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 Nos amis " les rouges"

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Gantheret

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MessageSujet: Nos amis " les rouges"   Jeu 5 Déc 2013 - 15:47

Bonjour à tous,

Voici l'histoire véridique du rapatriement d'INDOCHINE de 250 petits soldats français confiés à un équipage français du transport de troupe "MONTBELIARD" ex liberty ship US.

Le 3 septembre 1949, après avoir grenouillé 30 mois dans la rizière du TONKIN avec le II/6° RIC, je suis rapatriable et embarque le 07 septembre sur le "MONTBELIARD" à HAÏPHONG.
Beaucoup d'hommes de troupe, de rares sous-officiers et encore moins d'officiers dont le lnt colonel ou le colonel commandant d'Armes de ce raffiot rouillé.
Nous sommes conduits à fond de cale où nos couchettes sont superposées sur 4 niveaux, les plus anciens choississant bien entendu leurs places. J'étais pourtant caporal chef mais beaucoup trop jeune pour avoir ici une autorité sur des vieux briscards âgés de 45 ou 50 ans, 2éme classe ou caporal, ayant guerroyé depuis l'âge de 18 ans un peu partout dans le monde.

Nous quittons HAÏPHONG, traversons la baie d'ALONG et direction SINGAPOUR à une vitesse d'escargot pensant qu'une mer simplement agitée allait nous compliquer sérieusement la tâche.

Le commandant d'Armes prend la parole pour nous annoncer que nous ne serions pas autorisés à descendre aux escales, le capitaine du navire l'interdisant.
Quant à la durée du voyage: 40 jours environ dont pratiquement toute la durée sous une chaleur démente.

Au bout de 3 ou 4 jours, nous nous apercevons que la nourriture est éxécrable, en quantité infime et que la boisson est constituée uniquement d'eau tiède alors que nous avions vu charger du lait, du vin et d'autres produits alimentaires.

Un sous-officier demande au commandant d'Armes d'agir afin que nous ayons un minimum de nourriture et surtout de l'eau à volonté et non pas trois fois par jour bue non pas dans un quart faute de robinets mais en se penchant à heures fixes sur des tuyaux en cuivre perçés de trous minuscules.
La durée d'ouverture était fixée selon le bon vouloir du marin agissant sur la vanne ; quant aux douches, il n'était même pas question d'y penser ; elles étaient uniquement réservées à l'équipage et peut être aux sous-officiers et aux officiers, je ne m'en souviens plus.
Par la suite, dès qu'un orage éclatait, nous étions tous sur le pont en tenue d'Adam avec du savon sensé mousser au contact de l'eau de mer qui nous avait été remis lors de notre embarquement.

Peu après notre départ, un membre d'équipage prit la parole non pas pour nous souhaiter la bienvenue ou un agréable voyage mais pour nous annoncer que le foyer serait ouvert de telle à telle heure et que, si nous voulions manger davantage, il fallait travailler.

Et de nous résumer les différents travaux proposés que seuls les volontaires sont en droit d'accepter avec le bonus promis.
A savoir ( de mémoire...) aider les cuisiniers, peindre le navire au minium puis à la peinture, nettoyer les ponts etc.
Personnellement, j'ai refusé ainsi que beaucoup de camarades.
Parmi ceux ci, j'ai retrouvé un camarade de lycée Robert SCATENA des télégraphistes coloniaux qui avait effectué son séjour dans le pire endroit del'Indochine à l'époque, le veux parler du GNO (groupement nord ouest) dont le PC était à LAICHAU au nord d'HANOI et à la frontière de Chine.
Ces hommes étaient coupés pendant 30 mois de toute civilisation sauf celle des Méos fidèles à la France et dont le sort fut tragique en1954.
Aucun moyen d'accès si ce n'est par avion du type PIPER ou FISSLER, le ravitaillement en munitions et en vivres étaient effectué par parachutages.
Il fallait mieux ne pas être bléssé ou malade dans cette région car il n(y avaitqu'une infirmerie.

