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 Avoir 20 ans dans les djebels

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Ancien38
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MessageSujet: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 12 Aoû - 18:12

Bonjour,

Extrait d'un périodique de 92 "Enquête sur L'HISTOIRE", voici un article dont le titre est "Education sentimentale dans les djebels - C'était le moment d'avoir vingt ans".
Il ne s'agit pas d'une nième complainte comme celles diffusées au sein de certaine association bien orientée,mais au contraire, une constatation positive sur un temps fort dans l'épanouissement de l'individu.
Malheureusement je ne peux joindre mon fichier car la taille maximum est dépassée. Quoiqu'il en soit, ce document existe et je me contenterai donc de présenter l'introduction qui donne une idée de son contenu:
"Près de trois millions de jeunes Français ont été envoyés en Algérie de 1954 à 1962. Leur guerre ne fut pas l'empoignade de deux colosses. Ce fut une petite guerre, avec de brefs combats, beaucoup de fatigue, mais aussi des morts, parfois. Pour certains, ce fut un mauvais moment. Pour d'autres, une étonnante aventure. Avec le recul du temps, on peut se demander si ce ne fut pas aussi l'une des dernières occasions accordées aux Français d'accomplir une destinée propre. Dominique Venner partit en 1954, comme volontaire avec les premiers renforts envoyés à la frontière algéro-tinisienne. Il n'avait pas vingt ans. Témoignages. . . . .
. . . .  A vingt ans, la guerre - une petite guerre féodale  - était une expérience à ne pas manquer. Du coin de l'oeil, sans mot dire, ils regardent leurs fils et leurs neveux. Je suis prêt à parier qu'ils les plaignent secrètement de n'avoir pas connu ce mélange d'insouciance et de temps morts si propices à la lecture ou à la flânerie en toute impunité, d'attentes anxieuses et de brèves furies, d'angoisses, de rigolades, de coups de sang, de marches harassantes et parfois de vraie fraternité. Une splendide gratuité et une éducation des sentiments que jamais la vie ordinaire ni les plus belles vacances ne pourront leur donner.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 12 Aoû - 18:35

Merci Ancien38 ,

Oui , une petite guerre , mais qui reste encore bien ancrée dans les esprits .

Avec en prime des milliers de déracinés , des milliers d'assassinés .

Mais a 20 ans que ne ferait on pas .

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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Sam 12 Aoû - 20:46

Bonsoir Commandoair40,

C'est exact, mais l'auteur a axé ses observations essentiellement sur son ressenti en tant qu'homme de terrain du début du conflit. Lorsqu'il parle de guerre féodale, ce n'est pas pour la minimiser mais pour la mettre en comparaison des deux guerres mondiales qui s'étaient faites entre deux ennemis face à face et bien identifiés. Il reconnaît avoir vécu une période intense de sa vie mais son caractère lui permet de différencier les bons des mauvais moments, pour ne garder que les bons malgré ce qu'il a vu:
Découverte de l'horreur :
"Peu après la Toussaint rouge de 1954, le commando avait giclé en pleine nuit dans ses GMC poussifs. Une petite ferme isolée sur la route de Clairfontaine à Montesquieu avait été attaquée. Nous la connaissions. L'homme et la femme qui en vivaient mal nous avaient hébergés une semaine plus tôt. Ils cachaient leur angoisse sous un déluge de mots, mais gardaient leur fusil de chasse à portée de main. Quand nous sommes arrivés cette nuit là, il était trop tard. La ferme brûlait. Devant la porte, dans une gluante flaque de sang, nous avons trouvé un corps de femme éventré, la tête détachée du tronc à la hache. L'homme avait été effroyablement charcuté. J'ai vu pas mal d'autres choses assez moches en Algérie, mais cette horreur-là est encore présente aujourd'hui dans ma rétine.
La monstruosité n'est pas une nouveauté dans l'histoire des hommes. Mais sa découverte directe était nouvelle pour nous. Elle était le visage que notre adversaire avait choisi de donner à cette guerre. Il faut d'ailleurs reconnaître que ceux que nous appelions les "fellouzes" acceptaient d'en payer le prix sans gémir. Ils confiaient à d'autres le soin de pleurer. . . . .
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 27 Nov - 10:55

Merci ancien38. Je redonne le jour à ce post qui m'avait échappé. Il est intéressant de lire des souvenirs de cette guerre d’Algérie, lorsque bien écrit il donne un aperçu et des souvenirs qui remonte dans la mémoire.. Pour moi ce fût une aventure pleinement consenti ..Une exaltation, des montées d'adrénaline que je n'ai jamais retrouvé ..

