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 Premières armes

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Ancien38

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MessageSujet: Premières armes   Mar 13 Mar 2018 - 18:16

ou récit à travers une époque peu connue : 1962-1964

E.A.I. - SAINT MAIXENT - Avril 1961 - Avril 1962.

  Ancien élève de la 31° promotion de Sous-Officiers d'Active, je me suis aperçu qu'il ne restait plus aucune trace de l'Ecole de cette époque, à part un rappel très général de dates de son existence qui ne dit rien sur son esprit. Une des raisons en est simple: au même titre que des régiments dissous après les événements d'Algérie, il a fallu effacer toute trace rappelant ceux-ci. En effet, lors du putsch d'Avril 61 et de ce qui s'en est suivi, les mentalités de cette période ont provoqué une sérieuse agitation au sein de cette Ecole (Statue du Gal Denfert Rochereau peinte en rouge, portrait du Président dérobé etc . . .). Et le hasard a voulu que je découvre l'Armée dans cette ambiance toute particulière. Puis ce fut le 19 Mars 1962, véritable onde de choc parmi les Cadres d'Active de St Maixent avec ses conséquences.
   Nous étions une trentaine d'élèves à vivre ensemble pendant un an, dans une ambiance qui ne laissait pas de place aux états d'âme (sans pour autant perdre notre personnalité). Nous savions que nous étions là pour apprendre à commander, en suivant les conseils qui nous étaient inculqués. Il ne suffisait pas de vouloir être Chef, il fallait en prouver son aptitude. Les cours étaient sanctionnés par quatre examens successifs dont le résultat aboutissait, parfois, à des éliminations et des mutations immédiates. Les exercices de combat étaient axés sur la "Guérilla" et "Contre-guérilla".
   Ce qui me reste le plus en mémoire sont les mesures disciplinaires, toutes particulières: les démérites, le tombeau et la prison.
  - Les démérites: chaque écart de conduite (ex: mégots dans les pieds de lit, trace de saleté sur les gants blancs lors des revues d'armes etc. . .) était sanctionné par 3 Km à pied et à la fin de chaque mois, en fin de journée, une marche collective était organisée où chacun devait effectuer la totalité de ses kilomètres accumulés au cours du mois. Celui qui avait un nombre de kilomètres dépassant une limite avait droit au port d'un F.M..
  - Le tombeau : cette sanction était en usage lorsque nous étions en manoeuvre, le puni devait passer la nuit au pied du mât des couleurs avec une simple couverture.
  - La prison (Quartier Canclaux): c'était une grande pièce avec, sur un côté, un plan légèrement incliné en planches: literie collective (bien loin du confort de la literie traditionnelle qui a enlevé l'aspect dissuasif de la prison).
    Nous étions gonflés à bloc pour aller en Algérie lorsque la nouvelle est arrivée : "Le cessez le feu". Pour chacun ce fut le début de l'incertitude quant à son avenir.
    Fin Mars est arrivé le moment du choix des affectations en fonction de son classement de sortie. Il n'existait qu'un poste TAP au 9° RCP pris par un des premiers, ensuite ce furent les postes "Colo", les Chasseurs Alpins et enfin les Régiments et Bataillons d'Infanterie. C'est ainsi que j'ai été affecté au 7° BCA en Algérie et, pour moi, commençait "l'aventure" dans le vrai sens du terme.



 (A suivre).
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bretirouge
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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 13 Mar 2018 - 18:29

Une année d'éclatement dans tout les secteurs, tu es tombé en plein dedans

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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mer 14 Mar 2018 - 17:11

Voici : - l'insigne de l'Ecole d'Application d'Infanterie de St Maixent en 61
         - Photo de la 31° promotion d'élèves Sous-Officier 61-62 (Je suis le 2° à partir de la droite debout). Quartier Marchand
         - Insigne du 7° B.C.A.

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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mer 14 Mar 2018 - 18:11

ALGERIE - TIZI OUZOU. (1962)