Ces hommes furent évacués sur HANOÏ en 1950 quand les chinois communistes s'emparèrent de la Chine.

Quant à mon copain Robert, comme beaucoup, il "avait tirer sur le bambou" en français gouter à l'opium, la seule distraction du pays ! heureusement, il n'en avait pas trop abusé contrairement à certains qui furent envoyés en cure de désintoxication à CHOQUAN (orthographe incertaine) en compagnie des fous furieux et des malades syphilitiques. Allez comprendre le rapport entre ces différentes pathologies ?

Au foyer, il y avait de quoi boire et manger pour ceux qui avaient de quoi payer le coût exhorbitant de la marchandise car beaucoup avaient dépensé leur pécule pour "arroser" copieusement leur départ à HAÏPHPONG.
La bière, le lait, les sardines, les cigarettes etc avaient été fournis par l'intendance et destinés à notre consommation durant la traversée ! ces voyous détournaient sans vergogne les marchandises à leur profit et en toute impunité.

Toute la journée, des militaires effectuaient les travaux demandés y compris sur des échafaudages suspendus au dessus de l'eau pour effectuer la remise en état de la coque.
L'équipage a tenu parole, comme tout homme d'honneur, il a donné ce qu'il avait promis aux camarades travailleurs en torse nu sous une chaleur accablante, ce qui était aussi notre lot, car dans les cales, il n'y avait pas le moindre souffle d'air et sauf pluie, nous couchions sur le pont à même l'acier.
Par contre, ces messieurs de l'équipage nous narguaient, allongés et profitant de l'air des ventilateurs de marque "MARELLI".

Les distractions consistaient à écouter le soir pendant deux ou trois heures de la musique diffusée d'une station généralement anglaise en fonction de notre position géographique.
La seconde formellement interdite: le poker.
Le règlement était détourné car les joueurs pariaient des cigarettes ! 10 cigarettes valaient 1 franc par exemple et gare à celui qui trichait.

Première escale: COLOMBO et sa rade magnifique.
Nous sommes ancrés près des immenses réservoirs de la compagnie "SHELL".
Comme à chaque escale, des petits bateaux à voile arrivent pour nous vendre des cigarettes en particulier.
L'équipage ne les repousse pas au début puis active les lances à incendie pour les refouler! buisness eis the buisness!

Arrive un évènement imprévu.

Une barge contenant des dizaines de carcasses de moutons congelés accoste.
Par hauts parleurs, des hommes sont appelés dont le c/chef SCATENA et moi même.
Il s'agissait de transférer la viande de mouton de la barge aux chambres froides du navire, travail qui incombait normalement à l'équipage.
Furieux, nous allons voir le commandant d'Armes à qui nous osons faire part de nos doléances, à savoir que notre grade nous exemptait de toutes corvées.
Réponse: C'est un ordre, je n'y peux rien; à croire que le capitaine du navire avait autorité sur le commandant d'Armes; il est vrai qu'il est maître après Dieu.

L'équipage active un palan, place un filet dans lequel SCATENA et 2 ou 3 autres camarades prennent place pour descendre dans la barge tandis que je reste sur le pont avec d'autres pour réceptionner la viande de mouton estampillée de dates correspondantes à la guerre du Pacifique, autrement dit, de la viande fraiche!
La France n'avait pas dû être ruinée par cet achat.

La manoeuvre débute bien jusqu'au moment où le filet s'ouvre inopinément alors qu'il était à ma hauteur et les carcasses retombent dans le chaland dont une ou deux sur SCATENA qui s'écroule.
L'équipage nous prend à partie, nous traitant de tous les noms d'oiseaux sans que nous puissions répondre car ils le savaient parfaitement, les bougres.(pour rester polis)

SCATENA est remonté par le filet et je le conduis à l'infirmerie du navire qui consistait en un bureau du médecin et une pièce avec deux ou trois lits pour les hospitalisés et surtout un ventilateur.
Le médecin examine SCATENA, nous rassure en disant qu'il ny avait rien de cassé et qu'il pourrait rejoindre ses camarades une fois le dossier rempli.