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 27 Nov - 11:59

Bonjour bretirouge,

Je vais répondre prochainement à ton intérêt porté sur le sujet en recopiant texto l'article qui répond à ce titre. J'ai hésité jusqu'à présent à revenir sur le sujet, car il semblait ne pas attirer l'attention.
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bretirouge
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 27 Nov - 15:50

Bien au contraire , j'apprécie ta façon de traduire la pensée, l'émotion et les souvenirs d'un monde que je ne reconnu presque plus !! à part lorsque je parle avec un ancien compréhensif !!

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Lun 27 Nov - 17:42

En effet, je traduis ma pensée, l'émotion et les souvenirs que j'ai retrouvés dans un article paru dans un périodique de 1992, aujourd'hui disparu, et qui s'appelait "Enquête sur l'histoire". Le titre du dossier traité est:" l'OAS et la guerre d'Algérie ". Ce n'est pas moi qui l'ai écrit, mais il m'a profondément touché car il s'agit vraiment de la traduction de ce que je ressens actuellement. Et maintenant je suis heureux de savoir que nous sommes au moins deux à ressentir la même chose.
Ce n'est pas un document qui ferait la joie au sein de la FNACA car cette association a plus pour but la recherche de revendications sociales (basées sur l'idée de victimisation) que celui des souvenirs mauvais ou bon (car il y en avait quand même pas mal de bons). Dans cet article nous ne nous présentons pas comme des victimes, mais comme des combattants qui ont fait leur devoir. Il faut bien préciser que nous ne sommes pas des "Malgré nous" de la guerre d'Algérie.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 28 Nov - 20:06

Bonjour bretirouge,

Voici donc le témoignage d'un combattant volontaire en Algérie:

Drôle d'armée que celle de la guerre d'Algérie ! Une sorte d'énorme monstre flasque qui engloutissait chaque jour des tonnes de nourritures diverses, de carburant, de papier, de papier surtout, et parfois même de munitions. Des milliers d'officiers ventripotents et fatigués flanqués de vieux sous-offs imbibés et revêches veillaient hargnieusement sur la digestion du monstre.
Mais cette désespérante flasquitude avait pourtant généré ici ou là d'imprévisibles exceptions. Parfois tout un régiment, nuque rase et bronzée, coiffé d'une curieuse casquette achetée sur ses deniers par un colonel imaginatif, semblait faire sécession. Plus souvent, au sein d'un régiment "cul de plomb", ou à la tête d'une unité de supplétifs, un petit lieutenant, un capitaine ou un simple sergent, las de s'encrasser, avaient transformé leurs bidasses en guerriers souples, hâves et narquois.
Comme au Moyen Age - car cette guerre était médiévale - avaient surgi quelques petites ou grandes compagnies que leurs chefs distinguaient par des emblèmes de leur invention et qui prenaient volontiers des libertés avec l'uniforme et les directives prudentes de généraux lointains.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 28 Nov - 20:44

La narration est dans le ton  !! belle page écrite de main de maitre! je suis loin de pouvoir faire de même et j'enrage parfois de ne pas avoir eu plus d'idées et d'envolées lyrique dans mes récits  !!!

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mar 28 Nov - 21:49

Un régal Ancien38 ;

Vite la suite .............

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 15:22

TROIS MILLIONS DE MUETS.

