention où la société déverse les individus dont elle cherche à se débarrasser.

Sous le règne de Louis XIV, Colbert, ministre de la marine, entreprend de reconstruire la flotte royale à l'image de son roi en la dotant d'un corps de galères important et prestigieux et, pour résoudre le problème du manque de rameurs, en assure le recrutement en faisant pression sur les magistrats : Sa majesté désirant rétablir le corps de ses galères et en fortifier la chiourme par tous les moyens, son intention est que vous teniez la main à ce que votre compagnie y condamne le plus grand nombre de coupables qu'il se pourra, et que l'on convertisse même la peine de mort en celle des galères. Cette méthode radicale permit, ainsi, de désengorger les prisons et de répondre aux besoins maritimes. La longue période de paix suivant le règne de Louis XIV et les difficultés financières de l'Etat, ne lui permettant pas d'entretenir convenablement les équipages et la chiourme, entraînent une réduction de la flotte, maintenue pour recevoir les condamnés que les tribunaux continuent de lui envoyer.

Le 27 septembre 1748, Louis XV publie une ordonnance qui, sans supprimer les galères, organise autrement la gestion des condamnés. Les galériens sont destinés, à l'exception de ceux sélectionnés pour la rame, aux travaux de fatigues des arsenaux.

La nouveauté du bagne est d'être un établissement à terre dans lequel on enferme les galériens. Le bagne. Ce nom terrible évoque un univers violent et inquiétant que l'on se plaît à croire aux portes de l'Enfer. Le bagne. Ce nom magique suffit à lui seul à faire surgir les fantômes de Vidocq, Vautrin ou Jean Valjean.

Les bagnes maritimes

L'achèvement de la guerre de Sept Ans, marquée par la perte du Canada, de la Louisiane et des Indes, démontrant la nécessité d'une marine puissante, Louis XV décide de réaliser de grands travaux de construction navale dans les arsenaux. C'est cette période d'activité accrue de la marine qui provoque en quelque sorte la fin des galères et les débuts du bagne.

Deux bagnes3 sont ouverts : celui de Toulon est en fonction de 1748 à 1873, et celui de Brest de 1748 à 1858. Le premier contingent de forçats arrive à Brest en 1749. Celui de Rochefort-sur-Mer, prévu dès 1748, ne sera créé qu'en 1776 et fermera le premier en 1852. Par la réforme de code pénal de 1791, Louis XVI remplace la peine des galères par celle des fers permettant l'emploi des condamnés à des travaux forcés au profit de l'Etat. Il poursuit les réformes des prisons par la création de catégories selon la nature du crime commis et la durée de la peine et prend des mesures humanitaires comme la libération de récidivistes non renvoyés à la fin de leur peine et l'attribution d'un salaire aux forçats pour les encourager au travail.

Avec le développement des bagnes napoléoniens, le nombre de forçats passe de 4 000, en 1795, à 16 000 à la fin du Premier Empire, avant de connaître, avec la chute de Napoléon, une forte baisse de la population de détenus et la fermeture des bagnes étrangers.

Les bagnes coloniaux

Pendant la Restauration, un débat opposant les partisans d'un système pénitentiaire avec des peines justes et morales, permettant la réintégration sociale des condamnés, à ceux d'une déportation vers les colonies, cherchant à protéger la société en éloignant les individus dangereux, annonce une réforme du système pénitentiaire. De plus, il apparaît que, d'une part, le bagne coûte cher à cause du besoin moindre de la main d'œuvre des forçats et que, d'autre part, celui-ci ne joue plus son rôle pénitentiaire de par le relâchement de sa discipline. Des rapports de police vont jusqu'à relater que des forçats ramenaient au bagne les surveillants ivres avec qui ils étaient sortis.

Datant de l'époque des galères, le transport par chaîne, lente procession publique à travers le pays de prisonniers entravés deux par deux à l'aide d'une chaîne puis entre couples avec une autre, est remplacé, en 1836, par le transport en voitures cellulaires.

Louis Napoléon, suite aux événements de 1848 et à son coup d'état de 1851, met en place les bagnes coloniaux, les premières déportations de prisonniers politiques et les transportations vers l'Algérie ou Cayenne. Ainsi, malgré les échecs de colonisation officielle de l'expédition de Kourou de 1763 (décès de 10 000 personnes sur 16 000), et de celle décidée par l'Assemblée législative envoyant des prêtres réfractaires et des individus dénoncés pour leur manque de civisme, la Guyane devient terre de déportations4 sous tous les régimes et jusque sous le Second Empire. En même temps que s'effectuent les déportations, l'idée de transportation5 commence à germer, c'est-à-dire de déplacer vers les colonies les forçats des bagnes de Toulon, Brest et Rochefort.

