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 La "FORCE 136" .

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MessageSujet: La "FORCE 136" .   La "FORCE 136" . Icon_minitime2013-10-22, 16:00

Force 136

La "FORCE 136" . Force_10
Force 136 gallery in the Imperial War Museum London.

La Force 136 était une unité du Special Operations Executive (« Direction des opérations spéciales ») formée par les Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale, pour encadrer les maquis dans les territoires d’Asie occupés par les Japonais et y mener des actions subversives. Elle était constituée de militaires britanniques ou d’autres pays alliés.

Mais, du fait que des Britanniques (David Smiley, Peter Fleming, Peter Kemp, Sydney Hudson, Christopher Blathwayt, Benjamin Hervey-Bathurst, Rowland Winn, George Musgrave...), des Américains ou des Européens (Pierre Boulle, Jean Le Morillon, Jean Sassi, Bob Maloubier, Jean Deuve ...), d'origine non asiatique, ne peuvent évidemment pas opérer clandestinement en Asie, ils sont secondés par des « locaux » (Subha Chin Svasti et Kris Tosayanonda en Thaïlande, Lim Bo Seng en Malaisie par exemple), entraînés par le SOE et formant des groupes de résistance et de guérilla.

Ce n'est qu'une fois que ces groupes sont engagés dans la rébellion ouverte qu'ils peuvent recevoir une aide efficace de la part de personnels des forces armées alliées qui connaissent les langues et les gens et qui se révèlent précieux pour les liaisons avec les forces conventionnelles.

    Histoire    

Dès 1941, le SOE prépare des plans d’opérations dans les pays d'Asie du Sud-Est occupés par les Japonais. Comme en Europe, après les désastres militaires initiaux des Alliés, le SOE établit une branche particulière, qui reçoit le nom de couverture de Force 136 en 1943. Cette branche est dirigée par des officiers et des civils britanniques.

Les officiers britanniques David Smiley, Peter Kemp, Rowland Winn, Christopher Blathwayt, Sydney Hudson, John Davies, Richard Broome, Spencer Chapman et les colonels français Jean Le Morillon, Jean Sassi et Jean Deuve furent membres de la Force 136. Bob Maloubier, également de la Force 136, est parachuté au Laos1 en août 1945.

L'officier singapourien Lim Bo Seng (1909-1944), qui s'y engagea et recruta de nombreux agents, est considéré à Singapour comme un héros national.

    La Force 136 en Malaisie    

Dès la chute de Singapour, le Kuomintang replié à Chungking cherche à fédérer les énergies des Chinois d’outre-mer. C’est ainsi que plusieurs centaines de jeunes Chinois de Singapour, de Malaisie, d’Indonésie, de Hong Kong et d’ailleurs, rejoignent Chungkinq. Après une sélection sévère, quelques uns sont ensuite transférés en Inde britannique pour y suivre un entraînement intensif (notamment dans les environs de Pune) en vue d’une infiltration en Malaisie.

De mai 1943 à janvier 1945, 10 opérations de débarquement par sous-marin (y compris un sous-marin néerlandais rescapé des Indes orientales néerlandaises) infiltreront en Malaisie une cinquantaine d’agents de liaison et de renseignement chinois sous le commandement d’officiers britanniques. Les deux premières opérations prirent le nom de code Gustavus 1 et Gustavus 2, commandées par les capitaines Richard Broome et John Davies.

L’objectif de la mission était de faire la liaison avec les maquis de la Malayan People Anti-Japanese Army (MPAJA), bras armé du MCP, parti communiste de Malaya, aux fins d’entraînement, de ravitaillement en armes et munitions et de financement. Un accord formel (Joint Action Agreement) fut signé an camp de Bukit Bidor fin décembre 1943 entre les capitaines Davies et Broome et Chin Peng pour la MPAJA. Dans le même temps, il s’agissait d’établir un réseau de renseignement et d’espionnage dans les villes.

Les Britanniques infiltrèrent un nombre équivalent d’officiers et de soldats, essentiellement basés dans des camps dans la jungle, alors que les agents chinois étaient basés dans les villes sous des couvertures diverses. Les agents chinois avaient le titre de Special Chinese Liaison Agents (Agents spéciaux de liaison chinois).

