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 Jean-Baptiste FRITZ

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mer 10 Nov 2010 - 21:33

lettre d'un ami de mon père qui était avec lui ce fameux 10 juin 1929.
J'ai effacé l'adresse mais ce monsieur a dû aussi rejoindre St-Michel.
[img][/img]
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mer 10 Nov 2010 - 21:38

PUJAUT
tout en haut : JB FRITZ
[img][/img]
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Ven 19 Nov 2010 - 0:28

FRITZ a écrit:
J.B. FRITZ (à gauche) et l'A.C. EMRICH (pilote à droite)

je ne sais pas pourquoi la photo a disparu !

[img][/img]
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Sam 20 Nov 2010 - 9:51

FRITZ a écrit:
FRITZ a écrit:
J.B. FRITZ (à gauche) et l'A.C. EMRICH (pilote à droite)

je ne sais pas pourquoi la photo a disparu !

[img][/img]

Bonjour,

Cela provient des hébergeurs d'images,çà arrive parfois...
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 24 Juin 2013 - 21:47



Bonjour,
Après une absence prolongée, voici une photo retrouvée du Colonel GEILLE, qui appartenait à mon père.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 24 Juin 2013 - 21:50

  Bonsoir ! je me permet de la redimensionner !

 



  Tout mes respect M dame Fritz
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 24 Juin 2013 - 22:10

  RE BIENVENUE    

Merci pour ces photos , qui datent de l'entrée de mon Père en 1936 dans l'AA , a quitté en Juillet 69 . (Adjudant-Chef lui aussi)

Moi aussi , Parachutiste de l'Air de  01/1965 a fin 1969

J'ai souvent sauté en Avignon-Pujaut

Il y a maintenant un monument a la gloire de ces premiers Paras Militaires Français

Encore merci pour ce pur moment de "BONHEUR"

Je ne sais , si je dois dire VOUS ou TU

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 24 Juin 2013 - 22:13

J'étais a Nîmes-Courbessac ...................décollages de Garons :para1:
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 11:02

merci pour l'avoir redimensionnée, je ne suis pas trop au top dans ces manip !
le "tu" ne me pose aucun problème, c'est avec plaisir cela me rapproche de mon père.
Tout cela faisant partie de nombreux souvenirs, il n'est pas toujours facile de m'y replonger...
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 11:19



Cette plaque à Pujaut a été posée par mon père en mémoire de Geille
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 11:21



Je ne me souviens plus dans quel journal cet article avait paru
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 12:17

oups je ne me souvenais pas avoir déjà inséré ces photos, elles sont donc en double
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 12:30

Pas grave , au contraire , c'est bien et "Honneurs" a ton Papa , qui a certainement croisé le mien .

Les Pionniers des GIA .



Paramicalement .

Cocoye 1er king
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 12:39





Je partage avec plaisir ce poème qui m'a été adressé personnellement par Geille lorsque j'avais 10 ans. Je me souviens très bien de son savoir vivre et de sa courtoisie.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 13:15

Merci pour ces documents .

Quel bonheur d'être ou d'avoir été Parachutiste : nous en connaissons la Valeur .
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 25 Juin 2013 - 15:39

   un très jolie poème !!!
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mer 26 Juin 2013 - 11:29

merci à tous
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mer 26 Juin 2013 - 11:50

Le plaisir est pour nous .
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mer 26 Juin 2013 - 14:38



      Voici ci-dessous l'histoire de Pujaut écrite par mon père. Je pense que cela a été rédigé dans les années 80 mais je ne connais pas la date exacte. Il l'avait tapé sur une vieille machine à écrire, j'ai recopié l'essentiel. Le dessin du parachute est fait de sa main.


                                    P U J A U T         1 9 3 5

                          PREMIER CENTRE DE PARACHUTISME

                              VECU PAR JEAN-BAPTISTE FRITZ


Dès l'année 1926, les unités de l'Armée de l'Air furent dotées de parachutes dont le port était devenu
obligatoire, mais aucun ne savait trop comment s'en servir en cas de détresse. Il est relativement facile de quitter un avion en perdition, encore faut-il savoir se recevoir au sol sans trop de mal.
Il fallait donc initier le personnel navigant à l'emploi du parachute en cas de danger.