Les Îles du Salut
L'effondrement de l'économie guyanaise dû à l'abolition de l'esclavage, les problèmes causés par l'existence des bagnes en France ainsi que la violence des luttes politiques depuis 1848 sont à l'origine de cette nouvelle entreprise. La dénonciation de la situation (école de corruption et d'immoralité) dans les bagnes métropolitains de Brest, de Toulon et de Rochefort principalement, a entraîné le décret du 30 mars 1852 permettant aux condamnés de droit commun de faire une demande pour purger leur peine de travaux forcés en Guyane.

Le premier convoi quitte Brest pour les îles du Salut le 27 mars 1852 avec 298 condamnés. Devenu un des principaux centres pénitentiaires de Guyane dès la fin de l'année 1852, il y avait déjà aux îles du Salut, près de 1000 bagnards. La loi de Napoléon III du 30 mai 1854, qui institua les bagnes coloniaux, décida l'envoi à Cayenne non seulement de tous les condamnés aux travaux forcés, mais aussi, des femmes destinées à être mariées aux bagnards et à participer au peuplement de la colonie. La loi, toujours dans le même souci de colonisation, inaugura le système de doublage, c'est-à-dire l'obligation de résidence à la fin de la condamnation pour un temps égal à celui des travaux forcés, ou la perpétuité pour une peine de plus de huit ans, avec l'attribution de lopins de terre en milieu rural ou de magasins ou d'échoppes d'artisans en concessions en ville pour les bons sujets. Cependant, des épidémies de fièvre jaune frappent les pénitenciers faisant des ravages sur des hommes déjà très affaiblis par des conditions de travail éprouvantes, d'hygiène précaire et une nourriture inadéquate. Ainsi, seulement 3 600 condamnés sur les 8 000 envoyés en Guyane vont survivre entre 1852 et fin 1856. Le 22 février 1858, la distribution de concessions à des détenus en fin de peine consacre la nouvelle politique. Le 16 mars 1860, Saint Laurent est constitué en Territoire pénitentiaire du Maroni avant sa fermeture en 1868, en raison de difficultés dues pour la bonne part au climat, aux maladies tropicales mais aussi à l'échec des concessions, provoquant le regroupement des condamnés sur les îles du Salut. Malgré les rapports inquiétants sur la salubrité du bagne guyanais, reçus dès 1857, ce n'est qu'en 1863 qu'une solution se fait jour, faisant de la Nouvelle-Calédonie un deuxième lieu de transportation destiné aux forçats européens.

Le 5 février 1864, le premier convoi de transportés quitte Toulon pour la Nouvelle-Calédonie, qui présente deux avantages notables : son éloignement de la métropole (trois mois de navigation au lieu d'un pour la Guyane) et le climat. Les événements sanglants de mai 1871 débouchent sur la déportation en Nouvelle-Calédonie de 4 243 communards pour faits d'activités politiques. Toutefois, le projet d'établissement d'une colonie pénitentiaire en Nouvelle-Calédonie rencontre des difficultés puisque le bagne du Pacifique, proche de Tahiti, n'inspire pas la crainte de la sévérité de ses châtiments.

Depuis la fermeture définitive du bagne de Toulon, en 1873, l'embarquement des transportés pour la Guyane s'effectue à partir de la Citadelle de Saint-Martin-de-Ré, l'antichambre du bagne.

L'autre loi fondamentale fut celle de la relégation du 27 mai 1885. Elle décida de l'envoi en Guyane et en Nouvelle-Calédonie des récidivistes, des coupables de petits délits. C'était, pour la métropole, se débarrasser des gens sans aveu, sans logis, des petits voleurs, des paumés, sans domicile fixe, des vagabonds, des malfaiteurs qui avaient, injustice supplémentaire, déjà purgé leur peine dans les prisons de France.

Bien que fermés de 1867 à 1887 (sauf les établissements de Maroni, destinations des transportés arabes, antillais ou annamites6), que les condamnés coloniaux (antillais ou algériens), les îles du Salut ne furent pas pour autant abandonnées par l'administration pénitentiaire. Et c'est, finalement, sous la Troisième République, en 1887, que fut décidée la reprise de la transportation des condamnés métropolitains. Les îles du salut redevinrent, dès lors, un centre actif de la colonie pénitentiaire puis, à partir de 1895, furent également affectées à la déportation.

