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 « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».

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MessageSujet: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Mar 21 Juin 2016 - 16:43

A.O.B.R

AMICALE des ORANIENS des BOUCHES du RHÔNE

Siège et local: 3, Bld d’Arras

13004 MARSEILLE

Tél. 04 91 91 43 56 - Secrétariat Tel : 04 91 68 34 26

aobr@hotmail.fr



Ecusson ORAN


COMMUNIQUE

Après Beaucaire, une autre ville rend hommage à nos morts et disparus. A la demande de l’Amicale des Oraniens des Bouches du Rhône, Eric le Dissès, maire de Marignane nommera un rond-point important de la ville « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».

L’inauguration aura lieu le vendredi 1er juillet 2016 à 18H30.

Ce rond-point est situé, à Marignane, au bout de la rue de Figueras, à l'intersection des rues Georges Carpentier et Georges Carnus. (Voir la PJ)

Comme nous l’avons fait à Béziers, comme nous devions le faire à Beaucaire, nous devons être très nombreux à cette cérémonie.

Nous devons soutenir les maires qui acceptent d’honorer ceux qui ont été abandonnés et jetés sans sépultures. Nous espérons ainsi que d’autres maires en France auront le même courage.

A quelques jours de l’anniversaire de cette date tragique, ignorée de tous, montrons que nous n’avons rien oublié et que nous attendons que la lumière soit faite sur ces atrocités.

Souvenons-nous ! Ne lâchons rien !

Jocelyne QUESSADA


ORAN… 5 JUILLET 1962 LE GENOCIDE


« J’écris dans ce pays que le sang défigure qui n’est plus qu’un monceau de douleurs et de plaies, une halle à tous vents que la grêle inaugure, une ruine où la mort s’exerce aux osselets. » (Louis Aragon - « François la Terreur »)

Ce jeudi 5 juillet ne paraissait pas devoir être, à Oran, une journée plus angoissante que les autres.

Comme depuis cinq jours, les Oranais s'éveillaient dans les rumeurs d'une foule qui avait déjà envahi la rue, ivre de promesses et de rêves.

On allait enfin connaître le bien être, le monde allait changer de face, le pactole allait couler.

Et la fête continuait... tandis que les Français qui étaient encore là bouclaient leurs valises ou attendaient, écrasés de soleil et de misère, un bateau sur les quais ou un avion aux abords de l'aérogare.

Un soulagement pourtant se faisait jour parmi ces Français-là.

Tous avaient redouté la date fatidique du 1er juillet (référendum) et plus encore celle du 3 juillet qui avait vu défiler sept katibas de l'ALN dans Oran.

Or, rien de ce qu'on avait craint ne s'était passé.

Les enlèvements se succédaient, certes, les attentats sournois au coin des rues, aussi, mais il n'y avait pas eu de déferlement de la masse musulmane et le chef de détachement des unités de l'ALN, le Capitaine Bakhti avait déclaré aux Européens :

« Vous pourrez vivre avec nous autant que vous voudrez et avec toutes les garanties accordées par le GPRA. L'ALN est présente à Oran. Pas question d'égorgements. Bien au contraire, nous vous garantissons une vie meilleure que celle que vous connaissiez auparavant ! »

De plus, le général Katz, en personne, avait estimé qu’il avait pris toutes les dispositions nécessaires pour que les manifestations du 5 juillet à Oran se passent dans le calme le plus absolu.

Avec le Capitaine Bakhti, il s’était engagé à ce que les réjouissances algériennes ne débordent pas en ville européenne. Pourquoi dans ce cas là s'inquiéter plus que de coutume ?

La fête marquant la célébration de l'indépendance  algérienne pouvait commencer...

Cependant, dès l'aube, le village nègre (quartiers arabes) se mit en mouvement et contrairement à ce qui avait été promis, ce furent des milliers de Musulmans qui déferlèrent vers la ville européenne, s'étourdissant dans les cris, les chants, les you-you des femmes.