Après une courte permission j'ai pris la direction de Marseille pour rejoindre le Camp de Ste Marthe. Nos anciens nous avaient prévenus de ne pas arriver en avance afin de ne pas être désignés pour les patrouilles en ville. C'est sans doute pour cela que je n'ai aucun souvenir de ce lieu. Puis ce fut l'embarquement sur le paquebot "El Mansour". La traversée s'est faite de nuit, sur le pont, car la mer était calme et nous n'avions pas de cabine. J'ai pris deux fois le bateau: une pour l'aller et l'autre pour le retour de mon séjour. En milieu de matinée, sous un soleil déjà brûlant, avant d'entrer dans le port, le bateau entouré de quelques dauphins agités, j'ai pu contempler Alger la blanche qui portait bien son nom. J'apercevais une multitude de petits points rouges alignés à mi hauteur de la façade de la ville. J'ai tout de suite pensé aux parachutistes, mais par la suite, j'ai vite constaté qu'il s'agissait de chechias.
Après avoir accosté et débarqué, j'ai quitté mes camarades et je me suis retrouvé seul derrière une pancarte "Tizi Ouzou". En effet, les "isolés devaient se positionner derrière la pancarte correspondant à leur destination. De nombreux gamins d'une dizaine d'années abordaient les militaires pour essayer de vendre des photos suggestives, ce qui dénotait une jeunesse livrée à elle-même ou exploitée. Puis j'ai été dirigé vers le centre de transit qui se trouvait en face de la gare. Avec surprise, j'y ai retrouvé deux camarades de lycée chargés des enregistrements. Il ne me restait plus qu'à attendre le départ de mon train qui était prévu en début d'après-midi. Il fallait que je trouve le mess pour le repas de midi.
Je me suis arrêté à la poste (bien connue par les cartes postales). Là, j'en profite pour dire qu'à l'époque, le port de la tenue militaire était obligatoire et, de tout mon séjour de deux ans, je n'ai jamais revêtu la tenue civile (ce détail est très important pour connaître, par la suite, l'attitude de la population vis à vis des militaires français). La fusillade de la rue d'Isly datait d'une quinzaine de jours et c'est dans ce climat que, malgré mon uniforme, j'ai été fouillé à l'entrée de la Poste.
Entre la Poste et le port, se trouvait le Mess. Il était immense et très fréquenté car, en plus des sous-officiers de la garnison il faut rajouter tous ceux qui étaient en transit. En un mot, il était sans âme, aussi grand qu'un hangar avec des rangées de grandes tables, aucun compartiment, une sorte de grande salle des fêtes.
L'après-midi je prenais l'autorail de la SNCFA en direction de Tizi Ouzou. Il faisait très chaud, j'étais seul et le parcours reflétait la sécheresse ambiante: sable et plantes rabougries. Les arrêts n'étaient pas dans une gare, mais en face d'un simple panneau d'identification de la halte. Bien plus tard j'ai retrouvé cette ambiance dans le tortillard Bastia-Calvi. Au cours du trajet et lors d'une portion en remblai, j'ai surplombé un camp militaire, sans savoir que, par la suite, j'allais y revenir. Puis ce fut l'arrivée à destination. Dans ma mémoire, Tizi Ouzou se situait sur une pente montagneuse, un genre de cirque. Premier problème : pas de cantine. J'ai aussitôt pensé à un vol, mais un employé m'a rassuré en me disant qu'elle se trouvait à la halte précédente, en contrebas. C'est ainsi que j'ai appris qu'il y avait deux arrêts pour desservir Tizi-Ouzou. Pour la petite histoire c'est ici que j'ai retrouvé un camarade de mon village que j'avais quitté quelques jours plus tôt. Il appartenait au 6° B.C.A.. Je suis entré dans la ville pour prendre contact avec le bureau de garnison. J'ai présenté mon ordre de mission et Ô surprise, le 7° B.C.A. était impossible à localiser. En effet, à cette période les Bataillons de Chasseurs avaient débuté la mise en oeuvre du "Plan Cygogne 6". Ce plan était une procédure de préparation au rapatriement consistant à rapprocher les Unités du port d'Alger. Je suis donc resté sur place deux ou trois jours. Pendant mon court séjour dans cette ville j'ai remarqué que toutes les ouvertures des lieux ouverts au public étaient grillagées afin d'éviter les attentats à la grenade. A noter que la population ne prêtait aucune attention à la présence d'un militaire dans la rue.

   (A suivre).
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MessageSujet: Re: Premières armes   Jeu 15 Mar 2018 - 9:33

Comme tu ne date pas , je suppose que c'était au mois de mai, donc la fin des combats, je me demande pourquoi ce départ, puisque tout le monde pliait bagage ???



Nous avons un décalage de 6 ans , je suis venu en Algérie le 6 avril 1956 et toi vers avril/mai 1962, le contexte avait bien changé !!!

Merci de ton récit !!

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MessageSujet: Re: Premières armes   Jeu 15 Mar 2018 - 10:45

Bonjour bretirouge,

C'est bien parce que le contexte avait changé que j'ai décidé de témoigner à travers cette époque méconnue : Avril 62 à Février 64. Dans mon récit détaillé il faut s'attacher à ce que je vois. Nous n'avions plus de blessures physiques mais une grande blessure morale.
Quant à la raison de mon affectation, il faut croire que ces places étaient offertes pour pallier un manque d'effectifs dû à un départ massif de cadres. J'expliquerai plus tard comment se préparait le rapatriement.
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MessageSujet: Re: Premières armes   Jeu 15 Mar 2018 - 15:20

Bonjour  Ancien38,


Je comprends très bien ta motivation, pour cette aventure dans cette Algérie devenue indépendante !  c'est bien de donner ton ressenti sur la fin d'une grande histoire !

