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 Avoir 20 ans dans les djebels

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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 2 Déc - 18:15

Bonjour,

UNE AUTRE  " EDUCATION SENTIMENTALE ".

  A vingt ans, toute une génération reçut en guise d'éducation sentimentale la révélation du mensonge et de la calomnie mais nous ne l'avons pas tous entendue. Nous vivions tellement loin de ce qui agitait ailleurs les esprits. Le djebel était notre planète. C'est là que se fit l'éducation de nos sentiments.
  L'Algérie nous offrit le luxe de regarder plus ou moins la mort en face dans un décor souvent beau et en assez joyeuse compagnie. Nous étions libres comme jamais nous ne le fûmes plus. Oui, libres ! Nous vivions dans un monde où l'argent n'existait pas et les femmes guère plus. Quelle paix pour l'âme !
 -- " Mais, papa, interroge mon fils, quinze ans cette année, A vingt ans, tu ne sortais donc pas ? tu ne t'amusais pas ? "
  Nous " sortions " beaucoup, mais pas comme l'entend mon fils aujourd'hui, et nos petites copines étaient les Mat 49. Nous nous " amusions ", certes, mais par la face aride, plutôt que par le versant mou. Nous " dégagions " aussi, de temps en temps, avec force beuveries, sans respect excessif pour la vaisselle ou le mobilier.
 Je confesse que tout ça ne me déplaisait pas, et je ne devais pas être le seul.
 Voyez Jean-Claude Carrière. A l'époque bidasse parmi les bidasses. Antimilitariste bon teint. Râleur, resquilleur, attentivement débraillé, chauffeur du colonel comme il se doit. Des états de service modestes. Bref, pas vraiment le foudre de guerre. Eh bien que dit-il, trente ans après dans son livre de souvenirs souvent drôles ? Il avoue un besoin irrépressible de parler. Pourquoi ? " Parce que, écrit-il, la guerre permet un regard plus vif, plus dur . . . " Et il ajoute : Burlesques, irréelles ou sanglantes, les images que j'ai gardées de ce temps-là, en Algérie, sont les plus fortes de ma vie. Loin de s'effacer, elles se précisent chaque année, à ma surprise . . ." (La Paix des braves, Le Pré aux Clercs, 1989.)
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bretirouge
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 2 Déc - 19:41

Merci pour cette suite superbement bien décrite !!

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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 4 Déc - 17:38

Bonjour,

LES IMAGES LES PLUS FORTES DE MA VIE.

   Quand j'étais gamin, petit Parisien élevé au gaz d'éclairage et au temps des restrictions, mon père m'avait envoyé " prendre l'air " à la campagne, aux soins d'un vieux couple. Lui, était jardinier. Il bricolait ici et là, entre les plans de carottes et les rangs de bégonias de résidences primaires ou secondaires. Le bonhomme était doux et tendre, même avec ses ennemies les limaces. Devant sa femme, jamais il n'ouvrait la bouche, à croire qu'elle lui avait coupé la langue et peut-être autre chose. Il n'avait même pas droit aux copains, c'est-à-dire au bistrot. J'étais son confident, le seul, je crois, qui eût jamais ouvert l'oreille à sa chanson. Il me racontait le temps lointain qu'il avait été un homme. Cela avait duré quatre années terribles et prodigieuses, de 1914 à 1918. Il était peut-être un peu simple d'esprit, mais son oeil était affûté et son bras ne tremblait pas. Un officier avait repéré les aptitudes du bougre et fait de lui un tireur d'élite, un privilégié. Armé de son Lebel, il cartonnait ceux d'en face avec ardeur et précision, sans haine ni remords. Libre de sa cible et de son temps, exempté de la plupart des corvées, il était devenu un personnage. Il tirait les porteurs de galons et d'épaulettes en feldgrau. Il me cita des chiffres incroyables qui avaient sans doute gonflé dans sa petite tête radoteuse en trente ans de remachouillis solitaires.
 Avec lui, j'ai découvert cette vérité énorme que la vie d'un homme, ce ne sont pas les années misérables qui se traînent du berceau à la tombe, mais quelques rares éclairs fulgurants. Les seuls qui méritent le nom de vie. Ceux que l'on doit à la guerre, l'amour, l'aventure, l'extase mystique ou la création. A lui, la guerre, généreusement, avait accordé quatre ans de vie. Privilège exorbitant au regard de tous les bipèdes mis au tombeau sans jamais avoir vécu.
 Les images les plus fortes de ma vie . . . Jean-Claude Carrière dit-il autre chose ?
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 4 Déc - 18:12

UNE EXPERIENCE A NE PAS MANQUER.

