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 Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,

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Athos79
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MessageSujet: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   Ven 19 Mai - 7:53

SOURCE : OUEST.FR

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EDITE PAR HUBERT LE MAQUISARD


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REPORTAGE : Les photos d'illustration ne se suivent pas trop - je vous prie de m'en excuser
Hubert le Maquisard..
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OPÉRATION BARKHANE
Au cœur du désert malien
avec les soldats français
Carte du Mali


Quelques centaines de militaires des régiments de l’Ouest lancent des raids entre Sahel et Sahara. L’enjeu : détruire les réseaux djihadistes. Reportage

Texte et photos : Bruno Jézéquel

L’hélicoptère file au-dessus des zones désertiques du nord du Mali. Des fleuves de sable aux multiples méandres succèdent à des escarpements de roche noire. Arbustes et touffes d’herbes parsèment des oueds asséchés. De Gao, la base arrière française à 350 km, l’appareil, un MI-8 civil de conception soviétique, affrété par la Défense, rejoint Kidal, bourgade d’environ 8 000 habitants, poste de commandement du groupement tactique interarmes Korrigan. Cette unité de plus de cinq cents soldats de la 9e Brigade d’infanterie de marine, commandée par le colonel Jean-Marc Giraud, patron du 3e Régiment d’infanterie de marine de Vannes, est au Mali depuis le début de l’année et doit revenir avant l’été.


L’appareil se pose. Un officier lance : « Bienvenue à Kidal. Ce matin, un engin explosif improvisé (IED) a sauté juste devant un véhicule de la Minusma (force de l’ONU), deux hier. C’est Kidal, c’est le nord du Mali. » À Gao, un jeune officier, conseiller auprès d’une unité malienne dans un bourg sur le Niger, a déjà donné le ton : « Dans les villages, tout le monde sait. Mais c’est la loi du talion, la loi du silence. Dans mon secteur, les djihadistes, des Mourabitounes, mais on a aussi l’EI (État islamique), ne font que passer. Ils viennent se ravitailler avant de prendre la route du nord vers les zones refuges sur la frontière. » Des renseignements sont cependant obtenus, selon un capitaine, auprès de civils qui craignent les IED pour leur sécurité. Des enfants ont été tués par des explosifs.


« Il y a ce qu’on voit et ce qu’on entend, note, de son côté, le colonel Jean-Bruno Despouys, représentant à Gao, de Barkhane. Nous avons une chaîne de renseignements précise avec l’armée malienne, les groupes qui ont signé la paix et qui connaissent le terrain. Nous ne sommes pas aveugles. Korrigan a trouvé des caches d’armes, désamorcé un engin au cœur de Kidal. »

En route vers Aguelhok, Patrick dans un véhicule de l'avant blindé
En route vers Aguelhok, Patrick dans un véhicule de l'avant blindé. (photo : Bruno Jézéquel)
Des actions qui exigent coopération et patience. Un soldat saisi par ce travail de Sisyphe de l’armée lâche : « Les djihadistes posent des mines, ne cherchent pas le contact direct. Ils ont le temps pour eux. On dirait qu’ils attendent qu’on parte. »


L’armée a un autre récit à défendre. « Les Touaregs apprécient notre présence, nous sommes comme un arbitre, un juge de paix entre des factions qui se sont toujours battues entre elles », souligne ainsi le colonel Giraud. L’officier insiste sur le rôle positif de la France dans le processus de paix entre les groupes armés qui ont signé les accords d’Alger : mouvements armés de la Plateforme, proches de Bamako, Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), d’anciens rebelles et ex-djihadistes. Le colonel Jean-Bruno Despouys met aussi en avant les opérations avec les armées des pays voisins. Celles-ci coopèrent désormais. Et si certains militaires évoquent « une éradication » du terrorisme, d’autres plus réalistes parlent de réduire le danger à un niveau qui ne menace plus l’équilibre du Mali. Dans l’immédiat, Barkhane semble incontournable.