En 1897, un dernier convoi de condamnés met fin à la déportation et à la relégation dans l'île de la Nouvelle-Calédonie avant sa fermeture définitive en 1931 après avoir reçu un total de 31 000 condamnés.

Après deux siècles d'existence, dans le système pénal français, les bagnes furent officiellement supprimés par le décret-loi du 17 juin 1938. Cette décision fut provoquée par une vaste campagne de presse, menée notamment par Gaston Monnerville, avocat guyanais élu à la chambre des députés, Charles Péan, délégué par l'Armée du Salut de France, Albert Londres, célèbre reporter, confortée par les récits d'anciens forçats et même de médecins du bagne.

Par son ouvrage littéraire, décrivant le bagne de Guyane et sa réalité des faits par le détail de la vie quotidienne des bagnards, Albert Londres dénonce les chantiers terribles, le manque de nourriture et de soin, l'horreur de la relégation qui condamne à la misère les hommes ayant accompli leur peine, les obligeant même à s'accuser de crimes, parfois imaginaires, pour retourner au bagne où la pitance est assurée.

Quant à Charles Péan, partisan de la suppression du bagne, il s'indigne plus particulièrement des conditions des libérés, les plus misérables des condamnés, incapables de subvenir à leurs besoins et encore moins de s'acheter leur billet retour. De retour en Guyane, il s'occupera de porter assistance à tous ces hommes par la création de foyers, restaurants puis d'ateliers de menuiserie afin de financer leur retour en France. Ainsi, à compter de 1935, les premiers libérés regagnent la France avec l'assistance de l'Armée du Salut.

Le 16 mars 1946, le changement de statut de la Guyane, en devenant un département français, entraîne la fermeture définitive du bagne et le retour progressif, d'abord, des bagnards ayant achevés leur temps puis de ceux en cours de peine, qui s'achèvera en 1952.

Pour ceux qui découvrent un aïeul bagnard il faut savoir que ce sont surtout les condamnés du nord de la Loire, de Normandie, de Bretagne ou de Picardie qui ont été transférés en Guyane.

Patrice MERLAND

Sources :

Bagnards à Brest de Philippe Henwood
Le chemin du bagne de Suzanne Quéré
Des galères au Bagne de Pierre-Philippe Robert
1Rameurs volontaires et « libres », enchaînés uniquement la nuit.

2Administration chargée de faire appliquer la peine, ayant pour seul souci de servir au mieux ses intérêts.

3Liste complémentaire des bagnes : Nice (1792-1811), Lorient (1796-1830), Le Havre (1798-1803), Cherbourg (1803-1815), Anvers (1804-1814), La Spezia (1808-1814), Civitavecchia (1810-1814).

4Peines politiques qui consistent à transférer hors du territoire métropolitain des condamnés - opposants politiques, individus accusés d'intelligence avec l'ennemi, etc. - non astreints aux travaux forcés

5Peine qui s'adresse aux individus relevant du droit commun - criminels, faux-monnayeurs, etc. - astreints aux travaux forcés dans une colonie.

6Originaires de l'Annam, région centrale de l'Indochine (Viet-nam)
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LE CAPITAINE DREYFUS AU BAGNE DE CAYENNE  ET A l'ILE DU DIABLE
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affaire Dreyfus
Portrait du capitaine Dreyfus
Scandale judiciaire et politique qui divisa l'opinion française entre 1894 et 1906.
1. Une affaire d'espionnage

1.1. Le contexte politique

La République modérée (1879-1899) traverse une série de crises. Au lendemain des désastres de 1870-1871, de la crise économique des années 1880 et du krach de l'Union générale (1882), du scandale de Panamá (1889), une vague d'attentats anarchistes – Ravachol (1892), Auguste Vaillant (1893), culminant avec l'assassinat du président Sadi Carnot par Caserio (1894) – accroît le sentiment d'insécurité. En proie aux doutes et à l'humiliation, au désir de revanche et à l'aspiration à l'ordre, le régime républicain s'oriente vers un nationalisme agressif où entre naturellement l'antisémitisme répandu par Drumont depuis qu'il a publié la France juive (1886).
1.2. Le capitaine Alfred Dreyfus