Rien ne laissait encore prévoir le drame qui allait se passer.

Pourtant de nombreux Européens constatèrent que certains avaient une arme à la main et que beaucoup d'autres tentaient de dissimuler soit un revolver, un couteau, un fusil, une hache ou un gourdin.

Le doute n'était plus permis.

Alors les plus avertis se barricadèrent et on essaya de prévenir par téléphone les amis et la famille de ses craintes.

Place Jeanne d'Arc située devant la cathédrale, une Musulmane, après avoir poussé une série de you-you stridents, grimpa sur le socle de la statue équestre de la pucelle d'Orléans.

On lui tendit un drapeau vert et blanc qu'elle accrocha à l'épée que Jeanne d'Arc pointait vers le sol.

Une immense clameur accueillit cette action.

Survoltée par sa prouesse, la mégère entreprit, toujours juchée sur le socle, une danse du ventre endiablée, supportée en cela par des milliers de mains qui claquaient au rythme de la danse.

Il n'y avait plus de France en Algérie, il n'y avait plus de pucelle Française.

L’Algérie appartenait aux Algériens !

A midi moins dix, devant le théâtre municipal où s'était rassemblée la foule, un silence incompréhensible s'établit soudain.

Des responsables du FLN, étaient là, encadrant la meute et semblant attendre un signe.

Puis quatre coups de feu isolés se firent entendre.

C'était le signal !

Ce fut alors que plusieurs hommes, semblant mettre à exécution un plan mûrement réfléchi, partirent en courant dans toutes les directions, criant :

« C'est l'OAS, c'est l'OAS qui nous tire dessus !» entraînant par là même la foule qui se mit également à courir en criant « OAS, OAS, OAS ! »


De ce rassemblement qui se devait - aux dires de Katz - être pacifique, émergèrent soudain des hommes en armes qui, pour affoler les gens, tirèrent dans toutes les directions - y compris sur la foule - aux cris de « OAS assassins ! Sus à l'OAS ! »

Bientôt le feu fut dirigé sur les sentinelles françaises en faction devant la mairie, le Château-Neuf (là précisément où se tenait l'état-major de Katz) et l'hôtel Martinez qui hébergeait les officiers français.

Après un moment d'hésitation, les soldats français ripostèrent à leur tour avant de se barricader.

Ce fut là le point de départ du plus grand pogrom anti-européen que l’Algérie n’eût jamais connu.


Ce qui va se passer ce 5 juillet à Oran, sera insoutenable à voir.

Toutes les limites de l'horreur seront franchies.

Des centaines d'Européens seront enlevés ; on égorgera, on émasculera, on mutilera pour le plaisir, on arrachera les tripes des suppliciés, on remplira les ventres de terre et de pierraille, des têtes d'enfants éclateront contre les murs comme des noix, des hommes seront crucifiés, brûlés vifs ; des femmes seront violées puis livrées à la prostitution ; le sang se répandra en nappes tandis qu'au village nègre, les Européens encore vivants seront suspendus par le palais aux crochets d’abattoir.

Très vite, les Européens qui ne s’attendaient pas à ce déferlement de violence furent pris en chasse et bientôt ce ne fut qu’horreurs et abominations.  

Les cris de terreur trouvaient leur écho dans toutes les gorges des victimes pourchassées.

Il ne subsistait plus le moindre sang froid, plus le moindre germe d'humanité... Ce n'était plus qu'une avalanche de démence et de terreur. Le carnage était sans précédent. La puanteur uniforme de la mort avait remplacé les odeurs multiples de la vie.

Pendant ce temps, l'armée française se barricadait dans les postes de garde en position de surveillance.

Un hélicoptère survola la ville.

A son bord, le Général Katz essayait d’apprécier la situation.

