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 On fusille à Madrid.. Murat ..Etat de guerre

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MessageSujet: On fusille à Madrid.. Murat ..Etat de guerre   On fusille à Madrid.. Murat ..Etat de guerre Icon_minitimeJeu 16 Nov 2017 - 10:27

On fusille à Madrid.. Murat ..Etat de guerre Fusille



Il n'y a plus d'insurrection d'ensemble dans Madrid. Les combats qui continuent sont épisodiques, mais aussi acharnés. Goya les a vus.




Il nous les a légués dans les Désastres de la guerre. Un lancier polonais traîne une femme sur le pavé. Une femme, son enfant sous le bras, perce d'un coup de lance un soldat qui s'abat.



Voilà un grenadier le crâne ouvert par un coup de hache, un Espagnol qui lève son poignard sur un soldat. Partout, sur le pavé, d'affreuses flaques de sang.




Oui, elle est finie, l'insurrection des Madrilènes. Et vaincue. Mais en même temps un implacable processus est engagé. Il y a beaucoup de morts dans les rangs français. Les hommes de Murat crient vengeance. Leur chef va les satisfaire. La répression commence.





On fusille à Madrid.. Murat ..Etat de guerre Fusille1



D'abord, Murat lance une proclamation dans laquelle il prend la Junte à partie, la rend responsable de l'ordre qui doit régner.





Il nomme une commission militaire qui jugera sommairement les insurgés qui auront été pris les armes à la main.


Désormais, tout Espagnol qui passe dans la rue est arrêté, fouillé.



Malheur à lui s'il porte une arme. Aux yeux des soldats, tout est une arme.


Un canif ? Une arme. Des ciseaux ? Une arme. Un infortuné barbier qui s'en va raser un client est arrêté: n'a-t-il pas un rasoir sur lui ?


Ceux-là sont empoignés, on les bourre de coups de crosse, parfois on les fouaille à la baïonnette.


On les traîne devant la Commission. Il ne s'agit pas de perdre du temps. A peine l'identité déclinée, et la condamnation tombe. La condamnation à mort, bien sûr.



On les emmène, soit au Prado, soit au Retiro, ou derrière l'église de Buen Suceso. Ou encore au couvent de Jésus, sur la montagne du Principe Pio.



La nuit est tombée, et en même temps la peur qui s'étend sur la ville. Le silence, seulement troué de salves. On fusille, on n'arrête pas de fusiller.



Ceux du Principe Pio, Goya les a vus —encore. Sous son pinceau, pour l'éternité, cet Espagnol en chemise et tête nue, invectivera les bourreaux en étendant les bras, cependant que près de lui un moine agenouillé adresse à Dieu une ardente prière.



Dans l'ombre, qui les oublierait, ces visages encolérés, ces bouches tordues par l'injure ? Et le peloton groupé, avec ses shakos, ses havresacs. Et cette lanterne qui, pour éclairer la scène, perce la nuit de sa lueur blafarde.
On a dénombré une partie des victimes.



On y trouve des palefreniers, des forgerons, des porteurs d'eau, des chevriers, des maçons, des cordiers, des prêtres, un mendiant, un acteur, des femmes, des enfants (tués chez eux), un avocat, un chirurgien, un écrivain public.


Donc, peu de bourgeois. Mais le peuple, le vrai. Cette révolte est une révolte populaire.
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