Plus tard  et avec un certain retard par rapport à tous les autres pays, le Ministre de l'Air décidait enfin de la création d'en centre d'entrainement de parachutisme.
Une circulaire ministérielle demandait des volontaires parmi le personnel navigant de l'Armée de l'Air pour effectuer un stage d'initiation au parachutisme dans un centre en voie de formation dans le seul but de se servir du parachute en cas de détresse en vol.
Sergent-mécanicien, non navigant, cette circulaire ne me concernait pas mais je voulus tenter ma chance en citant comme référence : trois ans de pliage et entretien des parachutes de mon unité et un saut volontaire en parachute le 10 juin 1929 (à l'occasion de la fête du 33ème régiment basé à WACKERNHEIM, Armée du Rhin)
Mes supérieurs compréhensifs, transmirent ma demande avec un avis favorable, à ma grande satisfaction.

En 1935 les choses se précipitèrent et le Capitaine GEILLE de retour de Syrie et affecté au Ministère de l'Air, se portait volontaire pour effectuer un stage de formation parachutiste en UNION SOVIETIQUE.
Il en revint breveté après avoir brillamment réussi et fut donc chargé de la création de ce premier centre.
Carte-blanche lui fut donnée pour le choix du terrain, également pour son premier personnel instructeur.
Ayant une prédilection pour la Provence, il se porta sur le terrain de PUJAUT à une dizaine de kilomètres d'AVIGNON. Ce terrain n'était pas bien grand (700x500m), mais il était très souple et le Capitaine GEILLE pensait déjà aux chevilles fragiles.

Le Capitaine GEILLE tombant sur ma demande,  me choisit et c'est ainsi que je fus affecté à ce premier centre.
Ce premier centre dépendait de la base aérienne d'Istres où je me présentais début août 1935, le Capitaine GEILLE m'attendait déjà, me fit un accueil très chaleureux et tout en nous promenant dans la cour d'honneur du quartier, il me dit que pour commencer il m'envoyait à la Société « IRVIN » à GARCHES (Hauts de Seine) pour un stage d'information sur les parachutes anglais que nous ne connaissions pas, le Sous-Lieutenant-mécanicien LEFEBVRE devant m'y rejoindre.
Les parachutes « IRVIN » de fabrication anglaise n'étant pas employé en FRANCE durent subir les essais avant homologation avec mannequin, alors qu'ils étaient largement utilisés à l'étranger, notamment en URSS.
Dès mon arrivée à GARCHES début septembre, j'appris que les essais étaient interrompus en raison d'un incident d'ouverture d'un parachute. En examinant de près le parachute incriminé, je remarquais un petit bout d'élastique d'ouverture du sac qui avait été croisé sur ce dernier, empêchant l'ouverture du sac et j'en fis part immédiatement à Monsieur TURNER, représentant la firme en FRANCE. Monsieur IRVIN avertit de l'incident arrivait le lendemain de LONDRES avec son avion personnel.
Une courte enquête fut ordonnée, une malveillance ayant été reconnue et les essais reprirent sous la surveillance personnelle de Monsieur IRVIN et l'accès du terrain fut interdit à toutes personnes étrangères.

Notre stage d'information terminé fin septembre, le Sous-Lieutenant LEFEBVRE et moi sommes revenus à ISTRES pour réceptionner les parachutes qui venaient d'arriver et les préparer pour en instruire les premiers stagiaires qui venaient également d'arriver.
Les séances d'instruction et de pliage commencèrent début octobre, alternant avec les sauts d'entrainement de la tour de lancement érigée dans la cour d'honneur et ce durant tout le mois d'octobre.

Au début novembre nous avons rallié la ville d'AVIGNON et élu provisoirement domicile à  la caserne du 7ème Génie, boulevard St Roch. Les séances d'instruction furent interrompues, le mauvais temps sévissant sur toute la région, le Rhône sortit de son lit dépassant la côte d'alerte et les eaux envahirent les bas quartiers de la ville dès le 10 novembre une première fois et pendant plus d'une semaine. Nous avons pu tout de même mettre tout le matériel en sûreté.

Lorsque nous avons enfin pu nous rendre sur le terrain de PUJAUT, nous avions deux vieux cars BERLIET pour le personnel et un camion pour le matériel. Nous avons trouvé ce terrain encore envahi par d'immenses flaques d'eau mais le Capitaine GEILLE, à bout de patience avait demandé l'avion qui était déjà là sur le terrain.

Et c'est ainsi que débutait dans la bonne humeur le premier stage à PUJAUT après des semaines d'angoisse.

