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 8 jours chez Bigeard fevrier 1958

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bretirouge
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MessageSujet: 8 jours chez Bigeard fevrier 1958   Dim 28 Fév 2016 - 16:16

Les Nementchas-

(Montagne faisant barrage au Sahara )










La Tunisie vient d'obtenir son indépendance, ce qui permet aux FLN d'avoir des bases d'entrainements sur le sol tunisien et d'avoir de l'aide des pays de l'Est sans aucun problème.

Des camps d'instructions de jeunes recrues basés certains à la frontière Algéro-tunisienne, permettent à ceux-ci de passer régulièrement chargés d'armes et d'équipements moderne pour les katibas de l'intérieur. Une véritable armée encadrée et commandée par des chefs ayant reçus une instruction de guerre suffisante pour commander une katiba (100 djounhoudes).

C'est vers le mois de juin 1957, qu'un barrage électrifié le long de la frontière algérienne voit le jour, ordonné par le ministre de la défense André Morice et conçu de façon élaborée de Bône à Tebessa, travail de longue haleine rendant la frontière étanche aux passages des renforts FLN. Il sera prolongé par la suite jusqu'à Négrine. Cette ligne Morice longue de 380 kilomètres était équipée de postes de surveillance. Des unités blindées, patrouillaient sans cesse en half-tracks ou engins blindés de reconnaissance entre deux lignes de barbelés minés piégés, les passages des rebelles se faisant toujours de nuit. L'aviation protégeant de jour le réseau électrifié. La Marine possèdait de l'artillerie lourde comme à Soukiès avec des canons de 155 long .




Dimanche 26 février 1958




l'Escadron est consigné, pour un départ imminent de notre base de Sidi-Ferruch au bord de la mer et dans les bois de pins.  Bertho et Cadet de la voltige revenant de permission de France arrivent à point pour cette aventure dans les Nemetchas. René Cadet, savoyard de naissance,  avec son petit bégaiement me dit: « c'est vache! Ils auraient pu attendrent que je face une bulle ! Avant de retourner dans le djebel ! » Je lui réponds en riant: «  tu vas pouvoir la faire la bulle on a plus de 500 kilomètres à se taper en jeep! » .

Une partie du régiment part par le train, et avec les véhicules du 3e RPC de Sidi-Férruch un convoi est formé avec une protection d'unités blindés.



Mardi 28 février



Le départ est donné à 7 heures. Une longue file de Jeeps, 4X4, 6X6,GMC, Half-tracks et autres blindés, partent en direction de Sétif ou nous arrivons à 19 heures dans un camps du Génie et Matériel, les locaux sont chauffés pour passer la nuit et le repas servis dans les cuisines du centre.



Mercredi 29 fevrier



Il pleut, nous roulons à bonne allure et passons Constantine et faisons une halte vers 14 h à Aïn-Beïda et de là, Youks-les-Bains notre base distante de Tebessa d'une vingtaine de kilomètres . Nous débarquons fatigués à 17 heures, il ne cesse de pleuvoir et les toiles de tente ne sont pas dréssées! En avant pour le montage dans un terrain en lisière du village.

Cet endroit possède des sources d'eau chaude que les Romains avaient mis à profit en érigeant une cité avec des thermes magnifiques ayant résisté au temps, le carrelage du bassin de 3mètres sur 3, le bain est d'une conservation étonnante..

Le lendemain nous aménageons notre espace, dans une grande cour entourée de murets, l'embellissemens notre camp provisoire se précise avec panneaux indiquant la compagnie, le mât aux couleurs est dressé entouré de piquets peints rouge et blanc relié par une corde blanche, nous délimitons l'emplacement des tentes par des rangées de pierres.



  jeudi   1er mars 1958



Le sport pour tous en short bleu et survêtement bleu ou sont cousu dans le dos E.J.A. (escadron de jeeps armées), puis douche dans les thermes romains. N'ayant pas de lit, nous avons des enveloppes que nous remplissons de paille de façon à nous faire une isolation du sol, nous recevons des rations collectives améliorés par l'achat de poules avec notre pécule.

Le temps brumeux et froid omniprésent la nuit, me fait dormir avec mon pull.



2 mars



Sport sous une pluie continue, retour pour les corvées: nettoyage du camp et de ses abords, l'imparable corvée de pluche car nous mangeons chaud. L'électricité est installée dans les tentes. Puis l'après-midi une partie de foot. Nous n'avons pas de courrier depuis 8 jours, çà râle dans la compagnie.