 Trente ans ont passé pour les soldats  d'Algérie. Ils franchissent ces temps-ci, avec plus ou moins de bonheur, la frontière périlleuse de la cinquantaine. L'âge des retours sur soi et des questions sans réponse. Ils sont instituteurs, PDG, employés des postes, chômeurs, agriculteurs, bistrotiers. Réussite brillante ou train-train médiocre, ils sauvent les apparences. Automobile, famille légèrement bancale, petites amies, copains, voyages, ski, golf, tout le saint-frisquin. Et aussi, dans les insomnies et les embouteillages, un vague sentiment de vide et d'angoisse devant cette course folle et obligatoire - vers quoi ? je vous le demande ? Vers toujours plus de phrases creuses, de cheveux coupés en quatre, de gadgets inutiles, de soucis lancinants, d'argent fugueur, de kilomètres de vanité. Est-ce celà la vie ? je les entends qui répondent: " Il faut bien . . . " Peut-être. Et pourtant.
 Et moi je les soupçonne de songer quelquefois à des images plus fortes et plus simples, de songer même, ô sacrilège ! qu'ils étaient heureux du temps des djebels et qu'ils ont eu de la chance.
 A vingt ans, la guerre - une petite guerre - était une expérience à ne pas manquer. Du coin de l'oeil, sans mot dire, ils regardent leurs fils et leurs neveux. Je suis prêt à parier qu'ils les plaignent secrètement de n'avoir pas connu ce mélange d'insouciance et de temps morts si propices à la lecture ou à la flânerie en toute impunité, d'attentes anxieuses et de brèves furies, d'angoisse, de rigolades, de coups de sang, de marches harassantes et parfois de vraie fraternité. Une splendide gratuité et une éducation des sentiments que jamais la vie ordinaire ni les plus belles vacances ne pourront leur donner.

                                                    Dominique Venner.


 (à suivre, quelques petits articles accompagnateurs.)
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 4 Déc - 21:22

Merci Ancien38 ;

Vite la suite cheers

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Sicut-Aquila

   



“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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bretirouge
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 4 Déc - 21:27

L'auteur donne un visage a ses personnages, avec des détours parfois surprenant, un soldat qui est resté au plus profond de lui même dans cette aventure prodigieuse, qu'est la guerre, certains ne supporte pas, avec des séquelles qu'ils trainent derrière eux toute une vie  !!

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 17:02

Bonjour bretirouge,

J'ai toujours été sensible au contenu de ce texte, mais jamais je n'avais recherché à connaître celui qui l'avait écrit. Depuis hier c'est chose faite en recherchant Dominique Venner sur wikipedia. C'était un "pur", un passionné et bien sûr parfois excessif. Il m'a donné l'impression de mener un combat contre des moulins à vent à la Don Quichotte. Il n'a jamais pu accepter la médiocrité de la société et en est mort par un acte spectaculaire sur le moment, mais dont personne n'en a gardé souvenir, donc sans résultat.
Comme il s'agit d'un "pur", donc d'un personnage digne de confiance, je communiquerai son Editorial "Trente ans Après" concernant la fin de l'Algérie Française. Je pense qu'il a sa place dans le Forum.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 17:47

LE STYLE BIGEARD.

