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 1er DEPARTEMENT FRANCAIS LIBERE

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MessageSujet: 1er DEPARTEMENT FRANCAIS LIBERE   Jeu 24 Déc - 0:04







Septembre-octobre 1943

Le 9 septembre 1943 débute la libération de la Corse qui s’achève par la prise de Bastia le 4 octobre suivant, action d’éclat importante puisqu’elle fut menée presque exclusivement par des Français. Premier département libéré, la Corse préfigure aussi la libération de la France continentale l’année suivante.


La Corse fait partie des territoires revendiqués par les fascistes. Sa population a solennellement affirmé son attachement à la France avant le déclenchement de la guerre. Les fascistes ont alors menacé d'expulser tous les Corses réticents à leur volonté, au risque de garder « la cage sans les oiseaux».

Après les armistices franco-allemand et franco-italien en juin 1940, le sénateur Giaccobi, le seul des élus (et également chefs de « clan») corses à avoir voté contre l'octroi des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet, demande à Laval de lui garantir le maintien de la souveraineté française en Corse. Ce dernier ne répond pas. Toutefois, la Corse reste pour l'instant française, dans la « zone libre», Hit1er ayant mis un frein aux revendications de Mussolini.

Un chef de clan ambassadeur de Vichy

Les patriotes de la première heure sont peu nombreux. La très grande majorité des Corses s'est ralliée à Pétain, sous l'influence notamment des chefs de « clan» : le député Piétri ne devient-il pas ambassadeur de Vichy en Espagne? Toutefois Charles Giudicelli crée, à Ajaccio, un « comité de vigilance », la future branche locale du réseau Combat, et l'officier Piétri (homonyme du premier) prend le maquis dans le Sartenais. Le Front national se renforce, en 1941, du retour d'Arthur Giovoni, professeur au lycée de Bastia muté en 1940 sur le continent.

Des réseaux de renseignements se constituent, notamment le réseau FFL « R2 Corse» structuré en grande partie par l'ex -chef de cabinet de préfet Fred Scamaroni qui, une fois sorti des géôles de Vichy grâce à l'intervention de l'ambassade des Etats-Unis, entreprend plusieurs voyages en Corse, puis repart précipitamment pour Londres, car il est «brûlé ».

Le Il novembre 1942, trois jours après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord française, l'Italie occupe la Corse. La densité d'occupation devient au fil des mois très forte: 80 000 soldats appartenant au 7° corps d'armée commandé par le général Magli (à partir de mars 1943) pour une population de 250 000 habitants. En juillet 1943, la Sturm brigade SS Reich führer (5 000 à 7 000 hommes) prend position, notamment sur la côte orientale.

La résistance corse doit faire face à l' Ovra, la police politique italienne. Elle va pourtant se développer, surtout après l'instauration du Service du travail obligatoire en février 1943.

Le réseau R2 Corse est décapité

Le 6 janvier 1943, le capitaine Edmond Severi 1 (Fred Scamaroni est appelé ainsi depuis son retour à Londres) arrive en Corse à bord d'un sous-marin britannique: sa mission consiste à unir les divers mouvements de résistance et à les rallier au général de Gaulle, tout comme Jean Moulin essaie de le faire sur le continent.

Fred Scamaroni, dans un premier temps, développe, organise et hiérarchise tous les groupes de résistance gaulliste, établit un contact radio entre la Corse et Londres, et commence à approvisionner la Résistance en armes, par sous-marin et en aménageant des terrains de parachutage. Puis il tente de réaliser l'union de la Résistance, mais, le 18 mars, le radio Hellier ayant été pris et ayant parlé, il est arrêté. Torturé, il se tait. Puis il préfère se donner la mort en faisant passer un fil de fer à travers sa gorge et écrit avec son sang sur un bout de papier : « Vive la France ! Vive de Gaulle! »

Le réseau R2 Corse, ainsi décapité, est démantelé par l'Ovra. Les éléments rescapés de la résistance gaulliste rejoindront le Front national, lequel, après avoir élargi sa base (il est ouvert aux non-communistes), sera le seul grand mouvement de résistance en Corse. Le Front national a une organisation extrêmement hiérarchisée et cloisonnée qui lui permet de ne pas se faire prendre au piège par les chemises noires.

La mission du Casabianca


Le général Giraud, « commandant en chef civil et militaire» à Alger, succédant à l'amiral Darlan et homme des Américains, envoie en Corse, en avril 1943, le capitaine Paul Colonna d'Istria, dit Cesari, le chargeant de coordonner l'action militaire de la Résistance. Cesari ne doit pas s'occuper du renseignement.