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MessageSujet: Re: Premières armes   Jeu 15 Mar 2018 - 17:17

BORJ MENAIEL.

    Enfin le bureau de garnison est arrivé à localiser le 7° B.C.A.. C'est ainsi que j'ai repris l'autorail en direction d'Alger pour m'arrêter à Borj Menaiel. Il s'agissait d'un genre de centre de transit et je fus hébergé dans un grand hangar servant de dortoir aménégé avec une grande quantité de lits superposables. Là il n'y avait pas de grade, tout le monde était à la même enseigne: un passager comme les autres. Sortant d'école, je tombais de haut et je commençais à douter du niveau de considération du grade de Sergent. Pour atteindre ce grade qui avait été un aboutissement d'une année d'épreuves diverses, chaque élève avait un peu surdimensionné ce grade. Maintenant j'étais dans le concrêt et je n'étais plus au milieu de mes camarades. Je commençais à me poser beaucoup de questions : jusqu'à présent j'avais été dans un milieu très organisé, très programmé et voici que maintenant tout était vague, tout était flou, en un mot c'était vraiment l'aventure. Je suis resté ici plusieurs jours à attendre. Puis j'ai été présenté au Chef de Corps, un contact très simple qui n'a rien à voir avec ceux, protocolaires, du temps de paix. J'ai appris que je n'étais pas attendu car je suis arrivé avant mon dossier, sans aucun préavis. (Je tiens à souligner qu'avant mon départ, un camarade de la promotion précédente m'avait conseillé de refuser toute proposition d'affectation dans "les Forces Locales" qui étaient en cours de mise en place). J'ai eu mon affectation à la 3° Compagnie
J'ai perçu mon paquetage et ma nouvelle tenue. Pour la première fois je me coiffais du béret de chasseurs alpins (La tarte) et cette coiffure, de par sa taille, donne pleine conscience de l'intégration  dans le Corps des Chasseurs. (Il faut apprendre à la positionner correctement, même si par la suite on s'aperçoit de quelques ports fantaisistes comme le port en "soucoupe" ou à plat, une façon de se démarquer pour les anciens.) Je n'aurai pas beaucoup l'occasion de porter la tenue de tradition sauf pour présenter un piquet d'honneurs. (Cette tenue était particulièrement salissante lors des déplacements en véhicules sur les pistes poussiéreuses).
Pendant encore plusieurs jours j'ai attendu pour rejoindre ma Compagnie à Camp du Maréchal. Je me souviens de séances de cinéma en plein air, le doux climat le permettait.


(A suivre)
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MessageSujet: Re: Premières armes   Jeu 15 Mar 2018 - 17:52

CAMP DU MARECHAL.

Le PC de la Compagnie se trouvait dans une propriété viticole ou agricole libérée par son riche propriétaire qui avait, sans doute, quitté les lieux. Le Capitaine étant en permission, j'ai encore eu une période d'attente pour connaître mon affectation finale: dans un poste situé à Souk el Tleta, mais je n'en savais pas plus sur sa localisation. J'ai touché un complément de paquetage, mais je me souviens seulement de ma surprise en percevant des grenades complètes avec bouchon allumeur vissé, alors que jusqu'à présent les mesures de sécurité que j'avais apprises interdisaient de réunir les deux éléments constitutifs. De plus il faisait chaud et je devais mettre les grenades dans ma cantine. J'ai perçu une carabine US et un PA Mac 50. Il faut noter que nous avions de l'armement US car les Bataillons étaient intégrés à l'OTAN. C'était une prise de contact avec la réalité, différente de tout ce que j'avais appris en école. J'avais également les munitions en vrac. C'est ainsi que le mini convoi composé d'un GMC de ravitaillement et d'un Half-track de protection armé d'une mitrailleuse cal 50 (12,7) à l'avant et d'une cal 30 (7,62) à l'arrière se mit en marche en direction d'un relief montagneux. Par la suite j'ai appris que nous allions en direction de Dra El Mizan en passant par Mirabeau (N25). Au détour d'un virage en côte, nous avons été stoppés par un barrage matérialisé par deux chevaux de frise installés en chicane. Deux soldats ont discuté avec le chef de convoi. L'un avait une veste camouflée, tous deux avec chapeau de brousse et pataugas sans élastiques aux bas de pantalons. Un seul détail m'a permis de savoir qu'il s'agissait de chasseurs: leur chemise bleue. En fait j'étais arrivé sur mon lieu d'affectation: Souk El Tleta. A gauche nous avions une mini falaise qui cachait une plate-forme sur laquelle étaient dissimulé un élément d'appui composé d'un FM, un tireur d'élite, un FLG et quelques GV. Sur la droite un thalweg avec un oued presque à sec et, légèrement au-dessus, Souk El Tleta, le poste militaire. Je venais de découvrir la mission essentielle du poste: le contrôle et l'identification des véhicules circulant entre Dra Rl Mizan et Alger.