Dès mon arrivée à ISTRES en août, j'avais fait part au Capitaine GEILLE mon désir de devenir moniteur et comme je lui avais plié ses deux parachutes, il me dit aussitôt après son premier saut, d'un air pleinement satisfait : « Faites votre demande ».
Aussi bizarre que cela puisse paraître, ma demande fut prise en considération et je dus passer une visite médicale d'aptitude au personnel navigant malgré que je n'étais qu'un « rampant ».
Toutes formalités remplies, je pus effectuer mon premier saut (autorisé, celui là).
Les stagiaires avaient un saut d'avance mais peu m'importait, mon rêve s'était enfin réalisé et je terminais le stage pratique de sauts comme tout le monde.

L'incident de VILLACOUBLAY m'intriguait encore et je confectionnais une petite pince à plomber avec mes initiales JF, un brin de fil et un petit plomb de chasse troué firent très bien l'affaire et fut adopté d'emblée par le patron et le Sous-Lieutenant LEFEBVRE. Il fallait absolument éviter tout incident tel que celui lors des essais de VILLACOUBLAY.
Le parachute une fois plié était plombé par mes soins ou par le Sous-Lieutenant LEFEBVRE, les deux seuls instructeurs, le Capitaine nous faisant totalement confiance.

La leçon du Capitaine Russe nous avait incité le Sous-Lieutenant et moi à monter un petit parachute-sonde pour indiquer la densité et la direction du vent en début de chaque séance. Nous avons prélevé le petit parachute d'une bombe éclairante « MICHELIN », judicieusement lestée pour une même descente que le parachutiste de poids moyen, car il ne fallait pas manquer le terrain avec une route d'un côté et les vignes des 3 autres.
Le premier stage terminé, l'Adjudant-Chef HORVATTE, l'Adjudant DISDIER, tous les deux pilotes, les Sergents-Chefs GROSPERRIN et WEHNER mitrailleurs, furent volontaires et retenus par le Capitaine GEILLE et affectés au centre comme moniteurs, quant à moi je faisais déjà parti du cadre.

Il était tout de même paradoxal que je sois moniteur parachutiste sans faire partie du personnel navigant, un cas unique dans les annales de l'Armée de l'Air.

A la fin de ce premier stage, les stagiaires retournant dans leur formation respective, le personnel du centre partait en permission pour une semaine, le Capitaine m'ayant confié l'intérim du centre avec toutes les responsabilités, un Caporal et quinze hommes de troupe, tout le matériel sous ma responsabilité, assurer le courrier et éventuellement les liaisons avec la Base d'ISTRES, j'avais accepté.

Au début du deuxième stage, une photo fut prise des moniteurs (avant une démonstration) tel était le sous-titre de la photo parue dans plusieurs revues.
Il fut pourtant remarqué de mon absence mais... la photo fut tout de même prise sans moi.

Pour le deuxième stage, nous fûmes chargés à tour de rôle de l'instruction des nouveaux venus, culture physique, instruction et pliage des parachutes, contrôle des parachutistes équipés sans oublier un petit coup d'oeil sur le plombage et enfin moniteur en vol.

Un joyeuse ambiance régnait tous les matins en arrivant sur le terrain et l'on pouvait lire sur le tableau noir réservé au programme, une caricature, une mise en boîte ou une charade dont je me souviens :

            DONT ACTE :

            Je soussigné déclare ne rien avoir de commun avec le rafiot du même nom.
                                           Signé : L/T de Vaisseaux de BEARN

            Une charade :  Mon premier se laisse caresser
                                     Mon second se laisse caresser
                                     Mon tout se laisse caresser

                                     Il s'agissait, bien sûr, du Capitaine CHASSIN




Le Capitaine CHASSIN n'avait pas la patience pour plier son parachute et je me chargeais seul de la besogne comme pour le Capitaine GEILLE.
Je pliais d'ailleurs le parachute à bien d'autre stagiaires qui m'étaient sympathiques.
Le montage de deux baraques type « Adrian » pour le pliage des parachutes et salle d'instruction et de jeux terminé, nous avons pu nous installer définitivement sur le terrain. Quelques petites bâtisses en dur existaient déjà pour servir de bureau du patron, logement du personnel troupe et un petit atelier de réparation ; nous avions un tailleur et un bourrelier civils à notre disposition.