Les officiers recherchent du renseignement. Une mission difficile
Les officiers recherchent du renseignement. Une mission difficile. (photo : Bruno Jézéquel)
« Un climat de tension et d'insécurité »


Quelques centaines d’hommes pour les 260 000 km2 de la région administrative de Kidal, c’est peu. Mais cette troupe bénéficie d’un soutien aérien (Mirages 2000, drones basés à Niamey, au Niger, hélicoptères, avions d’observation) qui assure une large couverture du terrain. Des forces spéciales peuvent également y intervenir. Depuis son arrivée fin janvier, Korrigan a quadrillé le terrain, lancé des raids pour imposer la présence de la force française des sables du djebel Timétrine, à l’ouest, aux empilements granitiques de l’Adrar des Ifoghas, à l’est.

Au Mali, l’opération française Barkhane couvre, en ajoutant les régions frontalières du Niger et du Burkina Faso, une zone équivalente à deux fois la France. Et, entre Sahel et Sahara, du Tchad à la Mauritanie, Barkhane (4 000 militaires) s’étend sur une surface grande comme l’Europe. Depuis les airs, un véhicule est un point minuscule perdu dans l’immensité. Un convoi, un nuage de poussière le jour, un halo de lumière la nuit. Sur 100 kilomètres, au cœur du pays touareg, entre les deux villages d’Aguelhok et Tessalit, la colonne croisera uniquement une tente d’éleveurs de chèvres et de vaches et un second campement qui, sans doute, commerce du carburant avec l’Algérie toute proche. Non loin d’un abri, un poids lourd stationne près de larges bidons.

Les soldats arrivent dans un village. (photo : Bruno Jézéquel)
À Kidal, Barkhane travaille dans toutes les directions. Des négociations sont en cours afin de mettre en place, comme à Gao, au sein d’un bataillon MOC (Mécanisme opérationnel de coordination), des patrouilles communes entre les groupes armés pro Bamako, les anciens rebelles et les forces maliennes. Korrigan a permis l’ouverture d’une école, des forages ont été effectués, un barrage mis en place, du fourrage distribué. Versant militaire, les déplacements des groupes armés qui ont signé la paix sont contrôlés, ainsi que leurs autorisations pour les armements.


Ce travail est complexe dans une région divisée entre plusieurs groupes. Le village d’Aguelhoc est tenu par le Gatia, un groupe touareg pro Bamako. Kidal est contrôlé par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), groupe des nobles Ifoghas, et Tessalit plus au Nord, par le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, où l’on retrouve quelques anciens d’Ansar Dine, un groupe djihadiste. « Les rivalités entre groupes armés signataires entretiennent un climat de tension et d’insécurité peu propice aux avancées », a souligné le 15 avril, dans un communiqué, le ministère de la Défense. La mission est d’autant plus ardue pour les Français que banditisme et trafics (drogues, armes…) sont très présents.

En patrouille, le risque est permanent
En patrouille, le risque est permanent. (photo : Bruno Jézéquel)
Neuf litres d'eau par jour... Forcément chaude

Ce jour-là, il s’agit de rejoindre le village d’Aguelhoc, de l’encercler et de conduire contrôles et fouilles. Le village est situé au sud-ouest de l’Adrar Tigharghar, mont de l’Adrar des Ifoghas. Une zone montagneuse refuge des Touaregs pendant les rébellions de 1990-1996, et de 2006-2009. De 2010 à 2013, la région a été le principal sanctuaire d’Al-Qaida au Maghreb islamique. Un terrain idéal pour se cacher.

Au lendemain d’une longue journée de route, au PC tactique, la manœuvre se prépare. Un capitaine rend compte : « Au téléphone, ils annoncent en tamacheq (langue berbère touarègue) qu’on arrive. » Avec son lourd convoi, Barkhane sait qu’il est observé. « On entre avec nos gros sabots dans Aguelhoc. »

L’essentiel pour Korrigan est de repérer, avec des patrouilles, des moyens aériens (drones, hélicoptères, avions d’observation), des écoutes, les mouvements, les départs que son arrivée provoque. Et de montrer sa présence, sa capacité à agir partout et à utiliser la force si besoin. Une action conduite avec des hommes qui enchaînent les opérations et nomadisent dans le désert depuis janvier. Une endurance qui signe la qualité de l’entraînement.