Nota: j'ai essayé de retrouver ce lieu sur Google Earth et, à ma grande surprise, j'ai pu constater qu'un lac artificiel avait pris sa place.


(A suivre)
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MessageSujet: Re: Premières armes   Ven 16 Mar 2018 - 9:11

Merci!!!

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MessageSujet: Re: Premières armes   Ven 16 Mar 2018 - 18:02

LE POSTE DE SOUK EL TLETA.

C'était une placette avec :
           - du côté gauche une petite bâtisse en terre battue à un étage (il faut plus s'imaginer une cabane qu'une construction). A l'intérieur une chambrée d'une quinzaine de Chasseurs et à l'étage une mini-pièce PC genre grenier pour l'Adjudant-Chef commandant du Poste et une deuxième mini-piéce pour l'Adjoint, en l'occurence moi-même. A ne pas oublier un mini abri pour stocker les boissons/ bière et orangina dites "couilles";
           - du côté droit une bâtisse également en terre battue sans étage : les cuisines, même si le terme surdimensionne l'installation qui ressemblait plus à une tanière.
           - tout de suite à l'entrée, à droite, une toiture sur quatre piliers en bois : le réfectoire.

Comme toujours, plusieurs rangées de barbelés dits "concertina" entouraient le poste pour assurer la défense passive.

Maintenant que le décors est planté, abordons l'aspect humain :
L'Adjudant-Chef, autorité naturelle donnée par l'expérience, m'a reçu comme un jeunot qui ne connaissait rien et il n'avait pas tort, mais il ne m'a donné aucun conseil de formation et je l'ai senti un peu (beaucoup) blasé. J'ai été obligé de m'adapter moi-même au groupe et ce ne fut pas facile, car je devais commander des rappelés qui étaient bien plus âgés que moi (j'ai eu mes 20 ans ici) et qui avaient participé à des opérations. Suite au "Cessez-le-feu" il y avait un certain climat de relâchement et de décontraction. A noter une grosse lacune à mon Ecole de formation : Aucune mise en situation avec des Appelés. Sans panique et sans vouloir révolutionner quoique ce soit, je me suis introduit progressivement dans le groupe et c'est ainsi que tout s'est passé pendant deux mois. Cette situation n'est pas facile car il faut concilier la chèvre et le chou. Dans un petit groupe enfermé dans un petit territoire un problème de cohabitation deviendrait vite ingérable.
Le recrutement était en majorité Savoyard et Dauphinois. Nous avions également des petits gradés FSNA (Français de souche nord-africaine) dont un qui m'a raconté la mort du Sous-Lieutenant François d'Orléans au combat.C'était un Caporal-Chef qui avait les cicatrices d'impacts de balles de PM en travers de la poitrine, preuve de son action au combat.

LA LOGISTIQUE :

Le dénuement le plus total:

         -  Pas d'eau potable à part une citerne 1000 litres. Le plus souvent l'eau de l'oued avec des cachets. Nous avions découvert un puits, mais une analyse a prouvé que son eau n'était pas potable.
         -  Pas de réfrigérateur, celui qui était là, au pétrole (don de l'Action Sociale des Armées), n'a jamais fonctionné. Le ravitaillement avait lieu une fois par semaine et la viande ne pouvait pas être conservée. Nous la mangions les premiers jours, à la fin les cuistots refusaient de la manger car les asticots étaient déjà là. Nous avons essayé la conservation sous des sacs de sable mouillés, mais rien n'y faisait. Nos boissons bière et oranginas n'étaient jamais fraîches. C'est ainsi qu'un abus d'oranginas provoquait la courante.
          - Pas d'électricité, tout éclairage était à la bougie. (On peut s'imaginer les tours de quart de nuit éclairés par la bougie.)
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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Ven 16 Mar 2018 - 18:36

LES MISSIONS :