Parmi les officiers britanniques débarqués, on peut citer également le major Spencer Chapman (Freddie), un officier du SOE, resté "derrière les lignes" après la chute de Singapour, et le capitaine Fenner. Les officiers britanniques restaient en pratique confinés dans les camps de jungle et n'avaient qu'une vision partielle de la réalité. Ce n'est qu'au début 1945 qu'une liaison radio put être établie avec le centre opérationnel de Kandy (Ceylan). Les opérations étaient supervisées en Inde par le colonel Basil Goodfellow.

Des dissensions internes aux équipes du Kuomintang et entre Chinois du Kuomintang et du MCP entravèrent sérieusement le déroulement de la mission.

Les liaisons avec les sous-marins alliés au large de Pangkor échouèrent souvent.

Les relations entre les officiers britanniques et les agents chinois furent empreintes d’une méfiance réciproque3.

Des trahisons intervinrent. Des fuites en provenance de guérillas de la MPAJA, capturés et torturés par les Japonais, mirent ces derniers sur la piste des agents chinois. Deux d'entre eux, capturés le 21 mars 1944, finirent par parler.

La Kenpeitai et le service de contre-espionnage japonais du colonel Satoru Onishi parvinrent le 26 mars 1944 à démanteler le réseau d’espionnage et à capturer nombre d’agents, dont Lim Bo Seng qui périt sous la torture à Batu Gajah (10 km au sud d'Ipoh) le 29 juin 1944.

De février à août 1945, les Britanniques parachutèrent 30 commandos composés d’un nombre équivalent d’agents chinois et de militaires britanniques. Ces commandos, en liaison avec la MPAJA, contribuèrent grandement à la défaite des troupes japonaises.

La Force 136 en Malaisie se vit décerner par les Britanniques la "Malayan Command Service and Burmese Medal". Les officiers de liaison chinois de cette force furent démobilisés en janvier 1946.

    La Force 136 en Indochine    

En 1944, est mis en place à Calcutta un service de renseignement français, la Section de Liaison Française en Extrême Orient, qui dispose d’un service Action baptisé French Indo-China Section (lit. "section Indochine française"), dirigée par François de Langlade, qui dépend pour emploi de la Force 136. L’état-major de la FIS, la Mission Militaire Française d'Extrême-Orient, commandée par le général Blaizot, se trouve à Kandy, à Ceylan, tout comme le bureau central de la Force 136, et la centrale d’exécution à Calcutta, en Inde. À partir de novembre 1944, la FIS commence à parachuter un nombre limité d'équipes de commandos, notamment au Laos.

La plupart des officiers français de la Force 136 sont des anciens du BCRA (Bureau central de renseignement et d'action), les services secrets de la France libre, souvent des Jedburghs tels que Jean Sassi, Jean Larrieu. D'autres, tels Bob Maloubier, le futur fondateur du corps des nageurs de combat français, viennent d’autres sections du SOE.
Jean Deuve est parachuté sur le nord Laos le 29 janvier 1945.
Jean Le Morillon sera parachuté sur le Laos le 28 février 1945.
David Smiley, officier britannique, fut parachuté en mai 1945 sur la Thaïlande et participa avec des équipes françaises à l'évacuation de prisonniers civils français.
Jean Sassi saute sur le Laos le 4 juin 1945.
Bob Maloubier fut parachuté sur le Laos en août 1945 et fut blessé au cours d'engagements avec les Japonais.

Il est intéressant de noter que les missions postérieures au coup de force des Japonais du 9 mars 1945 ont un double objectif : lutter bien sûr contre les forces japonaises, mais aussi, et déjà, contre les maquis du Viêt Minh, alimentés par les Japonais en armes saisies aux Français et également soutenus par l'OSS américain.

La Force 136, dépendant du South East Asia Command britannique couvrant l'Inde et l'Asie du Sud-Est et l'OSS, dépendant du commandement nominal de Tchang Kai-Chek, mais effectif américain, sur le théâtre Chine-Pacifique, semblent poursuivre des objectifs pour le moins contradictoires.

    Remarques    

Dans le film Le Pont de la rivière Kwaï, le sabotage du pont est effectué par un commando d’une Force 316. En fait, il s’agit bien de la Force 136, les acteurs arborant d’ailleurs sur la manche de leur uniforme l'écusson de cette force spéciale. Il s'agit là d'un "clin d'œil" de l'auteur du roman qui inspira le film. Pierre Boulle, membre de la France libre, fut lui-même un soldat de cette force spéciale.
Le capitaine Kris Tosayanonda est photographié page 97 dans Thailand’s Secret War.
Le commandant David Smiley, le capitaine Kris Tosayanonda et le commandant Rowland Winn sont photographiés page 377 dans Thailand’s Secret War.