Des villages oubliés au cœur du pays touareg
Des villages oubliés au cœur du pays touareg. (photo : Bruno Jézéquel)
La soif accentuée par la poussière est constante. Chaque militaire a droit quotidiennement à 9 litres d’eau forcément chaude. Il suffit de poser au sol une conserve de ration de combat, veau marengo ou cassoulet, pour la cuire… Dans les véhicules de l’avant blindé (VAB) chacun a son rôle, pilote, servant de la mitrailleuse de 12,7 mm. À l’arrière, deux hommes, le torse sorti, chèche remonté sur le nez, surveillent les alentours, Famas (fusil d’assaut) au poing. Le chef de groupe coordonne et reste en relation radio avec l’ensemble de l’unité.

« À l’intérieur, près de la plaque moteur, c’est la fournaise, jette Jérémy un fantassin du 3e Rima. J’ai hâte de prendre mon tour à l’extérieur. »

« L'ennemi se cache au sein de la population »

La zone demeure une des plus dangereuses du Mali. La tension est permanente pendant les opérations. Un sous-officier qui a connu l’Afghanistan note : « Le risque est réel. Ici, c’est la guerre. » « Lors de la dernière opération, on a trouvé, sur renseignements, 40 obus de mortier, 60 roquettes, de la cartoucherie, des grenades…, explique le colonel Jean-Marc Giraud. Loin de nos bases, notre maillage dans la durée doit obliger l’adversaire à se dévoiler. »

Barkhane tente de compenser ainsi le manque d’hélicoptères lourds transports de troupes par des raids blindés. « C’est la partie chasse à courre. » Le colonel ajoute : « L’ennemi se terre, il est au sein de la population, il passe de campement en campement, se déplace rapidement à moto. Il doit sortir pour chercher des munitions. Pour nous, c’est la 2e période, une chasse à l’affût. » Touaregs d’Ansar Dine pour l’essentiel ou membres d’une katiba d’Al-Qaida, les djihadistes de la région font partie de Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (Le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans), une organisation djihadiste formée le 1er mars dernier.

Deux hommes à moto sont arrêtés. Les fantassins prennent les numéros de téléphone, contrôlent les bagages. Il s’agit de bergers. Plus loin, un officier interroge trois hommes. Ils se disent membres d’un groupe qui a signé la paix. Leurs armes, fusil-mitrailleur et bandes de munitions, sont sorties. Les soldats vérifient l’ordre de mission du trio.

Les Français vérifient que les groupes armés qui circulent sont bien membres de mouvements qui ont signé la paix
Les Français vérifient que les groupes armés qui circulent sont bien membres de mouvements qui ont signé la paix. (photo : Bruno Jézéquel)
Sur la piste, les soldats stoppent à hauteur d’un campement. Les hommes sont absents. Un pick-up stationne à proximité. Les femmes ne parlent pas français. Scènes étonnantes de militaires français qui contrôlent, interrogent. Certes Barkhane ne fait pas de prisonniers. Les personnes interpellées sont remises aux autorités maliennes. Mais que pensent vraiment ces Touaregs, ces Arabes de cette présence, 57 ans après l’indépendance ?

Une petite colonne gagne Aguelhoc. Les soldats empruntent les rues. Les enfants s’égaillent tout autour. Un prévôt de la gendarmerie accompagne la patrouille. Officier de police judiciaire, placé sous l’autorité du procureur de la République de Paris, il est le garant de la légalité des opérations de fouille. Une famille a été ainsi déboutée d’une plainte pour un vol de bijoux. À Gao, une officier conseillère juridique est en charge de définir le cadre légal des opérations.

Le colonel Giraud propose une rencontre aux autorités d’Aguelhoc. L’officier demande une coopération pour la sécurité des populations. Il pointe les lourdes pertes subies par les Casques bleus.

Les Touaregs s’inquiètent de la lenteur du processus de paix. Et souhaitent que Barkhane favorise la liberté de circuler. Membres du Gatia, ils ne peuvent se rendre à Kidal, fief du MNLA. « Vous avez la force sur terre et dans le ciel, vous pouvez agir. » « Oui, mais nous manquons de renseignement », rétorque l’officier.