  - Contrôles de circulation sans en connaître vraiment l'utilité. Nos contrôles étaient doublés, un peu plus bas, par ceux de l'ALN. Un jour j'ai arrêté un officier en civil qui rejoignait Dra El Mizan. Il m'a manifesté son mécontentement en haussant le ton, je lui ai fait comprendre (comme s'il ne le savait pas) que j'accomplissais ma mission et que s'il n'était pas contant je pouvais lui faire rencontrer le Chef de Poste. Il faut dire que la période du cessez-le-feu créait un climat vraiment tendu et bizarre au sein de l'Armée. Nous étions en plein dans la période du déshonneur et du flottement. Nous n'avions plus de raison d'être en Algérie.
Ma plus grande surprise lors des contrôles a été d'arrêter un véhicule léger venant de Dra El Mizan et se dirigeant vers Alger. Il s'agissait de quatre ou cinq Officiers de la Wilaya III qui se rendaient à une réunion à Rocher Noir près d'Alger. Il n'y a eu aucune agressivité de leur part, bien que je les tenais en joue. Bien au contraire, ils m'ont présenté leurs papiers avec un air narquois, comme l'on dit : "ils se foutaient de ma gueule". Ce fut la première humiliation que je ressentais. J'avais noté leurs noms pour rendre compte à qui de droits. Je n'ai jamais eu la suite réservée à mon compte rendu, mais j'ai eu l'impression d'avoir commis un excès de zèle.. Peut-être que leur réaction aurait pu être autre et j'ai préféré ne pas y penser.
Côté comique je vois encore la frayeur sur le visage d'un conducteur de camionnette chargée de moutons qui avait beaucoup de mal, suite à un problème de freins, à arrêter son véhicule avant le barrage

- Les patrouilles alentour et à destination d'une S.A.S. située à quelques kilomètres et non visible à partir du Poste.

- Installer une ligne téléphonique avec cette même S.A.S., missions qui n'a jamais été terminée.


  (A suivre)
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MessageSujet: Re: Premières armes   Ven 16 Mar 2018 - 19:04

Dans cette fin de situation grotesque, tu avais du réfléchir à pas mal de chose, qui aurait pu arriver !   mais comme tu dis , à 20 ans quand tu n'a pas l'expérience d'une situation ambigu ?? quoi faire , sinon subir !! J'ai eu à avoir régler des situations ou l'action était immédiate ou mortel !!

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MessageSujet: Re: Premières armes   Ven 16 Mar 2018 - 20:10

Bonjour bretirouge, 

C'est presque ça mais pas tout à fait : Sur le moment je n'avais pas à réfléchir, je contrôlais sans état d'âme, comme ma mission le voulait et comme je le faisais habituellement. J'avais la main comme l'on dit alors que  les passagers étaient tenus en respect dans l'habitacle et le doigt sur la détente, quoiqu'il advienne, j'étais prêt à ouvrir le feu. N'oublions pas que nous étions deux sur la route.
Mais c'est après qu'est venu le temps de la réflexion : Comme dans toute action militaire on aurait pu y laisser des plumes suivant les imprévus du déroulement, c'est pour cela que je préférais ne pas y penser. Mais là aussi, aucune consigne n'avait été donnée en cas de rencontre avec des Officiers FLN c'est ainsi que j'ai pensé avoir fait un excès de zêle.
Les missions étaient vagues et j'ai l'impression  que les Etat-Majors étaient en sommeil. Je sais qu'après le "cessez-le-feu" la Légion a eu des problèmes à certains barrages de l'ALN. Il y a eu beaucoup de frictions qui n'ont pas fait la une.
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MessageSujet: Re: Premières armes   Sam 17 Mar 2018 - 18:42

LA VIE A L'INTERIEUR DU POSTE :

D'une monotonie sans pareil. Il n'y avait  pas de climat d'insécurité dans la journée, les activités étaient standard, comme toute collectivité, genre entretien de l'armement, mais il faut l'avouer, lorsqu'il n'y a qu'une quinzaine d'hommes sans gros matériel, les activités sont presque nulles pour laisser place à l'ennui. Quant à l'instruction, dans ce cadre là on en a vite fait le tour. Chaque nuit la garde était assurée par une ou deux sentinelles. Chaque gradé avait systématiquement deux heures de quart, avec un décalage de deux heures chaque nuit pour éviter la monotonie.
- L'oued pas tout-à-fait à sec permettait une baignade par plaisir, mais surtout par souci d'hygiène. Plus en amont et bien à l'écart, quelques kabyles se baignaient à leur manière.
-Avant chaque repas du midi nous prenions un comprimé de "nivaquine" pour éviter le paludisme.
-Pour recharger nos briquets, nous retournions une bouteille de gaz afin d'obtnir du gaz liquide que nous versions dans un couvercle de boîte de cirage. Puis nous versions une certaine quantité du liquide dans le réservoir du briquet que nous refermions une fois plein. Evidemment nous pouvions constater un certain gonflement de ce même briquet. Et pourtant, nous n'avons jamais eu d'accident, il fallait seulement veiller à ce que personne n'arrive avec la cigarette au bec.
-Devant notre grande consommation de café, j'ai voulu faire une réserve de café moulu. Malheureusement le mini stock est vite devenu moisi.

