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 Le quotidien du soldat en Indochine .

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Commandoair40
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Commandoair40


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MessageSujet: Le quotidien du soldat en Indochine .   Le quotidien du soldat en Indochine . Icon_minitime2015-02-09, 12:11

Le quotidien du soldat en Indochine    

Le temps de séjour en Indochine

Le temps passé en Indochine constitue un élément essentiel de compréhension de l'état d'esprit et du moral des hommes.

La durée réglementaire du séjour avait été fixée à 24 mois.

Cependant, la guerre et les difficultés de la Métropole pour trouver des hommes et des moyens de transport faisaient varier le temps des séjours normaux de 24 à 30 mois (jusqu'à 33 mois avec les prolongations fortuites).

Au-delà du temps annoncé, des mécontentements naissaient et s'exprimaient par la critique des états-majors, des bureaux de la métropole et des gouvernements.

La résignation pouvait entraîner des formes de mauvais esprit et une baisse de moral dans les derniers jours, des hommes rechignaient à partir en mission.

Des rapports signalent plus de blessés parmi ceux qui, théoriquement, avaient terminé leur séjour.

L'annonce du rapatriement faisait remonter le moral mais il accentuait la prudence des soldats.

Des officiers préféraient ne pas employer les personnels en fin de séjour.

Les séjours allongés accentuaient l'usure des organismes, dénoncée par les médecins qui demandèrent que les séjours soient écourtés pour éviter un délabrement complet de la santé des hommes.

Ceux qui se portaient volontaires pour un autre séjour, débarquaient souvent mal rétablis de leur premier.

Les rapatriements sanitaires ont concerné 51 068 combattants dont plus de 30 000 Français et près de 8 500 Maghrébins (14,6 % et 7,4 %).

Les retours se faisaient après une courte permission dans des centres de transit (base militaire de Saigon ou du Tonkin) pour effectuer les visites médicales et les formalités de rapatriement (mise à jour des soldes, avancements, remises de décorations).

Les transports de troupes

Jusqu'en 1954, la voie maritime fut le mode de retour quasi-exclusif sauf pour les officiers supérieurs et généraux. Les navires prirent en charge 97,5 % des hommes de troupe.

Les voyages s'effectuaient sur des transports de troupes comme le Pasteur qui convoya plus du tiers des rapatriés dans des conditions acceptables. Sur les cargos tout manquait.

La plupart des traversées duraient de 15 à 20 jours et suivaient la même route par le canal de Suez, l'Afrique du Nord puis Marseille (en raison des grèves, pour éviter les incidents avec les manifestants, quelques navires accostèrent à Toulon).

Pour les rapatriés sanitaires, seul le navire-hôpital Orégon, fut affrété par les autorités. Ils revenaient, essentiellement par transports de troupes, dont le Pasteur équipé de deux hôpitaux.

Progressivement le role de l'avion augmenta (quatre à six DC3 par semaine et deux Skymasters mensuels).

Les maladies neuro-psychologiques

Quoi de plus compréhensibles que des affections neuro-psychologiques, en temps de guerre ?

La campagne d'Indochine n'échappe pas à cette règle d'autant que la guerre se déroule dans des conditions physiques et humaines défavorables.

90% des malades neuropsychologiques auraient normalement dû être réformés avant leur départ en Extrême-Orient où les déséquilibres légers s'accroissaient.

En 1952, 24 malades mentaux furent renvoyés à la métropole. En 1953, ils furent 54 dont près de la moitiè avait déjà fait l'objet d'une décision antérieure (réforme définitive ou temporaire, rapatriement sanitaire).

Un dépistage mal fait renvoyait en Indochine des gens inaptes. Beaucoup avaient connu des psychoses, des dépressions, hyperémotivité, paranoïa, mélancolie, troubles caractériels, etc.

Un quart d'entre eux étaient des éthyliques ce qui aggravait les psychoses, les anxiétés, les confusions mentales. Certaines fièvres pouvaient engendrer des troubles, notamment celles liées au paludisme.

Les principales affections ont été la débilité mentale, les troubles du caractère et du comportement (impulsivité, irritabilité), l'angoisse et la peur permanente, la confusion mentale, les crises nerveuses, les hallucinations diverses, etc.

Les maladies neuropsychologiques représentaient moins de 5% des hospitalisations mais les 3/4 relevaient de neuropsychiatrie. Ces affections concernèrent jusqu'à 2% des européens.

Les malades représentaient pour eux-mêmes et leur entourage un véritable danger. On compte en effet un grand nombre d'homicides et de tentatives de meurtre à la suite d'accès de violence ainsi que maints accidents dus à des maniements d'armes incontrôlés.

Des dépistages sévères ainsi que la lutte contre l'alcoolisme servirent de prophylaxie.