Un jour que j'effectuais un petit saut à 8OO mètres ma voilure claquait à l'ouverture provoquant la déchirure d'un fuseau entier, c'est-à-dire du bord d'attaque à la cheminée. Tous ceux qui pratiquent le parachutisme savent très bien que l'on relève la tête pour admirer cette jolie coupole mais aussi et surtout pour s'assurer que rien ne « cloche ». Je portais immédiatement la main la poignée du ventral mais je  remarquais que la vitesse de descente n'était pas plus rapide qu'à l'ordinaire et qu'il n'y avait plus ce petit balancement désagréable. Du plancher des vaches j'entendais crier : « ventral, ventral ! » J'ai répondu par le mot de Cambronne car j'avais décidé de ne pas me servir du parachute de secours par crainte qu'il ne vienne s'engouffrer dans la plaie béante du premier. La prise de contact avec le sol se fit normalement comme d'habitude et en revenant au hangar, après quelques palabres avec les uns et les autres je retournais à mes occupations.

Je voulus tenter une expérience, sauter avec une voilure déchirée et j'en pris une en instance de réparation avec deux panneaux déchirés à l'opposé l'un de l'autre. Je supprimais ces deux panneaux et pliais le parachute en cachette. Le lendemain un saut à 800 mètres, me demandant bien ce qui allait se passer mais mon ventral me rassurait. L'ouverture se fit normalement sans incident et la vitesse de descente ne me paraissait pas plus grande qu'à l'ordinaire. J'effectuais une glissade du côté d'un panneau puis de l'autre et je constatais une meilleure déportation et ce fut pour moi une révélation. J'aurais voulu tenter d'autres essais de ce genre mais cela étant venu aux oreilles du patron, il me sermonna sérieusement en m'interdisant toutes pratiques de ce genre.

Au début de l'année 1937, Messieurs GAMARD et TOTY de la maison « AVIOREX » présentaient un équipement parachutiste, une imitation en somme de ceux que nous utilisions. Ils étaient accompagnés de leur parachutiste d'essais (Edith CLARK). Malheureusement ce fut le drame, elle s'est tuée le 16 mars de la même année et ces Messieurs retournèrent à PARIS et nous ne les avons pas revus de toute l'année.

Le Ministre de l'Air Monsieur Pierre COT, revenant de MOSCOU, décidait à l'instar des Soviétiques, la création d'une nouvelle arme, l'Infanterie de l'Air et nous avons vu arriver les premiers volontaires de toutes les armes pour former ces nouvelles unités de fantassins de l'air ou chasseurs-parachutistes.
La création d'un Brevet T.A.P. fut décidé, alors que pour tous les stagiaires de l'Armée de l'Air aucun brevet ni même un certificat ne fut délivré, seule mention faite dans leurs carnets de vol marquait leur stage d'initiation au parachutisme.

Nous avons alors étudié l'emport d'armement ainsi que des gaines à matériel à lancer par parachute. C'est ainsi que j'ai effectué deux sauts avec mousqueton retenu par un câble à la ceinture et que je faisais toucher terre avant moi pour éviter un accident. J'ai aussi effectué un saut de pourvoyeur avec 25 kg de munitions. Nous avons également imaginé des gaines à matériel qui pouvaient se fixer à la place des bombes sous les plans.

Le Capitaine SAUVAGNAC, un ancien cavalier eut l'honneur du Brevet Chasseur-Parachutiste n° 1. C'était un homme courageux, voire audacieux puisqu'il battait à la fin de l'année le record de chute libre avec 74s de retard à l'ouverture de son parachute. Cela se passait à REIMS et le Capitaine GEILLE décidait d'aller tenter des records de même nature et me demandait si je voulais faire partie de l'équipe. Je lui répondis que c'était bien prématuré pour nous qui n'avions pas encore assez de pratique. Quelques jours plus tard j'apprenais la mort du Lieutenant Raymond DE CAHUSAC, un ancien stagiaire revenu au centre en renfort comme moniteur. Au retour prématuré du reste de l'équipe il ne fut fait aucun commentaire sur cet accident mortel.
Quelques temps plus tard, je fus invité à la table du Capitaine GEILLE à l'occasion de la venue de ses parents arrivant de Bretagne, je sus par Madame GEILLE que le patron lui avait dit : « Je n'aurais pas dû aller à REIMS, FRITZ avait raison ».