FAITS MARQUANTS :

- Un jour, alors que j'avais fait approvisionner les armes avant la sortie du poste, mon tireur d'élite, n'ayant pas mis la sûreté à son 49/56 à lunette, a fait partir un coup accidentellement en mettant l'arme à la bretelle. Inadmissible aujourd'hui, il s'est agi là d'un incident dû à la routine, mais il faut savoir que chacun avait son arme en permanence avec les munitions et il n'y avait pas les armes séparées d'un côté sur un ratelier ou à l'armurerie et les munitions de l'autre. Il faut noter que pendant la guerre d'Algérie relativement nombreus ont été les accidents mortels dûs à un départ de coup par inadvertance surtout avec les PM49 et les PA. D'ailleurs, en un autre lieu, en passant devant une fenêtre, un Adjudant a failli être touché par un départ de coup accidentel en provenance d'un PA en cours de nettoyage.
- Suite à des pluies torrentielles, le petit oued presque à sec est devenu un torrent qui ne pouvait être franchi (malgré des essais dangereux et vite abandonnés) étant donné sa largeur et la force du courant. Après quelques tentatives risquées et infructueuses, notre ravitaillement hebdomadaire fut reporté.
- Une fin de matinée un avion T6 a surgi du fond du thalweg en rase-mottes. Ce fut une attraction inattendue et, sur la fréquence "air", la communication fut établie avec l'équipage pour lui demander de faire un nouveau passage. Il fit demi-tour et fit un nouveau passage avec la verrière ouverte et le navigateur-observateur mous salua en levant le bras. Lorsque l'on est en ambiance d'ennui il s'agit là d'un événement qui nous a sorti de notre torpeur. A ce moment j'ai pu comparer la différence d'interprétation du temps entre l'Armée de Terre et l'Aviation: Nous dans une mission qui s'éternisait et dans un inconfort déplorable, eux de retour, après quelques minutes de vol, dans une structure en dur et confortable.
- Un matin, au lever du jour, nous avons découvert un Algérien près de nos barbelés. Il avait la tête ensanglantée comme un boxeur (du type compeur à gaz). Il nous a déclaré avoir été enlevé, je ne sais plus en quel lieu, puis avoir été battu. J'ai imaginé qu'il avait déserté pour rejoindre son village mais que l'accueil s'était mal passé. Mais peu importe mon interprétation, il s'agissait là d'un témoignage concrêt du sort réservé aux musulmans qui avaient soutenu la cause française? Nous ne l'avons pas gardé longtemps dans le poste, il a été évacué vers le PC du Bataillon.
Quelques jours après, ce fut le même scénario pour un deuxième Algérien blessé à l'identique.
- Une seule fois j'ai présenté un piquet d'honneur en tenue de tradition à une autorité (je ne sais plus laquelle).
- Fin Mai nous avons eu une inspection de l'armement par le Service du Matériel (qui fut très rapide). De nombreux PM 49 avaient le canon "gonflé" (anomalie dûe à une mauvaise munition : suite à une mauvaise qualité de poudre une balle restait dans le canon, l'obstruant, alors que la balle suivante produisait une forte compression dans le canon. A l'époque le système "D" avait conduit chaque détenteur d'un PM à fixer un caoutchouc sur le bouton d'armement afin de l'avoir mieux en main. Ce caoutchouc se trouvait à l'origine dans les emballages de cartouches feuillette. Si cela était fonctionnel, ce n'était pas réglementaire et l'ordre de les enlever ne se fit pas attendre.


(A suivre)
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Commandoair40
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MessageSujet: Re: Premières armes   Sam 17 Mar 2018 - 20:13

Bonsoir mon Ancien ,

Merci , avec du retard .

J'attends la suite avec impatience , avec un froid au cœur : Mon Dieu , qu'était déjà devenue notre Armée a cette époque .

Je n'aurais pas aimé être a ta place .

Sad  Sad

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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Lun 19 Mar 2018 - 17:53

FIN D'OCCUPATION DU POSTE.