D'après le rapport des sentinelles, sur la seule place d'Armes, il y avait au moins vingt cadavres d'Européens affreusement mutilés.

Mais du haut de son appareil, le « boucher d'Oran » - ainsi l'avaient surnommé les Oranais- crut pouvoir conclure que la ville semblait calme (!).

Tout était, apparemment, rentré dans l'ordre !

Il valait mieux éviter un affrontement avec le FLN, pensa-t-il !... et le drapeau français fut amené pour ne pas exciter davantage la multitude.

Chaque Européen était devenu proie, gibier face à la foule terrible, acharnée à sa joie, déchaînée, et quand ils apercevaient des véhicules de l'armée française, en proie à la terreur, tentaient d'y grimper… ils y étaient la plupart du temps repoussés à coups de crosse.  

C'était l'épouvante parmi eux. « Mais que fait l'armée, que fait l'armée ? » disaient-ils.

Ils entendaient encore les hauts parleurs des camions militaires promener dans toute la ville, le lancinant et rassurant appel : « Oranais, Oranaises, n'écoutez pas ceux qui vous mentent (sous-entendu, l'OAS).

L'armée est ici et restera pendant trois ans pour vous protéger. ».

C'était, les 26, 27 et 28 juin 1962 !

A dix sept heures, enfin, le bruit caractéristique d'un convoi de camions se fit entendre.

C'était la gendarmerie mobile, l'âme damnée du Général Katz qui prenait position.


Dès cet instant, comme par miracle, la manifestation prit fin et la populace disparut... mais il était trop tard.

Des centaines de cadavres jonchaient les rues, le sang avait maculé trottoirs et rigoles, les appartements étaient dévastés, les magasins pillés, les disparitions ne se comptaient plus, la ville avait pris le visage de l'apocalypse.

Pourquoi cette intervention s'était-elle produite si tardivement ?

Avait-on décidé de faire payer aux Oranais leur folie, leur passion pour l'Algérie française, leur trop grande fidélité à l'OAS ?

Où était passé le Capitaine Bakhti, l'homme fort, l'homme de confiance de Katz, qui avait déclaré le 3 juillet qu'il n'était pas question d'égorgement ?

La réponse est simple :

Paris, qui, grâce à ses renseignements, s'attendait à cette explosion de folie furieuse, avait ordonné à Katz « de ne pas bouger, de laisser faire ».

Et Katz, grosse brute bornée qui tirait vanité de sa servilité - même quand il s'agissait d'assassiner ou de laisser assassiner des Français ! - à la recherche constante d'une nouvelle étoile, obtempéra aveuglément.

Ceci est une certitude.

Les preuves matérielles foisonnent en ce sens.

Ce qui est incontestable, c'est que l'ordre de Paris, capté à la poste centrale vers 16 h 30, de faire cesser la tuerie eut instantanément son effet.

A 17 heures, tout était fini et la ville abasourdie était plongée dans un silence de mort, de cette mort qui pendant six heures s'était abattue sur elle. Katz quant à lui, pouvait être fier :

Il avait obéi aux ordres et une quatrième étoile allait récompenser sa fidélité.

Cependant dans la cité meurtrie, l'angoisse étreignait les survivants.

Chacun tremblait pour les siens, les gens se cherchaient, beaucoup demeuraient encore cachés de peur de voir la tornade s'abattre de nouveau.

Le nombre des disparitions augmentait d'heure en heure, aggravant le tourment des familles.

La morgue était pleine à craquer et une odeur fétide s'en dégageait.

On en refusa bientôt l'entrée et les corps entassés, mutilés, étaient méconnaissables.

Dans la ville arabe et au Petit Lac, le tas des tués était plus incohérent et plus dense.

Il s'échappait une odeur fétide, insupportable, une épouvantable pestilence.

L'on pouvait voir, trempant dans des bains répugnants, les viscères des malheureuses victimes et sur un mur, tracé d'une main maladroite, l'on pouvait lire : « Les boyaux des Français »...

