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 Evanne Mourousi, lesbienne cocaïnomane et informatrice

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Alexderome
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Evanne Mourousi, lesbienne cocaïnomane et informatrice Empty
MessageSujet: Evanne Mourousi, lesbienne cocaïnomane et informatrice   Evanne Mourousi, lesbienne cocaïnomane et informatrice Icon_minitimeDim Mar 13 2022, 20:30

EVANNE EUPHROSINE MOUROUSI
ALEXANDRE SANGUEDOLCE

Issue d’une longue lignée d’aristocrates phanariotes de Constantinople, belle, polyglotte, diplômée de Sciences-Po, mais portée par une passion irrésistible pour l’argent dont elle est toujours à court et dénuée de tous scrupules, la princesse MOUROUSI a disparu dans les oubliettes de l’histoire de la Collaboration. Son nom évoque désormais celui d’un célèbre présentateur du journal télévisé de 13 heures, Yves, son unique enfant.
Evanne Mourousi, lesbienne cocaïnomane et informatrice Img_2072

Evanne Euphrosine princesse MOUROUSI est née le 15 mars 1907 à Moscou, fille de Dimitri, secrétaire d’ambassade grec et Maria FIGUEIRA d’ALMEIDA, aristocrate portugaise. De leur union nait une fille, Evanne et trois garçons, Serge, Manuel et Alexandre. La famille quitte la Russie en 1917 au moment de la révolution d’Octobre et part pour Athènes puis s’installe à Montpellier. Son père devient délégué à la SDN. Elle se marie en 1933 mais le couple se sépare rapidement. Elle est engagée comme secrétaire du ministre plénipotentiaire norvégien Christian THAMS pour la Principauté de Monaco.