Nous sommes prévenu d'une opé demain, départ 2h 30 à pied pour une marche de 10 kilomètres dans le djebel accolé au village de Youks-les-Bains, un bouclage à l'échelle régimentaire de la zone à traiter. Nous sommes à la disposition du général Vanuxem qui sera remplacé par le général Sauvagnac. Cette région de l'Est-Contantinois ou les passages de bandes sont fréquents; notre rôle va être de les intercepter dans une suite d'opérations coups de main intitulé « soukiès I et II» les bandes rebelles franchissants le barrage électrifié doivent être démantelées ainsi que l'organisation politico-militaire de cette région.



3 mars



Le réveil à 1h 45 ne réjouit personne, je secoue Martignon qui dort comme une souche, rien à faire, je vire le lit «  tu m'emmerdes ! J'ai le temps! » dit-il d'un air grognon « je réponds.« et bien tu vas galoper tout à heure ! »

je bois mon jus et après un coup de brosse sur les dents je m'équipe, le caporal/chef Thévenon passe voir si tout le monde est prêt, je lui fait signe du pouce en direction du dormeur, il attrape le lit et le retourne brusquement, un grognement de colère, Martignon la bouche mauvaise regarde qui à put faire çà mais il s'arrête en voyant le sergent qui pousse un coup de gueule dans sa direction, affolé, il tourne en rond cherchant ses affaires répandues un peu partout, alors que tout le groupe est équipé.

Le départ à pied de la compagnie démarre avec mon gars à moitié brêlé de son équipement, le lieutenant lui met une grosse bourrade dans l'épaule avec un avertissement sérieux, pourtant notre chef de section est un mec super sympa, mais il n'aime pas les tires-au-cul.

Nous marchons une dizaine de kilomètres pour boucler une vallée à côté de Youks-les-Bains, le djebel alentour et un formidable tas d'éboulis de roches énormes truffées de grottes, nous devons rassembler tout les mâles du coin pour interrogatoire. Quel crapahut ! Sur des sommets dépassants 1000 mètres, le cabo/chef en a le souffle coupé. Un arrêt casse-croute est nécessaire pour la poursuite de notre besogne, nous avons déjà une trentaine de gus qu'il faut diriger sur notre PC pour continuer le ratissage. Le soir arrive, nous avons l'autorisation de dormir dans un gourbi, je trouve un vieux tapis, et me couche dessus je suis réveillé en pleine nuit par des démangeaisons, se sont des poux de corps qui me bouffent la peau, quel poisse! Je vais finir la nuit dehors en me grattant de plus belle.



4 mars



Le soleil est éclatant , je me suis mis à poil et me frotte la peau avec de la poudre que ma donné l'infirmier nous ramassons encore des arabes et les remettons à la 2e compagnie de lieutenant Cabanne, puis direction notre base avancée en passant dans un petit bled du nom de Youkous, nous faisons encore une rafle de gus aussitôt dirigé sur le PC. Je descend des passages tellement raides que je glisse sur les fesses pour atteindre le fond du talweg, en face la paroi est truffée de grottes presque inaccessibles, je joue les alpinistes pour atteindre l'entrée, des traces de bivouac dans certaines, prouvent quelles servent aux rebelles pour s'abriter. Arrêt de la fouille, nous rentrons au bercail.



5 mars



Nous partons pour Bir-el-Ater en renfort du 8e R.P.C. qui a accroché et qui a des pertes. Il est 1 heure et le pluie tombe a seau, on boit un jus préparé aux cuisines, et

à 2 heures départ direction Chéria puis Bir-el-Ater. Vers midi nous sommes sur les lieux et çà bouge dans le coin, l'aviation, les chars, 5 Bananes (hélicoptère à double rotor), les fells sont partis laissant des cadavres et 2 blessés sur le terrain, trouvé par une compagnie de notre régiment, finalement nous rentrons à la maison, balloté de 16 à 20 heures sur des pistes de tôle ondulée (fines ondulations faites par le vent obligeant les véhicules à rouler soit à 10 ou 60 km heure pour ne pas ressentir les vibrations engendrées .



    Vive Bigeard ........

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MessageSujet: Re: 8 jours chez Bigeard fevrier 1958   Dim 28 Fév 2016 - 18:46

Tous anciens d'iNDO et SAS pour certains,le 3ème sergent Pellegri Corse, et Crapart le 5ème ancien commando autonome, le 1er ancien de France Libre et du 6 de Bigeard, tous avec Légion d'Honneur

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8 jours chez Bigeard fevrier 1958
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