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 Quand les services français trafiquaient l’opium…

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MessageSujet: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 12:43

Quand les services français trafiquaient l’opium…

Quand les services français trafiquaient l’opium… Livre_10

18 janvier 1953. Un bimoteur DC-3 se pose au Cap-Saint-Jacques (aujourd’hui Vung Tau), une station balnéaire au sud du Vietnam. L’avion de l’armée de l’air arrive de la Plaine des Jarres au Laos ' une région également sous administration française. Des caisses sont déchargées et aussitôt transportées vers les bâtiments du Centre d’entrainement spécialisé (CES) à Ty Wan. Un lieu discret, où l’on forme les cadres du GCMA, le Groupement des commandos mixtes aéroportés. La branche armée des services secrets français en
Indochine (1).

Les caisses contiennent 1,5 tonne d’opium. Une partie de cette cargaison, près de 500 kilos, est rapidement transférée vers une maison de jeu à Cholon, lequartier chinois de Saïgon. Le « Grand Monde », c’est le nom de l’établissement, est contrôlée par la «
secte »des Binh Xuyen, un gang dirigé par le « général » Le Van Vien, qui marrie les activités politiques et mafieuses. Le reste des caisses d’opium est entreposé au magasin d’armes du GCMA, à Saïgon. Il y en a pour une fortune et tout cela est parfaitement illégal : le SDECE (service de documentation extérieure et de contre-espionnage), l’ancêtre de la DGSE actuelle, se livre au trafic de drogue !

L’affaire éclate "très discrètement" lorsqu’un officier trésorier consciencieux refuse de valider des documents comptables frauduleux. Le Haut-Commissaire Jean Letourneau
(qui a rang de ministre à Paris) est prévenu. Le 1er mars, la gendarmerie prévôtale débarque au GCMA et saisit les caisses d’opium.

Quelques jours plus tôt, Letourneau s’est fait expliquer l’affaire par le général Raoul Salan, commandant en chef en Indochine, qui a la réputation de ne pas être indifférent aux produits opiacés…

Il s’agit de l’ « Opération X ». La drogue provient des peuples montagnards "Thaïs et Méos"  qui ont organisé des maquis pro-français afin de lutter contre le Vietminh. Le GCMA a passé un accord avec eux : les services français se chargent de transporter leur
production vers leurs clients à Saïgon… Le SDECE fait d’une pierre deux coups : il renforce
son alliance avec ces combattants anticommunistes et privent les communistes des bénéfices de ce trafic. En 1948, un rapport du 2èmeBureau estimait que 80% de la production d’opium était contrôlée par leVietminh. Au passage, les services français s’autofinancent !

Ce n’est pas joli-joli, mais à la guerre comme à la guerre. Letourneau se range aux arguments de Salan et ces trafics continuent, simplement contrôlés d’un peu plus près. Un fusible saute : le lieutenant-colonel Grall est remplacé par le commandant Roger Trinquier à la tête du GCMA.

Quelles furent les quantités exactes d’opium transportées ? Combien ce trafic rapporta-t-il ? Qui était vraiment au courant ? On l’ignore toujours. Les archives du SDECE sur cette période ne sont pas encore complètement accessibles aux chercheurs. Leur ouverture prochaine réservera sans doute quelques surprises.

« Nous sommes à la lisière de ce qui est répréhensible au nom de la morale mais qui peut
être acceptable au nom de l’efficacité » assure l’historien Jean-Marc Lepage. Il reconnait que « le SDECE n’hésite pas à s’affranchir de la légalité », mais que « la prise en charge de l’opium par le GCMA a permis le ralliement des peuples montagnards, qui ont par la suite semé le trouble sur les arrière de l’armée populaire ». Ce qui n’évitera pas l’échec final de la France en Indochine...

L’opium sert aussi de rémunération pour les informateurs et de cadeaux aux « amis ». Ainsi, au Nord-Laos, le lieutenant Lacroze en avait toujours quelques kilos dans son coffre-fort… Autre exemple : en 1950, une tonne d’opium est saisie lors de l’opération Chrysalide contre le Vietminh. Les différents services vont se bagarrer comme des chiens pour
récupérer « ce capital extrêmement délicat à manipuler » (selon les mots du commandant en chef) qui aurait été officiellement détruit…

En permanence à cours d’argent, les services français en Indochine utilisent des moyens peu recommandables pour se financer : le trafic d’opium, mais aussi la fausse monnaie, l’argent des BMC (les bordels militaires de campagne), les fausses factures, le taux de change des piastres… Les services franchissent clairement la ligne jaune vers les méthodes du banditisme, ce qui laissera des traces profondes chez les personnels impliqués. L’image, négative, des services français et de leurs « barbouzeries » s’en ressentira durant des
décennies, au moins jusqu’aux années 90. La faute à qui ? L’historien Hugues Tertrais explique que « l’Indochine aura décidément été l’un des lieux où l’institution militaire aura appris à se débrouiller toute seule ». C’est, en général, une fort mauvaise idée ! Mais la responsabilité en revient d’abord au pouvoir civil.

