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 Jéoffrécourt, ville factice !!!

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bretirouge
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MessageSujet: Jéoffrécourt, ville factice !!!   Jeu 8 Sep - 20:35

L'édition du soir

Militaire

mercredi 9 mars 2016
Jeoffrécourt, ville factice de l’armée française
Correspondance, Nicolas Montard

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Des blindés et des hommes en intervention entre deux immeubles. (Photo : Nicolas Montard)
ACTUALITÉ

Elle possède un hôpital, une mairie, une bibliothèque, deux lotissements, etc. Dans la vraie vie, Jeoffrécourt, dans l’Aisne, pourrait accueillir 5 000 habitants. Sauf que cette ville factice, absente des cartes de France, est réservée à l’entraînement militaire




Les coups de feu crépitent. Avec la fumée qui s’élève, difficile de distinguer réellement d’où vient l’action. Les soldats ont complètement disparu derrière la clôture de barbelés américains. Ils ont apparemment réussi à pénétrer dans un bâtiment. Par l’encadrement d’une fenêtre voisine, on distingue un homme qui échange par radio. Une nouvelle salve de coups de feu retentit. Plusieurs soldats quittent alors la bâtisse, à découvert. « Ils se sont fait surprendre par les hommes qui occupent la ville », indique l’adjudant-chef Xavier, qui n’a pas manqué une miette de la scène. 
Game over ? « Ils vont pouvoir revenir d’ici quelques dizaines de minutes, précise l’instructeur. Les soldats ont fait des centaines de kilomètres pour s’entraîner. Ils ne vont pas ne plus rien faire dès le premier jour ! »


L’un des deux lotissements construits. (Photo : Nicolas Montard)

Bienvenue à Jeoffrécourt. Cette commune, qui ne vous dit certainement rien, a vu le jour entre 2008 et 2012 au beau milieu de l’immense camp militaire de Sissonne (6 000 hectares) dans l’Aisne. Sa particularité : non habitée et évidemment interdite au grand public, elle est entièrement dévolue aux entraînements des forces armées. Celles-ci y trouvent un terrain grandeur nature pour préparer leurs futures interventions en zone urbaine lors des conflits.
Une vraie ville… mais vide d’habitants !
Déambuler dans Jeoffrécourt est bluffant et saisissant. La ville factice compte une centaine de bâtiments répartis en plusieurs quartiers. Il y a la zone dite moderne, composée de larges avenues et d’immeubles de quatre étages au maximum, dont l’hôpital. Après un rond-point, on découvre une zone industrielle avec des entrepôts et une grande surface. À gauche, en contrebas, juste après le parking souterrain, c’est le centre-ville historique, avec ses rues étroites où se côtoient bar-tabac, maison de la presse, notaire, mairie, lieu de culte et gare. Deux ensembles pavillonnaires, avec des maisons de lotissements, ont été construits un peu plus loin autour d’un terrain de football.


Seule concession à la réalité : les bâtiments ne sont pas meublés. Ni chauffés, alors que les soldats qui s’y entraînent vont aussi y passer la nuit ! (Photo : Nicolas Montard)

À l’intérieur de la plupart des bâtisses, aucun mobilier, mais les pièces sont bien délimitées et séparées par des murs. Un peu d’isolation et un coup de peinture et on pourrait presque y vivre ! La ville - fantomatique quand il n’y a pas d’entraînement - possède aussi son supermarché, lui meublé de linéaires en parpaings séparant les différents rayons et de caisses en béton à l’entrée. 
« Comme ça, quand les soldats entrent dans le magasin, ils sont dans des conditions quasi-réelles, reprend l’adjudant-chef, accompagné du sous-lieutenant Charlotte, officier de communication. Quand vous intervenez dans un tel bâtiment, vous ne savez pas ce qui se trouve derrière les linéaires. Jeoffrécourt est un condensé de toutes les situations que les hommes pourront rencontrer sur le terrain par la suite. On s’appuie sur nos expériences. »
Jeoffrécourt construit pour 5 000 habitants !
L’armée française possède d’autres villages d’entraînement. Mais aucun ne peut rivaliser avec Jeoffrécourt. Si cette ville était réellement habitée, elle pourrait accueillir 5 000 personnes ! Ce qui en fait le plus grand lieu du genre en Europe. Chaque année, 15 à 20 000 soldats - en majorité français, mais aussi des Anglais, des Belges, des Allemands, etc. - passent ainsi par le Centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) pour s’exercer. 
Les sessions durent deux semaines. Lors de la première, les hommes alternent théorie et cas pratiques dans la cité. Lors de la seconde, place à l’action. En général, ils ont quatre jours pour prendre possession de cette ville factice, objectif par objectif, avec des scenarii différents et adaptables au gré des événements et selon les équipes. « Comme sur le terrain en opération extérieure. »


La petite commune de Jeoffrécourt possède son chemin de fer et sa gare. Sans train. (Photo : Nicolas Montard)

Lundi, c’était le 35ème Régiment d’infanterie de Belfort qui s’y collait avec quelques confrères canadiens. Soit deux cents hommes et une vingtaine de blindés contre une trentaine de soldats et deux véhicules occupant la zone moderne (ceux qui tiennent le rôle des occupants font partie de l’équipe permanente du camp). Ce ne sera pas une mince affaire : « Les bâtiments de la zone moderne étaient propices à l’observation, confiera après coup le capitaine Luc, du côté des assaillants. Mais pour la plupart de mes hommes, qui ont entre 23 et 25 ans, c’était une grande première dans un tel cadre et donc un exercice intéressant. » Et intense. Selon nos indiscrétions, malgré l’absence de boîte de nuit à Jeoffrécourt, il n’était pas prévu que les soldats puissent dormir tout à fait tranquilles à la fin de leur première journée. Les forces d’occupation de la ville avaient prévu plusieurs ripostes nocturnes pour les maintenir en alerte.


La bibliothèque de Jeoffrécourt. (Photo : Nicolas Montard)




Les rues sont désertes. Lors des entraînements, il arrive que des militaires jouent aussi le rôle de civils, blessés dans les hôpitaux, ou se baladant dans la ville. (Photo : Nicolas Montard)





On se croirait dans une cité en guerre. Sauf qu’ici, on est à l’entraînement dans la plus grande ville du genre en Europe. (Photo : Nicolas Montard)




Si les panneaux et lampadaires sont parfois pliés ou vacillants, ce n’est pas de la volonté des architectes. Ce sont les blindés qui les ont abîmés en manœuvrant ! (Photo : Nicolas Montard)




Jeoffrécourt est certainement la seule ville de France où l’on risque de croiser des blindés. Mais inoffensifs pour l’entraînement. (Photo : Nicolas Montard)




La place principale de la ville, avec la mairie. Lorsqu’il n’y a pas d’entraînement, le village a des allures fantomatiques et très cinématographiques. (Photo : Nicolas Montard)

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