Un  incident m’est survenu et j'ai bien cru rejoindre Edith CLARK et le Lieutenant CAHUSAC.
Les deux représentants « AVIOREX étaient revenus présenter leur équipement modifié. Cet équipement aurait dû subir des essais avant homologation avec mannequin mais le patron en avait décidé autrement, me demandant si je voulais effectuer un saut d'essai. J'effectuais donc ce premier saut le 29 janvier 1938.

Ce premier essai m'a tout-de-même valu quelques contusions, quinze jours de repos et une citation à l'ordre de l'Armée de l'Air.

Le Commandant GEILLE adressait une lettre au Colonel commandant la base-école d'ISTRES, demandant qu'il me soit décerné une lettre de félicitation.

Après cet essai malheureux, les essais furent naturellement arrêtés.

Il faut maintenant que je vous parle du patron, ne serait-ce que pour citer deux exploits, qui ne furent jamais égalés.
Un jour il tentait un saut à l'arraché du plan de l'avion LEO 20 à très basse altitude. Il sautait donc à une hauteur de 35 mètres à peine et tous nous avons eu bien peur qu'il ne se fracture les deux jambes, mais il s'est relevé avec le sourire.
Un autre jour, alors que les officiels étaient en permission pendant un inter-stage, je restais seul avec le patron et le médecin Lieutenant MATHIEU, le patron me demandait de lui plier 20 parachutes pour le lendemain. En me demandant ce qui lui passait par la tête, je lui préparais les parachutes.
En arrivant sur le terrain, l'avion LEO 20 venant d'ISTRES nous attendait déjà et je sus enfin que le patron avait décidé d'effectuer le plus grand nombre de sauts en un minimum de temps pour tester la résistance physique de l'homme. La séance commença, je l'équipais, il montait dans l'avion qui prenait le vol aussitôt jusqu'à 300 mètres et le patron sautait. Dès qu'il touchait le sol je m'empressais de l'équiper d'un nouveau parachute.
Au douzième saut, le patron atterrit sans mal apparent mais il eut quelques difficultés pour se relever. C'était un exploit extraordinaire qu'il venait d'accomplir, compte tenu de la fatigue progressante après chaque saut : 12 sauts en 95 minutes.                                                                                                                                                                    

                                                                                                                                                                       
Je reviens aux essais des fameux parachutes « AVIOREX ».
Après ces deux échecs du 16 mars 1937 qui coûta la mort à sa parachutiste d'essais Edith KLARCK et l'incident du 29 janvier 1938 qui a failli m'être fatal, Monsieur DREYFUSS (AVIOREX) ne s'est pas désarmé pour autant, sachant bien que les nouvelles unités aéroportées avaient un besoin urgent de matériel et tenait absolument à remporter le marché très important. Il fallait faire vite.
Deux essais des parachutes « LEMERCIER », un effectué par l'Adjudant-Chef HORVATTE et un par moi-même sans succès, furent donc éliminés de la compétition.
J'ai dit qu'il fallait faire vite et les choses se sont précipitées, le rapport secret que le Commandant GEILLE signait les yeux fermés, la veille de son départ du centre n'engageait plus sa responsabilité.
Ce rapport secret mentionne bien le premier essai qui a failli m'être fatal mais avec la mention « R.A.S. » et mon nom fut remplacé par celui d'HASPEL, un ancien stagiaire revenu au centre comme moniteur.

Les certificats de moniteurs de l'Armée de l'Air ayant effectué un stage de parachutisme en 1935/36 furent homologués en 1939 et ce avec près de 4 ans de retard.
Mon nom ne figure pas sur cette liste.
Enfin, le centre fut dissout, n'ayant plus aucune raison d'exister.
Puis ce fut la drôle de guerre.

Il fallait perpétuer le souvenir de ce premier centre en lui donnant toute sa renommée et c'est ainsi qu'aujourd'hui un Para-Club prospère a pris le relais sous la Présidence de Monsieur D'ORTOLY et avec de très nombreux adhérents, voire même des champions que je ne peux citer, il y en a trop.

VOICI DONC MON HISTOIRE SUR PUJAUT ET LE COLONEL GEILLE




EN MARGE DU PARACHUTISME


Les années ont passées et c'est en 1964 que j'eus la joie de revoir le Colonel GEILLE, revenu en Provence. Il est resté quelques jours chez moi et nous avons eu le temps de revenir en arrière aux temps héroïques de 1935.