 Nous sommes presque trois millions d'anciens d'Algérie et on ne nous entend pas. Trois millions de muets, nés entre 1930 et 1942, expédiés jadis en Afrique du Nord pour "maintenir l'ordre" et pour que jeunesse se passe.
 Est-ce notre pudeur ou notre délicatesse qui nous imposent silence ? Je n'en suis pas convaincu. On nous a tant dit que nous avions perdu nos précieux vingt ans dans une guerre qui n'en était pas une, que nous avions fini par le croire. Une sale guerre qui plus est.
 " Les régiments glorieux remonteront les Champs-Elysées ", avait promis un général en chef aux heures éphémères du 13 mai 1958, " et le peuple entier vous couvrira de fleurs ! " On a vu. Les régiments ont rembarqué en douce et la queue basse, floués d'une illusion de victoire. Ils furent couverts d'insultes.
 Et pourtant, je jurerais que pour beaucoup, le souvenir de cette époque n'a rien de lugubre. Je jurerais même que certains furent heureux comme jamais.
 Pour la 2° compagnie du 4° BCP, l'aventure avait commencé dans la nuit du 1er au 2 novembre 1954, la première nuit de cette guerre. Un télégramme du bataillon nous avait sorti de nos tentes. Dans les phares des GMC, on nous distribua fiévreusement munitions et grenades. Pour aller plus vite, le major et les hommes de la section de commandement éventraient les caisses de cartouches. Les moteurs des bahuts tournaient doucement, dégageant une odeur d'essence chaude. (Petite précision pour les puristes: l'odeur particulière dégagée par les GMC provenait de l'huile du reniflard qui tombait sur la tubulure d'échappement brûlante). Les hommes, visage tendu, soudain silencieux, se présentaient sur une file avec leur arme. Eperonnés par nos coups de gueule, ils remplissaient fébrilement les chargeurs des armes automatiques.
 Nous étions arrivés en Algérie trois mois plus tôt, venant d'Allemagne. Plusieurs bataillons de chasseurs, formés durant l'été 1954, avaient été dispersés par petits paquets le long de la frontière tunisienne. Ma compagnie campait à Clairfontaine, nom assez humoristique pour un désert de pierres calcinées, piqué de touffes d'alfa et de chênes rabougris.
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Ancien38
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 15:28

LA FRONTIERE DE L'EUROPE.

Ma section fut bientôt constituée en commando d'intervention. Toutes les opérations étaient pour nous. En échange, on nous déchargeait des corvées, gardes et servitudes du secteur. Cela nous plaçait dans un monde à part. Nous regardions les camarades d'un peu haut. Ils nous jalousaient. Les djebels pelés autour de Tebessa devinrent notre terrain de chasse durant tout l'hiver. Aux abords de Tebessa, les ruines de l'antique Théveste nous rappelaient que la frontière de l'Europe était déjà passée ici deux mille ans plus tôt.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 16:27

Peut-être des endroits que tu as connu, Ancien38 ?? moi oui, j'ai fais 3 passages dans ces endroits,  et pris des



bains dans des Thermes Romain, à Youks les Bains (30 km de Tébessa) puis des combats et la mort de deux camarades !! Merci de cette lecture de mon temps !!

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 17:08

Bonjour bretirouge,

Je ne connais pas cette région, mais la Kabylie et l'Algérois et à une époque peu héroïque: la fin tragique de la présence française en Algérie que je raconterai plus tard.

UN COMBAT A ARMES EGALES.

