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 Si proche d'une troisième guerre mondiale ?

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Athos79
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MessageSujet: Si proche d'une troisième guerre mondiale ?   Mar 14 Fév - 7:59

Source :  Yahoo via Slate
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Edite par Hubert le Maquisard
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HISTOIREMONDE
Si proche d'une Troisième Guerre mondiale...
Le président russe Vladimir Poutine rencontre le président chinois Xi Jinping, à Pékin, le 25 juin 2016. | Greg BAKER / AFP

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Les États-Unis doivent mettre un frein aux ambitions de la Russie et de la Chine avant qu’il ne soit trop tard. Les laisser décider de leurs sphères d’influence ne peut que mener à la catastrophe.
Robert Kagan, traduit par Bérengère Viennot — 14.02.2017 - 6 h 53, mis à jour le 14.02.2017 à 6 h 53
Il existe deux principales tendances dans le monde d’aujourd’hui. L’une prend la forme de l’ambition et de l’activisme croissants des deux grandes puissances révisionnistes, la Russie et la Chine. L’autre s’incarne dans le déclin de la confiance, de capacité et de la volonté du monde démocratique, et tout particulièrement des États-Unis, à maintenir la position dominante qu’il occupait dans le système international depuis 1945. Lorsque la volonté et la capacité déclinantes des États-Unis et de leurs alliés à maintenir l’ordre mondial finira par croiser le désir et la capacité croissants des puissances révisionnistes à le changer, nous atteindrons le moment où l’ordre actuel va s’effondrer et où le monde va plonger dans une phase d’anarchie violente, comme il l’a déjà vécu par trois fois au cours des deux derniers siècles. Le coût de cette descente aux enfers, en matière de vies et de richesses, de libertés et d’espoirs perdus, défiera l’entendement.

Les Américains ont tendance à considérer la stabilité fondamentale de l’ordre international comme une chose acquise, tout en se plaignant du fardeau qu’ils sont contraints de supporter pour préserver cette stabilité. L’histoire nous enseigne que les ordres mondiaux s’effondrent un jour ou l’autre et que lorsque cela arrive, c’est souvent de manière inattendue, rapide et violente. La fin du XVIIIe siècle a été l’apogée des Lumières en Europe, avant que le continent ne sombre brusquement dans l’abîme des guerres napoléoniennes. Dans la première décennie du XXe siècle, les cerveaux les plus intelligents avaient prédit la fin des conflits entre grandes puissances à mesure que les révolutions des communications et des transports rapprochaient les économies et les peuples. La guerre la plus dévastatrice de l’histoire eut lieu quatre ans plus tard. Le calme apparent des années 1920 s’est transformé en crise des années 1930, puis en une autre guerre mondiale. Où nous en sommes exactement dans ce scénario classique aujourd’hui, à quelle distance du point d’intersection se trouvent les deux tendances dominantes du monde actuel, c’est, comme toujours, impossible à déterminer. Sommes-nous à trois ou à quinze ans d’une crise mondiale? Ce qui est sûr, c’est que nous sommes engagés dans cette direction.


Et s’il est encore trop tôt pour savoir quels effets la présidence de Donald Trump aura sur ces tendances, des premiers signaux indiquent que la nouvelle administration est davantage susceptible d’accélérer l’arrivée de la crise que de la ralentir ou de renverser la vapeur. Le rapprochement américain avec la Russie ne peut qu’enhardir Vladimir Poutine, et le durcissement des rapports avec la Chine va probablement inciter Beijing à tester la détermination militaire de la nouvelle administration. Le président est-il prêt pour une telle confrontation? Mystère total. Pour l’instant, il ne semble pas avoir beaucoup réfléchi aux futures ramifications de ses discours et de ses actes.

