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 Le Portugal durant la Seconde Guerre Mondiale

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bretirouge
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MessageSujet: Le Portugal durant la Seconde Guerre Mondiale   Ven 22 Sep - 14:52

[size=32]La neutralité [/size]Portugaise durant la Seconde Guerre Mondiale  ou de l’influence des Azores sur la diplomatie et l’aviation militaire portugaise
 
Texte de Carlos De Brito
  
Au Portugal Commandait SALAZAR
Au Portugal dés la révolution du 28 mai 1926  l’homme fort de pays se nommait SALAZAR et il régnait sans partage. Les sympathies de  Oliveira Salazar allaient vers le "Duce " Mussolini -Oliveira Salazar possédait son portrait posé sur son bureau personnel- et vers le nouvel ordre Nazi. Salazar, ardent défenseur des valeurs anti-démocratiques avait appuyé les nationalistes de  Francisco Franco durant la guerre civile espagnole.
Dés le début de la seconde guerre mondiale Salazar avait constitué la Jeunesse Portugaise (Mocidade Portuguesa) et la Légion portugaise (legiao Portuguesa). Ces deux organisations paramilitaires  étaient structurées sur leurs modèles Nazi et fascistes.Mais Salazar était un pragmatique et redoutait les visées expansionnistes des Nazis sur leurs anciens territoires coloniaux, Salazar passa un traité avec les britanniques afin d’assurer la défense des territoires outremer portugais.
 
Le premier Junkers Ju.86K-7 livré au Portugal, immatriculé D-ABUC vu à Dessau en Allemagne - Doc Mais Alto
Les Junkers Ju.86K-7  restèrent en service au Portugal jusqu'en 1951 - Doc Mais Alto
Contradictions militaires et diplomatiques anglaises
Salazar avait sollicité avant guerre du matériel aux anglais en vain, ceux-ci refusèrent devant la possibilité que ce matériel soit détourné vers l’ Espagne -en pleine guerre civile– des pilotes militaires portugais combattaient dans la Légion Condor ou effectuaient en tant qu’observateurs des missions de guerre sur des Caproni ou des Junkers sur les fronts de la guerre civile espagnole.
Le Portugal se tourna tout naturellement vers l’Allemagne et l’Italie. Pendant que l’ Allemagne vendait des Junkers 52 et Ju-86 et qu’un pilote portugais Costa Macedo faisait des essais sur le Messerschmitt Me-109C en 1938 en vue de son acquisition,les italiens vendaient les Breda Ba.65 et promettaient la disponibilité des nouveaux chasseurs Fiat G-50 au Portugal.
 
Un Junkers JU.52/3m  portugais décolle depuis la Base Aérienne de Sintra. – Doc : Mais Alto
Le Foreign Office réagit finalement en pressant le Portugal d’activer l’achat de Gloster Gladiator G-5 qui arrivèrent  fin 1938 au Portugal et dont la mission anglaise -elle-même- considérait comme dépassés pendant que le Foreign Office déclarait: "comme particulièrement adapté aux nécessités de la défense aérienne".
Portugal et Espagne
Après les victoires des nazis sur le front occidental, l’Espagne et le Portugal pouvaient devenir les prochains objectifs : le Portugal avec sa façade atlantique et ses îles stratégiques comme les Açores et l’Espagne entourant le rocher de Gibraltar anglais verrouillant la méditerranée. Afin d’éviter une quelconque intervention des belligérants, le Portugal et l’Espagne signèrent le Pacte Ibérique.
 