Ratissages, patrouilles et embuscades, tout se faisait à pied, sac au dos le plus souvent. Les troupes étaient rares à cette époque en Algérie. Il fallait faire le travail des absents. Au retour d'opérations, nous nous laissions tomber comme des bêtes sur la toile grise de nos lits de camp. Souvent, on venait nous réveiller en pleine nuit. On s'équipait en titubant de sommeil et en jurant. Après un quart de café brûlant, on embarquait dans les GMC en espérant que le voyage durerait pour somnoler un peu. L'air glacé dans les camions nous accordait rarement cette grâce.
Cette première armée d'Algérie était pauvre. L'intendance n'avait rien prévu. Les croquenots réglementaires étaient immondes. Nous nous étions chaussés de pataugas à nos frais. La seule pièce d'équipement convenable était une veste de saut en grosse toile camouflée qu'avaient tous les hommes du commando. Elle ajoutait à la distance qui nous séparait des autres. Cette tenue devint notre seconde peau. Même râpée par des mois de crapahut, pour rien au monde nous ne l'aurions échangée.
Hormis les rustiques pistolets mitrailleurs MAT 49 relativement récents, nous avions toujours l'armement français de 1940, usé jusqu'à fond des rayures. L'équipement radio était à l'image du reste. Les lourds et capricieux SCR 300, troublés par le relief montagneux, restaient muets le plus clair du temps. Pas d'avions encore, ni d'hélicoptères, qu'on ne verra pas avant l'été 1955. Bref, en ce début de petite guerre, nous n'étions pas tellement mieux lotis que ceux d'en face. C'est ce qui rendait la chasse excitante. Nous étions à armes égales.
 Nous ne comprenions pas encore le pessimisme de nos vieux capitaines qui voyaient se renouveler ici ce qu'ils avaient vécu en Indochine. Mon dernier commandant de compagnie, en 1956, le capitaine Jaugeon, vrai homme de guerre, ancien officier de Légion qui avait fait la retraite de Cao-Bang, ne se faisait aucune illusion sur l'avenir. C'est lui qui avait raison. Mais je refusais de toute mon énergie ses sombres pronostics.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 18:24

NOUS AVONS FAILLI NOUS MUTINER.

Je venais tout juste d'avoir vingt ans. La vie d'une trentaine d'hommes m'avait été confiée. Nous étions jeunes, armés et en bonne santé. Indifférents, il faut bien le dire, au lendemain. Dans les douars perdus qui n'avaient jamais vu l'ombre d'un Français, nous étions partout accueillis en seigneurs. On déroulait pour nous des tapis mités et on nous servait le café de l'amitié, en attendant de nous envoyer un coup de fusil derrière les omoplates. C'était le piment de l'aventure. Nous vivions en état de grâce. Rien ne venait encore troubler notre innocence et le plaisir que nous prenions à notre état de guerriers d'occasion.
 Rentré une première fois d'Algérie, en 1955, j'allais écouter dans une salle de réunion parisienne le témoignage chrétien d'un journaliste connu. Il arrivait lui aussi d'Algérie. Il avait passé quelques jours dans l'Est constantinois où je crapahutais depuis des mois. Il décrivait un monde où je ne retrouvais rien de mes propres souvenirs.
 A cette époque, face à la rebellion naissante et au terrorisme, on appliquait encore en Algérie la législation du temps de paix. Nos adversaires, eux, n'avaient pas de telles retenues. Ils se battaient sans économiser sur la cruauté. Nous, en revanche, n'étions pas en guerre. En ce temps-là, si nous réussissions quelque joli coup, il ne fallait pas attendre de décorations mais une enquête. Après notre premier gros accrochage, nous avons été contraints de déférer à la convocation d'un juge d'instruction pour répondre de deux morts que nous avions faits chez ceux d'en face. Deux morts qui, avant de trépasser, nous avaient tué un petit aspirant avec de vrais fusils Mauser. Ce jour là, nous avons failli nous mutiner.
 Le journaliste parisien, durant sa brève visite en Algérie, n'avait pas eu de temps à consacrer aux cadavres des petits aspirants. Il n'était pas venu pour ça. Au cours de ses rencontres avec ce qu'un euphémisme transparent désignait comme " les milieux proches de la rebellion ", il avait recuelli, disait-il, des témoignages accablants sur nos brutalités. Il est vrai que, parfois, il nous était venu de vraies envies de tuer.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Mer 29 Nov - 20:00

Je me retrouve dans ces écrits, à l'époque petit chef de groupe FM 24/29 et j'avais juste 20 ans ( du 15 septembre 1936) avec déjà 19 opérations dans les jambes et dans la tête en septembre 1956, prêt pour Suez !!!




Lors d'une halte dans l'Atlas Blidéen, chef de pièce et tireur, n'ayant plus de caporaux et sergents au "3"






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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 30 Nov - 17:34

DECOUVERTE DE L'HORREUR.