Ces dérives ne sont pas propres à l’armée française. Dix ans plus tard, dans le même pays, les Américains feront de même avec les mêmes tribus montagnardes contre le même ennemi.

En Amérique latine, lorsqu’il s’agissait de lutter contre des guérillas castristes ou prosoviétiques , les mêmes n’ont pas toujours été très regardant. Et en Afghanistan, on
découvrira un jour comment le ralliement de seigneurs de la guerre locaux a été obtenu afin de lutter d’abord contre les Soviétiques puis provoquer la chute des talibans…

C’est la face cachée des opérations clandestines. Elle n’est pas belle. Est-elle au moins efficace ? Ce n’est même pas sûr. Car, comme la torture, elle provoque souvent autant de dégâts moraux dans les institutions qui la mettent en œuvre que chez l’ennemi.

(1) On lira l’excellent livre de Jean-Marc Lepage « Les services secrets en Indochine » (Nouveau Monde éditions, 2012. 24 euros), qui retrace toute cette affaire… et bien d’autres.

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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 14:47

Vraiment très intéressant, merci JP Quand les services français trafiquaient l’opium… 517317 
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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 15:35

Merci mon François ,

Je me souviens , que mon Père m'en avait parlé , il y a ++ années .

Un "GRAND" malaise , au sein du "Corps Expéditionnaire Français"

Quand je pense aux petits trafics des "Gérant de Mess" ..................Quand les services français trafiquaient l’opium… 7312 

A une certaine époque et en un certain lieu , un "Juteux-Chef" , dont je tairai le nom , avait :

Trois maisons ; Quatre apparts et ...........................beaucoup plus   Quand les services français trafiquaient l’opium… 33802  Quand les services français trafiquaient l’opium… 595934
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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 15:43

Eh oui, la décadence augmentera encore, la drogue pour l'avancement c'est plus sûr que le fayotage actuellement, en plus les dealers sont complètement à l'abri, avec le chantage de "se mettre à table"
Quand les services français trafiquaient l’opium… 717653 
J'ai bien reçu ta circulaire ministérielle sur le Ramadan, pourquoi ne la mets-tu pas sur le forum; t'as vu que j'ai modifié le mail d'accompagnement, surtout à l'intention de mon dentiste qui est dans nos idées.
Décemment on ne peut pas rester les bras croisés... toutefois, j'espère que ce n'était pas un Hoax ?
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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 15:52

Chacal a écrit:
Eh oui, la décadence augmentera encore, la drogue pour l'avancement c'est plus sûr que le fayotage actuellement, en plus les dealers sont complètement à l'abri, avec le chantage de "se mettre à table"
Quand les services français trafiquaient l’opium… 717653 
J'ai bien reçu ta circulaire ministérielle sur le Ramadan, pourquoi ne la mets-tu pas sur le forum; t'as vu que j'ai modifié le mail d'accompagnement, surtout à l'intention de mon dentiste qui est dans nos idées.
Décemment on ne peut pas rester les bras croisés... toutefois, j'espère que ce n'était pas un Hoax ?

Elle est au "CHAUD" , dans mes coups de gueule :langue1: 

Quand les services français trafiquaient l’opium… 367768 C'est vrai , j'en ai pas mal , beaucoup , même .Quand les services français trafiquaient l’opium… 991300 Quand les services français trafiquaient l’opium… 991300
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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-07-09, 16:09

OK je vais voir Quand les services français trafiquaient l’opium… 358135 
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Gantheret
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Gantheret


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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2013-10-30, 14:51

Bonjour,

A VIENTIANE en 1955, la commission de Genève avait ses quartiers à VIENTIANE.Elle était composée d'indiens relativement symphas, de canadiens très symphas et de polonais antiphatiques au possible et peut être des représentants d'un ou de deux autres pays ?

Leur cantonnement était situé entre l'aéroport dépendant du village de HATAÏ et la ville de VIENTIANE située à quelques kilomètres.
C'était les seuls barraquements potables de VIENTIANE et de ses environs qu'il fallut libérer au profit de la mission de contrôle.

Leur mission était de se rendre quotidiennement à HANOÏ par avion militaire français ( DC3 et Nord Atlas 2501).

Notre gonio fixe étant implanté à l'extémité de la piste, nous passions plusieurs fois par jour devant le barraquement qui servait de tour de contrôle et de salle d'accueil pour nous rendre à VIENTIANE au mess.

Nous passions donc devant l'aire de stationnement des avions ( des photos suivront) et nous pouvions voir des controleurs descendre avec des défenses d'élephant.
Comme tout militaire ayant servi en Indo, j'ai ramené des souvenirs en ivoire à un prix défiant toute concurrence.

Je laisse à chacun sa façon de réagir car je ne veux pas faire de mauvais esprit !

Cordialement.

Gantheret

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artificier

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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime2014-03-06, 16:14

Merci à vous.
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MessageSujet: Re: Quand les services français trafiquaient l’opium…   Quand les services français trafiquaient l’opium… Icon_minitime

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