Comme témoin, il me demande mon nom et me dit: Vous êtes parent avec Maurice Gantheret ? c'est mon père lui répondis je.
Je m'appelle CAPELIN et nous sommes cousins.
Effectivement, nous étions parents pas très éloignés et je ne l'avais pas revu depuis fort longtemps ignorant qu'il était médecin aux Messageries Maritimes à moins que çe soit les Chargeurs Réunis, mais je ne le pense pas.
De me dire, que nous étions sur le raffiot le plus pourri de la compagnie avec un équipage communiste, bien entendu antimilitariste etc etc.

Mon cousin déchire le dossier d'entrée à l'infirmerie pour en rédiger un second mentionnant que l'état de santé de SCATENA était assez grave pour son maintien à l'infirmerie .Il lui expliquant qu'il aura une nourriture correcte, une literie normale et de la boisson glacée à pofusion etc etc....
Le seul hic était qu'il avait un espace restreint pour prendre l'air mais il s'en moquait royalement.

Comme j"allais quitter son bureau, mon cousin me dit qu'il faisait le nécessaire pour que j'obtienne l'autorisation de rendre visite à SCATENA tous les soirs vers 2100 heures.

Le premier soir de sa dîte hospitalisation, je suis autorisé à rendre visite au malade qui buvait tranquillement un "PERNOD" avec mon cousin.
Je prends la même consommation avec une eau glacée délicieuse et nous discutons pendant une heure environ
après que mon cousin ait sorti d'un réfrigérateur un repas pour moi accompagné d'une bouteille de vin fin.

Je me rappelle fort bien qu'il y avait deux réfrigérateurs à l'infirmerie, l'un personnel rempli de boissons et de glaçons et le second destiné à conserver les médicaments mais il n' y avait pas que cela !!

Au bout d'une heure de bavardage, je quitte l'infirmerie les deux poches du short remplies de tranches de pain, de rondelles de saucisson etc.

A mon retour sur le pont, on me demandait des nouvelles de SCATENA.
Je prenais un air contris et je répondais: ça se maintient ou une phrase du même genre.

Donc, quotidiennement je buvais mon PERNOD, dînais fort bien et je faisais le lein d'eau glacée.

COLOMBO fut la prochaine étape avec ses transports de troupe anglais ancrés à nos côtés.
Rien à voir avec le MONTBELIARD, leurs transports de troupe étaient d'anciens paquebots et leurs occupants étaient uniformément vétus contrairement à nous.

Il est évident que pendant les escales les échafaudages restaient en place et les corvéables étaient remplacés par des membres de l'équipage: pas si bêtes ces cocos.

Par la suite, escales à SINGAPOUR, ADEN et DJIBOUTI où nous avons eu la distribution du premier courrier.

Dans l'océan Indien, nous avons affronté une terrible tempête qui dura plusieurs jours et nous n'avons pas quitté nos couchettes; la Nautamine n'exstait pas ou il n'y en avait pas à bord sinon mon cousin CAPELIN me l'aurait dit.

ADEN puis la mer ROUGE où la chaleur était effroyable. Impossible de poser les mains sur le métal et encore moins de descendre dans les cales ; aussi le commandant d'Armes obtint l'autorisation exceptionnelle d'une distribution d"eau.
Nous nous sommes précipités vers les tuyaux et au lieu de l'eau tant espérée, ce fut des jets la vapeur d'eau chaude qui sortirent des trous perçés dans le tuyau.
Heureusement qu'il n'y avait pas d'armes à bord car je suis certain que la mutinerie couvait (ce qui fut le cas au cours d'un voyage ultérieur).
Nous avons attendu le soir pour nous désaltérer si l'on peut s'exprimer ainsi et moi même 2100 heures pour étancher complètement ma soif,ayant honte de profiter de ces avantages.

Ensuite, SUEZ où nous accostons à un quai situé face à des bars à marins où nous entendions sans interruption et pour la première fois un air qui allait devenir célère : "THE HARRY LIME THEME" soit le "troisième homme".

A PORT SAÏD: même rangaine.