La Chine et la Russie sont des puissances révisionnistes classiques. Alors qu’elles n’ont jamais autant été en sécurité face aux puissances étrangères —la Russie face à ses ennemis traditionnels à l’ouest, la Chine face aux siens à l’est—, la configuration mondiale actuelle ne les satisfait pas. Toutes deux cherchent à rétablir le statut de domination hégémonique dont elles jouissaient autrefois dans leurs régions respectives. Pour la Chine, cela signifie une domination de l’Asie de l’Est, et des pays comme le Japon, la Corée du Sud et les pays de l'Asie du Sud-Est qui approuvent non seulement la volonté de Beijing, mais qui agissent en conformité avec ses préférences stratégiques, économiques et politiques. Cela implique que l’influence de l’Amérique se retranche dans le Pacifique-Est, derrière les îles hawaïennes. Pour la Russie, cela signifie une influence hégémonique en Europe centrale et de l’Est ainsi qu’en Asie centrale, que Moscou a toujours considérée comme faisant partie de son empire ou de sa sphère d’influence. À la fois Beijing et Moscou cherchent à redresser ce qu’ils voient comme une distribution injuste des pouvoirs, des influences et des honneurs dans l’ordre mondial d’après-guerre dominé par les États-Unis. En tant qu’autocraties, les deux se sentent menacées par les puissances démocratiques mondiales et par les démocraties à leurs frontières. Les deux considèrent les États-Unis comme le principal obstacle à leurs ambitions et par conséquent, toutes deux cherchent à affaiblir l’ordre sécuritaire international dirigé par les Américains, qui barre le passage à ce qu’elles considèrent comme leurs destinées légitimes.

La Chine et la Russie longtemps asphyxiées
Jusqu’à assez récemment, la Russie et la Chine ont dû affronter des obstacles considérables, presque insurmontables, pour atteindre leurs objectifs. Le plus grand était la puissance et la cohérence de l’ordre international lui-même et son principal promoteur et défenseur. Le système d’alliances politiques et militaires dirigé par les États-Unis, surtout dans les deux régions critiques d’Europe et d’Asie de l’Est, ont mis la Russie et la Chine dans ce que Dean Acheson appelle des «situations de force» qui nécessitaient qu’elles exercent une grande prudence dans la poursuite de leurs ambitions et, depuis la fin de la guerre froide, qu’elles remettent à plus tard toute tentative sérieuse de perturber le système international.

Le système a mis un frein à leurs ambitions à la fois de façons positives et négatives. À l’époque de la suprématie américaine, la Chine et la Russie ont participé et beaucoup bénéficié du système économique international ouvert que les États-Unis avaient créé et contribuent encore à maintenir. Tant que ce système fonctionnait, elles avaient davantage à gagner à jouer le jeu qu’à le remettre en question et à le renverser. Toutefois, les aspects politiques et stratégiques de cet ordre ont fonctionné à leur détriment. Au cours des vingt années qui ont suivi l’effondrement du communisme soviétique, la croissance et la vitalité du gouvernement démocratique ont représenté une menace continuelle pour la mainmise exercée par les dirigeants de Beijing et de Moscou, qui depuis la fin de la guerre froide voient toutes les avancées des institutions démocratiques —surtout l’avancée géographique des démocraties libérales proches de leurs frontières— comme une menace existentielle. Il y a un fondement à cela: depuis l’époque de Clément de Metternich, les puissances autocratiques ont toujours craint la contagion du libéralisme.

La simple existence de démocraties à leurs frontières, un flux libre et mondial d’informations qu’ils ne peuvent contrôler, le lien dangereux entre libre-échange et liberté politique—tout cela représente une menace pour des dirigeants dont la survie dépend de leur capacité à contenir les forces d’agitation de leurs pays. Le défi continuel posé par l’ordre démocratique porté par les États-Unis à la légitimité de leur règne les a naturellement rendus hostiles à la fois à cet ordre et aux États-Unis. Mais jusqu’à récemment, la prépondérance de forces à la fois nationales et internationales les avait dissuadés d’affronter cet ordre de manière frontale. Les dirigeants chinois étaient obligés de se soucier des conséquences d’une éventuelle confrontation teintée d’échec pour leur légitimité à l’intérieur du pays. Même Poutine n’a enfoncé que des portes ouvertes, comme en Syrie où les États-Unis n’ont répondu que passivement à ses démarches. Il a montré bien plus de circonspection lorsqu’il a été confronté à une opposition américaine et européenne, même marginale, comme en Ukraine.