    Notes    

1.↑ Journal du Monde, Patricia Allémonière, 2009 [archive]
2.↑ Tan Chong Tee Force 136, Story of a WWII Resistance fighter Asiapac Publications, Singapore, 1994
3.↑ Tan Chong Tee, Force 136, story of a WWII Resistance fighter, chap. 16 et 19

    Bibliographie et Sources    

(fr) Jean Le Morillon, Un breton en Indochine. Mission "Oiseau mouche", Cheminements, collection Gens d’Ici, 2000, ISBN 2-84478-106-3. Jean Le Morillon, officier du BCRA, de la Force 136 parachuté au Laos le 26 février 1945, puis officier de la DGSE, a collaboré avec le colonel David Smiley pendant sa mission en Thaïlande en 1945.
(fr) François Quenin Historia 586, octobre 1995. Article L'incroyable aventure d'un officier français consacré à la mission de Jean Le Morillon en Asie.
(fr) Interview de Jean Le Morillon. Reportage diffusé sur la chaîne TV Breizh en août 2001.
Bob Maloubier, Plonge dans l’or noir, espion, Robert Laffont, 1986, (ISBN 2-221-04722-2). Les mémoires d'un agent français du SOE (section F, en 1942 en Normandie, puis à la Libération dans le Limousin ; puis Force 136, parachuté au Laos en août 1945) contés avec un humour très "british".
(en) Tan Chong Tee Force 136, Story of a WWII Resistance fighter Asiapac Publications, Singapore, 1994 (ISBN 981-3029-90-0). La Force 136 en Malaisie vue par un Chinois de Singapour recruté par le Kuomintang.
(en) Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II de E. Bruce Reynolds - Cambridge University Press - 2004. Cahier de photographies.
(en) Extraits en ligne du livre Thailand's secret War
(en) No Colours or Crest (1958) de Peter Kemp. Les mémoires d'un autre officier britannique du SOE en Albanie en 1943-44, en Pologne en 1944 et en Asie en 1945 puis agent du MI6.
(fr) Claude Faure, Aux Services de la République, du BCRA à la DGSE, Fayard, 2004.
(fr) Philippe Franchini, Les mensonges de la guerre d'Indochine, Perrin, 2005, p.55, (ISBN 2-262-02345-X)
(en) David Smiley, Irregular Regular, Norwich, Michael Russell, 1994. (fr) Publié en français sous le titre Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008, (ISBN 978-2-915960-27-3). Les mémoires d'un officier du SOE en Albanie en 1943-44 puis du SOE en Asie du Sud-Est et enfin du MI6 après guerre (Pologne, Albanie, Oman, Yémen).
(fr) Jean Sassi, En collaboration avec Jean-Louis Tremblais, Opérations Spéciales : 20 ans de guerres secrètes, Éditions Nimrod, 2009, ISBN : 978-2-915243-17-8, avec cahier photos. Les mémoires d'un officier du BCRA, de la Force 136 et des services spéciaux français.
(fr) Jean Deuve, Seigneur de l'ombre, Corlet, 1995.
(en) E. Bruce Reynolds, Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II, Cambridge University Press, 2004. David Smiley et son équipe sont photographiés page 377. Extraits en ligne
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cpima




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MessageSujet: Re: La "FORCE 136" .   La "FORCE 136" . Icon_minitime2013-11-01, 14:05

Bonjour,
mais le CLI (corps léger d'intervention) n'était pas lui aussi rattaché à la force 136?
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MessageSujet: Re: La "FORCE 136" .   La "FORCE 136" . Icon_minitime2013-11-01, 17:56

cpima a écrit:
Bonjour,
mais le CLI (corps léger d'intervention) n'était pas lui aussi rattaché à la force 136?
Oui , mais sous la dénomination 5eme RIC .

Les premiers débarquements alliés ont lieu à Saïgon du 5 au 12 septembre 1945, avec la 20e division indienne du général Douglas David Gracey, complétée d'un détachement français symbolique, sous uniforme britannique, le 5e RIC, ex Corps léger d'intervention.
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Papa schulz
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MessageSujet: Re: La "FORCE 136" .   La "FORCE 136" . Icon_minitime2013-11-01, 18:00



La "FORCE 136" . 926774 La "FORCE 136" . 373769  merci JP !! connaissais pas ! la force 136 !!
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MessageSujet: Re: La "FORCE 136" .   La "FORCE 136" . Icon_minitime2013-11-01, 20:01

cpima a écrit:
Bonjour,
mais le CLI (corps léger d'intervention) n'était pas lui aussi rattaché à la force 136?
  Un p'tit plus Wink :  

Corps Léger d'Intervention  

Le 4 novembre 1943, en vue d’organiser une présence française dans la lutte contre les Japonais en Indochine, le général de Gaulle décida de créer un Corps léger d'intervention - une unité de commandos entièrement européenne destinée à renforcer les troupes de l'intérieur de l'Indochine, suivant un plan de résistance qui devait être préparé par le général Mordant, chef de la résistance militaire en Indochine. Son effectif initial de 500 hommes fut ensuite porté à 800 (il doublera par la suite).