Début Juin 62, l'ordre de quitter le poste nous fut donné. Nous savions que tout devait être conservé en l'état et qu'il était inutile de procéder à des destructions quelconques, car tout serait facturé à L'Armée Française. Après un court déplacement en GMC, nous nous sommes installés au coeur d'un village, dans une habitation cossue, mais sans connaître la suite qui allait se dérouler rapidement en pleine nuit.
Vers minuit rassemblement de tout le monde dans une grande salle afin de recomplèter les munitions. Chacun, sur parole, annonçait la quantité qui lui était nécessaire, préparation des paquetages pour un départ à durée indéterminée, mais rien sur le détail de la mission imminente. Tout était du genre "ordres en cours de mission". La section fut réorganisée avec un nouveau chef de section du grade de Sergent-Chef. Notre Adjudant-Chef allait disparaître du circuit, et pour cause, la mission qui nous attendait n'avait rien de glorifiant: être en protection des Gendarmes Mobiles qui se faisaient harceler par l'O.A.S. à Alger. Les anciens ne voulaient pas cautionner une telle mission alors que tous étaient pro O.A.S.. Je précise, ici, que le Commandement savait que l'O.A.S. ne s'attaquaient pas aux soldats du contingent, d'où cette mission de protection, une sorte de "bouclier". La tenue était la tenue de combat en treillis et brelages cuir, béret et rangers (pas les knickers). Les rangers étaient d'anciens godillots à clous dont la semelle avait été caoutchouté et une sorte de guêtre de cuir rapportée. Chaque arme était reliée à l'homme par une chaînette assez longue pour ne pas entraver le maniement de celle-ci. Cette mesure de précaution faisait suite à des constatations de vols d'armes lors des manifestations.
Au lever du jour nous avons eu rendez-vous à un carrefour de routes pour embarquement dans deux GMC du G.T. 516. Comme adjoint j'étais dans la caisse du deuxième véhicule avec mes hommes. Nous étions dans un convoi avec deux autres sections fournies par d'autres compagnies du 7° BCA ou d'aures BCA, je ne me souviens plus car pendant cette mission nous n'avons pas travaillé ensemble. En entrant à Alger, alors que nous étions arrêtés à un feu rouge, une dame "Pied Noir" nous a adressé quelques paroles pour nous faire part de sa joie de voir arriver les Chasseurs Alpins. Sans doute espérait-elle encore un revirement de situation, et pourtant . . . . Nous venions simplement relever un régiment Colo à qui il était reproché de fouiller uniquement les véhicules des musulmans pour lutter contre les attentats O.A.S.. En ce qui nous concerne, nous n'avions à assurer qu'une mission de protection des forces de l'ordre et non une mission de combat contre l'O.A.S.. Cette précision est très importante afin d'éviter tout amalgame.
C'est ainsi que nous sommes arrivés au point de bivouac, notre cantonnement : Le Jardin Marengo situé entre la Casbah et Bab el Oued.

       (A suivre)
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Commandoair40
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MessageSujet: Re: Premières armes   Lun 19 Mar 2018 - 18:48

Shocked Le Jardin Marengo ,a Bab el Oued .

J'y suis allé , petit, avec mon Papa et mon Tonton François .

Lui l'Enfant de Bab el Oued , le plus Français que les Français comme il disait .

Lui , qui est parti d'Alger jusqu'aux fins fonds de l'Allemagne pour défendre son pays .

Mon Tonton François , sera lâchement assassiné par les Gendarmes Mobiles .

Ces Gendarmes plein de haine pour les "Pieds-Noirs" et aux Ordres du Gouvernement .

Ces Gendarmes qui ont pactisé avec le FLN .



J'ignorais que nos "Soldats" devaient servir de bouclier a ces "Pourritures"

peter un cable peter un cable

Milles excuses mon Ancien38 , je sème un little la zizanie dans ton superbe article    .

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 20 Mar 2018 - 18:11

Bonjour Commandoair40,

Je te remercie d'intervenir dans mon récit car cela me fait plaisir d'être accompagné dans ce voyage dans le passé en temps réel. Profitons de ma mémoire pour sortir des sentiers battus que représentent les bouquins où chaque auteur veut exprimer l'histoire avec sa sensibilité. Ici, je raconte ce que je vois, à la façon d'un touriste, l'essentiel à retenir vient de l'observation et chacun peut en retenir ce qu'il veut.

LE JARDIN MARENGO:

Il était situé en zone très inclinée et nos tentes 56 étaient situées sur une terrasse dans la partie basse avec vue sur des terrasses de toits et la mer. Il était très arboré avec ce que je pense être des pins parasols. Côté Ouest et sud il était contourné par la rampe valée qui montait en direction de la Casbah. C'était un lieu de bivouac idéal et nous ne devions pas être les premiers à nous installer ici. Il était dominé à quelques centaines de mètres, au sud, par une grande façade de bâtiment avec, il me semble, une croix rouge, et pourtant, c'était bien la Casbah. Dans le tour d'horizon il faut rajouter notre cuisine roulante côté Est et le poste de sécurité qui était côté rampe Valée. Je ne me souviens plus de sa nature de construction.
Après notre installation nous avons reçu l'organisation de notre emploi du temps sur trois jours:
     - 1 jour en mission;
     - 1 jour de servitudes;
     - 1 jour de repos.