Le plus grand frein aux ambitions chinoises et russes était la puissance militaire et économique des États-Unis et de leurs alliés en Europe et en Asie. La Chine, bien que de plus en plus puissante, devait envisager un affrontement avec la puissance économique et militaire combinée de la superpuissance mondiale et de certaines formidables puissances régionales liées par des alliances ou un intérêt stratégique commun—notamment le Japon, l’Inde et la Corée du Sud, ainsi que de nations plus petites mais néanmoins puissantes, comme le Vietnam et l’Australie. La Russie devait quant à elle affronter les États-Unis et ses alliés de l’Otan. Ensemble, ces alliances dirigées par les États-Unis représentent un défi pour le moins intimidant pour une puissance révisionniste qui n’a de son côté que peu d’alliés sur qui compter. Même si les Chinois avaient remporté une première victoire dans un conflit, comme la soumission militaire de Taïwan ou une bataille navale en mer de Chine méridionale ou orientale, ils auraient dû à terme se colleter aux capacités industrielles combinées de certains des pays les plus riches et technologiquement développés au monde et à la probable suspension de l’accès aux marchés étrangers desquels dépend leur propre économie. Une Russie plus faible, avec sa population en baisse et son économie dépendante du pétrole et du gaz, aurait eu à affronter des difficultés encore plus grandes.

Pendant des décennies, la position de force occupée par les États-Unis et ses alliés sur le plan international a découragé toute remise en question sérieuse. Tant que les États-Unis ont été perçus comme un allié fiable, les dirigeants chinois et russes ont craint que des démarches agressives ne leur valent un retour de bâton et éventuellement ne fassent tomber leurs régimes. C’est ce que l’expert en sciences politiques William Wohlforth a un jour qualifié de «stabilité inhérente à l’ordre unipolaire»: lorsque des puissances régionales insatisfaites cherchent à bousculer le statu quo, leurs voisins inquiets se tournent vers la lointaine superpuissance américaine pour contenir leurs ambitions. Et ça marche. Les États-Unis interviennent, et la Chine et la Russie reculent—ou sont empêchées avant même de pouvoir agir.

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Devant ces obstacles, la meilleure option pour les deux grandes puissances révisionnistes a toujours été d’espérer ou, si possible, de provoquer de l’intérieur un affaiblissement de l’ordre mondial soutenu par les États-Unis, soit en séparant les États-Unis de leurs alliés, soit en soulevant des doutes sur l’engagement américain et ainsi en encourageant les aspirants alliés et partenaires à renoncer à la protection stratégique de l’ordre mondial libéral et à rechercher à s’arranger avec ses adversaires.

Le système actuel ne dépendait par conséquent pas uniquement de la puissance américaine, mais aussi de la cohérence et de l’unité au sein du monde démocratique. Les États-Unis devaient jouer leur rôle de principal garant de cet ordre, tout particulièrement dans les domaines militaires et stratégiques, mais le noyau dur idéologique et économique—les démocraties d’Europe, d’Asie de l’Est et du Pacifique—devait lui aussi demeurer relativement solide et confiant.