Portrait du capitaine Dreyfus
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27 SEPT  1748 - LES GALERES OU LE BAGNE - DREYFUS   AU BAGNE A CAYENNE 13152310
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Fils d'un industriel alsacien israélite qui, profitant pleinement de la révolution industrielle, construit sa propre filature de coton et connaît une brillante ascension sociale, Alfred naît à Mulhouse en 1859. Il a onze ans lorsqu'éclate la guerre franco-allemande ; une des conséquences de la défaite de 1871, le rattachement de l'Alsace et de la Lorraine à l'Empire allemand, bouleverse la vie de la famille Dreyfus. Les troupes allemandes pénètrent dans Mulhouse, l'Alsace subit une germanisation forcée. Pour conserver leur nationalité française, les Dreyfus se font domicilier à Carpentras, où vit l'un d'entre eux. En 1873, le jeune Alfred est envoyé avec son frère Mathieu à Paris, où, élève doué et studieux, il devient bachelier (1876), intègre Polytechnique dont il sort en 1880. Passionné par l'armée, il entre avec le grade de capitaine à l'état-major général. En 1894, il achève une période de deux ans de stage à la Section de statistiques (nom officiel du Service de renseignements).
1.3. L'accusation
L'affaire Dreyfus, la dictée
L'affaire Dreyfus, la dictée
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27 SEPT  1748 - LES GALERES OU LE BAGNE - DREYFUS   AU BAGNE A CAYENNE 13152211
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L'affaire Dreyfus, la dictée
Le traître. Dégradation d’Alfred Dreyfus
Le 27 septembre 1894, la Section de statistiques découvre dans la corbeille à papier de l'attaché militaire allemand à Paris un bordereau anonyme annonçant un envoi de documents concernant la défense nationale. Sous prétexte que le bordereau porte quelque ressemblance d'écriture avec la sienne, Alfred Dreyfus est accusé d'avoir livré des documents à l'Allemagne ; il proteste en vain de son innocence. Le général Auguste Mercier, ministre de la Guerre, fait constituer par le commandant Hubert Henry, un dossier sur le capitaine Dreyfus essentiellement composé de faux, qui est communiqué aux juges à l'insu de la défense.
Dreyfus à l'île du DiableDreyfus à l'île du Diable
Le 22 décembre, Alfred Dreyfus est reconnu coupable de haute trahison par le premier conseil de guerre du gouvernement militaire de Paris, qui le condamne à la dégradation et à la déportation dans île du Diable au large de la Guyane.
1.4. La découverte du coupable et l'impossible révision du procès

Lieutenant-colonel Marie Georges PicquartLieutenant-colonel Marie Georges Picquart
Convaincu de l'innocence de son frère, Mathieu Dreyfus décide, avec l'appui du journaliste Bernard Lazare, qui dès novembre a dénoncé dans La Justice le développement de la campagne antisémite, de prouver l'inanité des accusations portées contre Alfred. En mars 1896, le nouveau chef du Service des renseignements, le lieutenant-colonel Picquart acquiert la conviction que le vrai coupable est un certain Esterházy, ce qui lui vaut d'être éloigné alors dans le Sud tunisien. Le vice-président du Sénat, Auguste Scheurer-Kestner, décide de reprendre le flambeau mais ne peut obtenir du gouvernement la révision du procès. Le ministre de la Guerre affirme que l'ex-capitaine Dreyfus a été « justement et légalement condamné » ; le président du Conseil, Jules Méline, déclare quant à lui qu'« il n'y a pas d'affaire Dreyfus » (4 décembre 1897). Esterházy, accusé sur plainte de Mathieu Dreyfus, est acquitté le 11 janvier 1898 par le conseil de guerre, rendant ainsi impossible toute révision du procès.
2. Une affaire d'État