"L'esthétique militaire est importante, avait dit Bigeard en prenant le commandement du 3° RPC. On vous regarde. A partir d'aujourd'hui, je veux que tous les hommes soient beaux."
 Le lendemain ils l'étaient. La mentalité "bidasse" ou "griffeton" fut proscrite. Les godasses à clous et les tenues loqueteuses ne faisant des hommes les plus beaux qu'une misérable armée à la Bourbaki, il décida que tout cela devait changer. La plupart des unités de l'armée de terre en cultiveront le complexe jusqu'au jour où on leur donnera comme à nous une tenue léopard. Alors, pour peu qu'en plus ils fussent appelés commandos de chasse ou de secteur, ils en viendront même à "casser du fellouze".
"Le moral de l'armée change quand Bigeard commence à imposer la casquette à ses soldats", déclarera un jour Alain de Sedouy.
Car on en parlera longtemps de cette "casquette du père Bigeard", parodiant ainsi le refrain qui chantait autrefois celle du "pére Bugeaud" ! Ramenée dans nos cantines d'Indochine, elle avait succédé au béret camouflé que portait le 6° à Na-San. Son baptème du feu se fit à Dien-Bien-Phu.
 Cette casquette est taillée dans les fonds de pantalon que nous nous faisons ajuster.
"La coquetterie donne de l'âme", affirmait jadis le prince de Ligne. Bigeard le sait. Il nous laisse faire en souriant. Puis il fait à son tour retailler comme nous ses tenues.

                                   MARC FLAMENT

                            Les Beaux Arts de la guerre

                                   Jacques Grancher.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 18:02

QU'EST-CE QU'ON FOUT ICI ?

" Moi je ne vois pas ce qu'on fout ici. Franchement, je vais vous dire, je ne vois pas bien. Et plus le temps passe, moins je le vois. On ne va pas rester ici cent sept ans avec cinq cent mille troufions. Alors ? Ou bien on met le paquet une fois pour toutes, le vrai paquet, on rase tout ce qu'il faut raser, on envahit la Tunisie, on installe une compagnie sur chaque piton, et ça nous fait gagner dix ou quinze ans, même si les cocos gueulent comme des ânes, c'est toujours ça de gagné, on a fait des guerres, et des grandes, pour des conquêtes qui ont duré moins de quinze ans, et puis les Russes, de toute façon, un jour ou l'autre ils arrêteront de nous crier après, c'est automatique - ou alors on plie boutique et on retraverse la mer. Sinon de quoi on a l'air ?".

                                        JEAN-CLAUDE CARRIERE

                                    La Paix des braves, Le Pré aux clercs.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 18:30

MA CARABINE.
" Des nuits et des nuits, j'avais couché avec ma carabine comme avec une femme. Sur le terrain, elle dormait à mes côtés et, lorsque je me retournais  dans mon sac de couchage, je sentais quelque chose de dur contre mon flanc. Etait-ce une pierre que je pouvais ôter pour mieux dormir, une branche ? Non, c'était elle, épouse fidèle, et nous ne devions pas nous quitter. Ainsi, au milieu des songes, dans la nuit des djebels où, fatigués, nous dormions bien, elle me rappelait au souvenir de la guerre. Au poste, de même, je la conservais à portée de la main; appuyée contre le mur, vigilante, elle montait la garde, la nuit, au pied de mon lit, sentinelle droite ! Ce n'était pas tant les ennemis de l'extérieur que nous craignions : les fellaghas, qui nous harcelaient parfois, n'attaquaient jamais les postes. Les ennemis de l'intérieur étaient plus à craindre; du moins, devions-nous prendre de constantes précautions; nos tirailleurs musulmans, ceux que nous appelions FSNA: Français de souche nord-africaine, étaient fidèles mais on ne savait jamais ce qui pouvait arriver. Si, on savait."

                                                      PHILIPPE HEDUY

                                         Au lieutenant des Taglaïts, la Table Ronde  

Nota: FSNA : à l'époque il s'agissait d'un vocabulaire courant, mais celà ne jetait pas de l'huile sur le feu comme aujourd'hui. Pourquoi ? . . . . . A méditer . . . . .
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 20:14

Merci Ancien du 38

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 5 Déc - 20:37

Tout est vrai !! mais tellement bien dit !! Jamais, Oh grand jamais je n'ai laissé "trainer" ma MAT, elle était à la tête du "picot" ou dans mon sac de couchage dans le froid ou la neige ou sous des chaleurs à damner l'enfer !! notre arme faisait corps avec notre peau, et puis c'étais comme çà qu'on nous l'avait enseigné, par mes vieux sous-off d'Indo ceux qui savaient !!

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 6 Déc - 18:16

Bonjour,

L'INTEGRATION EN PRATIQUE.