Breda Ba.65 en service au sein de la Regia Aeronautica italienne. - Doc : FAP
Ce Pacte Ibérique –un pacte de non agression- avait pour buts de protéger et respecter les frontières mutuelles du Portugal et de l’Espagne,  de n’aider aucun  belligérant à violer le territoire de l’autre pays, de ne passer quelque pacte sans l’accord de l’autre pays. Ainsi les neutralités portugaises et espagnoles était liées. Les diplomates des deux pays s’efforcèrent et réussirent à maintenir ce Pacte Ibérique durant la  guerre, malgré les volontés expansionnistes des espagnols sur les territoires français d’Afrique du Nord et la volonté d’établir un nouvel ordre européen et les changements politiques de Salazar. Francisco Franco mit fin en 1942 aux volontés expansionnistes de son entourage proche en nommant un nouveau ministre des affaires étrangères : Francisco Gomez Jordana Y Sousa, proche des alliés et qui de surcroît n’avait jamais cru à la victoire des forces de l’Axe.
 
Les 15 Gloster Gladiator II sous couleurs portugaises en instance de livraison en Grande Bretagne, ces avions furent livrés au Portugal en remplacement de Spitfire Mk.I et constituèrent l'ossature de la défense aérienne du Portugal neutre durant les premières années de la seconde guerre mondiale  – Doc : Mais Alto
  
Photographies officielles du Gloster Gladiator G5 portugais durant les essais de réception en Grande Bretagne. - Doc : RAF
En fait le Gouvernement portugais joua durant toute la guerre un double jeu  en s’alignant sur les britanniques tout en maintenant leurs sympathies vers Rome et Berlin. Salazar bien conscient des enjeux géopolitiques des 2 parties : Axe et alliées,  préférait se référer non à une véritable neutralité mais à une "annulation réciproque " des forces belliqueuses en présence.
Le Portugal terre d’Exil
Dés mai 1940, Lisbonne devint une plaque tournante pour de nombreux exilés avec l’unique port d’Europe ouvert vers  les USA et les pays nord Américains. Ainsi au moins 100 000 juifs de toute nationalité fuirent.
A noter que Salazar démit de ses fonctions l’ambassadeur du Portugal à Bordeaux Aristides Sousa Mendes qui délivra de nombreux visas , celui-ci mourut dans une complète misère en 1954, Israël l’ ayant en 1967 reconnut comme "juste" malgré cela,  il ne fut réhabilité au Portugal qu’en 1998.
 
le Stampe SV4 N° 370 Matricule civil OO-APR, l’équipage constitué par Célestin Guiamme Désiré Verbraeck et Henri Mathieu George Reuter. Cet appareil et son équipage partirent de Moissac effectuèrent une dernière escale à Dax et atterrirent le 20 Juin 1940 au Portugal. Les deux aviateurs militaires trouvèrent la mort en combat au sein des forces alliées en Lybie. – Doc : Mais Alto
Lisbonne Capitale de l’espionnage
Lisbonne devint la Casablanca de l’Europe, de nombreux policiers portugais effectuèrent des stages en Allemagne et la police portugaise fut refondue suivant les enseignements de la mission italienne de police. Mais de manière générale la police locale se maintient dans une position neutre. Ainsi l’ Avenida Palace Hotel devint le siége des espions allemands et  les Hôtels Aviz et Palace Hotel Estoril, Metrople e Europa devint des lieux surs pour les alliés.
Il est de notoriété que l’Abwehr  de l’ Amiral Canaris prit contact avec les alliées, surtout à partir de 1941, essayant de négocier une paix séparée et remettant divers documents sur les essais de fusées effectués à Peenemunde.
Evolution de la Neutralité Portugaise
Salazar prétendit instaurer une neutralité équidistante entre les deux blocs. Ainsi le Portugal se montra défavorable au  blocus de l’Angleterre en vertu de traités anciens. L’appui des USA et de l’Angleterre à l’URSS fit naître un profond malaise dans un Portugal religieux et anticommuniste. Aussi le Portugal vendit son Volfram –matière première hautement stratégique- aux allemands jusqu’en 1944.
 