2.1. La France coupée en deux

À la cour d'assises : le procès ZolaÀ la cour d'assises : le procès Zola
Après avoir entamé dans le Figaro du 25 novembre 1897 une campagne de presse (rapidement interrompue par son rédacteur en chef), Émile Zola publie dans l'Aurore du 13 janvier 1898 sous le titre « J'accuse... ! » une lettre ouverte au président Félix Faure, dans laquelle il attaque violemment l'état-major qu'il accuse d'avoir condamné Dreyfus sans preuve. Cet article, qui fait scandale, vaut à son auteur une condamnation à un an de prison et à 3 000 francs d'amende. Le procès de Zola, en février 1898, provoque une véritable émeute. L'affaire devient alors publique et politique.
Musée national (l'armée de Condé)
Musée national (l'armée de Condé)
Musée national (l'armée de Condé)La Révision ? ... soit... mais avec le poteau et les douze balles, cette fois.
La presse se divise. Plusieurs journaux, dont la Dépêche du Midi, l'Intransigeant, l'Écho de Paris et le Petit Journal publient des articles violemment antisémites. Les caricaturistes, eux aussi, sont divisés. Pour répondre aux attaques brutales et grossières de la feuille satirique hebdomaire nationaliste P'sst…! (février 1898-septembre 1899) que Forain et Caran d'Ache consacrent à l'affaire Dreyfus, Ibels lance avec Couturier et Hermann-Paul le Sifflet.
Alfred Dreyfus en prison. Vers la révision.Alfred Dreyfus en prison. Vers la révision.
L'opinion se divise. À gauche, les dreyfusards, invoquant les droits de l'homme, la liberté individuelle, la recherche de la vérité et de la justice, réclament la révision du procès. Contre les calomnies, les injures, voire les actions violentes des adversaires de la révision du procès de Dreyfus, s'organisent des « intellectuels », comme les nomme Clemenceau ; des « Juifs et des protestants » à qui l'on reproche de favoriser les forces de dissolution de la nation. On trouve parmi eux des universitaires, des savants (→ Émile Duclaux) et des écrivains comme Lucien Herr, Anatole France, Charles Péguy, Jean Jaurès, Marcel Proust et André Gide. Les dreyfusards se regroupent derrière la Ligue des droits de l'homme, fondée à l'issue du procès de Zola par le sénateur républicain modéré Ludovic Trarieux, autour de Clemenceau et de Jaurès.

Ceci couvrira celaCeci couvrira cela
À droite, les antidreyfusards mettent en avant l'intérêt supérieur de la patrie, l'honneur de l'armée et accentuent leur campagne antisémite ; ils forment la Ligue de la patrie française, avec Maurice Barrès, Albert de Mun, François Coppée, Paul Déroulède, soutenue par le groupe de presse des assomptionnistes la Croix, qui dénonce un complot judéo-maçonnique.
2.2. La révision : nouvelle condamnation de Dreyfus

Alfred Dreyfus devant la cour martiale de Rennes
Alfred Dreyfus devant la cour martiale de Rennes
Alfred Dreyfus devant la cour martiale de RennesAlfred Dreyfus quittant la cour martiale (1899)Jacques Godefroy Cavaignac
La famille Dreyfus ayant déposé une demande de révision le 5 juillet 1898, le nouveau ministre de la Guerre, Godefroy Cavaignac, demande l'expertise du document accablant pour Dreyfus. En août 1898, on découvre que ce document est un faux fabriqué par le colonel Henry, qui se suicide peu après au mont Valérien. L'incident provoque une cascade de démissions, dont celles de Boisdeffre et de Cavaignac, hostiles à la révision du procès. La demande de révision est jugée recevable par la Cour de cassation, mais, en septembre 1899, Dreyfus est à nouveau condamné par le conseil de guerre de Rennes, avec des circonstances atténuantes, à 10 ans de réclusion.
Gracié par le président Loubet, à la demande du gouvernement, il est libéré peu après, mais reste toujours reconnu coupable officiellement.
2.3. La réhabilitation

Jean Jaurès, réélu en 1902, relance l'affaire. En 1903, Dreyfus demande la révision de son procès, qui lui est accordée en 1904.
Le commandant Dreyfus reçoit la Légion d'honneurLe commandant Dreyfus reçoit la Légion d'honneur
Enfin, le 12 juillet 1906, la Cour de cassation casse le jugement de Rennes. Dreyfus est alors réhabilité et réintégré dans l'armée, promu chef de bataillon et officier de la Légion d'honneur, tandis que Picquart est réintégré et nommé général. La publication des Carnets de Schwartzkoppen (l'attaché militaire allemand) en 1930 achève d'innocenter Dreyfus.
La réhabilitation de Dreyfus,12 juillet 1906La réhabilitation de Dreyfus,12 juillet 1906
Cette affaire eut des conséquences durables sur la vie politique française : formation du Bloc des gauches et naissance de l'Action française ; elle donna une nouvelle impulsion à l'antisémitisme.
Pour en savoir plus, voir les articles antisémitisme, IIIe République.

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LA COUR MARTIALE
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LA REHABILITATION DU CAPITAINE DREYFUS
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