Nous sommes arrivés à MARSEILLE le 18 octobre soit après 41 jours de mer.

A terre, nous étions incapables de nous tenir debout et il a fallu un certain temps pour monter à bord des CITROËN U45 du camp Sainte Marthe à MARSEILLE.

Toujours dans un état déplorable ce fameux camp où nous sommes restés environ 48 heures avant de bénéficier de notre CFC.

Nous avons revu le colonel qui avait rédigé le rapport concernant les conditions déplorables de notre traversée et remis au commandant du camp.
Celui ci lui a répondu que son rapport ne quitterait pas son bureau car il avait des ordres.

Je m'excuse d'avoir été aussi long mais c'est l'exacte vérité sur mon Honneur.

Je pensais bien en avoir terminé avec ces grands patriotes marins ou dockers du port de MARSEILLE mais c'était sans compter sur leurs comportements enversles bléssés couchés sur leurs brancards dont je faisais partie, sans défense, à MARSEILLE en juillet 1955.
Bien amicalement.

Gantheret

PS/ Je me demande pour quelles raisons, entres autres, je ne suis pas communiste ? toute aide sera la bienvenue.



     

     







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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Ven 6 Déc 2013 - 11:52

LONG .................non Trop COURT

Putain de Cocos et c'est En****s de dockers Marseillais

Je me souviens de mon retour de tunisie et avec leurs conneries , ils ont tué le port de marseille


Merci Guy , merci pour ce bon moment

Le monde doit savoir , comment ont été traités nos soldats du corps expéditionnaire

Si tu en a d'autres ....................volontier
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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Ven 6 Déc 2013 - 12:39

Bonjour ami,
Oui, j'en ai ai d'autres! j'en rigole maintenant mais c'était lamentable.
A bientôt
Amitiés
Guy
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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Lun 9 Déc 2013 - 11:36

Bonjour,= à tous,

On a parlé souvent des sabotages pratiqués par des symphatisants du viet minh en France ou en Indochine.

Voici les deux sabotages que j'ai réellement vus de mes propres yeux en 1948 ou 1949.

Des cartouches de 12,7 étaient remplacées par une brique avec la mention" de la part des communistes français" avec une faucille et un marteau dessinés, le tout rédigé à la craie.

Un half track radio du 1er Chasseurs stationné à BACH MAI récemment perçu avait des boulons dans la boîte de vitesses.

Nous étions prévenus par NDS que des cigarettes MIC fabriquées à SAÏGON pouvaient contenir un détonateur et qu'il fallait palper chaque cigarette avant de l'allumer.

Un autre sabotage involontaire provoqué par les assembleurs du goniomàtre RG 1 fabriqué par la société française SFR implantée dans la banlieue parisienne durant la guerre et fabriquant ces appareils pour les transmissions de la Wehrmacht.
Le sabotage consistait à effectuer de mauvaises soudures, de brancher un conducteur à la place d'un autre etc...
Le problème est que nous avons hérité de ces gonios RG 1en Indochine avec une minorité d'appareils US:SCR 206.
Les pannes étaient récurentes et les missions souvent écourtées faute d'appareils disponibles car les pièces de rechange étaient inexistantes et les dépanneurs devaient "bidouiller" en permanence sachant en plus que la tension prévue de l'alimentation était de 6 volts et que nos véhicules étaient équipés en 12 volts.

Il y a eu d'autres sabotages impunis bien évidement.

Amicalement.


    



Gantheret
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Lun 9 Déc 2013 - 11:48

Merci Guy ,

Je me souvient d'une histoire , résumée en quelques mots

"Il lance sa grenade , il bondit a l'assaut sur la position viet

Il est foudroyé sur place par une rafale de mitrailleuse"

La grenade a explosée , libérant un nuage de petits drapeaux rouge communistes

Ce récit restera a jamais dans mon esprit  Sad  Sad 

Honte aux Rouges & Roses

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Lun 9 Déc 2013 - 12:03

Merci Guy pour ce témoignage


Je peux en citer un autre, rapporté par un camarade de retour d'Indo en 1951.