Il était placé sous les ordres du général de corps d’armée Roger Blaizot, commandant les Forces expéditionnaires françaises en Extrême-Orient, au sein desquelles il était également prévu d’intégrer la brigade de Madagascar en cours de regroupement et deux divisions coloniales. Le CEFEO était subordonné au théâtre d'opérations britannique du Sud-Est asiatique (SEAC).

Le lieutenant-colonel Albert Lacroix, issu de la promotion Joffre de Saint-Cyr (1930-32), assura le recrutement et l'entraînement du CLI comme chef d'état-major. Il en commanda ensuite le commando léger n°1 en opérations, effectuant ainsi son deuxième séjour en Indochine.

Historique1  

Le Corps léger d'intervention a été créé en Afrique du Nord en 1943, uniquement avec des volontaires sévèrement sélectionnés, cadres en majorité, militaires d'active, réservistes ou engagés pour la durée de la guerre mondiale, pour servir en Extrême-Orient contre les Japonais et placé sous les ordres du lieutenant-colonel Paul Huard.

Ses commandos ont été mis sur pied et entraînés en Algérie, puis en Inde, à Ceylan ou en Australie par les Britanniques sur le modèle des Chindits du général Orde Charles Wingate employés en Birmanie. Ils sont destinés à être introduits sur les arrières japonais, pour des actions commandos basées essentiellement sur la surprise, la puissance et la précision du feu, suivie de la rupture immédiate du combat, genre où la cohésion et l'efficacité individuelle comptent beaucoup plus que le nombre.

Les actions de guérilla  

Rompus aux opérations de guérilla et à la guerre de jungle, les premiers groupes, sous le nom de « Gaurs2 », sont parachutés en Indochine dès 1944 par la Force 136 britannique.

Le Gaur "Polaire" , nom de code du commando du capitaine Ayrolles est parachuté au Traninh (Laos) pour préparer le largage du CLI Pris de court par le coup de force japonais du 9 mars 1945, Ayrolles engage immédiatement le combat. Il fait sauter 8 ponts sur la RC 7, anéantit détachements et convois japonais, fait sauter les soutes du terrain d'aviation et les dépôts du camp de Khan Khai, détruit un dépôt d'essence et de véhicules japonais. Les Japonais déploient en vain un bataillon pour le détruire. Son action aura retardé de trois semaines l'entrée des Japonais dans Luang Prabang.

Le 17 mars 1945, le Gaur K, du capitaine Cortadellas est parachuté à Dien Bien Phu. Aux ordres du général Alessandri, il va, en élément retardateur, avec 80 légionnaires rescapés du 3/5 REI, assurer les arrières de la "colonne Alessandri" en retraite vers la Chine, sur des centaines de kilomètres de pistes en haute région, combattant, notamment le 11 avril, à Houei Houn, le 15 avril, à Muang Khua, le 21, à Boun Tai, le 22, à Muong Yo.

Le général Alessandri leur rendra hommage en ces termes :

« La défense de Boun Tai s'est opérée dans les conditions les plus pénibles avec un véritable héroïsme. Luttant pied à pied dans la pluie sans ravitaillement les éléments parachutés en liaison avec ce qui reste du 3/5° contiennent les Japonais et leurs infligent de lourdes pertes. Seule l'absence de ravitaillement en munitions les contraignit à se replier sur Boun Neua. »

Le 24 avril, il ne reste du Gaur K que 3 hommes valides, qui arriveront avec leurs blessés à Sze Mao en Chine le 10 mai 1945.

Le 22 mars 1945, le Gaur "Dampierre" est parachuté au Tonkin dans la région de Sơn La pour apporter son aide au groupement Sabattier, également en retraite vers la Chine. Avec le groupe Vicaire , ils sont une quarantaine surpris de nuit et violemment attaqués sur la Rivière Noire à Ban Tioum le 28 mars, perdant une dizaine de tués. Ce qui reste du Gaur Dampierre disparaît entièrement le 15 mai près de la frontière de Chine, où arrivent également Vicaire avec cinq survivants. Plus des 2/3 de l'effectif ont disparu, dont 40 Européens.