Les mines, les blessures

Les mines devinrent une spécialité des forces Viet-minh.

Elles avaient un impact psychologique important du fait de leurs effets destructeurs.

Le nombre des blessés par mines augmenta jusque vers 1950 puis se stabilisa au passage de la guérilla active à la guerre de mouvement.

Elles infligèrent des pertes sensibles aux unités implantées mais pas toujours aux troupes mobiles.

Il existait deux grandes catégories d'engins :

Les mines à traction. Un fil tiré par un homme ou tendu en travers du chemin, actionnait la mise à feu. On assistait alors à un criblage des alentours par les éclats.

Les mines par pression. Le poids d'un homme déclenchait l'explosion qui concernait directement les membres inférieurs de la victime.

On découvrait toute sorte de mines : grenades, obus, fruits piégés, des mines en fonte, en verre, en bois, des bambous bourrés de ferrailles, de porcelaine ou de clous.

Le Vietminh montrait une grande habilité dans le minage, jusqu'à piéger les propres engins de FTEO. Les mines faisaient des plaies confuses, importantes et presque toujours multiples (27% étaient des polyblessés).

Elles causaient un fort taux d'irrécupérabilité et requéraient beaucoup d'attention et de temps de la part des médecins.

Les lésions concernaient en premier lieu les membres inférieurs mais aussi la tète et les yeux.

Les mines bondissantes ravageaient les abdomens et les thorax.

Le nombre des blessés par grenade augmenta jusqu'en 1951 puis décrut avec l'augmentation des blessures par obus.

Souvent de fabrication artisanale, les grenades causaient des arrachements, des blessures délabrées, des criblages, le plus souvent des poly-blessures.

Lors des combats rapprochés elles causaient presque autant de blessures que les balles.

Les balles eurent de moins en moins d'importance dans les causes de blessures du fait de l'augmentation du rôle de l'artillerie.

L'emploi des armes à courtes distances et des fusils peu classiques déterminaient de sévères atteintes surtout dans les parties hautes du corps.

Elles avaient toutes sortes d'effets : atteintes viscérales, chocs, fractures, délabrements et transfixions. Lors des opérations de nettoyage, elles dominaient toutes les autres causes de lésions.

De 1946 à 1951, elles furent à l'origine de 62% des blessures, 43% dans les dernières années du conflit.

L'alimentation du corps expéditionnaire

Le combattant d'Indochine avait l'aspect d'un loup maigre, qu'aucun embonpoint n'empêchait de trotter.

Chez les témoins, l'alimentation réglementaire ne fait pas partie des meilleures souvenirs de leur campagnes.

Des prestations en deniers sans aucune distribution de vivres assuraient l'alimentation des forces régulières depuis septembre 1947.

Deux primes permettaient l'approvisionnement des soldats :

La prime d'alimentation (indemnité de vivres administratifs équivalente à la ration de l'intendance et indemnité d'ordinaire pour les produits frais)

Et la prime de boisons (auxquelles venait s'ajouter la prime dite "éventuelle" pour améliorer l'ordinaire des unités parachutistes.

Les rations, élément essentiel de la vie des hommes, suscitèrent bien des plaintes, elles ne convenaient pas au climat indochinois.

Elles renfermaient trop de biscuits secs, de chocolat, de confiture, de fromage et de rhum.

Les troupes dénonçaient le poids des rations (3kg. pour la ration "pacific", l'inadaptation des produits au goût français ce qui entrainait d'énormes gaspillages, la présentation collective.

Le contenu des rations de survie ne suffisait pas à de jeunes hommes de 20, 25 ans.

De plus, les rations arrivaient souvent abimées (chocolat moisi, sucre fondu, biscuits vermoulus), périmées voire sabotées.

Les conserves, en remplacement des produits frais, n'étaient ni assez variées ni assez rafraichissantes pour le climat d'extrême orient (cassoulet, choucroute, saucisses lentilles).

On critiquait leur poids et leur coût pour les ordinaires.

Le pain, aliment symbolique.

L'approvisionnement dépendait des livraisons de farine. Les unités stationnées en ville bénéficiaient en outre de l'apport des boulangeries civiles.

Courant 1948, à Cao Bang, seulement 10% des commandes de farine étaient arrivées.
Quant au pain de guerre, parfois dur, souvent mou ou moisi, il irritait les hommes.

En ce qui concerne la viande, le cheptel local ne suffit rapidement plus et on eu recours à des importations de conserves "corned beef" (le singe du marsouin).

A partir de 1949, le ravitaillement en viande s'améliora grâce, notamment à de meilleures installations de stockage (chambres froides).

L'excès de conserves entrainait des troubles hépatiques et gastro-intestinaux mais rarement des intoxications.

Les achats locaux, au contraire, causèrent de sévères désagréments comme des épidémie de dysenterie.