" Le convoi se mit en route. La Ridellière remarqua soudain un homme presque jeune. Il avait un turban blanc, pas trop crasseux, un long pardessus noir avec un col de velours. Cet habit insolite au milieu de la mechta attirait les regards. Il avait dû l'acheter à quelque décrochez-moi-ça. C'était un manteau qu'il eût convenu de porter avec un chapeau melon, un parapluie au bras. L'homme gardait ses deux mains dans les poches. Une sale gueule. C'était étonnant qu'il eût attendu les soldats français. Peut-être était-il de notre bord ? Derrière lui, marchait sa femme. Elle portait deux énormes valises, un enfant accroché dans le dos, endormi, la tête ballotant en tout sens.
Soudain, le sous-lieutenant vit un soldat se précipiter sur l'homme, lui montrant les valises que portait sa femme. L'autre haussa les épaules, garda les mains au fond de se poches. Le soldat arracha les paquets des mains de la femme qui protesta silencieusement. Il força l'homme à les prendre. L'autre voulut encore refuser. Le soldat le frappa, d'un brusque coup de pied, juste juste sur la fente du beau pardessus noir à col de velours. La femme n'eut pas un geste de remerciement. L'Arabe saisit les valises.
On avait blessé son orgueil de mâle. Maintenant, il savait qu'il haïssait les Français. "

                                                  JEAN MABIRE

                            Commandos de chasse, roman, Presses de la Cité.

Nota: En effet, en Kabylie, quelques semaines avant l'indépendance, alors que j'étais dans un mini-poste en moyenne montagne, tous les jours je voyais passer cette image: l'homme devant ouvrant la marche et la ou les femmes derrière, chargées de fardeaux: fagots et divers et même un porc-épic. Parfois un âne faisait partie du convoi. Tout cela pour dire que la femme était considérée comme étant au service de l'homme(Elles n'étaient jamais dans les lieux de réunions d'hommes comme les bistrots sans alcool et où était servie la gazouse).
Oui, c'était cela l'islam et à l'indépendance c'est elle qui a repris ses droits, j'ai pu le constater dans les bistrots d'Alger lors de descente d'individus pénétrant brusquement à l'intérieur des établissements jusque derrière les comptoirs pour vérifier qu'aucun musulman n'était entrain de consommer de l'alcool.
A cette occasion, comme j'étais en uniforme, j'ai pu constater qu'ils ignoraient les soldats français et que leur préoccupation était axée sur la conduite de leurs semblables.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 6 Déc - 20:14

Partout ou je suis passé, c'est toujours la femme qui chargée de bois ou d'Alfa qui marchait derrière l'âne ou la mule, lui sur le bourricot ! sidérant pour un chrétien !!  Merci de la suite du récit  

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 17:00

Bonjour,

Nous en avons bavé à en mourir sur ces pistes qui ne menaient nulle part.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 17:11

Photo de Marc Flament, le meilleur photographe militaire de sa génération, l'un des créateurs du mythe universel des paras, guerriers d'un type nouveau, sportifs, durs et sans haine.

Nota: Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas de l'image d'un quelconque saint ou d'un berger avec un agneau sur les épaules mais bien celle d'un para qui porte une partie du ravitaillement.  
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 17:31

Merci Ancien 38, les photos que je possède sont bien sûr de Marc Flament; il venait nous en vendre dans les compagnies, j'en possède une cinquantaine dans ce genre, la première c'est ungars de la 4e compagnie originaire de Tahiti, la deuxième, un sergent ancien d'Indo qui fut au départ à notre instruction final à  Bône notre première base arrière et resta avec moi 3 mois avant de muter dans une autre compagnie qui manquait de sous-off, C'est te dire à quel point je connais toute ces photos!! merci malgré tout de les mettre !! Amitiés

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 17:41

DES SOUVENIRS PAS SI MAUVAIS.