Jusqu'à septembre 1945, 280 missions aériennes de la Force 136 britannique assureront le ravitaillement de ces opérations, dont 51 largueront du personnel CLI ou SAS.

Le Japon ayant capitulé, la mission des Gaurs est d'occuper un maximum de centres avant l'arrivée de l'armée d'occupation chinoise et l'intrusion des groupes insurgés Lao Issara et Viet Minh. Ainsi, seront provisoirement réoccupés, parfois par la force, grâce à l'appui des Meos de Toubi, les villes de Sam Neua, Xieng Khouang, Dien Bien Phu et Luang Prabang. Le manque de moyens ne permettra pas toujours de s'y maintenir.

Avec un nouveau Gaur K2, Ayrolles est envoyé au Moyen Laos avec les mêmes objectifs, et le même manque de moyens.

Tous très éprouvés, passeront finalement en Thaïlande, d'où ils rejoindront le CLI à Saïgon le 12 décembre 1945, après plus d'un an de guérilla faite d'épreuves et de vie clandestine.

Le débarquement en Indochine  

Pendant ce temps, le CLI est devenu 5e RIC à son arrivée à Ceylan, pour éviter toute confusion avec le Ceylon Light Infantry. Il est aux ordres du South East Asia Command de Lord Louis Mountbatten.

Il est restructuré à partir de juillet 1945 en vue d'un débarquement aéronaval dans le Sud de l'Indochine en trois grandes unités, chacune à l'effectif d'un bataillon :
Commando léger n° 1 (Lacroix)
Bataillon SAS (Ponchardier)
Commando léger n°2 ( Guennebaud)

et deux unités autonomes :

Compagnie A
Compagnie B.

Il est la seule force dont disposera le général Leclerc, arrivé en août, succédant au général Blaizot, pour reprendre pied en Indochine. Le CLI/5°RIC comprend alors 1 700 hommes, dont 200 officiers et 500 sous-officiers.

Sous commandement britannique, intégrée à la 20e division indienne du général Gracey, la compagnie A, envoyée en Birmanie, est aéroportée à Saïgon le 12 septembre 1945.

Après un accord entre le général Gracey et Jean Cédile, commissaire du GPRF3, elle réarme, le 21 septembre, les 1 500 militaires français prisonniers du 11e RIC, internés depuis le 9 mars 1945, avec les armes que les Japonais n'ont pas encore pu distribuer aux insurgés Viet Minh. Aux volontaires de l'origine, venus de toutes les armes, s'ajoutent désormais, des légionnaires et des fusiliers marins. Et, avec ces anciens d'Indochine, elle libère Saïgon, le 23 septembre 1945, tient la ville face aux groupes Viet Minh encadrés par des Japonais dissidents, sans pouvoir empêcher le massacre de la cité Héraut4, les Britanniques ayant confié la garde des ponts de l'Avalanche aux Japonais, qui laisseront faire. Le 27 septembre, elle doit intervenir d'urgence au Pont Mac Mahon pour contrer l'intrusion d'une forte bande armée dans la ville.

Du 23 au 30 septembre, la Compagnie B, à l'effectif de 60 cadres, est parachutée en Thaïlande, à Nong Khai pour renforcer clandestinement le Groupement Fabre au Laos. A Vientiane, elle trouve l'armée chinoise. Les ordres étant d'éviter l'affrontement, elle se retire à 15 km au Nord, à Tan Ngon et Ban Keun, où elle est violemment attaquée par des bandes basées en Thaïlande, sur l'autre rive du Mékong.

La reconquête  

Le 3 octobre, le gros du CLI débarque à Saïgon amené par le Richelieu et le Triomphant et deux transports britanniques.

Le 10, le bataillon SAS Ponchardier du CLI dégage Phu My, banlieue nord ouest de Saigon, avec des éléments du 11e RIC et la compagnie A.

Le même jour, trois groupes du commando léger n°1 sont aéroportés au Cambodge. Ils y libèrent les Français et remettent Norodom Sihanouk sur son trône. Devenus Commandos du Cambodge, ils vont se heurter aux forces thaïlandaises qui occupent la partie ouest du pays, ainsi qu'aux Issaraks et aux Viet Minh, notamment aux ruines d'Angkor, à Battambang, à Hatien, Svay Rieng et en bordure de la plaine des Joncs.