Le ANF Les Mureaux 115,  interné en Juin 1940, est visible sur le tarmac  de la BA 2 au Portugal en 1944, son destin est inconnu- Doc Mais Alto via Mario Canongia Lopes
 
 
 
Si le Portugal n’a jamais été envahi par Hitler ce n’est pas faute de l’avoir prévu et même planifié.Hitler avait prévu un débarquement sur les Açores et peut être sur les Canaries en total désaccord avec Franco,dés le mois d’ octobre 1941, date prévue de la fin de la campagne de Russie, les Açores devenant un point d’appui afin d’attaquer les USA.Salazar avait prévu cette possibilité, tout en sachant que les forces armées portugaises comportaient de nombreux éléments favorables aux idées de Hitler. Des plans avaient été établi afin de détruire des objectifs stratégiques sur le territoire portugais et l’exil du gouvernement aux Açores en cas d’invasion allemande ou alliée . Pour preuves de ces éventualités : les fameux plans Félix et Isabella définis lors de la rencontre Franco et Hitler.
En 1941 Salazar avait analysée une attaque allemande suivant le schéma suivant : 3 divisions allemandes et 250 avions auxquels pouvaient s’ajouter 150 à 200 avions espagnols, l’attaque devant partir du Sud de la France. L’attaque des forces devait suivre les traces des campagnes napoléoniennes. Le Portugal pouvait mettre 5 divisions et escomptait sur 3 divisions extérieures (anglaises) et concluait que le Portugal  était dans des conditions de se défendre efficacement en cas d’attaque !
 
Caudron Simoun C.630 c/n 7017, interné au Portugal il fut vendu à un avocat le Dr. Crespo de Carvalho, il est visible actuellement au Musée de l' Air et de l' Espace du Bourget - Doc Mais Alto
Du coté allié, Roosevelt avait annoncé publiquement : " l’importance fondamentale des îles atlantiques portugaises et devant le danger que l’Allemagne en prenne possession qu’il était stupide d’attendre qu’un ennemi probable puisse attaquer  les USA depuis celles-ci ".
La demande du Portugal afin d’acquérir 15 Spitfire fut planifié en 6 éme position par le Foreign Office – après la France, la Belgique, l’Estonie, la Turquie et la Roumanie.
Le début des hostilités mit fin à cette demande. Il est étonnant de voir que si certains aviateurs portugais fréquentaient les bases de la Luftwaffe – Dessau- certains suivaient en même temps les cours au sein du Central Flying School –RAF- et d’autres intégraient le 53° stormo de la Reggia Aeronautica – à Casselli-. Durant le mois d’ Août 1940 de nombreuses troupes  métropolitaines embarquèrent afin de renforcer le dispositif défensif dans les îles et les territoires d’outremer … sous une couverture médiatique importante mais sans couverture aérienne ce dont les journaux et radio ne pipèrent mot !
 
Gloster Gladiator au-dessus des Azores. – Doc : Mais Alto
Salazar conclut que la résistance était vaine sur le continent et renforça la défense des Açores.
Le changement d’attitude se concrétisa lors de la signature accordant l’utilisation des Açores par les forces alliées pour leur lutte anti-sous-marine en Août 1943. Pacte qui fut effectif en Octobre de cette même année et isola l’Espagne sur le plan international, un isolement qui dura bien longtemps après la fin de la guerre.
Portugal un  Etat de Guerre  dans un pays neutre
L’aviation militaire ou Aeronautica  militar –les forces aériennes portugaises dépendaient de l’ Armée de Terre, elle n’obtint l’indépendance qu’en 1952- fut organisée non en unités aériennes  mais regroupées sous le commandement des Bases aériennes, ainsi chaque base aérienne disposait de groupes indépendants qui pouvaient être constitués d’unités de chasse, de bombardement ou de reconnaissance. La capitale du Pays: Lisbonne disposait d’un Camp Base doté d’une unité de chasse sur l’aéroport international Portela de Sacavem. Les appareils de première ligne étaient des Junkers  Ju52 – bombardier de nuit- et de Junkers Ju86 – Bombardier de jour -, des Gloster Gladiator – chasse -  et de Breda Ba.65 bis – avions d’attaque au sol -.
 