Il expédie une grenade défensive a un groupe de viets, planqués dans un trou, pas d'explosion
il en envoie une seconde, rien non plus.

En dévissant l'allumeur il s'aperçoit qu'il n'y avait que le pas de vis.

Elle ne risquait ps d'exploser !

Fort e cette expérience, mon camarade a demandé a ses hommes de verifier tout le lot reçu/

sur la totalité du lot, plus de 50 % avaient été neutralisées.

Il a fait un compte rendu a sa hierarchie qui a transmis a Paris.

Je ne sais pas si une enquête a été ouverte, ni qu'elle en a été le résultat.

C'est absolument scandaleux que des Français aient ce type de comportement, je peux comprendre que qq uns soient contre la guerre, mais ne puis admettre que sciemment on sabote l' armement destiné a nos soldats

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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Lun 9 Déc 2013 - 12:55

Comme vous dîtes, c'est scandaleux.
Il y a eu aussi le sabotage psychologique des combattants non moins pervers, j'en parlerai bientôt.
A+
Bien amicalement
Gantheret 
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Lun 9 Déc 2013 - 17:08

Tout à fait d'accord, les amis; mais tonton la grenouille a fait supprimer la peine de mort, il savait bien pourquoi; alors que jadis de nombreux délits étaient sévèrement punis et s'ils étaient en temps de guerre c'était la peine de mort, ex: l'abandon de poste, le sabotage, etc... De nos jours un autre François s'ingénie à saboter le pays en toute quiétude avec la complicité de ses auxiliaires et des Patos ramollis qui ne voient pas le jour venir où ils n'auront même plus à bouffer: Décadence et castration, voilà les emblèmes du socialisme français      
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 10:25

Oui, Chacal mais les théatres d'opérations d'Indochine étaient dénommés : opérations de police sinon il aurait fallu faire appel à la mobilisation pour appeler sous les drapeaux le contingent alors que seuls les volontaires furent envoyés et planqués.
Les déserteurs récupérés en 1955 auraient dûs être condamnés à mort si nous avions été en guerre, ce ne fut pas le cas; j'en parlerai bientôt.
Amicalement


      
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 11:26

Bonjour;

> .......Les déserteurs récupérés en 1955 auraient dûs être condamnés à mort si nous avions été en guerre, ce ne fut pas le cas; j'en parlerai bientôt.

Tu nous fait languir!

N'attends pas trop ;

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 11:27

Guy , voudrais tu parler de ces Légionnaires , qui étaient surnommés les Fils de "Hô Chi Minh" ?????? il avaient même des noms Vietnamiens et des responsabilités importantes .

A la Bataille de "Ninh-Binh , les Commandos marine du "François" , ont été anéantis par les viets sous les ordres de déserteurs Légios ( les commandements étaient fait en Allemand)
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 11:36

OK les amis, à bientôt, je suis comme notre ami Georges... fatigué !!!



     
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 11:50

Gantheret a écrit:
OK les amis, à bientôt, je suis comme notre ami Georges... fatigué !!!



                                                          

Prends soins de toi Guy

Je met tes photos en ligne cette semaine , qq petits soucis en ce moment .
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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 15:42

Re,
Pour commencer, voici les trois cas de désertion que j'ai connus durant mes deux séjours.

En mars 1947, j'effectue un stage d'opérateur radio à la CT 71/84 basée à HANOÏ.
Nous étions une cinquantaine d'élèves de toutes armes sauf la Légion.
Parmi nous, il y avait une dizaine de vietnamiens engagés dans notre Armée, particulièrement brillants qui ont tous réussi l'examen du diplome 251/T, soit chef de poste radiotélégraphiste.

Peu de temps après leurs affectations, nous apprenons qu'ils avaient tous déserté.

Pour nous rappeler à leurs bons souvenirs, ils faisaient intrusion dans nos réseaux pour nous saluer, nous informer qu'ils étaient en excellente santé etc etc puis qu'au lieu de servir les colonialistes, nous serions mieux avec eux car nous serions certains de ne pas être tués ou bléssés etc etc.
Jamais eu de nouvelles mais c'était de bonne guerre !