Beaucoup ignorent les activités de notre « père parachutiste » depuis sa retraite bien méritée, mais qui n'en est pas une, car il est toujours aussi actif. Grand campeur devant l'Eternel, depuis quelques années en effet, il parcourt toutes les régions de FRANCE, fouillant deci-delà les moindres recoins de la nature à la recherche de sujets ou de sites pour son violon d'ingres : la peinture. Ancien élève des Beaux-Arts avant la première guerre mondiale, il n'a rien perdu de son talent. GEILLE a tout-de-même une préférence pour la Provence, toujours souriant et quand il ne parle pas, il chante. Il ne manque jamais, quel que soit le temps, sa demi-heure de culture physique sitôt le saut (non pas en parachute, mais de son lit de camp) ensuite une légère collation et au travail. Très sobre et ne fumant jamais, c'est ainsi qu'il a pu conserver toute sa souplesse de grand sportif.

GEILLE est aussi un poète et le soir à la veillée, il médite et compose. C'est ainsi qu'il adressa à ma fille pour son 10ème anniversaire un poème précédé d'un envoi (comme il se doit).
Poème unique en son genre et qui m'a très touché.
Ma fille conserve précieusement l'original de ce petit poème.

Je me rends souvent sur le terrain de PUJAUT, un peu comme en pèlerinage et tous les parachutistes me connaissent pour être un ancien de PUJAUT et me demandaient souvent si je sauterais encore en parachute malgré mon âge, je suis né le 20 février 1906.
Après tout, pourquoi pas ?

Finalement, je me décidais et le 29 septembre 1977, j'effectuais un petit saut de 800 mètres à l'étonnement général.

En 1979, je décidais, avant de décrocher définitivement, d'effectuer un dernier saut pour marquer le cinquantenaire de mon premier le 10 juin 1929. Pour ce dernier saut symbolique, je fus vexé d'avoir raté la cible de quelques mètres.
                                                             

La plaque à la mémoire du Colonel GEILLE, je l'ai posée personnellement, son nom n'étant cité nulle part à PUJAUT.
Une cérémonie toute simple a eu lieu en présence de Monsieur D'ORTHOLY, Président du Para-Club et une quarantaine de parachutistes.


Et depuis, je me rends encore assez souvent sur le terrain de PUJAUT avec une certaine nostalgie, pour admirer tous ces jeunes et les encourager, ce que je compte bien faire le plus longtemps possible.
J'en ai terminé avec mon histoire du premier centre de parachutisme tel que je l'ai vécue.
Je demande l'indulgence des lecteurs pour mon style un peu baroque car je n'ai rien d'un plumitif.


                                                                               SALUT A TOUS LES PARAS
                                                                                    Jean-Baptiste  FRITZ
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 1 Juil 2013 - 19:37



Pujaut 10 juin 1979 - dernier saut de mon père 50 ans après son 1er saut effectué le 10 juin 1929.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 1 Juil 2013 - 21:08

Merci ,

Une belle page d'histoire ; une leçon de courage et sans rouler des mécaniques .

Certains paras devraient en prendre connaissance , cela les rendrait plus "HUMBLES" je crois .

Je ne dit rien de plus que : Bravo et Merci Madame .

Votre Papa , est un Grand Para :   

Pour info , ma fille a fait a Pujaut , fin années 90 , un  4000 en tandem ;

J'étais là , quelle plaisir mais quelle peur aussi , pour moi .
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 1 Juil 2013 - 22:09

C'est....ouf poignant....il sera toujours et partout un ambassadeur de son régiment votre Papa.

Cordialement ,je vous salue,Mademoiselle,Fritz
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 1 Juil 2013 - 23:39

merci à tous !
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Lun 1 Juil 2013 - 23:42

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste FRITZ   Mar 9 Juil 2013 - 22:21

Cocoye 1er a écrit:
Merci ,

Une belle page d'histoire ; une leçon de courage et sans rouler des mécaniques .

Certains paras devraient en prendre connaissance , cela les rendrait plus "HUMBLES" je crois .

Je ne dit rien de plus que : Bravo et Merci Madame .

Votre Papa , est un Grand Para :   

Pour info , ma fille a fait a Pujaut , fin années 90 , un  4000 en tandem ;

J'étais là , quelle plaisir mais quelle peur aussi , pour moi .


et elle n'a pas eu envie de continuer ? C'est comme ça que ma fille a commencé à Pujaut (elle a les gènes de son grand-père). Je suis montée une fois dans l'avion et lorsqu'elle a sauté, c'est moi qui ait eu le vertige...
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