Le 25 octobre, le Groupement Massu de la 2e DB, débarqué du Ville de Strasbourg, lance l'opération Moussac sur le delta du Mékong. Le CLI ouvre la route de My Tho où les chars et véhicules divers de la DB sont bloqués par des coupures. Le bataillon SAS débarqué d'un LCI britannique prend My Tho et pénètre dans dix autres villes du delta du Mékong dont Bến Tre, Can Tho, Vĩnh Long et Trà Vinh pendant que la compagnie A nettoie la région de Mytho-Gocong .

Le Groupement Massu est ensuite engagé au Nord Ouest de Saïgon et nettoie la région de Biên Hòa et la boucle du Donai avec Tan Uyen.

Le commando léger n°1 occupe Tanan où il repousse une forte attaque et purge la région des éléments viets et japonais.

Le 25 novembre, la compagnie A exécute un raid de 350 km sur les plateaux Moïs, où elle enlève Ban Me Thuot par surprise le 1er décembre. Rappelée à Bu Dop, distant de 250 km le 2 décembre, où elle dépose ses morts et blessés, elle retourne à Ban Me Thuot, le 5 décembre, qu'elle conquiert une seconde fois au prix d'un combat sanglant.

Elle tient ensuite, à un contre dix, la ville encerclée pendant douze jours, jusqu'à l'arrivée du commando léger n°1 auquel elle s'intègre. Ils sont en pointe du groupement Massu sur la RC 21 pour la prise de Ninh Hoa sur la côte d'Annam, après toute une série d'opérations très dures qui leur ont coûté 12 tués et 22 blessés. Le 18 décembre 1945, le commando léger n°2 du CLI/5°RIC (commandant Guennebaud) débarque à Saigon et participe à des opérations de nettoyage au nord de Saïgon avant d'être envoyé au Laos en février 1946 où il combat sur la RC 13 au nord de Pakse avant de s'emparer de Savannakhet et le 21 mars de Thakhek, après un combat qui lui coûte 9 tués et 13 blessés. Il entre le 25 avril dans Vientiane avec la compagnie B. Après l'évacuation des troupes chinoises, ils poussent jusqu'à Luang Prabang fin mai, reconduisant l'armée chinoise jusqu'à la frontière.

Le 9 mars 1946, le commando léger n°1, également arrivé au Laos sur la RC9 prend en main le dégagement de cet axe entre le Laos et l'Annam. Le 13 mars, il lance la compagnie A à l'assaut de Muong Phine, puis, le 23, tous ses commandos au franchissement de vive force de la rivière Se Bang Hien et à la prise de Tchepone. Il pousse jusqu'à Hué où il entre le 29 mars et délivre la population française.

Revenu au Laos, le CLI/5°RIC est dissous le 1er juillet 1946.

Épilogue  

Le CLI a combattu depuis 1944, du sud au nord de l'Indochine, de Cà Mau à la frontière de Chine, et d'ouest à l'est d'Angkor à la Côte d'Annam. Ses unités ont été citées quatre fois à l'ordre de l'Armée avec l'attribution de 225 citations individuelles et 30 médailles de la Résistance, au prix de 350 tués et blessés, soit 20% de son effectif. Après sa dissolution, ses cadres ont formé l'ossature de 3 bataillons de chasseurs laotiens, et, après leur rapatriement en métropole, celle des deux premiers bataillons de parachutistes coloniaux. Certains d'entre eux porteront le Béret rouge pendant toute leur carrière militaire.

Bibliographie  

Huard Paul (Général), Le Corps Léger d'Intervention et l'Indochine. 1943-1946, A compte d'auteur, 1980
Philippe Franchini, Les mensonges de la guerre d’Indochine, Perrin, Paris 2005, pp. 54 et 61, (ISBN 2-262-02345-X)

Références  

1.↑ Cet article est très fortement inspiré du site de l'Amicale des Anciens du CLI
2.↑ Le gaur est un buffle sauvage des forêts de l’Inde et du sud-est asiatique
3.↑ Parachuté le 22 août 1945, avec Pierre Messmer, in Les mensonges de la guerre d'Indochine, par Philippe Franchini, op. cit.
4.↑ Philippe Franchini, Les mensonges de la guerre d'Indochine, Perrin, Paris 2005, p.64

Lien externe  
Site de l'Amicale des Anciens Commandos du CLI        
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