Deuxième désertion fin 1947 à HADONG sur la RC 5 à une vingtaine de kilomètres d'HANOÏ où nous étions en poste à quelques kiomètres du DAY.
J'étais alors affecté à la 5éme cie et nous occupions les seuls bâtiments en dur de cette bourgade qui fut longtemps le PC de VANDENBERG sergent à l'époque.
Tôt un matin, nous entendons des cris, des appels furieux pour signaler la désertion du responsable du magasin d'armement qui avait déserté durant la nuit avec.... un FM.
Ce garde magasin "fréquentait", autant qu'on puisse utiliser ce verbe dans le contexte, une prostituée qui avait dû lui promettre monts et merveilles au paradis de l'oncle HO.
Nous sommes partis à sa recherche pendant deux jours environ, il court toujours à moins qu'il soit au paradis de Bouddha.

Troisiéme désertion fin mai 1955.
Alors que j'étais enfin rapatrié sanitaire à bord du PASTEUR et traité comme un roi, il faut bien le reconnaître,nous abordions l'entrée du canal de SUEZ quand les hauts parleurs annoncèrent que tous les légionnaires devaient rejoindre leurs couchettes et ne plus en bouger durant la traversée qui durait 24 heures environ sauf les trois ou quatre grands bléssés logés à l'infirmerie.
En effet, dans l'infirmerie du PASTEURn il y avait ces légionnaires angoncés dans leur gaine de platre qui se déplaçaient difficilement dont un avec le bras tendu et soutenu par une attelle métallique.
Quant à moi, comme d'habitude, j'étais sur le pont supérieur des 1ére classe avec tous les bléssés pouvant se déplacer ou transportés sur des brancards afin de profiter de l'air et du voyage.
Nous étions avec les officiers supérieurs dont des généraux qui étaient vraiment proches de nous, c'était une autre époque que l'on ne retrouvera jamais plus.
Le PASTEUR naviguait très lentement compte tenu de son tonnage et j'admirais pour la quatrième fois le canal de SUEZ.
Un après midi, allongé comme de coutume, je vois au loin sur la petite route qui longe le canal une MERCEDES type 170 de couleur noire ralentir et allumer ses phares.
Dans mon esprit, des gens symphas nous saluant ... neni ! les trois ou quatre légionnaires accoudés au bastinguage sautent dans l'eau entre la coque et la rive soit une distance très courte, environ deux à trois mètres maximum.
Arrive un second véhicule qui stoppe derrière la MERCEDES tandis que deux ou trois personnes descendent des voitures pour aider les déserteurs à rejoindre la route.
Impertubable, le PASTEUR continue son bonhomme de chemin tandis que des mlilitaires et des hommes d'équipage scrutent le canal et la rive.
Pas de légionnaires, disparus.

Les deux véhicules font demi tour et nous arrivons à PORT SAÏD où nous accostons.
Par hauts parleurs, nous apprenons que ces déserteurs avaient été retrouvés par es égyptiens complètement broyés par les hélices du navire.

Plus tard, par la presse nous pouvions lire des articles concernant le gouvernement égyptien qui cherchait des cadres allemands pour leur nouvelle armée.

J'oubliais une quatrième désertion en mars 1947.

A bord de l'ILE DE FRANCE, il y avait sept mille hommes environ dont beaucoup de légionnaires à 90% d'origine germanique qui nous enchantaient le soir en chantant des marches ou chansons traditionnelles que nous ne connaissions pas et qui sont aujourd'hui sur toutes les lèvres depuis longtemps.

Nous étions au large d'une île peu avant notre arrivée à COLOMBO quand nous voyons un fort déplacement des hommes vers babord.
Je regarde et j'aperçois plusieurs nageurs tentant de rejoindre la côte qui semblait proche.
Le navire continuait tranquillement sa route, aucune chaloupe à la mer !
On nous signala cette désetion par hauts parleurs en spécifiant que ces déserteurs n'avaient aucune chance de rejoindre la côte car elle était beaucoup plus éloignée que l'on pouvait le croire suite à un effet de mirage causé par le soleil couchant sur l'eau.
En outre, il y avait un très fort courant contraire et les requins abondaient !