Le Gloster Gladiator constituait la seule défense aérienne du Portugal neutre ... au début de la seconde guerre mondiale,  mais que pouvait faire cet appareil contre les avions modernes des alliés ou de l' Axe ? – Doc : Mais Alto
Une visite anodine ? Quoique...
Le 7 mars 1941 eut lieu  à Londres une rencontre entre une mission militaire  portugaise  et  une délégation britannique conduite par le Lieutenant Colonel FENTON sur les moyens de défense aérienne du Portugal. Les anglais se montrèrent très intéressés par le dispositif défensif des Açores et  l’éventualité d’une aide à moderniser ce dispositif, les anglais montrèrent une base aérienne à Northon Weald à la mission militaire portugaise qui en fut enthousiasmée. Les conclusions de ces visites et autres réunions se concrétisèrent par la construction d’un aérodrome nommé BRACKEN (nom de code des Açores "et dont la piste pouvait recevoir des avions de reconnaissance à long rayon d’action" – il n’était pas question d’opération offensive -. Le Foreign Office insista auprès de Churchill  en déclarant : "les îles portugaises sont vitales pour la bataille de l’Atlantique !" Churchill ne se fit pas prier et s’occupa personnellement du sujet en proposant le rééquipement de l’aéronautique militaire portugaise.
 
Breda Ba.65 N°555 sur la Base Aérienne 1 de Sintra en 1940 – Doc : Mais Alto
C’est ainsi que les Anglais fournirent au Portugal des moyens aériens adaptés non au Portugal mais suivant leur doctrine,faisant ainsi du Portugal un pays neutre favorable à leur cause.
Les Gladiator furent fournis car "ils sont capable de détruire les bombardiers en piqué allemands" Les Mohawks "  sont modernes, excellents et simple à maintenir ". Les décisions de l’Angleterre n’étonnèrent pas Salazar qui déclara : "l’Alliance est défensive mais ce qui est en jeu ce ne sont pas les intérêts portugais mais plutôt anglais".
Premières Livraisons
En Août et Octobre 1941, 15 Curtiss MohawK –12 Curtiss Hawk 75A-4 venaient d’une commande française abandonnée pour cause d’armistice- furent livrés en vol et seuls 11 MohawK entrèrent en service, les avions ayant été corrodés par l’eau de mer durant leur transit. Le 10 Octobre 1941 arrivèrent les premiers Miles Master III  a Portugal qui servirent jusqu’en 1947.
 
Un Curtiss Mohawk de la SAAF, Les Curtiss Mohawk portugais venaient d'une commande française annulée pour cause d'armistice - Doc : RAF 
3 Curtiss Mohawk de l’esquadrilha XY de la Base Aérienne 2 se préparent pour un vold’entraînement– Doc : Mais Alto 
 Curtiss Mohawk de l’esquadrilha XY. – Doc : Mais Alto
Timor : l’honneur perdu
En Décembre 1941 Timor –territoire portugais- est occupé par une force de 350  hommes de troupe australiens et hollandais. Salazar se dispose à envoyer un contingent équivalent dés Janvier 1942 afin de clore l’incident sans autre conséquence.
Le 19 février 1942 les japonais  "se voient dans l’obligation d’expulser " -en langage diplomatique-les forces alliées du territoire portugais, sachant que les japonais encerclaient la concession portugaise de Macao en Chine, l’armée portugaise n’interviendra pas et ce constat d’échec restera un objet d’amertume pour le peuple portugais –
Ce déshonneur que portera le peuple portugais sera amplifiée par l’annexion par l’Indonésie de ce territoire en 1975, d’où l’insistance de tous les gouvernants portugais et le point d’honneur que mettra le Portugal à aider ce peuple de langue lusophone à obtenir sa libération et à l’accompagner sur le chemin de la liberté durement acquise-.
Ce ne sera que le 17 Août 1945 que l’ambassadeur japonais en place à Lisbonne annoncera que le Japon était disposé à restituer Timor aux portugais, de fait la reddition militaire se fera au commandement allié et la reddition administrative et politique au gouverneur portugais.
 