Et toujours cette liesse, et toujours ces cris « Mort aux Chrétiens ! »...

Et toujours cette foule frénétique, fanatique, cette même foule qui, quelques mois plus tard, n'obtenant rien des promesses invoquées tout au long de la guerre et réduite soudain à la famine, émigrera en France avec une mine attristée et des yeux de douleur, dans cette Patrie qu'ils auront eu plaisir à humilier et dont ils auront persécuté avec délice ses enfants.


José CASTANO

(joseph.castano0508@orange.fr)


Avec toute notre gratitude

Bravo et Merci Monsieur le Maire !

Merci à Jocelyne QUESSADA, présidente de l’AOBR, pour sa magnifique initiative



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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Mer 22 Juin 2016 - 9:23




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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Ven 24 Juin 2016 - 14:53

Je suis assez surpris , par le silence qu'a occasionné cette article .

Je pensais , que le 05 Juillet  approchant , certains allaient se manifester .

Non , encore un qui passe dans les oubliettes .

J'ai envoyé un Mail a l'AOBR pour confirmer notre soutient .

Perso , j'ai fais mon "Devoir de Mémoire"


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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Sam 25 Juin 2016 - 14:17

Je "Relance" la roue de votre bonne Fortune .

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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Sam 25 Juin 2016 - 15:40

Tout le monde bosse JP !! et  même moi, je viens de faire de la ratatouille, puis chez René , et promenade de Iron, j'arrive !! Et j'ai soif !!!!

Mais je n'oublie pas les évènements du 5 juillet qui ont endeuillé le monde Pied-Noir d'Oran, et les massacres abominables faites par ces bons musulmans qui paraissaient si placide auparavant

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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Sam 25 Juin 2016 - 16:40

Gus , mon Ami ;

Cette article est en ligne depuis le : Mardi 21 Juin  et j'ai fait 3 relances .

Nous sommes le 25/06 .

Deux solutions :

Ou les membres a 90% ne savent pas lire le Forum .

Ou , ils postent en surveillant que leurs articles .

Je bosse moi aussi , il m'arrive également de zapper , mais il est facile de consulter les messages du jour et de prendre 5 minutes , même pour ne mettre qu'un smiley .

Nous avons des membres qui nous ont quittés , face a l'indifférence de certains .

Enfin .....................comme dit notre Ami Guy : BOF  

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MessageSujet: 5 juillet 1962   Sam 25 Juin 2016 - 17:22