Quand je fus rapatrié le 15 mai 1955 sur le PASTEUR, nous sommes remontés du CAP SAINT JACQUES vers la baie d'ALONG récupérer les deux cents à deux cent cinquante hommes qui avaient demandé aux autorités VM de revenir en FRANCE,leur mère patrie.

Arrivés en baie d'ALONG, nous attendons peu de temps pour voir venir à nous un ou deux LCT de la glorieuse marine de guerre VM (chinoise en réalité) récemment repeints en vert armée, pavillons hauts.
Les déserteurs de toutes armes, y compris le seul gendarme qui aurait déserté mais je n'ai jamais eu la confirmation, vêtus d'une tenue toute neuve de bodoï s'apprêtent à embarquer sous les huées, injures de plusieurs centaines de passagers qu'aucune autorité n'a tenté de calmer.
Le LCT s'accroche au PASTEUR et nos déserteurs pénètrent dans le navire par une petite porte située à la proue du navire.
Ils empruntèrent la coursive centrale qui conduisait aux prisons du navire situées à la poupe.
Il nous a été raconté que l'accueil qui leur fut réservé fut particulièrement chaleureux.
Dans la coursive, un légionnaire placé tous les quatre ou cinq mètres leur exprimaient sa symphatie !

Durant le retour sur MARSEILLE, aucune nouvelle.

Nous mouillons à MARSEILLE le 01 juin 1955 dans la soirée après une traversée exceptionnelle où les bléssés de tous grades avaient droit à quatre heures à un quart de champagne d'une marque très connue qui avait pratiquement le monopole en INDOCHINE, ceci expliquant peut être cela ?

Le 02 juin vers quatre heures du matin, j'entends un bruit de moteurs et des pas.
Le matin, nous apprenons que des camions avaient embarqué nos déserteurs pour une destination inconnue.

Je ne pensais plus du tout à ces gens là lorsque plusieurs mois plus tard alors que j'étais en garnison aux FFA : je lis que ces déserteurs avaient été condamnés à six ou neuf mois de prison avec sursis pour le motif suivant: "désertion en temps de paix" FERMEZ LE BAN"

Nous étions tous scandalisés mais c'était la loi, nous n'étions pas en guerre.

Pour répondre à notre ami Coyote, il faut savoir que les viets étaient de redoutables guerriers ne reculant devant aucune horreur pour gagner leur cause et ils l'ont prouvé.
(suite prochaine page)
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 15:57

Voila qui va ravir les inconditionnels de la loi.

Mais comme tu l'écris, nous étions en temps de paix alors " Dura lex " tu parles.

Merci pour tes récits, qui nous permettent de nous replonger dans ces tristes jours


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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 17:38

Merci Guy

Oui , je pense que les Viets étaient de redoutables guerriers

Mon Papa a prit lors d'un de ses deux séjours , le "Pasteur" pour le voyage allé

Je me souviens que lui aussi , me disait que des Légios , plongeaient dans le canal , pour déserter

J'aime et j'admire la Légion

J'y ai beaucoup d'amis

Mais parfois je me pose la question sur "Honneur & Fidélité"........Hélas .
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mar 10 Déc 2013 - 18:01

Désertion à l'envers: en AFN secteur de Télergma.
Nous recevons une dotation de fusils Manufrance de toute beauté, neufs à faire pâlir les chasseurs de notre équipe dont le Sergent Rivière qui en aurait bien voulu subtiliser un pour son compte personnel.
C'était pour armer un groupe d'auto-défense dans un douar perdu dont j'ai oublié le nom.  scratch 
Rendez-vous est pris avec le chef du village qui nous reçoit avec tous les honneurs et ce café si fort dont ils ont le secret.   
Remise des armes dans la joie et la gaieté, force salamalecs      
Toujours généreuse la France avec l'argent du contribuable distribué aux assassins, rebelles, ennemis etc...   
Dans la nuit qui suivit tous les hommes du village rejoignirent le FLN... avec nos armes       
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mer 11 Déc 2013 - 0:05

C'est une des conséquences du non respect des consignes des officiers de renseignements.

