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 Instaurer un service national « universel » ????????

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Commandoair40
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MessageSujet: Instaurer un service national « universel » ????????   Lun 20 Mar - 15:07

Instaurer un service national « universel »?

Une idée populaire mais peu pertinente d’un point de vue militaire




Candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a surpris beaucoup de monde en proposant d’instaurer un service « national » (mais en fait militaire si on replace ses mots dans leur contexte », qui serait « universel et obligatoire », d’une durée de seulement un mois.

Enfin, il devrait être effectué dans les trois ans suivant le 18e anniversaire des futurs conscrits, à condition, évidemment, qu’ils soient aptes.

Le coup est habilement joué : le retour à la conscription a les faveurs de l’opinion publique, qui ne s’était pourtant pas beaucoup manifestée au moment de l’annonce de sa suspension.

Et pour cause : ils étaient nombreux à considérer, à l’époque, que le passage sous les drapeaux était une « perte de temps ».

D’ailleurs, à l’époque, environ 30% des jeunes hommes échappaient au passage sous les drapeaux.

En outre, le retour de la conscription est à la mode, quels que soient les clivages.

Par exemple, à droite, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson, deux anciens candidats à la primaire, y étaient favorables.

Même chose à gauche pour Arnaud Montebourg, qui a proposé un « service national, civil, et militaire, égalitaire et universel (…) obligatoire pour une durée de six mois » et, plus généralement, pour le Parti socialiste.

Et le Front national n’y est pas hostile, loin de là.

Qui plus est, des pays où le service militaire était sur la sellette l’ont finalement conservé (Suisse, Autriche), quand ils n’ont pas décidé de le rétablir peu de temps après l’avoir abandonné (Suède).


Pour expliquer le sens de sa proposition, M. Macron a fait valoir plusieurs arguments dont la portée est plus sociale que militaire (il a d’ailleurs parlé d’un « projet de société »).

« Chaque jeune Français ira ainsi à la rencontre de ses concitoyens, fera l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine durant un mois », a-t-il dit.

Ce service aurait aussi pour finalité de « détecter les difficultés, notamment l’illettrisme » et permettrait de proposer « une mise à niveau scolaire des appelés lorsque que cela sera nécessaire » et d’aider « ainsi les jeunes à préparer leur entrée dans la vie professionnelle comme dans leur vie de citoyen », a-t-il continué.

Est-ce possible de faire tout cela en 30 jours?

Enfin, toujours selon M. Macron, ce service « permettra aussi de disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable complémentaire de la Garde nationale » et de renforcer le lien « armée-Nation » à un moment où près de 87% des Français ont une bonne image de leurs armées.

Techniquement, la conscription, contrairement à ce que beaucoup avancent, n’a pas été supprimée : elle n’a été que suspendue.

Et les conditions pour la remettre au goût du jour sont définies par l’article L.112-2 du Code du Service national, qui dit :

« l’appel sous les drapeaux est suspendu pour tous les Français qui sont nés après le 31 décembre 1978 et ceux qui sont rattachés aux mêmes classes de recensement. Il est rétabli à tout moment par la loi dès lors que les conditions de la défense de la Nation l’exigent ou que les objectifs assignés aux armées le nécessitent. »

Est-ce donc à dire que, actuellement, les « conditions de la défense de la Nation » et que les « objectifs assignés aux armées » exigent un service militaire de seulement un mois?

« La situation stratégique que j’ai décrite, les menaces qui pèsent sur notre pays nous commandent de renforcer le lien entre les armées et la nation en permettant à l’ensemble de notre jeunesse de faire l’expérience de la vie militaire et d’être des acteurs à part entière de l’esprit de défense », a expliqué M. Macron, qui a dit souhaiter une large concertation sur ce sujet (qui devra être abordé dans le prochain Libre blanc sur la défense) et un projet de loi d’ici la fin de l’année s’il est élu en mai prochain.

Cependant, au vu des raisons avancées par M. Macron sur ses objectifs, l’intérêt militaire de ce service national très court n’est pas évident.

D’autant plus qu’il a affirmé que ce retour de la conscription devrait être « indépendant du renforcement planifié de notre outil de défense » et que les coûts associés à sa mise en œuvre de seraient pas à compter dans les 2% du PIB (hors pensions et hors surcoûts opex) qu’il entend affecter au budget de la Défense d’ici 2025.

Pourquoi pas atteindre cet objectif plus tôt, comme le réclament les armées et les industriels de la Défense?

« Je ne veux pas promettre ce qui n’est pas tenable », a lancé M. Macron.

« Je sais que les volontarismes d’estrade quand ils se heurtent à la gestion ont une victime, la communauté de défense dans son ensemble », a-t-il martelé.

Or, comme le candidat d’En Marche l’a dit lui-même avancé, le service militaire universel qu’il propose coûtera entre 15 et 20 milliards d’euros rien que pour les infrastructures, et 2 à 3 milliards d’euros par an en « régime de croisière ».

Soit entre 25 et 35 milliards sur la durée du quinquennat, pour un intérêt militaire qui reste à démontrer.

Cette somme permettrait d’accélérer de nombreux programmes d’armement cruciaux, de rénover les casernes existantes (qui en ont grandement besoin), voire de lancer enfin la construction d’un second porte-avions…

Et les deux ou trois milliards en régime de croisière sont quasiment équivalentes au budget alloué chaque année à la dissuasion nucléaire.

En clair, cet argent ne pourrait-il pas être mieux utilisé?

N’y a-t-il pas d’autres urgences pour équiper une armée professionnelle, sur qui repose la sécurité de l’ensemble des Français?

C’est une question à laquelle la concertation promise par M. Macron (s’il est élu) devra répondre.

L’effort sur les infrastructures devra être important étant donné que l’État ne peut plus compter sur les bases et les casernes qu’il a vendues, parfois pour l’euro symbolique, après la suspension de la conscription.

Et les régiments actuels n’ont plus de place, déjà qu’ils ont été obligés quasiment de pousser les murs pour accueillir les 11.000 soldats supplémentaires de la Force opérationnelle terrestre.

Par ailleurs, dire que ce service universel n’affectera pas les armées, c’est aller un peu vite en besogne : elles seront bien obligées de fournir du personnel pour encadrer les « appelé-e-s ».

Personnels qui leur manqueront inévitablement, sauf à compenser par des recrutements supplémentaires.

Qui plus est, il supposera de revoir le format du Service de santé des armées (SSA), qui a justement fermé un certain nombre de ses hôpitaux à cause de la suspension de conscription, ainsi que les soutiens (logistique, administratif, etc…).

Une autre question à régler sera celle des « flux ».

Effectuer un service « universel » aussi court (un mois, rappelons-le) perturbera les études des jeunes âgés de 18 à 21 ans, sauf s’ils se soumettent à leurs obligations militaires pendant les périodes de vacances scolaires, en été.

Là, si ce point est pris en compte, il faudra disposer des infrastructures et des moyens en conséquence.

Cela étant, si l’objectif premier est de renforcer le lien Armée-Nation, d’autres voies – moins coûteuses – méritent d’être explorées, comme celle des Cadets de la Défense, inspirée par le modèle canadien et proposée par deux députés dans un rapport publié en décembre 2015.


     

___________________________________ ____________________________________

Sicut-Aquila

   



“Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté, nous n’allons pas le cacher à nos fils.
Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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