L’endurance au cœur du métier de soldat
L’endurance au cœur du métier de soldat. (photo : Bruno Jézéquel)
Les deux jours suivants, deux VAB sautent sur un IED et une mine. Deux soldats sont blessés légèrement. Les militaires interpellent quatre suspects. La manœuvre est bloquée. La colonne a seulement deux camions dépanneurs. Un troisième VAB hors service devrait être détruit sur place. Impensable pour l’image de Barkhane.

Une partie de la colonne gagne Tessalit sur la frontière algérienne. Deux roquettes de 122 mm viennent d’y tomber, non loin de la base française.

Sur la piste, autour du bivouac, à perte de vue, des étendues mornes. À peine troublées par quelques épineux, de rares arbres. Un instant d’inattention et là-bas, surgis de nulle part, à l’ombre d’un acacia, trois enfants se sont assis sur leurs talons. Ils regardent le camp. D’un geste de la main, un soldat leur demande de partir.

L’avion quitte Tessalit. Multiples, les pistes, les traces se croisent, trahissant l’histoire de la région. Hostile pour le sédentaire. Entre les regs rocailleux blanchis par la lumière, des touffes d’herbes apparaissent. Des pâturages. Azawad en tamacheq. La richesse du nomade.
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MessageSujet: Re: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   Ven 19 Mai - 10:48

Merci René ,

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MessageSujet: Re: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   Ven 19 Mai - 17:56

Merci René !!!

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MessageSujet: Re: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   Ven 19 Mai - 23:55

Nous sommes encore au temps des croisades ................Bref,troupes occidentale ,contre troupes du Sahel Malien...............................Opération du plus fort.
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Athos79
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MessageSujet: L'armee Francaise s'ensable au Mali.   Sam 20 Mai - 11:20

L'ARMEE FRANCAISE S'ENSABLE AU MALI
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SOURCE :SLATE

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MONDE
Emmanuel Macron doit voir que l'armée française s'ensable au Mali
Camille Belsoeur — 19.05.2017 - 15 h 39, mis à jour le 19.05.2017 à 15 h 39
Le président s'est rendu à Gao au Mali, le 19 mai, pour saluer les troupes françaises de l'opération Barkhane. Pour certains observateurs, l'une des causes du regain de violence est l'incapacité des forces militaires à prendre en compte les aspirations des populations locales.

Image 1 - Un soldat de l'armée française  en discussion avec un militaire malien sur le front, le 23 janvier 2013 près de Sevare. Fred DUFOUR / AFP

«Cette opération durera le temps nécessaire». En prononçant ces mots, lors d'une conférence de presse donnée le 11 janvier 2013 pour annoncer l'intervention des forces françaises au Mali à la demande des autorités locales menacées alors par une coalition de groupes djihadistes et indépendantistes, François Hollande pensait-il que la guerre s'éterniserait dans le sable du désert et se poursuivrait au-delà de son mandat?

En remettant les clés de l'Elysée à Emmanuel Macron, l'ex-chef d'État lui a aussi laissé une guerre entre les mains: l'opération Barkhane, qui a pris le relais de l'opération Serval en août 2014, menée par l'armée française en coopération avec les autres pays de la région du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mauritanie, Niger). Signe que le tout nouveau président a conscience de l'enjeu sur place, il s'est rendu à Gao le 19 mai pour saluer les troupes françaises et s'entretenir avec son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta. C'était son deuxième déplacement à l'étranger, après sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin.

Il a confirmé que l'armée française resterait engagée sur place pour lutter contre les groupes terroristes.

«La France est engagée depuis le début à vos côtés et ce que je suis venu ici vous dire, de manière très claire, c'est qu'elle continuera à l'être, de la même manière (...) La détermination de la France sera complète à vos côtés pour la sécurité non seulement du Mali mais du Sahel, en continuant l'engagement de nos forces (...), en continuant à nous engager aussi dans une feuille de route diplomatique et politique», a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse commune avec le présidenti malien «IBK».
Le «Far West» malien
En janvier 2013, François Hollande avait dressé trois grands objectifs que devait remplir l'intervention française au Mali: «arrêter l'agression terroriste qui consistait à vouloir, y compris jusqu'’à Bamako, le contrôle du pays», «sécuriser Bamako» et «permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale», selon ses mots. Si, contrairement à 2012, les groupes djihadistes et salafistes ne menacent plus l'intégrité du pays, et que les grands axes du pays sont sécurisés, de larges pans du territoire échappent toujours au contrôle de Bamako. Pire, depuis quelques mois, la situation sécuritaire, jamais stabilisée dans le nord, s'est dégradée de manière inquiétante dans le centre du pays.