    Peu après la Toussaint rouge de 1954, le commando avait giclé en pleine nuit dans ses GMC poussifs. Une petite ferme isoléesur la route de Clairfontaine à Montesquieu avait été attaquée. Nous la connaissions. L'homme et la femme qui en vivaient mal nous avaient hébergés une semaine plus tôt. Ils cachaient leur angoisse sous un déluge de mots, mais gardaient leur fusil de chasse à portée de main. Quand nous sommes arrivés, cette nuit-là, il était trop tard. La ferme brûlait. Devant la porte, dans une gluante flaque de sang, nous avons trouvé un corps de femme éventré, la tête détachée du tronc à la hache. L'homme avait été effroyablement charcuté. J'ai vu pas mal d'autres choses assez moches en Algérie, mais cette horreur-là est encore présente aujourd'hui dans ma rétine.
   La monstruosité n'est pas une nouveauté dans l'histoire des hommes. Mais sa découverte directe était nouvelle pour nous. Elle était le visage que notre adversaire avait choisi de donner à cette guerre. Il faut d'ailleurs reconnaître que ceux que nous appelions les "fellouzes" acceptaient d'en payer le prix sans gémir. Ils confiaient à d'autres le soin de pleurer.
  Le journaliste parisien ne s'intéressait pas aux méthodes des "rebelles". Ces derniers étaient absous par avance de tout crime. Leur cause était juste, n'est-il pas vrai ? Ils étaient pauvres, exploités, colonisés, persécutés. Ils avaient tout pour incarner le "juste" selon les évangiles. Alors que nous . . . .
  D'une façon générale, nous nous posions peu ce genre de question. Je faisais un peu exception. Pour moi, contrairement à ce journaliste, il ne faisait aucun doute que nous menions - fort mal - une guerre juste en Algérie. Nous menions une guerre cent fois plus juste qu'en 1914 ou en 1939. En Algérie, nous ne combattions pas pour des abstractions idéologiques ni pour le respect d'alliances discutables, ni pour une Pologne qui ne fut pas défendue. En Algérie, nous combattions pour nous-mêmes, pour notre droit à un destin, pour notre dignité.
Nous combattions pour relever le défi des défaites passées, pour en effacer l'humiliation intolérable et la douleur. Nous combattions pour garder notre bien, pour conserver une terre acquise par le droit de conquête, de sang, de sueur et de colonisation. Nous combattions pour défendre sur cette terre, nos berceaux et nos cimetières. Nous combattions pour protéger les nôtres en danger.
 Aujourd'hui, je reconnais que la rebellion combattait également pour une juste cause, la sienne, ce que j'avais tendance à lui dénier à l'époque. C'est en cela, notamment, que ma vision du conflit s'est modifiée. L'ennemi, si faible au commencement, voulait nous chasser d'une terre qu'il revendiquait pour lui seul par droit d'antériorité. Lui aussi combattait pour sa dignité. Il combattait pour conquérir une patrie, pour se donner une identité, pour édifier une nation.


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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 30 Nov - 17:54

LE CONTENU TRAGIQUE DE TOUTE GUERRE.

 Parce que ces deux causes étaient justes et d'un antagonisme absolu, il n'y avait entre elles ni moyen terme ni négociation possible. Seule, la guerre pouvait les départager. Tel est toujours le contenu tragique de la guerre et sa signification élevée quand s'y affrontent les droits inconciables de deux peuples. Elle seule pouvait décider laquelle des deux causes justes allaient l'emporter. Et c'est bien ce qui s'est passé. Toute guerre comporte un vainqueur et un vaincu. En Algérie, nous avons été vaincus, nous, Français et Européens. Nous n'avons pas été vaincus par une force militaire supérieure. Notre avantage matériel était écrasant. Notre nation a été vaincue par l'infériorité de ses énergies. Je le dis avec douleur, cette guerre perdue fut une défaite méritée.
 Que la guerre d'Algérie fût une guerre "propre" ou une guerre sale, ne changeait rien à l'affaire. Toute guerre est "propre" pour celui qui croit en sa légitimité. Toute guerre est "sale" pour qui s'est laissé détourné de son bon droit. Et celui-là, par avance, est vaincu. Nos adversaires qui, eux, voulaient gagner, égorgeaient tous ceux, dans la communauté musulmane, qu'ils suspectaient de tiédeur pour leur bon droit.


