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 Le nhaquê.

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Commandoair40
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Commandoair40


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MessageSujet: Le nhaquê.   Le nhaquê. Icon_minitime2015-02-09, 19:06

"Le nhaquê"  

Le terme vietnamien "nhà quê" désigne la campagne, le village, "nguoi nhà quê" veut dire le campagnard, le villageois.

Les Français avaient francisé en "nhaqué" (njakuê), pour appeler le paysan vietnamien, mot équivalant à bouseux, rustre.

Les combattants indochinois du Corps Expéditionnaire

Le nhaquê. Indo110
partisans

Du premier au dernier jour de ce que les Vietnamiens d'aujourd'hui nomment la guerre des Français, environ 350.000 Annamites, Cambodgiens ou Laotiens ont pris les armes dans les rangs des T.F.E.O. (T.F.E.O. : Troupes françaises d'Extrême-Orient) ou ont soutenu son action.

A partir de 1946, la pénurie d'effectifs entraîne le « jaunissement » de ceux-ci. Jusqu'au début de 1947, il est interdit d'utiliser des Africains et des Maghrébins.

Pour une pacification idéale du delta tonkinois et tenir 7.000 villages sur une surface de 740.000 km2, les effectifs estimés nécessaires sont passés de 50.000 hommes début 1946 à 190.000 en 1951 (pour une Armée de Terre de 400.000 hommes en 1947).

Le nhaquê. Indo210

Ainsi, dès la mi-1946, le Commandement, qui est loin d'être partisan de cette solution, est obligé d'envisager l'emploi massif d'autochtones.

Au cours de ses expéditions coloniales, l'Armée Française a toujours incorporé des contingents locaux qui supportent plus facilement le climat et connaissent mieux le pays que les Européens. Par ailleurs ils reviennent moins cher.

En 1948, un soldat "importé", car tel est le terme utilisé, perçoit une solde de 240 piastres, le régulier du cru touche seulement 190 piastres et le partisan 140.

Dès le 7 mars 1946, une note "provisoire prescrit l'incorporation de tirailleurs, mais en novembre 1947, le général Valluy, préfère recruter 40.000 partisans ou supplétifs, car il lui paraît impossible de pacifier un pays sans le concours d'une majorité d'autochtones acquise à l'idée du retour à l'ordre".

En 1948, les partisans sont dotés du statut provisoire "d'autochtones acceptant de participer au rétablissement de l'ordre dans leur région d'origine".

Leur hiérarchie s'étend de partisan à capitaine et leur solde journalière est de 4 piastres pour un simple partisan, assortie d'une prime variant de 3 à 9 piastres, 20 selon le territoire.

En cas de blessure occasionnant une invalidité permanente, l'homme perçoit 1.000 piastres.

Les veuves des tués au combat peuvent prétendre à une indemnité de 1.000 piastres augmentée de 150 piastres pour les enfants de moins de 15 ans, jusqu'à quatre.

En 1949, les déficits "blancs" qui s'élèvent à 26.000 hommes sont ainsi limités à 7 000, grâce à l'incorporation d'Indochinois. Ils seront de plus en plus nombreux jusqu'au début de 1952.

Le nhaquê. Indo310

Supplétifs (partisans) et réguliers (tirailleurs) représentent près du tiers des Forces terrestres d'Extrême-Orient en 1952.

Ils se montrèrent particulièrement efficaces dans les combats menés par les Commandos en raison de leur capacité à progresser dans les rizières et dans le jungle.

Les partisans sont recrutés pour garder les plantations, le chemin de fer, les administrations ou assurer la police fluviale du sud.

Les recrutements locaux révèlent assez rapidement leurs limites.

Les bonzes, les chefs de province et les familles s'émeuvent du départ des jeunes hommes, qui nuit gravement à la récolte du riz.

Durant le même temps, le Viêt Minh plus coercitif, recrute massivement pour son corps de bataille qui passe de 80.000 hommes en 1947 à 280.000 en 1953.

Les besoins en coolies pour les deux camps sont très importants.