À la signature de l’armistice, Evanne est à Marseille où elle fait la connaissance du capitaine Maxime MENARD, chef du deuxième bureau de la quinzième région militaire. Il lui confie la mission de sonder l’état d’esprit des Parlementaires en juillet 1940. S’étant acquittée de cette tâche, d’autres missions lui sont confiées en zone non occupée jusqu’au jour où le deuxième bureau décide de se passer de ses services. Evanne se tourne naturellement vers les plus offrants, les services de renseignements allemands et monte à Paris. La capitale lui permet de saisir toutes les opportunités de s’enrichir grâce à l’occupant qui rafle les œuvres d’art pour alimenter les collections particulières des hauts dignitaires nazis dont la plus notable est celle d’Hermann GÖRING. Evanne aime mener grand train et s’installe à l’hôtel Georges-V, réquisitionné par les Allemands. Avec son père qui à l’instar de sa fille est toujours à court d’argent, Evanne monte une combine pour faire acheter aux Allemands un tableau de maître détenu par une princesse Paléologue. Vendu au double du prix demandé, les bénéfices sont partagés entre les intermédiaires. Grâce à ses relations, elle a ses entrées à l’Institut d’Études des Questions Juives (IEQJ) au 21 rue de la Boétie, dirigé par le capitaine Paul SEZILLE. Evanne flaire un bon filon, avant la guerre l’immeuble appartenait à Paul Rosenberg, marchand de tableaux juifs, propriétaire d’une galerie d’art. De bonnes affaires en perspective. SEZILLE la présente au SS-Haupsturmführer Theodor  DANNECKER, responsable SD de la question juive dont le bureau est situé avenue Foch. Infiltrée dans le milieu des Russes blancs réfugiés à Paris après la révolution d’Octobre, elle commet son premier forfait en dénonçant Mgr Euloge (Vassili Sémionovitch Géorguievski), le métropolite de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru à Paris comme franc-maçon et agent de Moscou.
Sa rencontre avec Jeanne von GEELEN WIGANDE DE LA PORTE dont elle deviendra l’amante sera déterminante. Elle est présentée à un certain GRIMAUX, Roger GLORIEUX de son vrai nom. C’est un rabatteur et fournisseur du bureau OTTO, centrale d’achat de biens dirigée par un agent de l’Abwehr, Hermann BRANDL dit OTTO, située 21 square de l’avenue Foch. GRIMAUX est une figure du marché noir, il se montre intéressé par un montage réalisé par Evanne, la vente de cigarettes pour la Kommandantur de Sète. Elle s’acoquine avec un autre industriel marseillais, Georges GENIN qui finance l’opération. Dans le train qui ramène Evanne et GLORIEUX de Marseille à Paris, un enfant est conçu. Peu de temps après, GLORIEUX apprendra à ses dépens qu’il n’y a pas de cigarettes et l’argent investi dans l’affaire  est parti en fumée ! Quant à GENIN, il monte directement à Paris pour réclamer l’argent détourné. Devant son refus, il sort furieux de la suite de l’hôtel Georges-V. Evanne est arrêtée vingt jours plus tard pour escroquerie contre l’organisation TODT. Enceinte, elle est enfermée à la prison de la Santé, mais accouche à l‘hôpital militaire allemand de Suresnes, le 20 juillet 1942. Elle appelle son enfant Yves, le futur présentateur du journal télévisé de TF1.  Il ne connaîtra jamais son père. De son séjour à Suresnes, elle a pris goût et s’est accoutumée à la morphine après son accouchement par césarienne. Sortie trois semaines plus tard, avec un enfant, désargentée, elle laisse le soin à sa mère de s’occuper d’Yves. De retour à Paris, désemparée, instable, suivie par des psychiatres, toxicomane, elle offre ses services comme mouchard au SPAC, le Service de Police Anticommuniste. C’est à nouveau la communauté des exilés russes qui est la victime de ses dénonciations, les membres du séminaire Saint-Serge sont dénoncés pour l’aide apportée aux juifs. Internés au fort de Romainville, ils sont déportés en Allemagne. Parmi les victimes, mère Marie, gazée à Ravensbrück, le 31 mars 1945, selon certains témoignages, elle aurait pris la place de l’une de ses codétenues.
Toujours en quête d’argent, elle parvient à entrer en relation avec le baron Kurt von BEHR, responsable de la branche parisienne de l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR) dont le siège est situé à l’hôtel Commodore au 12 boulevard Haussmann. L’ERR est l’organisme chargé de rassembler les œuvres d’art spoliées aux juifs. Son intérêt est attiré par l’hôtel particulier de la rue de la Faisanderie de l’industriel Paul-Louis WEILLER, magnat de l’aéronautique, PD-G des usines Gnôme et Rhône, réfugié à Cuba puis au Canada. Elle connaît les lieux, elle est une amie de longue date d’Alíki DIPLARAKOU, l’épouse de WEILLER et ancienne Miss Europe 1930. Mais ce ne sont pas les scrupules qui étouffent Evanne. L’argent de la vente des biens trouvés dans l’immeuble abandonné lui permet de retrouver son train de vie fastueux. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Sa dépendance pour la drogue lui est fatale, elle est embarquée par la brigade mondaine pour trafic de stupéfiants et elle écope de trois mois avec sursis. Elle parvient à escroquer le joaillier Boucheron pour un montant estimé à 200 000 francs de bijoux, somme certainement surestimée qui lui vaut une nouvelle inculpation pour abus de confiance et une condamnation à huit mois de prison en octobre 1943, peine confirmée en appel le 28 juin 1944.
Rattrapée par la Justice, Evanne est condamnée d’Intelligence avec l’ennemi, le 26 avril 1947 et écrouée à Fresnes. Elle joue de son talent de délatrice pour livrer une liste d’une quarantaine de personnes ayant collaboré. Mise en liberté provisoire le 24 novembre 1949, elle retrouve la prison de Fresnes puis de la Roquette pour une affaire de stupéfiants en janvier 1950. À son procès, Evanne est méconnaissable, amaigrie, coiffée d’un foulard, elle a perdu sa prestance et fait penser à une clocharde. C’est l’abbé Pierre qui lui donnera un refuge dans la communauté d’Emmaüs du Plessis Trévise. On perd sa trace par la suite, elle serait morte à Athènes en 1965.

NB
Cet article se base sur la biographie d’Evanne Mourousi dans le livre Les Comtesses de la Gestapo de Cyril EDER. Les adresses des lieux cités sont répertoriés dans le Guide du Paris occupé de Jean-Baptiste ORDAS.
Bibliographie
ANGEBERT Michel, Eros en chemise brune, Hitler prédateur (vol. 2). Camion noir. 2014.
EDER Cyril, Les Comtesses de la Gestapo. Ed. Grasset. Paris. 2006.
ORDAS Jean-Baptiste, Le Guide du Paris occupé. Memorabilia. 2020.

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« Je ne veux pas me faire ficher, estampiller, enregistrer, ni me faire classer puis déclasser ou numéroter. Ma vie m’appartient ». N°6 Le Prisonnier

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