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 Voila cent ans ! Le choix du mort !.....

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Athos79
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Athos79

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MessageSujet: Voila cent ans ! Le choix du mort !.....   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Icon_minitime2020-11-15, 15:06

Newsletter n°112 du 11 novembre 2020, il y a 100 ans, en 1920, "Le choix du mort" !
 


 "Le choix du mort" !


 
Amatrices et amateurs d’Histoire, bonjour,


Comme peut être certains d’entre vous, j’étais devant la télévision ce matin pour assister à la cérémonie du 11 novembre.


Je rappelle que plus de 8 400 000 soldats furent mobilisés sur les quatre ans (14-18) dont 550 000 issus des colonies.


Quelques chiffres valent mieux qu’un long discours pour comprendre la tragédie de cette guerre mondiale !


Nous étions 41 350 000 en 1910 et nous n’étions plus que 38 900 000 en 1920 ; la saignée pour la population française, dans tous les sens du terme, fut une terrible réalité incontournable.


Tous ces morts, sans compter les innombrables blessés et les séquelles physiques et/ou mentales irréversibles, ont endeuillé ou traumatisé quasiment toutes les familles de France (métropole et colonies). 


Ne les oublions pas ; je lis souvent que les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés.


Aussi, la Flamme du Souvenir et le tombeau du Soldat inconnu sont là pour nous aider à ne pas oublier ! Cette flamme et ce tombeau sont les symboles du sacrifice de ceux qui sont morts pour que nous vivions dans un pays libre.


Mais qui connaît vraiment l’histoire de ce fameux Soldat inconnu ? Qui mieux que Michel Vey, michel.vey967@orange.fr, peut nous la raconter avec autant de passion et de détails ? Je lui laisse le clavier, merci Michel !


C’est le 11 novembre 1920 qu’est inaugurée à Paris, sous l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile (aujourd’hui place Charles de Gaulle), la tombe du Soldat inconnu. Elle accueille le corps d'un soldat français non identifié, mort lors de la Première Guerre mondiale, pour commémorer symboliquement l'ensemble des soldats morts pour la France, au cours de son histoire. La sépulture, entourée de bornes de métal noir reliées entre elles par des chaînes, se compose d'une dalle de granit sur laquelle est inscrite l'épitaphe : « Ici repose un soldat français mort pour la patrie — 1914 - 1918 ».






L’inauguration du monument, deux ans exactement après l’armistice du 11 novembre 1918, met au premier plan le sacrifice des victimes militaires françaises de la Grande Guerre.


Ici, un retour en arrière s’impose.


Une génération de Français décimée


L’armistice de 1918 intervient après une véritable hécatombe en Europe. Dans ses mémoires consacrés à 14-18, Churchill déclare : « il n’y a pas de guerre aussi sanguinaire que la guerre d’usure. Aucun plan ne pouvait aboutir à de moins brillants résultats qu’un plan d’attaques frontales. C’est pourtant avec ces expédients brutaux que les autorités militaires de France et de Grande Bretagne ont consumé pendant trois années successives la fine fleur de leur population masculine. »


La guerre de 14 a duré 51 mois. Les pertes en vies humaines ont été énormes. Relativement, ce sont les Français qui ont subi les pertes les plus terribles. Jugez-en : 1,4 million de morts, (c’est à dire près de 15 % de la population française masculine âgée de 20 à 45 ans) ou autrement dit 1000 morts en moyenne par jour pendant 4 ans, et aussi 4 millions de blessés et de mutilés de guerre (« les gueules cassées »). Notons que la population civile a, elle aussi, énormément souffert : 300 000 morts, 400 000 maisons et 20 000 usines en ruines, 2 millions d’hectares de terre qui doivent être débarrassés de la mitraille qui s’y est accumulée (on en trouve encore plus de 100 ans après !).


Les combats n’ont été dépassés en atrocité que par ceux de la Seconde Guerre mondiale. Une remarque personnelle : je me souviens que dans les années 1970, un ancien combattant de 14-18, agriculteur à l’ile d’Yeu, m’avait raconté qu’il avait l’habitude de partir à l’assaut des tranchées allemandes avec une pelle aiguisée, que lui et les autres poilus jugeaient beaucoup plus efficace pour le corps à corps qu’une baïonnette. Je vous laisse imaginer la suite. La mort est la compagne de tous ces hommes, victimes d’une des plus grandes boucheries de tous les temps.


Dans son roman « Les croix de bois », Roland Dorgelès (1885-1973), écrivain français, raconte en 1919 que le long des chemins du front, on trouvait souvent une ligne de croix de bois à perte de vue, faites à la va-vite, et posées au-dessus des cadavres de soldats allemands ou français. Dans son film « J’accuse », sorti en 1919, Abel Gance nous fait partager une vision sur le champ de bataille : sortis des tombes des morts, les soldats se lèvent et se rassemblent en une grande cohorte qui marche à travers le pays, pour rentrer chez eux. Maurice Genevoix, immense écrivain français, évoque lui aussi l'enfer des tranchées, dans son roman "Ceux de 14". Le transfert de ses cendres au Panthéon sera d'ailleurs présidé aujourd'hui par Emmanuel Macron.