Un B-26 de l' USAAF bombarde des positions japonaises sur l'île de Timor - Doc USAF
Ceux qui viennent par mer et ceux qui tombent du ciel
L’année 1942 commence par la rencontre de Séville où Franco confirme la non intervention espagnole sur le territoire portugais. Coté militaire, des Junkers Ju52 de bombardement nocturne complètent le dispositif défensif des Açores.
En fait ces avions dont les possibilités militaires pures sont limitées seront utilisés pour leur capacité en tant qu’avions de transport. En même temps –mais est-ce un hasard ?- l’ambassadeur anglais annonce à Salazar : " que durant l’opération TORCH  les territoires portugais ne seraient en aucun cas concernés" et que les deux premiers Spitfires MK.Ia à destination du Portugal sont embarqués dans le S.S. «  baron Forbes ». Le 12 décembre 1942 les 8 autres Spitfires MK.Ia sont embarqués. Les 10 appareils seront opérationnels sur la Base portugaise de Tancos avec de grandes difficultés, ces Spitfires sont des appareils fatigués  par leur utilisation au sein de la RAF et souffraient de surchauffe moteur sur les terrains de la péninsule ibérique.
 
Un Bell P-400 interné au Portugal et encore sous les couleurs de l’ USAAF, le pilote US est visible au premier rang avec son blouson de vol. – Doc : Mais Alto
Un Bell P-400 du 601 Squadron de la RAF au-desssus de la Grande Bretagne, jugé inadapté aux conditions de guerre en Europe il sera reversé à l' USAAF ou donné en prêt-bail aux soviétiques– Doc : RAF
 Bell P-400 de l’esquadrilha de Caça N° 4 " OK ", Base Aérienne de Ota – Doc : Mais Alto
Le 15 Novembre 1942 apparaît deux Lockheed P-38 lightning qui atterrirent sur l’ aéroport de Portela de Sacavem – aéroport de Lisbonne- le P-38F du second lieutenant Jack Ilfrey réussit -aidée par la confiance d’un aviateur portugais qui lui demande des explications afin de convoyer l’appareil vers un terrain militaire, fait remplir les réservoirs d’essence et laisse le pilote s’installer à bord- à reprendre son envol et se réfugie à Gibraltar où il reçut le lendemain l’ordre de retourner à Lisbonne afin de faire interner son appareil et se rendre aux autorités portugaises, le Colonel Willis – commandant du détachement US à Gibraltar- télégraphia a Washington que dés l’arrivée du P-38F il avait donner ordre au pilote de voler vers l’ Afrique du Nord afin de pendre part aux combats et ne pouvait donc faire exécuter les ordres reçus trop tard ! Jim Harman le pilote du P-38G qui atterrit en même temps que le P-38F de Jack Ilfrey s’envolait fut capturé vigoureusement et mit dans un camp d’internement durant 3 mois puis reçut des vêtements civils par l’ambassade américaine et mis dans un bateau marchand hollandais, Jim Harman fut tué en combat au-dessus de l’ Afrique du Nord . C’est à notre connaissance le seul cas où l’internement d’aviateurs alliés ou de l’Axe fut aussi rude au Portugal.
Du 27 décembre 1942 au 8 Février 1943  17 Bell Airacobra du 81Th et du 350Th Fighter Group  furent obligés d’attérir au Portugal, la version la plus commune était le Bell P-400 ou Airacobra Mk.I de la RAF reversé dans les effectifs de l’ USAAF. Comme pour les Curtiss MohawK reçus par les portugais cette version venait d’une commande française prise en charge par les anglais au sein du 601 Squadron de la RAF pour cause d’armistice !.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L'unique Lightning interné au Portugal, le Lockheed P-38G-1-LO N° 42-12738, code de fuselage OK+T, comme la majorité des avions internés, il porte la mention humoristique sur le nez " Nao faz mal " qui veut dire " celà ne fait pas de mal " -Doc : Mais Alto
Bell P-400 internés, vus sous les couleurs portugaises.– Doc : Mais Alto
Une visite d’officiers espagnols passent en revue les Bell Airacobra, encore en service le 14 Avril 1945. – Doc : Mais Alto
En cas d’internement
Les ordres donnés par la RAF, en cas d’atterrissage au Portugal, aux pilotes anglais étaient de ne pas détruire les appareils à part les documents et matériels secrets, concernant l’ USAAF, les aviateurs furent informés secrètement qu’ils seraient internés mais que dans la pratique ils leur seraient permis de s’échapper.
De manière générale les appareils internés furent achetés ou échangés par le Portugal, l’ USAAF fit une proposition de 20 000 US dollar pour la vente de 16 Airacobra et 1 Lightning, l’offre était sous condition que les aviateurs US internés soient libérés.
 