tu as raison JP

TEMOIGNAGES 5 JUILLET à ORAN

TÉMOIGNAGE DE
Monsieur J.Henry FOURCADE
Le témoin était en 1962 juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance d'Oran et Président du Tribunal Militaire de Colomb-Béchar.
"En ce mois de juin 1962, la population d'Oran désabusée et soumise à l'inquisition permanente et meurtrière prépare son déménagement qu'elle pressent devoir
être définitif. Dans la dernière quinzaine de juin, des camions de l'armée munis de haut-parleurs parcourent les rues de la ville et des faubourgs pour rassurer la
population et lui affirmer que l'armée restera pendant trois ans pour assurer la sécurité des personnes et des biens.
Des fenêtres, on entend monter les cris de "menteurs". L'épouse du commandant Olivier, de l'Etat-major du Général Katz qui habite notre immeuble, nous précise
que cette affirmation est effectivement mensongère car l'armée doit être consignée donc incapable d'assurer toute mission extérieure à ses casernes.
Cette lourde inquiétude est aussi palpable au sein du Palais de Justice. Aussi, dans les derniers jours de juin, les chefs de la Cour d'Appel saisissent
officiellement le Général Katz qui semble investi de tous les pouvoirs, pour lui demander si, après le 2 juillet, les magistrats doivent continuer à assurer leur service
ou bien, avec leur famille, se regrouper dans des locaux prévus à cet effet. Par retour du courrier, le Général Katz précise que les magistrats doivent rester à leurs
postes et que leur sécurité et celle de leurs familles serontassurées quoi qu'il arrive.
Le 2 juillet, le référendum sur l'indépendance de l'Algérie se déroule sous le contrôle armé du FLN, donc sans surprise.
Le 3 juillet, les européens, par prudence, restent chez eux. Par contre, les musulmans envahissent les rues du centre ville où on ne les voyait plus depuis quelques
temps. Il faut rappeler qu'Oran est, à ce moment, une ville de 400.000 habitants dont 80.000 musulmans.
Le 4 juillet, la vie reprend progressivement son cours, mais, l'après-midi, les musulmans paraissaient très nerveux et les regards de certains ne laissaient aucun
doute sur leurs sentiments. En fin d'après-midi, je vois des colonnes de voitures circuler en ville à une vitesse folle. On sent que quelque chose se prépare. Le
Général Katz, qui doit être renseigné, ne donne à la population aucune consigne de prudence.
Le 5 juillet est l'anniversaire de la capitulation d'Alger en 1830. La victoire du FLN représente une suprême revanche. C'est donc jour férié pour les musulmans.
Je quitte vers 9 h 30 mon appartement situé quartier Bel-Air, au-dessus de la nouvelle préfecture, pour me rendre, avec Louis Daste, substitut au Tribunal, rue de la
Bastille pour faire des provisions car beaucoup de commerces sont fermés. Tout paraît normal. De là, nous nous rendons au Tribunal, Square Garbé. Un moment
plus tard, nous entendons des coups de feu provenant de la ville, suivis bientôt d'une vraie fusillade. Comprenant qu'il se passe des événements graves, nous
fermons les grilles extérieures et la porte en bois monumentale du Tribunal.
Après un moment d'attente, nous voyons apparaître sur le square des hommes armés parmi lesquels on reconnaît des uniformes de la force locale.
Certains prennent position derrière le kiosque à musique, d'autres, réussissant à ouvrir des voitures en stationnement devant le Tribunal, les mettent en marche,
quelques uns percutant directement les arbres du square.
Les embusqués derrière le kiosque à musique, voyant des personnes regarder de l'intérieur du Tribunal, par les fenêtres, se mettent à tirer sur ces fenêtres et sur la
porte centrale. Nous pensons que l'assaut va être donné au Tribunal. A peine une vingtaine de personnes, magistrats et employés du Tribunal et de la Cour d'Appel,
sont à l'intérieur du bâtiment, sans la moindre arme.
Le Général Katz avait fait enlever des pièces à conviction des armes à feu et même les simples couteaux. Donc, aussitôt, le magistrat présent le plus gradé, l'avocat
généra! Lapeyre, téléphone au Général Katz pour l'informer de ce qui se passe et lui demander d'intervenir aussitôt, selon les indications de sa missive dont l'encre
est à peine sèche. Le général Katz répond qu'il va faire le nécessaire. Le temps passe. Puis l'avocat général rappelle l'Etat-major pour s'étonner du retard. Un
officier embarrassé l'informe que le général est parti et qu'il n'a laissé aucune consigne à notre sujet.