«La dégradation de la situation sécuritaire dans les régions dites du nord et du centre du pays participe au fait que ni Serval, ni Barkhane, ni la Minusma (la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali), n’ont réussi leur mandat ou mission. D’une part, à combattre et à réduire les repères des terroristes, qui mutent au gré des contingences entre les groupes islamistes et djihadistes confinés dans Kidal et dans d’autres localités. D’autre part, à ne point s’adapter et mieux comprendre les acteurs réels en scène», témoigne Naffet Keita, anthropologue spécialiste du djihad à l'université de Bamako.
En 2015, un accord de paix, qui avait mis fin au conflit armé de 2012-2013, avait pourtant soulevé l'espoir d'une normalisation. Mais, «les signataires n’ont pas réussi à appliquer plusieurs de ses dispositions essentielles, en particulier celles qui concernent le désarmement de milliers de combattants. En 2016, le nombre de morts au sein des forces de maintien de la paix des Nations Unies a doublé par rapport à l’année 2015, pour atteindre 29», souligne l'ONG Human Rights Watch dans un rapport datant du 18 janvier.

Dans le centre du Mali, des combattants islamistes multiplient désormais les menaces, intimidations et crimes contre des policiers ou des chefs de village soutenant l'armée malienne. Récemment, le site d'information Le Journal du Mali qualifiait ainsi de «Far West» une large partie du pays. En mars dernier, les chefs djihadistes les plus recherchés de la région ont, en guise de pied de nez aux troupes françaises, diffusé une vidéo dans laquelle ils annoncent côte à côte la fusion de leurs groupes au sein d’une nouvelle organisation baptisée « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ».

Des soldats français de l'opération Barkhane encadrent un enfant malien à Korioume, le 9 mars 2016. PASCAL GUYOT / AFP

Régler les violences intercommunautaires
«Le dispositif militaire n'est pas assez étendu numériquement pour permettre un retour au calme dans le nord du Mali. On a 10 à 20.000 soldats pour un territoire qui fait un peu plus que la surface de la France métropolitaine. La Minusma sécurise les grands axes et les principaux lieux habités et le dispositif Barkhane a deux buts: éviter que les groupes salafistes-djihadistes puissent de nouveau être en capacité de contrôler un territoire, et permettre aux armées du G5 (cinq pays du Sahel) d'interagir entre elles», explique Alain Antil, responsable du programme Afrique subsaharienne à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

«On a 10 à 20.000 soldats pour un territoire qui fait un peu plus que la surface de la France métropolitaine».
Alain Antil, chercheur à l'Institut français des relations internationales
Pour la France, l'objectif de l'opération Barkhane est de sécuriser les zones instables pour permettre aux autorités maliennes d'accélérer le développement du pays. L'armée française ne peut donc pas tout.
«Barkhane fait son travail. Mais l'armée malienne n'arrive pas à se reconstruire. Sur le long terme, l'État malien doit pouvoir assurer la sécurité des populations et réussir à mettre sur pied une justice efficiente, notamment pour réguler l'accès entre populations aux ressources naturelles dans le centre et dans le nord du pays. Ce qui est un facteur de violences intercommunautaires aujourd'hui», poursuit Alain Antil.
«En cinquante ans, nous n'avons rien obtenu»
Mais, pour certains observateurs, l'une des causes du regain de violence au Mali est l'incapacité des forces militaires, dont l'opération Barkhane, à prendre en compte les aspirations des populations locales. Dans le nord du pays, le peuple touareg se sent mis à l'écart de la gestion du territoire par le gouvernement de Bamako et milite pour une plus grande autonomie, voire une indépendance. Les mots «Barkhane dégage» s'affichent ainsi les murs de la ville de Kidal.

