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 évenements du mois d'octobre 1957 en Algérie au "3" RPC

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bretirouge
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MessageSujet: évenements du mois d'octobre 1957 en Algérie au "3" RPC   Mer 3 Oct 2018 - 19:07

Opération sur Colomb Béchar









Je suis à la base arrière de Sidi Ferruch après avoir eu une permission de 15 jours en Métropole.
De retour, je retrouve quelques anciens qui commencent à se compter, beaucoup de mutations de blessés et malheureusement de morts.


L'Escadron de Jeeps Armées (EJA) commandé maintenant par le capitaine Calès remplaçant le capitaine Le Boudec en fin de séjour ce dernier regrettera de ne pas avoir fait cette dernière opération mais il en est ainsi.
Depuis juillet 1957, j'ai un nouveau chef de peloton en la personne du lieutenant Zwekoltine, l'adjudant/chef Rebouillet devient sont adjoint,


j'ai comme chef le sergent Pelegrini, mon camarade André Jeanneret et passé sergent puis muté dans une autre unité, le caporal/chef Vigneron reste dans le groupe voltige, je suis tireur FM et chef de groupe comme 1èr classe.



Nous avons toutes nos jeeps repeintes couleurs sable, et la préparation de notre matériel bat son plein. Une nouvelle opération ce précise cette fois vers les Territoires du Sud.



Le 21 octobre, les remorques attelées, nos sacs marin et les musettes TAP sont prêtes, les marabouts rangés nettoyés, les rations de vivres le pain, les munitions perçues,


l'Escadron se prépare pour une longue route de 1200 kilomètres qui va nous

conduire à Colomb Béchar, «la porte du désert» ou s'étend le Grand Erg Occidental, c'est le Sahara.


Nous sommes accompagnés en GMC de la 2e compagnie du capitaine Planet, le reste du régiment est aérotransporté depuis Blida via l'aérodrome de Béchar.


Le colonel Bigeard est parti le premier il sera le 22 octobre à pied d'œuvre.



Cette randonnée n'est pas une partie de plaisir, pare-brise de la jeep rabattue sur le capot, nous sommes équipés pour la circonstance d'une paire de lunette enveloppant les yeux mais n'empêchant pas la poussière de s'infiltrer par les aérations de côtés,


en short, veste camouflée, casquette Bigeard, pataugas au pied, le chèche-moustiquaire autour du cou, équipés de deux bidons, nous voilà fin prêt.



Colomb Béchar ville de garnison de 30 000 habitants bâtie le long d'une immense palmeraie,
l'oued Béchar presque à sec en saison sèche devient torrent en période des pluies, un terrain d'aviation dessert la ville, des djebels (3) limitent la région,
le djebel Antar culmine à 1953 mètres, le djebel Béchar à 1206 mètres, et le djebel Grouz à 1835 mètres, des hamadas (plateau rocheux) composent le terrain sur une certaine partie du paysage.



Casquette enfoncée sur le crâne, le départ est donné, la route est belle, l'allure raisonnable, le temps imparti est de 48 heures pour rejoindre Béchar autant dire que l'allure ne mollit pas,
les arrêts ne seront pas fréquents. Nous passons par Orléansville, où les traces du tremblement de terre du 9 septembre 1954 faisant 1500 victimes, sont encore apparentes,
nous traversons Mascara, pour ensuite plongée plein SUD par Saïda, Méchéria. Le décor change nettement, plaines brulées par le soleil, plateaux élevés,
nous passons les Monts des Ksour pour la fin de notre deuxième journée.


Arrêt à Figuig, ville frontière Algéro-marocaine, nous dormons auprès des jeeps, le ravitaillement et le carburant, nous est fournis par la logistique.



Enfin le lendemain, Colomb Béchar est en vue et bientôt la traversée de la ville au ralenti suivi par le regard curieux de nombreux badauds; certains doivent être anxieux.


Notre convoi en ce qui concerne l'Escadron est dirigé à la sortie de la ville sur un terrain fait de cailloux (hamada), les camions du génie nous apportent les marabouts à monter (guitounes pour 20/30 personnes)
il est à peine 11 heures que tout les véhicules sont déchargés, alignés en ordre avec les remorques détellées.
Sans perdre de temps par équipe, les toiles de tentes sont montées avec quelles difficultés pour faire tenir les piquets dans la roche, d'autres sont occupés à préparer les abords, les toiles sont délimitées par des rangées de cailloux,
le mât aux couleurs planté entouré d'un cercle de caillasses joliment fait, une citerne d'eau nous est apportée pour boire et se laver car nous sommes tous dans la crasse et la sueur depuis trois jours.