Nous comprenons que nous sommes abandonnés à notre sort. L'avocat général téléphone alors à la gendarmerie qui donne aussi sur le Square Garbé, à la
perpendiculaire du Tribunal. Le colonel(1) l'informe que ses hommes sont en position de combat pour repousser une attaque éventuelle, mais qu'il a l'ordre formel
de ne pas intervenir à l'extérieur de la caserne. Il ajoute qu'il prendrait sur lui d'intervenir en cas d'attaque directe du Tribunal. L'aurait-il fait ? L'assaut sur le
Tribunal n'est en effet pas tenté. Le temps passe. Impossible de prévenir nos familles, car, si le téléphone est maintenu pour les administrations, il est coupé depuis
un certain temps pour les particuliers.
Brusquement, on entend des ordres brefs en arabe et on voit une foule de musulmans venant de la ville traverser le square en courant en direction du quartier
arabe.
Le Square Garbé se vide et retrouve un silence complet. Peu après, un camion de fusilliers-marins s'arrête devant le Tribunal.
Le chef du détachement nous indique qu'il va nous raccompagner à nos domiciles respectifs. En passant près du Commissariat, nous voyons des membres de la
force locale y faire pénétrer des européens. Les rues sont désertes.
Il est 17 h environ lorsque je retrouve mon épouse éplorée et mon dernier fils, âgé de 20 jours.
Le lendemain, nous apprenons que l'Amiral commandant la base de Mers-el-Kébir est intervenu à Oran après une conversation orageuse avec le Général Katz qui
refusait de le faire.
La fille du concierge du Tribunal, musulmane qui séjournait chez des amis arabes dans leur quartier m'indiqua plus tard que des camions chargés d'européens
arrivaient le 5 juillet sur la place du quartier. Les malheureux étaient déchiquetés par la foule qui piétinait les lambeaux de chair.
Le beau-père et le beau-frère d'un cousin de mon épouse, Serge Ribaud qui étaient descendus en ville n'ont jamais reparu.
En 1985, alors que j'étais Président de la Cour de St Denis de la Réunion, un fonctionnaire me déclara un jour qu'il accomplissait son service militaire à Oran,
et qu'après les événements du 5 juillet, l'armée avait retiré de nombreux cadavres d'européens du Petit Lac, à la sortie d'Oran.
Pau, le 30 janvier 1999
JEAN-HENRY FOURCADE
Je précise que la présente déposition peut-être produite en justice et que je connais les peines prévues en cas de faux témoignage.
---==oOo==---
(1) - Le colonel Pérolaz, Commandait la Légion de Gendarmerie d’Oran en juillet 1962.
G.Ibanes se souvient très bien avoir reçu l’ordre du Colonel de ne pas intervenir pour porter secours aux Français poursuivis par les arabes du FLN.
Par contre les personnes se présentant au portillon, la grande porte étant verrouillée, étaient accueillies et mises à l’abri.
Lorsque le calme fut revenu vers les 18h,elles furent transportées en véhicules jusqu'à leur domicile pour celles qui le désiraient.
G.Ibanes, gendarme, était sous les ordres du Colonel PEROLAZ, et a été un témoin oculaire avec ledit Colonel, ainsi que de nombreux autres officiers et sousofficiers
qui assistaient impuissants depuis leurs fenêtres lors des évènements du 5 juillet 1962 particulièrement ceux du Square Garbé où était situé le bâtiment de
la Gendarmerie.
Le palais de justice se trouvait juste en face dans une petite rue à gauche par rapport à la Gendarmerie.
G.Ibanes confirme l’exactitude du témoignage de Monsieur le Juge d’Instruction Jean-Henry FOURCADE.
G.Ibanes déclare être prêt à témoigner devant la Justice Nationale ou Internationale sur de nombreux autres crimes commis par le FLN dans les circonscriptions où
il était en poste depuis le début des évènements jusqu’au jour de son banissement de sa terre natale en Août 1962.
G.Ibanes précise connaître les peines prévues en cas de faux témoignages mais que son
intention n’a d’autre but que de servir la Justice, la vraie.
---=oOo==---
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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Sam 25 Juin 2016 - 17:37

Merci Guy pour ces précisions .

Petite photo de "Gendarmes Mobiles" français , a l'époque .




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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   Sam 25 Juin 2016 - 19:58

Cela n'a pas était beau non plus, surtout da la part de Français mais les Français ne sont pas tous pareil !!!!

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MessageSujet: Re: « Rond-point du 5 juillet 1962, hommage aux victimes d’Oran ».   

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