" Cette guerre est un drame, peut-être le plus grand qui traversera ma vie, et je n'arrive pas à y attacher une gravité suffisante; je lambine sur le bord des tragédies, j'y folâtre. Tout est trop flou dans ma tête . . . Je sais que je suis au coeur des grandes souffrances, que ces nuits sont sanglantes . . . Plus je fais cette guerre, et moins j'y pense. [...] C'est au coeur de cette grande entreprise de révolte d'un peuple que je trouve une forme de liberté futile. [...] Epouvantable de participer à un moment noir de l'histoire, et savoir que je n'en aurai finalement que des souvenirs pas si mauvais; je serai ce grand-père gâteux  qui ressasse avec, au fond des yeux, la douceur des bons moments perdus. Même cette nuit est une aubaine; enfant, j'ai dû jouer à ces jeux de guerre, j'ai dû rêver d'être soldat tapi dans la nuit totale, le poing serré sur son arme et attendant un ennemi improbable ...
 Je ne suis pas une créature d'extérieur, et me voici sous les étoiles éparses, moi l'homme diurne et citadin ... Je frissonnais dans les couloirs du métro; me voici dans l'air coupant de la nuit, le ventre sur la terre ...
Cela me fait penser que j'avais également coupé les liens avec elle, je déambulais sur une peau d'asphalte; une pellicule de macadam m'isolait de toute nature, et voici que je m'y vautre en cette nuit froide. "

                                                    CLAUDE KLOTZ

                                             Les Appelés, roman, Lattès.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 18:35

Ainsi se termine les témoignages de Dominique Venner. Je pensais communiquer son éditorial à part, mais après réflexion, il s'agit d'une continuité logique se rapportant à un regard porté sur cette guerre en 1992, 30 ans après.

                                       TRENTE ANS APRES.

   Trente ans déjà ! Un monde englouti. Les années 60, celle de la fin de la guerre d'Algérie, sont comme une fracture dans les mentalités françaises. L'avant et l'après ne se ressemblent pas. Le cinéma traduit cela très bien. Les films tournés avant 1960 témoignent d'un univers mental disparu. Au centre du séisme, la guerre d'Algérie.
   Cette guerre à qui l'on refuse son nom a duré huit ans. Un peu plus de 2 700 000 jeunes appelés se sont succédé en Algérie de 1954 à 1962. Chiffre énorme si l'on y songe. Toute une génération. Il est vrai que beaucoup n'ont jamais vu le visage de la guerre.
   Après coup, la guerre d'Algérie a reçu les interprétations les plus contradictoires. Sa signification change selon le regard adopté. Epreuve victorieuse et fondatrice pour le peuple algérien, drame épouvantable pour les pieds-noirs, elle continue de peser silencieusement sur la conscience des Français.
   Vingt ans après la déroute de 1940, la fin honteuse de la guerre d'Algérie, c'était trop. Il fallait oublier.
  Cette guerre occultée continue pourtant de soulever les passions. Elle fut le dernier en date des grands conflits franco-français. Un conflit vécu comme une sorte de guerre civile. Avec au final, la victoire provisoire d'une mentalité et l'écrasement d'une autre.
  Nous intéressent ici, dans cette enquête, ceux dont on ne parle pas. Les vaincus, mais aussi les sans grades, pourvu qu'ils se soient voulu acteurs. Les larves n'ont pas d'histoire. " Tu seras une larve, mon fils ! "

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 7 Déc - 23:12

Beau travail de transcription!! Merci....GUS


Caporal Mills groupe voltige,  Prigent ,chef de pièce FM24/29







Les adjudants et sergents du 4e peloton de Jeeps Armées du 3eRPC ..1956



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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 8 Déc - 17:59