Les autres compagnies sont à la même enseigne que nous, nous mangeons nos boites de ration en attendant mieux.



Durant ce temps, le colonel Bigeard arrivé à 11 h30, est invité à déjeuner par le général commandant le territoire.
Son poste de commandement est grandiose, dira «Bruno», serveurs et menus à l'image de ces vieux films tournés dans le désert écrira-t-il.
Le général paraît surpris de voir le colonel avec son régiment, et lui dit «Mais au fait, mon cher Bigeard, que venez-vous faire ici ?».


Incroyable de la part de ce responsable , vivant dans un luxe d'époque coloniale, qui n'a plus lieu d'être de notre temps.



Il semble considérer les actions terroristes lancées par les rebelles comme négligeables, alors que la voie ferrée Colomb Béchar-Oran, et l'axe routier subissent constamment des coupures, tranchées, mines, embuscades, c'est inadmissible.


Salan a donné des directives bien précises à Bigeard et son régiment: sécuriser la libre circulation de cette région, car les rebelles sont devenus très actifs.
L'arrestation de quelques suspects permet à Bigeard d'en savoir plus sur l'emprise du FLN sur cette région.



Jusqu'au 4 novembre 1957, je vais tourner à 100 à l'heure, sans cesse en embuscade après des marches épuisantes de nuit sur ces terrains caillouteux, couverts d'embûches, recherche de renseignements en jeep et de traces de passages ou de bivouac rebelles.


Les héliportages sont multipliés sans résultats positifs, les avions d'observation sont à l'ouvrage, mais rien ne laisse voir un quelconque mouvement suspect de quoi que se soit, c'est désespérant. 800 km carré sont décortiqués,
toutes les compagnies sont dans la même galère, des centaines de kilomètres à pied avec un bilan négatif.
Je me demande ce que nous sommes venus faire ici.

Je ne compte pas les vents de sable, le froid sur le sommet des djebels la nuit en short sans bouger durant des heures,
mais comme dit Bigeard : c'est un bon exercice pour nous maintenir en forme. L'équipe est super rodée, nous avons l'allure de loups .



Du 6 au 8 novembre, Bruno décide de changer l'orientation des recherches et de zone.


Nous passons dans la région du djebel Grouz, dont la partie Nord descend sur le Maroc.


Sommets à 2000 mètres, un froid intense et une tempête de sable, cette fois l'affaire est payante, nous finissons par accrocher des fells, dans l'embuscade 17 des leurs mordent la poussière et faisons trois prisonniers, qui après interrogatoire désignent leurs bases en bordure du djebel mais en zone marocaine!



Une expédition est menée de main de maitre par le lieutenant Schmitt, en silence et rapidité, il passe en terre marocaine, six camps seront détruits,
30 mines prêtes à fonctionner, 500 kg d'explosifs et un nombreux matériel sont récupérés, la bande s'enfuit plein nord au Maroc.


Durant cette attaque commando, des camarades perdent la vie en sautant sur des mines, il y a deux tués et cinq blessés, le coup est cher payé.

Cette période de course incessante dans la nature a fait de nous des gars bronzés, pas un gramme de graisse.
Cette période sera vécue par les compagnies y compris l'Escadron.

9 novembre, complètement exténués par ces longues marches à la recherche du rebelle invisible, nous sommes de retour sur notre base de Béchar en souhaitant un départ pour Sidi-Férruch.
Mais les événements vont en décider autrement.


Le 10 novembre Bigeard est convoqué au PC du général vivant à une autre époque avec ses fastes des grandeurs coloniales et informe Bigeard qu'une compagnie de méharistes et passé à la rébellion ce sera le début de l'opération «TIMIMOUN».







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MessageSujet: Re: évenements du mois d'octobre 1957 en Algérie au "3" RPC   Mer 3 Oct 2018 - 19:57

Merci Gus ,

Une belle page de gloire du 3 .

Sacré Bigeard , il y avait pourtant en permanence un CPA a Béchar ..................... Wink

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Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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