Certains avaient prévenus des doutes qu'ils avaient sur des groupes qu'ils surveillaient, mais pour d'obscures raisons ils n'avaient pas été écoutés.
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mer 11 Déc 2013 - 12:30

On n'est jamais si bien trahi que par son Autorité   c'est un comble   
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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mer 11 Déc 2013 - 14:55

Bonjour,
Hier j'avais écrit une seconde page pour terminer mon récit... impossible de la retrouver donc en bon soldat, je recommence.

Dire que les viets appréciaient les déserteurs est une erreur car bien au contraire, ils les méprisaient
profondément.
Les déserteurs ne furent jamais aperçus par les prisonniers dans les nombreux camps du delta.
Mon meilleur ami et d'autre prisonniers qui fut capturés à DIEN BIEN PHU ou ailleurs me l'ont confirmé à plusieurs reprises.
Sa spécialité dans les trans étant unique, il fut récupéré à DIEN BIEN PHU et accomplit n kilomètres pour être mis en présence d'officiers viets et vraisemblablemnt chinois qui voulaient connaître le fonctionnement de l'AZ 13.
Il était accompagné d'un commissaire politique français mais il n'aperçut aucun déserteur pendant son périple en moyenne région.
Il est probable qu'ils étaient stationnés en haute région.

D'autre part, les écoutes n'ont jamais intercepté de messages concernant ces traitres ; si cela avait été le cas, nous aurions été au courant.

Aucun déserteur, à ma connaissance, a rendu visite dans un camp de prisonniers pour les inciter à parler.
Les déserteurs étaient employés comme instructeurs et bénéficiaient de très peu de faveurs si l'on en croit un reportage effectué voici plusieurs années en RFA ou RDA.
Si l'on compte les 200 ou 250 déserteurs embarqués sur le PASTEUR ajoutés à ceux qui regagnèrent la RDA par la CHINE, nous sommes loins du compte du nombre de déserteurs annoncé, environ 1.500
Où sont ils ? vraisemblablement au paradis de Bouddha et c'est tant mieux.

Quant au fils sprituel d'HO CHI MINH, c'est vrai mais ce fut un cas unique.

Par contre, je ne crois pas que des déserteurs se soient regroupés en section. Imaginez leur destinée si un ou plusieurs d'entr'eux aient été capturés ? bonjour la convention de GENEVE.
En outre, ces soldats étaient viscéralement anti communistes et je ne les vois pas se battre contre nous, même si à cette époque, certains avaient encore la haine des français, une des causes peut être de leur désertion.
Tout avis à ce sujet sera le bienvenu.

Bien amicalement;

Gantheret
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mer 11 Déc 2013 - 15:03

Raconte encore, Gantheret, tu nous passionnes. Merci   
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MessageSujet: INDO   Mer 11 Déc 2013 - 15:23

Un grand MERCI pour ce vécu authentique, l'indo c'était plus coriace que l'Algérie.....Guy
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Mer 11 Déc 2013 - 15:26

Oui, Guy, je dirai coriace et cruel, les citrons n'ont pas leur pareil pour la ruse et la cruauté   
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Gantheret

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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Jeu 12 Déc 2013 - 9:31

Bonjour,des mauvaises langues ont dit que si les viets avaient été à la place des fellouzes ; ils auraient débarqué en Provence ! avec des "si" on met Paris en bouteille bien que les deux ne jouaient pas du tout dans la même division.
A bientôt.

Guy
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MessageSujet: Re: Nos amis " les rouges"   Jeu 12 Déc 2013 - 9:36

Ils ont mis le temps, mais ils sont là, mon pauvre Guy... c'est nous qui n'y sommes plus    
A force de galvauder la notion de DROIT à toutes les sauces, on oublie le DEVOIR d'être et durer.   
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Nos amis " les rouges"
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