Il faut, par exemple, en opération 38 porteurs pour charrier 300 coups de mortier de 81.

Très souvent, les paysans sont réquisitionnés la nuit par les rebelles pour saboter les routes et le lendemain par les Français pour les réparer.

Certains officiers redoutent que la valeur combative des unités soit amoindrie par la présence d'un nombre excessif d'autochtones.

Le nhaquê. Indo410

" Le 21 mars 1947 Le 1er Commando Hoa Hao déserte en assassinant son chef et 15 parachutistes français.

Cette même année, un rédacteur d'état-major utilise le terme de "fatal jaunissement des TFEO"

Le 16 août 1948 une note parle de "sur-jaunissement", alors que 22 chasseurs laotiens abandonnent leur poste parce qu'un sergent européen a voulu tirer sur eux ou que à l'automne 1948, plus de 750 autochtones désertent en emportant 1 mortier, 2 mitrailleuses, 6 FM, 27 PM et 671 fusils.

Les Transmissions sont embarrassées par des recrues qui ne peuvent apprendre la lecture au son car ils ignorent l'alphabet latin.

Le Génie note avec satisfaction que les Tonkinois sont de bons sapeurs et le Train apprécie les aptitudes à la conduite et à la mécanique des nouveaux incorporés, qui ont cependant un peu trop tendance à démonter entièrement les moteurs de leurs véhicules.

On estime les pertes chez les tirailleurs réguliers à 28.000 tués, 21.200 blessés, 12.927 disparus.

A la fin des hostilités, 15.589 autochtones sont supposés être prisonniers de guerre ; un an après, seuls 1.648 sont rentrés, 348 étant considérés comme morts.

En 1946, 88% des tués des TFEO, sont européens ; en 1951, seulement 17% .

De 1946 à 1954, 2.283 citations à l'ordre de l'armée sont établies en faveur des autochtones des TFEO (plus de 300 à titre posthume).

D'après le Colonel Maurice RIVES  

Les combattants Indochinois du Corps Expéditionnaire Français en Extrème Orient.

A la conquête des Nha Quê

Pour le chef de poste, le salut c'est de conquérir la masse asiatique qui l'entoure, les dix milles ou cent milles nhaqués qui peinent dans les rizières comme des bêtes.

Ce sont eux qui de leurs corps peuvent constituer la seule muraille valable autour du poste. Mais pour cela il faut les arracher au vietminhs qui défendent furieusement leur emprise.

Pour les viets, cette population est la vie même, à la fois leurs yeux, leurs oreilles, leur riz, leur argent, leur main-d'œuvre.

La plèbe c'est donc le facteur décisif de la guerre entre le sergent français et le chef du chidoi vietminh. Le grand gagnant est celui qui sait s'emparer du peuple (p.66).

Le chef de poste français, doit convaincre les nhaqués de se rallier à lui, et cela quand les viets, au moindre soupçon de compromission, les mettent à mort.

Le pauvre partisan est sans histoire, c'est un simple nhàqué qui s'enrôle à cause de l'appât d'une solde misérable et surtout d'un fusil.

La plupart d'entre eux sont laissés seuls presque sans armement et sans moyen de résistance dans des tours de garde. Ce sont de minuscules donjons en briques échelonnés le long des routes.

Le règlement français interdit de leur donner des mitraillettes ou des armes automatiques, car ils pourraient les vendre aux viets, ou bien ceux ci les attaqueraient pour s'en emparer.

Le commandement annonce presque quotidiennement la perte de plusieurs tours de garde. C'est sans importance. On en reconstruit d'autres. On recrute d'autre nhaqués

Car on en trouve toujours. On dirait que leur sort, la question de vivre ou de mourir, leur est indifférent, s'il ont à manger. Les nhaqués sont trop misérables pour attribuer une grande valeur à l'existence, elle est une sorte de luxe pour eux.

La plupart du temps, les partisans des tours font leur devoir. Ils ont une résignation qui prend la forme de l'héroisme. L'on cite d'eux des faits d'armes extraordinaires. (p.70/71).