Bonjour,

  Nous intéressent donc les acteurs petits et grands, ceux de la guerre et ceux de la révolte. Ceux qui ont voulu faire l'histoire et sentaient confusément que la guerre d'Algérie était sans doute l'une des dernières occasions accordées aux Français d'accomplir une destinée propre.
  Mais nous intéressent aussi leurs adversaires, on le verra.
  Officiellement, la guerre d'Algérie prit fin le 19 mars 1962 avec le cessez-le-feu accepté par les représentants de la France, la veille, à Evian.
  Le cessez-le-feu ne signifiait pas la fin des violences. Il signifiait seulement que la France retirait ses troupes et abandonnait progressivement le pays ainsi que ses habitants, Français compris, au pouvoir et à la vengeance du FLN. Situation devenue irréversible au jour de l'indépendance, le 5 juillet.
  Hormis une petite minotité, personne en France métropolitaine ne s'en inquiétait vraiment. L'été était ensoleillé. Les Hexagonaux partaient en vacances.
  La France entrait alors dans la période la plus faste de son histoire économique et sociale. Jamais le revenu national n'avait connu une telle croissance. De 1950 à 1960, le PNB par habitant avait doublé. Il était légèrement supérieur à celui des Allemands de l'Ouest et atteignait trois fois celui des Japonais. Qu'importait donc l'Algérie, ce cauchemar, ce fardeau anachronique ? Le référendum du 8 avril 1962 ratifia les accords d'Evian avec près de 90% de "oui", un record absolu.
 Trente ans après, le spectre de l'Algérie hante toujours la France. Deux ou trois millions d'immigrés algériens, personne ne sait au juste, vivent en France, auxquels s'ajoutent 1,5 millions de " Franco-Algériens ", beurs de nationalité française, mais de sentiments et de comportements incertains. Suivant la boutade, " nous avons perdu l'Algérie, mais nous avons gardé les Algériens ". Ils se sont même multipliés.
 Avant 1962, les partisans français de l'indépendance répétaient dans leurs journaux que la décolonisation de
l'Algérie apporterait la paix, la justice, la prospérité et la démocratie. On a vu. Trente ans de dictature " socialiste " et de corruption sont parvenus à ruiner intégralement un pays que le Français avaient rendu relativement prospère et actif. Ce n'est pas un nostalgique de la colonisation qui le dit, mais Aït Ahmed, chef historique du FLN, à Oran: " C'est terrible ! Il y a trente ans, ici, c'était le paradis ! " Quel aveu ! Pour le chef du FLN, l'Algérie française c'était le paradis !
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 8 Déc - 18:31

Mais le passé est le passé. Il n'est plus temps de chercher ce qu'aurait pu être un autre avenir pour l'Algérie. L'histoire a tranché de façon irréversible. Dans sa forme de 1954 ou de 1958, l'Algérie française était sans doute condamnée par un écrasant déséquilibre démographique, par le jacobisme de nos mentalités, mais plus encore, si l'on y songe, par le suicide europeen des deux guerres mondiales.
 De toutes les anciennes puissances coloniales, la France fut cependant celle qui opposa la plus longue et la plus vigoureuse résistance à son abaissement. Certains trouvent motif à s'en plaindre. On peut, au contraire, déceler dans cette obstination un indice de santé. Refuser de s'abandonner à la fatalité, protéger les siens quand ils sont menacés, ce sont là des qualités que l'on apprécie par exemple chez les Israéliens. Pourquoi ne le seraient-elles pas chez les Français ? Malgré bien des torts, ce fut l'honneur des partisans de l'OAS d'avoir tenté de défendre jusqu'au bout les Français d'Algérie et les musulmans fidèles, livrés par le gouvernement de la République à l'exode ou au massacre.
 Il n'est pas contradictoire de penser que ce fut aussi le mérite du général de Gaulle d'avoir imaginé pour la France un autre destin, par l'établissement de rapports nouveaux avec les peuples anciennement colonisés, et par l'amorce d'une renaissance européenne autour du couple France-Allemagne. Pourtant, si ce dessein était louable, les moyens, eux, ne le furent pas. Fallait-il en effet payer un tel prix ?
Fallait-il à ce point faire de la fourberie un principe de gouvernement ? Fallait-il tromper sciemment tant d'hommes droits et généreux ? Fallait-il ensuite les briser avec une si implacable vindicte ?
Fallait-il afficher tant de mépris hautain pour les malheureux pieds-noirs ? Fallait-il d'un coeur aussi sec abandonner tous les musulmans inconsidérément engagés à nos côtés par des promesses fallacieuses ? Fallait-il imposer à l'armée française, en 1962, le déshonneur d'assister le FLN contre les Européens d'Algérie acculés à la révolte ? Fallait-il les morts français de la rue d'Isly, de Bab-elOued, d'Oran et d'ailleurs, fauchés par des balles françaises sur ordre d'un gouvernement français ? Fallait-il désarmer les harkis et les livrer à leurs bouchers sous la menace de nos propres mitrailleuses ? Fallait-il enfin imposer à la France de telles ignominies ?