Dans une interview accordée au mois de mars, l'un des membres du célèbre groupe touareg Tinariwen nous expliquait comment les groupes islamistes étaient liées aux populations.

«Celui qui a créé son mouvement islamique (Iyad ag Ghali), c’est quelqu'un de la région. Donc tu ne peux pas lui interdire. Il a les mêmes droits que toi sur son territoire. Lui il veut la charia, toi autre chose. S’il a la majorité, il a le pouvoir», disait Abdallah.
Une réalité que semble oublier la coalition armée emmenée par la France et le Mali. Dans une analyse publiée sur le site universitaire The Conversation, le chercheur de l'Université du Kent, Yvan Guichaoua, s'interrogeait sur l'aveuglement militaire de l'opération Barkhane.

«Régulièrement, les officiers de Barkhane déplorent, avec un soupçon de condamnation morale, la “porosité sociale ou économique” entre populations, mouvements signataires des accords de paix et mouvements djihadistes. (...) À quoi sert-il de sommer les populations de s’éloigner de “terroristes" qui ont les traits familiers de voisins, parents, (...) enfants? Quel sens y a-t-il à choisir le camp étatique lorsque l’État est vu comme l’origine même de vos tourments? Quelle confiance accorder à l’injonction de se distancer des terroristes émanant d’hommes surarmés, envoyés par l’ancien colonisateur, qui ne partagent ni votre langue ni votre religion?», écrivait-il.
Où est le renouveau?
Pour «réussir» au Mali et aider de manière durable son allié malien, Emmanuel Macron ne doit donc pas se concentrer sur une approche uniquement guerrière, la posture qu'il semble adopter pour le moment.

«Il est temps que les partenaires donnent l’opportunité au corps social malien de jouir de son inventivité et d’apporter les solutions idoines au problème auquel ils font face. Ni l'accord de Ouagadougou (2013), ni les accords d'Alger (2015) n’ont abordé les relents spirituels de la crise. Le corps social malien se doit de s’exprimer et d’être pris en compte», appuie l'universitaire Naffet Keita.
Dans son discours prononcé à Gao le 19 mai, il a également insisté sur la nécessité de contribuer au développement du Mali: «Les terroristes prospèrent sur la misère. Nous avons un travail de développement de long terme à conduire.»

Mais tout porte à croire que, dans ce dossier, la continuité avec l'action menée sous le mandat de François Hollande sera de mise. L'influent ex-ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a guidé la politique française dans la région. Emmanuel Macron l'a nommé au Quai d'Orsay et le breton, riche de ses contacts au Sahel et de ses liens privilégiés avec l'armée française, devrait continuer à être le chef d'orchestre de l'Elysée sur place. Il était du voyage avec Emmanuel Macron à Gao le 19 mai. Le conseiller Afrique du nouveau président aussi, Franck Paris, un homme lige de Le Drian, note le magazine Le Point. Âgé de 39 ans, cet ancien rédacteur spécialiste de l'Afrique centrale et orientale à la Direction Afrique et océan Indien (DAOI) au Quai d'Orsay a travaillé dans le cabinet de Le Drian au ministère de la Défense.

Emmanuel Macron a également emmené Rémy Rioux, le directeur de l'Agence française de développement dans ses bagages au Mali. «Une manière de rassurer les acteurs du secteur, alors que le nouveau gouvernement ne comporte aucun ministère dédié au développement», analyse Jeune Afrique. Surtout que «l’opération Barkhane n’est pas l’indéniable succès vendu depuis trois ans par le ministère de la Défense devenu celui des armées», souligne Mediapart.

Le «renouveau» prôné par Emmanuel Macron semble donc difficile à envisager au regard de la gestion de l'opération Barkhane. Ce qui risque d'ensabler un peu plus les troupes françaises au Sahel.

Camille Belsoeur
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MessageSujet: Re: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   Sam 20 Mai - 18:07

Un imbroglio et un travail de sape de la part des terroristes qui ne pourra pas être enraillé par un travail statique ??  çà me rappelle les régiment lourdement chargés et nous avec un entrainement de loup et un minimum de charge !!!

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MessageSujet: Re: Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,   

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Operation Barkhane - au coeur du désert Africain malien,
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