L'on construit donc des postes par milliers... C'est toujours un petit univers fermé, dominé par un drapeau tricolore accroché au sommet d'une perche.

L'on retrouve l'enceinte en rondins grossiers, le mirador semblable à une réduction de la tour eiffel et, aux angles, les blockhaus de pierres et de bambous, primitives boites qui contiennent des mitrailleuses.

Tout est sommaire.

Le poste n'est relié au monde que par l'appareil radio, s'il y en a un.

C'est au français de se garder le plus.

Les viets savent tout de lui. Ils connaissent tout de ses habitudes, de son caractère de l'horaire de ses journée, il y a partout des yeux pour le regarder.

Un guetteur professionnel vietminh, accroupi sur une petite plate forme dans un arbre, épie avec une vieille jumelle, l'intérieur du poste.

La guerre des postes est une partie d'échec.

Au bout de quelques jours les beps (cuisiniers) et les nhaqués sont amis. Les paysans prennent l'habitude d'amener avec eux leurs familles.

Les nhaqués se rapprochent quotidiennement, mètre par mètre (…) les voilà à la hauteur de l'enceinte. Ils restent là longtemps sans avancer.

La garnison, s'accoutumant à eux, ne se méfie plus. Enfin, elle les laisse venir jusqu'à l'appontement où flotte le drapeau tricolore.


Le marché au milieu du poste devient une institution consacrée.  

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Sicut-Aquila

Le nhaquê. 908920120 Le nhaquê. Cocoye10 Le nhaquê. 908920120

“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: Le nhaquê.   Le nhaquê. Icon_minitime2015-02-09, 19:32

Lu , plus Haut (Explications)

" Le 21 mars 1947 Le 1er Commando Hoa Hao déserte en assassinant son chef et 15 parachutistes français."



La zone Est-cochinchinoise constituait le principal secteur d'activité de la 1ère DBCCP.

La zone Ouest est le théatre d'une expérience entreprise depuis le mois d'août 1947 avec les Commandos Parachutistes Hoa Hao.

1948; Les Quatre Commandos poursuivent la pacification de leur secteur.

Les combats qu'ils livrent aux Viets des " Dai Doï " 1082 et 1084 les font progresser rapidement vers des zones qu'il n'avait pas encore été possible d'atteindre.

Chaque opération est un succès.

Le 17 janvier, c'est l'attaque de Xatac, ou les Viets abandonnent 82 tués sur le terrain.

Le 11 février, c'est Traet, 40 morts pour les Viets et le 25 février Dinh My ou ils perdent 70 morts, bilan; 1 mitrailleuse lourde, 2 FM, 2 PM et 40 fusils.

Tout le mérite de ces victoires revient au capitaine Charvet qui meurt à la tâche le 2 février, à son poste de Long Xuyen.

Le capitaine Olivier Le Mire lui succède.

Malheureusement, il va avoir à dissoudre ces commandos à la suite des troubles suscités par Lam tanh Nguyen et par la dissidence du 1er Commando, le 25 mars.

Ce jour là, l'adjudant Truffaut, parti depuis la veille à la recherche d'un élément viet se dirigeant vers Rach Gia, est assailli par ses hommes dès qu'il est au contact avec les rebelles et abattu d'une balle de Colt en pleine tête.

Laissé pour mort sur le terrain, il sera sauvé par la colonne de secours.

Ses 15 compagnons ne bénéficieront pas de la même chance
.


Après une série de désertions, seul survivra un Commando d'honneur réorganisé et fortement encadré.

Tout au long des 2 années à venir, l'activité des troupes du Sud-Vietnam sera périodiquement marquée par les volte face et les dissidences imprévues des membres des sectes qui n'hésiteront jamais à jouer sur les tableaux.

Ces incident ne retardent pas l'action du général Boyer de Latour dont le seul but consiste à rejeter et à maintenir le Vietminh sur la Plaine des Joncs par des opérations menées à rythme rapide.

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Sicut-Aquila

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