( à suivre )
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Jeu 30 Nov - 20:19

Bonsoir et Merci Ancien38 .

Je ne suis pas d'accord sur un seul point .

L’Algérie n'appartenait pas a cette Racaille .



240 avant JC à 680

L'Algérie des origines à l'occupation romaine

L'Algérie entre dans l'Histoire avec Massinissa et son petit-fils Jugurtha, qui commandent les tribus numides établies à l'est de Constantine, à cheval sur l'Algérie et la Tunisie actuelles.

Antiquités algériennes

La vie des deux héros, racontée par l'historien romain Salluste dans Les guerres numides, ressemble en tous points à une chanson de geste.

- Les amours contrariés de Massinissa et Sophonisbe :

Massinissa est élevé à Carthage, prospère colonie phénicienne implantée au nord de Tunis.

Devenu adulte, il met sa cavalerie au service des Carthaginois et combat avec eux son rival Syphax et les Romains.

Puis il change de camp et rejoint le Romain Scipion.

Les Carthaginois, qui devaient lui donner en mariage la princesse Sophonisbe, fiancent celle-ci à Syphax.

Qu'à cela ne tienne.

Massinissa capture Syphax.

Il récupère sa promise et se dispose à l'épouser.

Mais voilà que son allié Scipion exige d'exhiber Sophonisbe lors de son prochain triomphe, à Rome.

Plutôt que de livrer la malheureuse, Massinissa lui donne du poison la nuit même de ses noces.

«Moi, je ne perds que la vie», aurait-elle alors dit.

Pour Massinissa, la vie continue donc.

Sa cavalerie, alliée aux légions romaines, défait les Carthaginois sous les murs de Zama, sa capitale, en 202 avant JC.

La lune de miel entre Rome et le royaume numide va durer jusqu'à l'avènement de Jugurtha, petit-fils de Massinissa et neveu de son successeur Micipsa.

- Jugurtha, le dernier résistant :

Brutal et cynique, Jugurtha massacre les deux fils de Micipsa et réunit la Numidie sous son autorité.

Il s'en prend aussi aux marchands romains.

Sommé de se justifier, il tente pendant un temps d'éteindre la colère de Rome en stipendiant sénateurs et consuls.

«Ville à vendre», s'écrie-t-il en quittant Rome, «il ne te manque qu'un acheteur».

Rome envoie une première armée à la poursuite de Jugurtha mais elle est battue et contrainte de passer sous le joug.

Le consul Metellus et son adjoint Marius partent à leur tour combattre les Numides.

Après l'éviction de Metellus, Marius prend la tête des opérations avec le titre de consul.

Jugurtha résiste à Marius et aux Romains en pratiquant la guérilla.

Mais le questeur de Marius, Sylla, soudoie le beau-père de Jugurtha, Bocchus, qui règne sur la Maurétanie, à savoir l'Algérie occidentale et le Maroc actuel.

Le roi des Maures attire son gendre dans un guet-apens et le livre en 105 avant JC aux Romains.

C'est la fin des guerres numides.

Bocchus devient le nouvel ami des Romains cependant que Jugurtha est exhibé au triomphe de Marius puis étranglé dans la prison du Tullianum, comme plus tard un autre héros national... le Gaulois Vercingétorix.

Les Tunisiens d'aujourd'hui voient dans Jugurtha le premier symbole de la résistance nationale à l'oppression.

Habib Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne, se présentait volontiers comme son héritier.

L'Afrique du Nord enfin soumise à Rome


Au terme de ces longues guerres numides, en 46 avant JC, Jules César annexe le royaume de Maurétanie et le transforme en une province romaine.