Ces dernières années, ces deux piliers ont été ébranlés. L’ordre démocratique s’est affaibli et son cœur s’est fracturé. Des conditions économiques difficiles, la recrudescence du nationalisme et du tribalisme, un leadership politique faible et incertain accompagné de partis politiques dominants indifférents et une nouvelle ère de communications qui semble raffermir plutôt qu’affaiblir le tribalisme ont, ensemble, provoqué une crise de confiance non seulement dans les démocraties mais dans ce que l’on pourrait appeler le projet de progrès libéral. Ce projet élevait les principes universels des droits individuels et d’humanité commune au-dessus des différences ethniques, religieuses, nationales ou tribales. Il comptait sur une interdépendance économique croissante pour créer des intérêts communs traversant les frontières et sur la mise en place d’institutions internationales pour lisser les différences et faciliter la coopération entre les nations. Au lieu de cela, les dix dernières années ont vu une émergence du tribalisme et du nationalisme, une focalisation de plus en plus forte sur l’Autre dans toutes les sociétés et une perte de confiance dans le gouvernement, le système capitaliste et la démocratie. Nous assistons à l’inverse de «la fin de l’histoire», telle que la concevait Francis Fukuyama. L’histoire fait son grand retour avec violence et, avec elle, tous les aspects les plus noirs de l’âme humaine, y compris, pour beaucoup, l’éternel appétit humain pour un leader fort, dirigeant son peuple d’une main de fer à une époque de confusion et d’incohérence.

Les États-Unis ne veulent plus jouer les sauveurs
Cette crise du projet de progrès libéral était peut-être inévitable, un phénomène récurrent engendré par des failles inhérentes au capitalisme et à la démocratie. Dans les années 1930, la crise économique et la montée du nationalisme ont conduit de nombreuses personnes à se demander si la démocratie ou le capitalisme étaient préférable à des alternatives comme le fascisme et le communisme. Et ce n’est pas une coïncidence si la crise de confiance dans le libéralisme a accompagné un effondrement simultané de l’ordre stratégique. Ensuite, la question était de savoir si le pouvoir extérieur que constituaient les États-Unis allait intervenir et jouer les sauveurs ou reconstituer un ordre que la Grande-Bretagne et la France n’étaient plus capables ou désireuses de maintenir. À présent, la questions est: les États-Unis veulent-ils continuer à soutenir l’ordre qu’ils ont créé et qui dépend entièrement de la puissance américaine, ou les Américains sont-ils prêts à prendre le risque—en admettant qu’ils comprennent son existence—de laisser cet ordre s’effondrer dans le chaos et dégénérer en conflit?



La question est valable et elle ne date pas de l’élection de Trump, ni même de celle de Barack Obama. Dans le quart de siècle qui a suivi la fin de la Guerre froide, les Américains se sont demandé de façon de plus en plus pressante pourquoi il leur revenait de porter la responsabilité si lourde et inhabituelle de protéger l’ordre mondial, alors que cela ne servait pas toujours leurs intérêts de manière évidente—et alors que les États-Unis semblaient faire tous les sacrifices au bénéfice d’autres qu’eux. Peu d’entre eux se souviennent des raisons pour lesquelles les États-Unis ont endossé ce rôle anormal après les deux calamiteuses guerres mondiales du XXe siècle. On ne peut guère s’attendre à ce que la génération née après la fin de la guerre froide comprenne la signification durable des structures politiques, économiques et sécuritaires mises en place après la Seconde Guerre mondiale. Ils ne sont pas non plus susceptibles d’apprendre grand-chose sur le sujet dans des manuels de lycée et de fac obsédés par la mise en exergue des maux et des folies de «l’impérialisme» américain. Les crises de la première moitié du XXe siècle et leurs solutions de 1945 ont toutes été oubliées. Conséquence, face aux difficultés et aux coûts qu’entraîne ce rôle mondial, le peuple américain a perdu patience. Ce que les guerres coûteuses et infructueuses en Corée en 1950 et au Vietnam dans les années 1960 et 1970, et les récessions économiques comme la crise de l’énergie et la «stagflation» galopante de la deuxième moitié des années 1970 n’avaient pas réussi à faire, les guerres malheureuses en Irak et en Afghanistan et la crise financière de 2008 y sont parvenues: elles ont eu pour effet de retourner les Américains contre un engagement à l’échelle mondiale.

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bretirouge
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MessageSujet: Re: Si proche d'une troisième guerre mondiale ?   Mar 14 Fév - 8:19

Et comme nous sommes sur une côte atlantique attendons nous à recevoir une pluie de bombes  !!!!

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