Question consignes au sujet des missions, tout est simple (même un peu trop): se mettre à la disposition des Gendarmes Mobiles cantonnés dans le Palais d'Eté, sur les hauteurs d'Alger. Nous n'avions aucune notion de la conduite à tenir en ville, mais nous savions que nous devions évoluer en zone d'insécurité, donc en autoprotection autour du point sensible que représentait le lieu d'opération des Gendarmes.
Nous n'avions pas la peur au ventre car nous n'étions l'objectif de personne: ni du F.L.N., ni de l'O.A.S.. 
Par contre nous n'étions pas à l'abri d'une rafale ou d'une balle perdue, car les armes circulaient et des réglements de comptes entre Algérois n'étaient pas rares.
Le lendemain matin  de notre arrivée nous nous dirigions en direction du Palais d'Eté avec deux GMC pour nous mettre à la disposition des Gendarmes.

Nota: tous les lieux que je cite sont visibles sur Internet.


  (A suivre)
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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 20 Mar 2018 - 18:18

plan général pour situer le Jardin Marengo et le Palais d'Eté.

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Ancien38

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 20 Mar 2018 - 18:23

- plan du Jardin Marengo;
- plan du Palais d'Eté
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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 20 Mar 2018 - 18:51

Nous avons séjourné, vers Bab-el Oued, mais la mémoire des lieux s'est effacé dans mes souvenirs Merci de ta remontée dans le temps !!

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mar 20 Mar 2018 - 19:11

Merci mon Ancien38 ,

Alors faisons du tourisme , toi avec tes yeux de 20 ans et moi avec les miens , ceux de mon adolescence.

Gus , en cherchant bien , tu dois certainement connaitre des lieux du coin de ce Jardin .

Quelques photos :







Clind'oeil  

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MessageSujet: Re: Premières armes   Mer 21 Mar 2018 - 18:44

LE PALAIS D'ETE :

Après avoir traversé la partie basse de la ville nous avons pris un peu de hauteur pour arriver au Palais d'Eté : Il fallait passer un portail pour pénétrer à l'intérieur de la résidence, sur une large placette en dur recouverte de gravier qui servait de parking à véhicules. Sur la droite nous avions un deuxième niveau avec quelques palmiers et une fontaine. Le Palais était là avec son style oriental, une large entrée couverte où nous allions passer beaucoup de temps. A l'intérieur un grand hall également de style oriental avec carrelage, mosaïque et boiseries sculptées, des arcades, etc . . . . En ressortant on avait une vue superbe sur Alger la blanche.
La prise de contact a donc eu lieu avec les Gendarmes Mobiles. C'était la première fois que je les voyais du haut de mes 20 ans. C'était un Escadron, une troupe composée de Gendarmes assez anciens (quadragénaires) ou alors le fait d'avoir le moral à zéro les vieillissait fortement. Ils venaient de perdre quelques camarades dans une embuscade tendue par l'O.A.S. la veille.
Voici le mode opératoire de l'O.A.S. :
     Un mortier (certainement de 60) était monté sur une camionnette. A partir de celle-ci, à bonne distance du Palais, ils avaient préréglé un tir le plus précis possible (et ce n'est pas facile avec une arme à tir courbe). En une seule fois, à cadence rapide, ils mettaient plusieurs obus sur la trajectoire et décampaient immédiatement. Avec leur half-track les gendarmes intervenaient dans la zone probable et ainsi, tombaient dans une embuscade bien préparée.
Notre séjour n'allait pas être très chargé en missions, mais il allait se concrétiser par des moments d'attente interminables. Nos horaires de présence étaient de 07h à 19h. La fatigue nerveuse était toujours là. Nos repas étaient les boîtes de rations individuelles.
Dès le premier jour nous avons été mis en place à un carrefour, à un endroit dégagé que je suis incapable de localiser aujourd'hui parceque je n'avais pas de carte. (J'ai oublié de le préciser également, nous n'avions pas de moyens radio). Une manifestation était en cours de formation devant nous, au loin, à environ 300m. Les gendarmes s'étaient portés au devant des manifestants pour essayer de les calmer. Pendant ce temps là nous n'avons reçu aucune consigne, autrement dit, si tout avait tourné au vinaigre, cela aurait été la place à l'improvisation. (Si la section de Tirailleurs  de la rue d'Isly n'avait pas reçu plus de consignes que nous, il ne faut s'étonner de rien).
Finalement et heureusement, nous n'avons pas eu à intervenir.
Au cours d'une sortie nous avons stationné brievement dans une caserne. Là, j'ai vu une file d'européens en attente. Je n'ai pas su de qui et de quoi il s'agissait, mais je pense que ces personnes avaient été arrêtées, souvent sur dénonciation, en effet, toutes les interventions dans les immeubles se faisaient sur renseignements.


    (A suivre)
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MessageSujet: Re: Premières armes   Mer 21 Mar 2018 - 20:07

Que d'Honneurs pour ces GM  peter un cable

Le "Palais d’Été" , ce n'est pas rien , quel luxe pour ces "Branlos" et pour la bouffe , c'était certainement mieux que celle des p'tits gars du BCA .

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