De novembre 1942 à mars 1943, le sous-marin Casabianca, notamment, a déposé des agents chargés du renseignement : ce sont, entre autres, le commandant de Saulle et le radio Griffi de la mission dite « Pearl Harbor ». Cesari met sur pied, avec les responsables du Front national, une organisation armée capable, le jour du débarquement, de désorienter l'ennemi. De l'armement est acheminé par le Casabianca et réparti dans différentes caches. L'été 43 est meurtrier: à Ajaccio, Mondolini et Giusti sont tués dans une fusillade. L'Ovra, malgré la chute de Mussolini le 25 juillet 1943 lors de la conquête de la Sicile par les Anglo-américains, se montre encore très active. Les patriotes ont hâte d'agir.

Jean Nicoli, chef civil départemental du Front national, arrêté et jugé, est, le 30 août, assommé à coups de crosse et décapité à l'arme blanche: il meurt en martyr. Cesari, de crainte que la direction départementale du Front national et lui-même ne se fassent prendre, a décidé la décentralisation et la délégation de pouvoir : les comités locaux prendront eux mêmes la décision du moment opportun pour agir. Beaucoup des mesures prises par Cesari se retrouveront mot pour mot dan: les instructions données par il général Koenig aux FFI.

La Corse se soulève



Le 8 septembre 1943, le maréchal Badoglio signe, au nom de l'Italie, un armistice avec les Alliés. Dans la nuit du 8 au 9 septembre, Cesari adresse, de son chef, au général italien Magli le message suivant: « Etes-vous avec nous, contre nous ou neutre ? » Le général Magli répond: « Avec vous2 ! ». Une cobelligérance avec l'ennemi d'hier est acquise. Dans les mois qui ont précédé, des officiers italiens avaient fait part de leur volonté de changer de camp. C'est le soulèvement général: près de 12 000 patriotes du Front national sortent de l'ombre. A Ajaccio, le chef-lieu, un conseil de préfecture, composé des chefs du Front national (Giovoni, Vittori, Maillot, Choury) et de Cesari, proclame le ralliement de la Corse à la France libre. Des comités locaux du Front national remplacent certaines équipes municipales. Les communistes vont contrôler en grande partie le pouvoir politique local: choisiront-ils, après la libération, la révolution ou la légalité républicaine ? Dans l'entourage du général de Gaulle, on reprochera au général Giraud d'avoir armé le Front national.

Personne n'a prévu ce soulèvement. Le général Giraud a conçu un plan de libération de la Corse par la mise en œuvre d'un débarquement nécessitant, selon l'état-major français, quatre divisions, et soutenu par l'action désorganisatrice des patriotes. Or aucun débarquement de cette importance n'est, à ce moment-là, possible.

Le général Giraud est confronté à une alternative : soit ne pas agir, car la situation est trop risquée (les Anglo-Saxons ne peuvent pas prêter main-forte puisqu'ils ont en train de débarquer massivement à Salerne et, de plus, ils considèrent qu'il faudrait d'abord évacuer les Allemands de la Sardaigne) ; soit intervenir en espérant que l'effet de surprise joue encore sur les Allemands.

Le général Giraud ne peut pas laisser les patriotes, qui ont des armes légères, face à la Sturmbri- gade SS Reichsführer : ce serait un bain de sang. Il décide de déclencher l'opération « Vésuve », nom de diversion pour faire croire à une action en Italie concordante avec celle menée alors par les Alliés.

Le feld-maréchal Kesselring donne ordre, le 8 septembre, à la 90° Panzer grenadier division (20 000 hommes) de quitter La Maddalena, en Sardaigne, et, par la route de Bonifacio à Bastia, dont la Sturm brigade SS Reich führer doit se rendre maître, de gagner la péninsule italienne en vue de renforcer les effectifs allemands qui contre attaquent aux environs de Salerne.

Les Italiens aux côtés des patriotes

Mais à Bastia, dès le 8 septembre, les Italiens ont fait prisonniers des Allemands. Ces derniers se replient au sud de la ville, car ils pensent que les Alliés vont débarquer. Le 13 septembre, s'apercevant qu'il n'en est rien, ils reprennent Bastia aux Italiens en faisant près de 2 000 prisonniers. Toutefois, dans la région de Bonifacio et Porto-Vecchio, les Allemands sont harcelés par les patriotes : le 15 septembre, le commandant Piétri, avec l'aide d'Italiens, prend l'important dépôt d'armes et de munitions de Ouenza, et le lieutenant de Peretti, avec 200 patriotes, fait face à une colonne allemande à Levie jusqu'au 17 septembre.

Le 13 septembre arrive à Ajaccio, à bord du Casabianca, une centaine d'hommes, appartenant au bataillon de choc du commandant Gambiez, bataillon spécialement créé et entraîné en vue d'une action pour la libération de la Corse. Son objectif est de garantir la tête de pont d'Ajaccio.