Le Sergent Wilfred Bunting du 614Th Army Coperation Squadron de la RAF fait "du stop au Portugal en costume civil " après l’internement de son appareil un Blenheim V le 17 Novembre 1942, il sera rapatrié avec le reste de son équipage lors d’un simulacre de fugue par le vol régulier Lisbonne-Londres en Douglas DC-2 et survivra à la guerre. – Doc : Mais Alto
L’équipage du Blenheim V BA829 du 614Th Army Coperation Squadron de la RAF ,  F/O Peter de Wesselow, Sergent Ivor Self et Wilfred Bunting effectue en janvier 1943 en costume civil la visite des murailles de Elvas avec des étudiants portugais. – Doc : Mais Alto
Le 3 Juin 1943, le foreign office confirme que : "le Ministère de l’Air Anglais a offert 12 Lysander, 6 Oxford et 20 Blenheim –dont 3 internés- contre 3 Wellington et 2 Hudson, la délégation américaine a vendu récemment 16 Airacobra et un lightning".
Le 5 Juin 1943 suite à une demande de l’ambassadeur en place au Portugal le Foreign Office fixe les prix de vente des avions et sollicite des informations sur des avions de la RAF et 4 Liberator B-24D de l’ USAAF.
Tout le long de cette année le Foreign Office fournira des informations détaillées sur l’ordre de bataille des forces portugaises et facilitant le Portugal dans ses acquisitions militaires en appareils, pièces détachées et même combustible, glycol etc. au grand désarroi de l’ambassadeur allemand Hoyningen-Heune qui avait perdu son réseau d’informateurs et son réseau d’influence.
 
Le Hawker Hurricane Mk.IIc  VX+P fourni au Portugal par la Grande Bretagne– Doc : Mais Alto  
Un Hawker Hurricane Mk.IIb au Portugal – Doc : Mais Alto 
 Le Hawker Hurricane Mk.IIb  GL+O en mauvaise posture,accidenté lors d’un exercice de tir – Doc : Mais Alto 
Tout le travail du Foreign office préparait le "terrain" afin d’obtenir de Salazar des facilités sur les îles des Açores contrairement à Roosevelt qui maintenait son plan d’invasion militaire des Açores.
Le 12 Octobre 1943, Churchill annonça à la chambre des communes la signature de l’ Azores Agreement qui permettait à la Grande Bretagne l’utilisation de l’aérodrome de Lajes et le port sur l’ile Terceira, le 8 octobre arrivérent sur l’ile les premiers échelons des 206 et 220 Squadron du Costal Command sous protection des Swordfish, seafire et 1 Walrus du porte-avions d’escorte " Fencer ".
Les Sunderland s’amaraient au large du port de Horta. Le 18 Octobre arrivérent les Boeing forteresses volantes Mk.II accompagnés d’un détachement de Hudsons du 233 Squadron basés à Gibraltar.
Certains n'arrivérent pas atteindre la terre ferme préférant les plages portugaises tel ce Bristol Beaufort du Coastal Command -Doc : Mais Alto