( à suivre )
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 9 Déc - 18:43

Bonjour,

Petite parenthèse dans l'Editorial: Ayant eu le déshonneur d'avoir été en maintien de l'ordre à Alger pendant le mois de Juin 62 jusqu'à l'Indépendance, je me permets de commenter le drame de la fusillade de la rue d'Isly.
Il faut bien savoir qu'une unité de l'armée française était chargée d'interdire l'accès de manifestants pieds-noirs au Quartier de Bab El-Oued (Voir Wikipedia "Fusillade de la rue d'Isly"). Il est déjà étonnant d'utiliser, en cette période, une unité de Tirailleurs Algériens pour assurer le maintien de l'ordre lors d'une manifestation Pieds-Noirs. C'est déjà prêter le flanc aux critiques politisées à venir. Des appelés tués par l'OAS me surprend énormément car je savais qu'ils nous épargnaient, j'en ai la preuve manifeste que j'apporterai plus tard dans la rubrique "Souvenirs". L'OAS s'en prenait ouvertement aux Gendarmes Mobiles. Par contre, des appelés ont bien été tués dans les sous-sols d'un bâtiment publique, des zouaves, je crois, mais l'OAS avait communiqué un avertissement qui n'avait pas été pris au sérieux par les autorités.
J'étais adjoint au chef de section d'une unité de marche du 7°BCA et nous venions de Kabylie, donc du bled et nous n'avions aucune préparation pour remplir une mission en ville. Comme équipement nous n'avions que nos armes et nos munitions. Quant aux règles d'emploi de ces armes il n'y avait strictement rien ! En gros, c'était le "merdier" et il ne faut pas voir la situation autrement en ce qui concerne les Tirailleurs. A peine arrivés à Alger nous avons été appelés pour intervenir à un carrefour pour contenir l'arrivée d'une manifestation. Le trouillomètre était à zéro car la mission était dans un flou intégral, il fallait seulement s'attendre à des ordres en cours de mission. En attente, nous pouvions voir les manifestants à 200 ou 300 mètres de nous. Mais heureusement, nous n'avons pas eu à intervenir et je me suis demandé ce que l'on aurait pu faire face à un débordement ? Là, j'ai imaginé nos Tirailleurs. Il me semble impossible qu'un jeune lieutenant ait donné l'ordre de tir, par contre, un soldat a très bien pu perdre son sang froid face à la menace, ce qui, par effet dit "Boule de neige", a déclenché un tir généralisé incontrôlable. Il faut savoir que le bruit assourdissant couvre l'ordre donné de "cessez ou halte au feu !". Plus tard, nous avons eu un tir généralisé, mais c'était tellement le "Bordel" que nous ne savions plus qui tirait sur quoi.
Pour comprendre le déroulement de ce massacre il faut connaître et comprendre l'athmosphère ambiante de l'époque et se dire que rien n'était rationnel.
Comme soldat, j'ai toujours eu une pensée pour cet Officier victime d'un énorme contre-emploi.


(à suivre)
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 9 Déc - 19:37

Le Lieutenant des Tirailleurs Algériens, responsable, donc coupable et victime des circonstances.
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 11 Déc - 17:17

Bonjour,

  Quand on étudie aujourd'hui cette sombre période de 1962, on est frappé de la glaciale indifférence des autorités françaises, qu'elles soient gouvernementales, administratives, sociales ou intellectuelle. Indifférence sèche devant la souffrance, le désespoir de centaines de milliers de gens dépossédés, chassés de chez eux dans la lueur des incendies, sous les hurlements de foules hystériques, abattus parfois, ou pire encore enlevés pour un sort que l'on imagine trop bien, sans que personne au monde ne vienne les défendres et les venger. " Eh bien, ils souffriront ! " avait froidement jeté le Général à l'interlocuteur qui évoquait le martyre prévisible de nos compatriotes d'Algérie. A quelques exceptions près, toute la " nomenclature " française pensait de même : " Cessez de nous importuner avec les malheurs des Français d'Algérie, nous avons déjà tant à penser avec d'autres malheurs de par le monde ! ".
 La guerre d'Algérie ne fut pas une parenthèse, mais un moment extrême et révélateur de certaines mentalités françaises contemporaines. Georges Bernanos, déjà, disait de ses contemporains qu'ils avaient la tripe molle et le coeur sec. Apparemment, rien n'avait changé.

                                         DOMINIQUE VENNER.

                                                                             F I N
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