A partir du 17 septembre, des unités du le, corps d'armée nouvellement créé et commandé par le général Henry Martin débarquent à Ajaccio. L'état-major français est obligé de pratiquer un « système d'expédients» (Moltke), car il manque de moyens maritimes pour acheminer du matériel lourd et des animaux et ne peut prétendre à un appui aérien suffisant. On se servira de ce que l'on a et on agira en fonction de ce que l'on n'a pas.

Des sous-marins sont transformés en transports de troupes, les croiseurs ont à leur bord des chargements d'essence en dépit des règlements en vigueur, des convois de marine sont lancés sans protection aérienne. Les forces terrestres (5 000 combattants au 1"' octobre) n'ont pas de blindés et peu de moyens antichars. Elles devront procéder de la science de « l'infiltration ». La Corse, par son relief, s'y prête et on connaît les exceptionnelles qualités de grimpeurs des Marocains de la 4' Division marocaine de montagne (DMM) ou des goums.

Les Allemands évacuent les lieux


Le bataillon de choc, dont une 4° compagnie formée uniquement de Corses, va harceler l'ennemi par des actions de « style indirect ». Ces formes de combat non classiques ne répugnent pas aux officiers en charge de les mettre en œuvre, et c'est leur mérite.

Le 21 septembre, trois faits majeurs se déroulent: un convoi important, composé du croiseur Jeanne d'Arc, des contre pilleurs le Fantasque et le Terrible et du sous-marin Aréthuse, se trouve en rade d'Ajaccio; le général Giraud en personne vient en Corse libérée pour se rendre compte de la situation; l'état-major français apprend que les Allemands, la 90e Panzer grenadier division mais aussi la Sturm brigade SS Reichs führer, évacuent la Corse.

Il ne faut donc plus envisager la défense d'une tête de pont mais des actions ayant pour but d'entraver le rembarquement ennemi, lequel se fait, pour le matériel, par le port de Bastia, et, pour les hommes, principalement par l'aéroport de Borgo, situé au sud de la même ville.

Le 30 septembre, les Allemands, concentrés dans leurs zones d'évacuation, sont attaqués au nord du col du Teghime et au col de San Stephano par les tirailleurs marocains et les goumiers, aidés des Italiens. Le 3 octobre, ils sont partis, après avoir évacué la plus grande partie de leur matériel. Ce qui reste est principalement détruit: Bastia est une ville en feu et en ruine. Des bombardements alliés y ont contribué. Le port n'est toutefois pas anéanti.

Le 4 octobre, les troupes françaises entrent dans Bastia, la population en liesse resurgit. Mais des avions alliés, qui n'ont pas de liaison radio avec les Français à terre, bombardent la ville. Nombre de civils sont tués.

Giraud est mis à l'écart



La libération de la Corse aura des conséquences importantes sur le plan logistique et stratégique: l'île devient un tremplin aérien pour 2 000 avions alliés et une plate-forme maritime. L'évacuation des Allemands a été retardée et les Alliés s'en sont trouvés soulagés dans leur débarquement à Salerne. La guerre n'est pourtant pas finie pour les Corses : 12 000 d'entre eux seront mobilisés. Certains patriotes qui étaient à la tête de centaines d'hommes vont se retrouver soldats de seconde classe.

C'est, avec la libération de l'Ile de beauté, déjà « la France qui libère la France », selon le mot d'Ilia Ehrenbourg. Mais quelle France ? Celle du général Giraud, qui a décidé l'opération « Vésuve» dans le plus grand secret, c'est-à-dire sans même avertir le général de Gaulle? Ou celle d'un homme qui, de Londres, le 18 juin 1940, lance un appel à continuer la lutte?

Malgré son succès, le général Giraud est évincé du CFLN le 6 novembre 1943, ce qui constitue une première mise à l'écart. Un général peut gagner une bataille mais perdre la guerre. Ou plutôt « sa » guerre.



PATRICK GODFARD

1) Fred Scamaroni avait embarqué, le 21 juin 1940, à Saint-Jean-de-Luz, sur le Sobieski pour se rendre à Londres. Au large de Dakar, en septembre 1940, il doit' remettre une lettre du général de Gaulle au gouverneur général Boisson, afin de rallier l'AOF aux FFL. Mais ce dernier se fait arrêter.

2. Le général Magli aurait pu s'abstenir dé répondre, puisque le Comité français dé libération nationale (CFLN), présidé en fait par le général de Gaulle, le général Giraud étant commandant en chef des troupes françaises, n'était pas signataire du traité d'armistice, n'ayant aucun représentant dans les négociations.
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MessageSujet: Re: 1er DEPARTEMENT FRANCAIS LIBERE   Jeu 24 Déc - 11:21

Merci Guy
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MessageSujet: Re: 1er DEPARTEMENT FRANCAIS LIBERE   Jeu 24 Déc - 12:00

Merci Guy
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