Les quantités défaillantes de nourriture avaient aussi pour effet de susciter des opérations de pillages, appelées "opérations poulets" et des détournement de denrées alimentaires.

L'Indochine ne disposait ni de l'agriculture ni de l'industrie pour subvenir aux besoins d'une armée en campagne. Après les occupations japonaise et chinoise, il ne restait pratiquement rien des infrastructures industrielles, à part quelques savonneries.

La France à peine sortie de la guerre manquait de moyens.

Elle dut compter sur la bienveillance des anglais et des américains pour les achats de rations.

En 1946, les services financiers refusèrent à Leclerc un supplément de 50 000$ pour l'achat de 67 500 rations "Pacifics".

Le climat joua un rôle capital en faisant souffrir les approvisionnements par la conjugaison de la chaleur et de l'humidité. Les emballages fondaient ou les équipements pourrissaient en quelques jours.

Fin 1948, par suite des embuscades, Cao Bang n'avait reçu que 20% des aliments demandés.

Au total, la vie quotidienne des soldats d'Indochine ne fut pas facile ; très dure de 45 à 48, elle s'améliora lentement avec le rétablissement de l'économie française et l'arrivée de l'aide américaine.

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Sicut-Aquila

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Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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Gantheret
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MessageSujet: Re: Le quotidien du soldat en Indochine .   Le quotidien du soldat en Indochine . Icon_minitime2015-03-02, 15:21

Bonjour,

Excellent compte rendu qui me rappelle beaucoup de souvenirs.

Quant au séjour, il était de 24 mois en général dans la marine et l'aviation mais de 30 mois pour les autres unités.

Mon premier séjour fut effectué de mars 1947 à septembre 1949 sans prolongation demandée, il était accordé en général 6 mois de séjour en plus mais quand tu as grenouillé 30 mois dans la rizière, bien peu prolongeait.

Le second séjour dura 18 mois suite à mes blessures du 17 juin 1954, j'ai du attendre près d'un an avant d'embarquer sur le PASTEUR le 15 juin 1955 où nous avons été remarquablement soignés.

Au premier séjour, embarquement sur le liberty chip "MONTBELIARD" aux mains de la CGT et du PC, 45 jours de traversée sans descendre à terre.

Je vous ferai part des conditions de ce voyage scandaleux où nous étions rançonnés par l'équipage sans aucun moyen d'action.

Pour la nourriture, c'était exactement ce qui a été décrit, les boîtes de lait "GLORIA" étaient pratiquement toutes rouillées à l'intérieur, les légumes secs étaient charançonnés le plus souvent etc etc.

Péar contre, les rations anglaises " PACIFIC" touchées de 1947 à mi 1948 approximativement étaient relativement appréciées car touts les aliments étaient embalés dans des boîtes métalliques y compris les biscuits et les cigarettes CRAVEN ou PLAYERS.

Au second séjour, il y eut une légère amélioration mais des milliers de boîtes de conserve furent jetés, les cigarettes "TROUPE" ou les locales TFEO fabriquées par MIC étaient humides à 100%.

On pourrait en raconter des pages entières.

Ne parlons même pas de la solde dérisoire qui estimait au TONKIN la vie d'un soldat à 360 piastres mensuellement soit 6.120 anciens francs en 1947 et 5.440 anciens francs pour un soldat stationné en COCHINCHINE, les soldes variaient en fonction du lieu de stationnement par rapport à la latitude la plus proche, complètement stupide.

A partir de 1950, la solde s'améliora et deux livrets de caisse d'épargne furent crées dont un sur lequel il était impossible de retirer le moindre centime durant tout le séjour.

Pour terminer, il était interdit de rentrer en FRANCE même pour le décès d'un très proche parent y compris d'un enfant.

Amicalement.

Gantheret
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Commandoair40
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MessageSujet: Re: Le quotidien du soldat en Indochine .   Le quotidien du soldat en Indochine . Icon_minitime2015-03-02, 18:37

Merci pour ces précisions Guy

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MessageSujet: Re: Le quotidien du soldat en Indochine .   Le quotidien du soldat en Indochine . Icon_minitime2015-03-02, 19:16

On en parle jamais du quotidien de tout les soldats dans les différents conflits, je veux parler de ces petites choses insignifiantes qui n'en l'air de rien mais qui empoisonne sa vie ou lui pose des problèmes tout les jours, aller aux toilettes en public, pisser, les envies d'une fille, ses soucis de peau, d'échauffement au derrière ou ailleurs qui gène terriblement , la gratouille, les poux, les puces, et la bouffe que l'on améliore par des petits larcins cachés des chefs, et que l'on partage entre nous,!! enfin tout quoi !!! Le quotidien du soldat en Indochine . 367768
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