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un junkers Ju.52  Portugais est débarqué sur les îles des Azores, on notera le drapeau portugais peint sur les flancs du bateau afin d'éviter toute méprise par des forces belliqueuses - Doc : Carlos GOMES
 Opération Alacrity, les troupes de la RAF débarquent aux Azores le 9 octobre 1943. – Doc : Mais Alto
 L’Aeronautique Militaire
Les forces militaires aériennes portugaises, de première ligne, en Octobre 1943 se composaient à part 4 Ju52, 9 Ju86 et une poignée de Potez XXV d’appareils d’origine anglaise ou américaine soit internés soit fournis directement via le Foreign Office.
Le 6 Janvier 1944, les anglais demandent au Portugal une augmentation des forces aliées au Açores pendant que l’ambassadeur allemand "comprend la présence anglaise sur les iles mais n’aceptera pas la présence des américains (SIC) ". Salazar convoque l’ambassadeur britannique et l’informe qu’il a donné ordre : "aux forces militaires portugaises de combattre les forces américaines si celles-ci débarquent".
Churchill dés le 24 Mars 1944 demande : "que le Portugal n’exporte plus aucun Wolfram vers l’ Allemagne ... " pendant que la guerre diplomatique bat son plein les arrivées d’avions vers l’ aéronautique militaire portugaise continuent avec des Spitfire Mk.V et Hurricane Mk.IIc.
 
  Une partie de l'équipage du Focke Wulf C4 Condor du KG40 , les 7 membres d'équipage furent tués en combat aérien le 9 juillet 1943 par des Spitfire anglais lors d'une attaque d'un convoi maritime au large du Portugal.L'appareil s'écrasa sur les falaises de la commune d' Aljezur. - Doc :  via José Augusto Rodrigues
Dés le 13 Avril 1944, Churchill en prévision de l’opération «  OVERLORD » et d’un éventuel retournement pro axe du Portugal bloque toutes négociations et fournitures à ce pays. Le Wolfram est devenu le centre de discorde entre l’Angleterre et le Portugal, Salazar prend la décision de maintenir fermement l’embargo sur le Wolfram: "afin que ce message de bonne volonté fasse que l’Angleterre atténue les difficultés du Portugal ".
Le débarquement allié du 6 Juin 1944 n’aura que quelques incidences minimes sur le Portugal, on notera quelques sabotages  et quelques frictions entre instructeurs anglais et militaires portugais, mais aussi le décalage entre la victoire des forces démocratiques et la stabilité de l’état totalitaire portugais.
Les USA entrent dans le bal : Timor est en jeu
Les contacts entre les USA et le Portugal furent des plus cahotiques, ainsi le Portugal va insister sur la défense et la conservation des territoires portugais de Macao et Timor et demande quelques cessions d’avions – sans doute des B-17- et 50 véhicules légers -des jeep-
 
 
Les restes d’un Focke Wulf FW 200 Condor, touché aux moteurs par le vaisseau britannique  HMS Imperialist, le  commandant de bord connaissait le Portugal ayant livré un Junkers 52 en Décembre 1936, le lieutenant Siegfried Gall mit le feu à son appareil. – Doc : Mais Alto
Après de nombreuses négociations infructueuses : Salazar déclare : " sans compromis et sans contreparties sur l’utilisation de l’ Ile Santa Maria par les USA contre la récupération de Timor , l’accord restera dans une phase d’impasse et sans accord possible ". le 28 Novembre 1944 , les USA signent un accord entaché par les bombardements "accidentels de Macao" par l’ USAAF.
Hitler réagit en congédiant son ambassadeur,l’accusant  de n’avoir pas pu éviter les l’accords sur le Volfram, les accords des azores et tous les accords  passés entre Portugais et alliés afin de conserver le territoire de Timor en faveur du Portugal.
Les Azores
Le 8 Mai 1945, l’armistice est signé, la guerre est terminée en Europe. Aux Azores les anglais quittent la Base Aérienne N°4 de Santana sur l’ ile Sao Miguel. L’aérodrome Santa Maria est ouvert au trafic aérien civil et le détachement militaire américain vient s y installer Le 2 Juin 1946, la Grande-Bretagne quitte officiellement la Base de Lajes.
 