Photo : Faire-part pour le décès de Robert, grand- oncle de mon épouse, engagé volontaire, tué sur le front en 1915, à dix- huit ans.


La mention « mort pour la France » est instituée par la loi du 2 juillet 1915. La Chambre des députés adopte en 1919 le projet d'inhumer « un déshérité de la mort » au Panthéon. Mais le gouvernement a d'autres ambitions pour ce monument : profiter du deuxième anniversaire de l'armistice, en 1920, pour y célébrer le cinquantenaire de la proclamation de la Troisième République. On décide de marquer cet anniversaire en déposant une urne contenant le cœur de Gambetta au Panthéon. Pourquoi Gambetta ? Parce qu’après la défaite de Sedan, le 4 septembre 1870, c’est lui qui a fait proclamer la République à l'Hôtel de Ville de Paris. De leur côté, les anciens combattants veulent pour cet anniversaire un lieu dédié spécifiquement, alors il faut trouver une autre sépulture pour le soldat inconnu.


Le choix du « déshérité de la mort »


Finalement, le 8 novembre 1920, la Chambre transige en proposant comme sépulture l'Arc de Triomphe, réservant le Panthéon au seul Gambetta. La loi est adoptée à l'unanimité par la Chambre des députés et le Sénat.


C'est André Maginot (oui, celui de la « ligne »), ministre des pensions et lui-même blessé de guerre, président de la fédération nationale des mutilés de guerre, qui dirige la cérémonie de choix du soldat à inhumer. Elle se déroule dans le lieu mythique de la Première Guerre mondiale : la citadelle de Verdun.


Pour ce choix, l'armée avait sélectionné des dépouilles de huit soldats inconnus, morts au combat sous uniforme français sur les principaux lieux de bataille de la première guerre mondiale (Flandres, Artois, Somme, Ile de France, Chemin des Dames (traversant l’Aisne sur 26 km), Champagne, Verdun et Lorraine). Il avait été décidé qu' « un ancien poilu de deuxième classe, le plus méritant possible» désignerait l'un des huit cercueils exposés dans une galerie de la citadelle de Verdun pour être inhumé sous l’Arc de triomphe. Le soldat initialement pressenti, un martiniquais, fut atteint de typhoïde et hospitalisé. Le choix de l'armée se porte alors sur Auguste Thin, 21 ans, affecté au même régiment que le poilu choisi initialement. 


Qui est Auguste Thin ?
Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Unnam233[url=https://servimg.com/view/18944066/10281]Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Unnam234[/url]
Originaire de Normandie, commis-épicier de son état, Auguste Thin, né le 12 juillet 1899, s'est engagé dans l'infanterie à Lisieux, à moins de 19 ans, le 3 janvier 1918. Il est pupille de la nation. Deux ans plus tôt son père Adolphe Thin, né dans le Calvados le 21 août 1876, engagé volontaire comme sergent au 274è RI, était mort pour la France au Fort de Vaux, le 23 mai 1916, exactement à 39 ans 9 mois et 2 jours.






Attestation de décès du père d'Auguste Thin


Auguste Thin participa dans les rangs du 243ème RI à la contre-attaque en Champagne, où il fut intoxiqué aux gaz de combat en octobre 1918. 


En novembre 1920, il était à Verdun à la caserne Niel, faisant partie de ceux qui devaient retourner la terre parsemée d'ossements.


La cérémonie


Le 9 novembre 1920, les huit cercueils de chêne sont transférés à la citadelle de Verdun, dans une casemate, où ils sont plusieurs fois changés de place, pour préserver l'anonymat de leur provenance. Le 10 novembre, les cercueils sont placés sur deux colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d'honneur est confiée à une compagnie du 132e régiment d'infanterie. Les cercueils sont ornés de drapeaux français sur lesquels des palmes ont été déposées. André Maginot s'avance alors vers Auguste Thin, un des jeunes soldats qui assurent la garde d'honneur. C’est lui qui doit choisir laquelle de ces dépouilles sera celle, à jamais, du soldat inconnu.


André Maginot tend à Auguste Thin un bouquet d'œillets blancs et rouges, et lui expose le principe de la désignation : le cercueil sur lequel ce jeune soldat va déposer ce bouquet sera transféré à Paris et inhumé sous l'arc de Triomphe.






Comment s’y est-il pris ? Partant par la droite, Auguste Thin fait un tour, puis il longe les quatre cercueils de droite, tourne à gauche, passe devant le 5e. Il s'arrête devant le 6e cercueil, sur lequel il dépose son bouquet, puis se fige au garde-à-vous. Le soldat inconnu vient d’être choisi. Plus tard, il confiera comment il a pris sa décision : « Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6è corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »


La vie et rien d’autre


Ceci est évoqué par le réalisateur Bertrand Tavernier dans son film La vie et rien d'autre. Dans ce classique du cinéma français, le personnage principal, un major interprété par Philippe Noiret, refuse de se rallier à l’idée d’un soldat inconnu, car il veut que toutes les victimes soient retrouvées. Aussi, il dirige méticuleusement la recherche des identités des 350 000 disparus de la Grande Guerre.


Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Unnam233


Une fois désigné par Auguste Thin, le cercueil du Soldat inconnu quitte Verdun sous escorte militaire. Il est transporté à Paris par train et veillé toute la nuit place Denfert-Rochereau. Placé sur l’affût d’un canon de 155, il est acheminé vers l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Le cercueil fait son entrée solennelle sous l'Arc de Triomphe ce 11 novembre 1920, béni par Mgr Dubois, archevêque de Paris et ancien évêque de Verdun. Le soldat inconnu ne sera inhumé dans son tombeau que le 28 janvier 1921, en présence des autorités civiles et militaires, dont les maréchaux qui se sont illustrés lors de la Première Guerre mondiale (Foch, Joffre et Pétain). Étaient également présents : le ministre belge des Affaires étrangères, Henri Jaspar, le Premier ministre britannique, David Lloyd George, et un représentant du Portugal.






Inhumation du soldat inconnu


Les sept autres dépouilles, non choisies lors de la cérémonie du 10 novembre 1920, reposent au cimetière militaire du Faubourg Pavé, près de Verdun, dans le « Carré des sept inconnus ».


La flamme sacrée


En 1923, une flamme éternelle est ajoutée, ravivée tous les jours. Elle fut allumée pour la première fois, le 11 novembre 1923 à 18 h, par André Maginot. Alors que le ministre allumait la flamme à l'aide d'un tampon d'étoupe au bout d'un fleuret, des troupes du 5è régiment d’infanterie présentaient les armes et la musique jouait la Marche funèbre de Chopin.






Photo : Le président de la République, Paul Doumer, ranimant la flamme sur la tombe en 1931 ; il mourra, six mois plus tard, assassiné pour le russe blanc Gorgulov.


Saviez vous que quatre de ces cinq fils Doumer furent tués durant le conflit ? Plus précisément 3 durant la guerre (Marcel 32 ans, René 30 ans, André 25 ans) et un quatrième (Armand 33 ans) qui décédera en 1923 après avoir été intoxiqué par les gaz.






Souvenons-nous aussi du 11 novembre 1940 !


En 1940, il n’est pas question que les occupants allemands autorisent la célébration du 11 novembre en France. Les autorités françaises, sous régime d’occupation allemande, annulent les commémorations. Il y a malgré cela des manifestations spontanées, des distributions de tracts. A Paris, la manifestation arrive à son apogée vers 17 h, où près de 3 000 jeunes de 16 à 19 ans, lycéens, étudiants, sont présents sur la place de l'Étoile, devant la tombe du Soldat inconnu. Une note de police rapporte qu'on y chante la Marseillaise, qu'on y crie « Vive la  France », « Vive de Gaulle »,  ou, plus ironiquement, « Vive de … » en brandissant deux cannes à pêche (deux gaules). D'abord surprise, l'armée allemande riposte par des coups de crosse, ainsi que des tirs. « Heureusement », dira plus tard Pierre Lefranc, futur compagnon de la Libération, « ils tirent en l’air, sinon il y aurait eu beaucoup de morts ». Plus de 200 arrestations sont alors effectuées, par la police française ou directement par les Allemands.






Liste établie par la police française des lycéens, arrêtés le 11 novembre 1940


Après la Seconde Guerre Mondiale, est installé, au pied de la tombe, un bouclier de bronze chargé d'un glaive enflammé, offert par les Alliés à la gloire des armées françaises et en mémoire de la libération de Paris.




Auguste Thin (photo) a été décoré en 1981, peu avant sa mort (le 10 avril 1982), de la croix de la Légion d’honneur, à l'Arc de Triomphe, par le Président de la République de l’époque, François Mitterrand. Une remarque personnelle : la famille Thin existe toujours : les fils de l’auteur de ces lignes ont fait leurs études avec deux frères Thin. Aujourd’hui, l’un d’entre eux se destine à la prêtrise, l’autre fait carrière dans l’agriculture.

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MessageSujet: Re: Voila cent ans ! Le choix du mort !.....   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Icon_minitime2020-11-15, 18:12

Très très beau post mon Athos ,

J'ai les poils qui se hérissent .

Quand je pense au courage et a l'Amour de la Patrie qu'avaient les Français , (français) qui n'ont plus rien dans le pantalon .

Nous sommes la risée du Monde , pas que par nos dirigeants , par nous même également .

Encore Merci Athos , de me rappeler que nous étions des "Guerriers , des Hommes" .

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“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: Voila cent ans ! Le choix du mort !.....   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Icon_minitime2020-11-15, 18:50

Merci   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... 908920120
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Athos79
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MessageSujet: Re: Voila cent ans ! Le choix du mort !.....   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Icon_minitime2020-11-15, 19:43

bizarre   Il y avait deux images - elles sont disparues. - ??

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MessageSujet: Re: Voila cent ans ! Le choix du mort !.....   Voila cent ans  ! Le choix du mort !..... Icon_minitime

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