Les Romains fondent des villes prospères dont subsistent de glorieux vestiges : le port de Tipasa, à l'ouest d'Alger, Cherchell, Lambésis, Hippone...

La plus célèbre de ces villes est Timgad.

Construite par l'empereur Trajan vers l'an 100 et peuplée de vétérans des légions, Timgad a vocation à défendre la plaine orientale de l'Algérie contre les montagnards des Aurès.

L'empereur Trajan fonde aussi Cuicul (aujourd'hui Djemila) en 98.

Située au milieu de plaines à blé, entre l'Atlas et les Aurès, la ville s'agrandit sous le règne de Caracalla jusqu'à compter 10.000 habitants.

Pas plus que les envahisseurs qui leur succèderont, les Romains n'arrivent à soumettre les populations indigènes des montagnes.

Il s'agit de pasteurs semi-nomades héritiers des Numides, que l'on appelle Berbères ou bien Chaouis.

Un grand saint .

Dans l'empire, devenu chrétien au IVe siècle, se lève une personnalité hors pair, Augustin.

Né à Tagaste en 354, non loin de la Tunisie, Augustin devient évêque d'Hippone (aujourd'hui Bône ou Annaba).

Il combat avec éloquence les rudes hérésies qui affligent la chrétienté d'Afrique du nord (donatisme, manichéisme, arianisme...).

La mise à sac de Rome en 410 par le Wisigoth Alaric lui inspire une réflexion désabusée sur le monde terrestre : La Cité de Dieu.

Il meurt vingt ans plus tard, après que les Vandales, envahisseurs germains venus d'Outre-Rhin, ont ruiné pour très longtemps l'Afrique du nord.

En 534, le général Bélisaire reconquiert le littoral et les plaines pour le compte de l'empereur romain d'Orient, Justinien.

Les Byzantins vont se maintenir pendant près de deux siècles sur place, jusqu'à l'irruption des armées de l'islam sous la conduite du célèbre Oqba, compagnon du Prophète, en 680.

Pénétration musulmane

La conquête arabe, à partir de la base de Kairouan, en Tunisie centrale, se révèle ardue du fait de la résistance opiniâtre des Berbères.

Ceux-ci perpétuent le souvenir d'une héroïne, la Kahina, qui combat avec succès les troupes du général Oqba.

D'après les récits tardifs du grand historien musulman Ibn Khaldoun, la Kahina était une Berbère d'origine juive.

Nombreux en effet étaient en Afrique du nord les Berbères convertis au judaïsme depuis le début de notre ère.

Par réaction contre les exactions des gouverneurs arabes, les Berbères d'Algérie se rallient au kharidjisme, une secte musulmane qui évoque le protestantisme chrétien par son puritanisme et son rejet de la hiérarchie (et les sectes contre lesquelles combattit saint Augustin).

L'Afrique du nord est brièvement unifiée au XIe siècle par les Almohades venus du Maroc qui s'emparent du royaume berbère de Bougie et écrasent les Arabes de la tribu des Banu Hilal, venus d'Égypte un siècle plus tôt.

La décomposition rapide de l'empire almohade entraîne à nouveau le fractionnement de l'actuelle Algérie en royaumes rivaux (Tlemcen, Bougie...).


Les Espagnols en profitent au début du XVIe siècle pour prendre pied dans les ports : Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Le Penon (en face d'Alger).

Menacé, le roi d'Alger appelle à son secours des corsaires, les frères Barberousse.

En 1516, ces musulmans d'origine albanaise s'installent à Alger.

Ils évincent le roi et, quatre ans plus tard, instituent la Régence et se placent sous la protection virtuelle du sultan d'Istamboul.

Ils s'allient à l'occasion avec François 1er pour combattre l'empereur Charles Quint et favoriser les desseins du roi de France en Italie.


Donc , pour moi , les Algériens ne sont que des "Bâtards" , ce pays ne fut jamais le leur .