Un Consolidated B-24D interné. – Doc : Mais Alto
Les USA  n’auront pas  à regreter l’accord luso-américain  célébré le 30 mai 1946, surveillant pendant la guerre froide les mouvements des sous-marins soviétiques,  mais aussi un formidable point d'appui logistique durant la guerre du Yom Kippour, les deux guerres Guerre du Golfe  etc ... 
On Peut s’étonner du désengagement britannique, après tout le travail diplomatique  et la fourniture en matériel militaire afin que le Portugal reste dans une neutralité bienveillante aux intérêts alliés durant toute la guerre. La Grande Bretagne sortait de la guerre en chassant du pouvoir Churchill,sans doute les anglais pensait chasser ainsi les dures années de guerre et ce démon d'homme lucide qui avait dénoncer la construction du  "rideau de fer". Les USA prenaient ainsi le ledearship mondial du monde libre.
En 1949 Portugal rejoignit l’ OTAN en tant membre fondateur et reçut sous contrat MADP des North American Texan. La réorganisation en 1952 de l’Aeronautica Militar – Aviation de l’ Armée de Terre- et l’ Aviaçao Naval – Aéronanale- fusionnérent dans la Force Aérienne Portugaise et même si les avions d’entrainement de base furent des DHC-1 Chipmunk  d'origine anglaise, les avions de combat vinrent des USA : Republic P-47, Republic F-84, Loockeed T-33 etc …
 
Un Consolidated B-24D dans version navalisée de l' USAAF, 6 Liberator furent internés au Portugal, la version navalisée reçut le surnom de "vache" au vu de leur camouflage Olive drab et Insignia white aux bords arrondis. -Doc : Mario Canongia Lopes Coll.
Le Junkers Ju 88G code de fuselage GR+LR N° 621800 atterrit le 2 mai 1945 sur la piste non achevée de Pedras Rubras, piloté par Klaus Moller et Joseph Allram. L’appareil vint directement en vol depuis l’Allemagne. – Doc : Mais Alto
Junkers Ju 188 V63/1 N° 140669 code de fuselage CE+XA atterrit à Portela de Sacavem le 6 Avril 1945, Il décolla d’une piste prés de Munich et se posa après 14 heures de vol grâce à un réservoir d’essence supplémentaire placé dans la soute à bombes. Ce Junkers était un appareil destiné à des expérimentations, son équipage était composé de civils, son commandant de bord possédait la double nationalité allemande/canadienne et ne pouvait, selon ses dires, avoir des activités militaires. Ces éléments furent confirmés par une note écrite de l’ambassade d’Allemagne à Lisbonne exigeant la restitution de l’appareil. – Doc : Mais Alto
Sources consultées :
Livre : Sptifires e Hurricanes em Portugal – Dinalivro – Mario Canongia Lopes
Revue Mais Alto, Avenida da Força Aerea Portuguesa, 2614-506 Amadora, Portugal
Un grand merci à tous mes amis en aviation du Portugal et tout spécialement à Carlos Gomes
 
 
 

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MessageSujet: Re: Le Portugal durant la Seconde Guerre Mondiale   Ven 22 Sep - 16:27



merci Gus ! le marcher du boulot avait sa place !

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Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors ce qui compte, c'est d'avoir le moral !
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