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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 11:16

Merci de ce cours d'histoire que j'avais lu il y a longtemps, Je suis du même avis que toi, à savoir que c'était un pays parsemé de tribus qui se faisait la guerre que pour voler le biens de l'autre et les femmes ! un peuple de pillards, par contre c'était des guerriers çà il faut le reconnaitre !! C'est nous qui avons causé notre perte en leur donnant la possibilité de s'instruire, et de pouvoir contester plus tard le droit de cette terre qu'ils ne savaient pas entretenir, la preuve en est encore aujourd'hui, ils sont incapables de produire assez de nourriture pour la moitié des leurs, alors que la fertilité des terres sont reconnus , et toutes les productions en minerais et autres sont à l'abandon faute moyen et de spécialistes !! 

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 17:08

Bonjour à tous les deux,

J'avais également tiqué sur cette argumentation mais je me suis dit que nous en parlerions après la communication de cet article. Je propose, dans un prochain sujet, de continuer l'historique de l'Algérie à partir du seizième siècle, à l'époque des frères Barberousse. Cela tordra le coup à tous les faussaires que sont les historiens bien orientés politiquement. La source de ma documentation détaillée se trouve dans "L'Atlas Colonial Français" de 1931 préfacé par le Maréchal LYAUTEY de l'Académie Française. Cet Atlas ne risque pas d'être présent dans les écoles car il dit des vérités qui dérangeraient aujourd'hui et qui, là aussi, mettrai de l'huile sur le feu. Après-tout où en est l'histoire triturée pour ne pas déranger nos nouvelles générations ?
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 17:19

En accord avec toi, je lis ce parcours plein d'histoires de cette nation Algérienne,  qui a souffert , comme nous avons souffert de notre révolution , tout les avances des peuples pour la liberté, c'est fait dans le sang et la terreur!! et de rajouter : "Quand les riches font la guerre, les pauvres en meurs"

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 17:23

^^ moi je me contente de regardé vos com

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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 18:52

Bonjour Xx Denis xX,

Comme c'est hilarant, je vais en rajouter une couche:

L'ENNEMI N'ETAIT PAS SEULEMENT DANS LES DJEBELS.

 J'ai découvert en 1955, dans cette salle parisienne, avec ce journaliste, que certaines gens, dans notre pays, travaillaient activement à faire de nous des vaincus. Longtemps ce personnage et ses semblables m'ont occupé l'esprit. Ils étaient les produits d'une évolution morbide. Leur sensibilité pervertie plus encore que leur raison les poussait à la haine de soi et à une sorte d'autodestruction qui se muait en jouissance.
 Avec gourmandise, le conférencier décrivait les horreurs des " ratissages " auxquelles, selon lui, nous nous appliquions sadiquement. Quand il eut terminé, je demandai la parole. Mon témoignage valait bien le sien. Les " ratissages " auxquels j'avais participé n'avaient rien d'épouvantable. Un ratissage était tout bêtement une fouille du terrain. On ne me laissa pas dire trois mots. Quelques malabars foncèrent sur moi. Je fus vigoureusement expulsé et frappé, sans que personne dans la salle ne protestât.
 L'expérience avait été décisive. Ces gens venaient de me vacciner à jamais contre l'imposture des bons sentiments. J'avais le sang assez vif. Je sortais de la guerre et j'allais y retourner. Mon indignation était au-delà de toute parole.
 Je découvrais que l'ennemi n'était pas seulement dans les djebels. Qu'il en était de pires et d'une espèce cachée.
 Cet incident fut comme un révélateur. J'y puisai de fortes résolutions.
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MessageSujet: Re: Avoir 20 ans dans les djebels   Ven 1 Déc - 21:21

Merci l'Ancien ,

A cette époque , j'étais encore un Minot , je n'avais que 11 ans , j'étais en Tunisie .

Mais je me souviens lors d'un mois de vacances en France avec mes parents , entendre les mêmes propos de mon oncle et ma tante ( tout deux Coco) .

A notre retour a Bizerte , mon Papa m'a expliqué , que les Fls n'étaient pas que nos ennemis , qu'il y avait aussi un grand nombre de français : des "Patos" comme il disait .

Ceux qui a notre retour en France m'ont fait "Suer le Burnous"

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