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 QUI CONNAIT LE GENERAL AILLERET? 19 MARS 1962

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Athos79
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MessageSujet: QUI CONNAIT LE GENERAL AILLERET? 19 MARS 1962   Dim 14 Fév - 16:15

SOURCE : LETTRES DIPLOMATIQUES
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EDITE PAR HUBERT THE MAQUIZARD



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lol! lol!
Stratégie
Charles Ailleret
La pensée stratégique française contemporaine

Par François GERE, le 14 février 2016  ( EXTRAIT)

François Géré est Directeur de l’Institut Français d’Analyse Stratégique (IFAS). Il se spécialise à partir de 1980 dans l’étude des différents courants de la pensée stratégique française et américaine depuis 1945.

   
La pensée du stratège français Charles Ailleret (1907-1968) nous apparaît aujourd’hui comme un itinéraire rationnel sur un chemin stratégique semé de paradoxes toujours actuels. C’est pourquoi il importe de le bien connaître. Dans le cadre de sa série consacrée au grands stratèges français, François Géré présente une étude richement documentée, puissamment pensée et clairement rédigée :
Le parcours de Charles Ailleret ; Méthode de raisonnement et interactions intellectuelles ; Convaincre , l’inlassable pédagogue (1950-1960) ; Le champ de bataille à l’ère nucléaire (1950-1962) ; Genèse et élaboration de la stratégie de dissuasion nucléaire française ; Stratégie nucléaire et liberté d’action politique (1965-1968).

Repères chronologiques pour Charles Ailleret

Né le 26 mars 1907 à Gassicourt (Seine et Oise).
1926 entrée à Polytechnique où il choisit l’artillerie.
1944 Commandant de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) pour la zone Nord ; déporté à Buchenwald
.
1947-49 commande une unité parachutiste

1952 Commandant des Armes spéciales (Terre)
13 février 1960 dirige le premier essai nucléaire français « Gerboise bleue » sur le site de Tanezrouft-erg Chech (Reggan).

Juin 1960 Commandements en Algérie (Constantinois).
Avril 1961 s’oppose au putsch des généraux en Algérie

9 juin 1961 nommé par De Gaulle commandant supérieur des forces en Algérie.

Mars 1962, rue d’Isly dans le quartier algérois de Bab el oued la troupe ouvre le feu sur une manifestation interdite des « pieds-noirs »
.
15 juillet 1962 choisi pour occuper le poste de Chef d’état-major des Armées (CEMA).

9 mars 1968 décès dans un accident d’avion.

Charles Ailleret

I. Le parcours de Charles Ailleret
Polytechnicien, artilleur, résistant et déporté. Ces quatre termes permettent de cadrer une personnalité peu expansive. Esprit critique, volontiers provocateur et abrupt, Charles Ailleret se confiait peu. L’humour décapant confine parfois au sarcasme cruel. Ses carnets (non publiés) le révèlent peu enclin à l’indulgence pour la bêtise, le conformisme et l’insuffisance de caractère. Lucien Poirier a connu Ailleret en Algérie, sur le barrage, mesurant la clairvoyance mais aussi la dureté du chef. [1] Les deux livres de mémoires d’Ailleret et ses carnets révèlent un contestataire non de l’ordre militaire mais de ses scléroses, des pesanteurs hiérarchiques, de tout établissement figé et conformiste. Lors d’une conférence à l’Ecole de guerre devant un parterre d’officiers plutôt traditionalistes, il déclare : « De nos jour il vaut certainement mieux prendre Le Pirée pour un homme qu’un volt pour un ampère. » [2] « Général du contingent » lui a-t-on jeté à la figure. Mépris de caste qu’il assume au point d’en faire le titre de ses mémoires d’Algérie. S’il avait un avenir programmé d’inspecteur général de l’artillerie, des circonstances exceptionnelles et une personnalité hors normes en décidèrent tout autrement. Par la force des choses Ailleret s’est en effet trouvé engagé dans la lutte contre l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) qui plastiqua son domicile parisien. Peu de chefs militaires auront été autant critiqués, voire haïs, sauf peut-être de Gaulle lui-même. C’étaient pour les ultras des hommes à abattre. Aussi sa mort accidentelle a-t-elle suscité les plus étranges affabulations. On y a vu la main de l’OAS bien sûr mais tout autant de la CIA. Il est vrai que l’on vivait alors une époque tourmentée où les avions explosaient fréquemment (Dag Hammarshoeld, secrétaire général des Nations Unies, Patrice Lumumba, Errico Mattei (patron de l’ENI, Agence nationale italienne des hydrocarbures).

De tous les penseurs de la stratégie française contemporaine, hormis de Lattre, c’est celui qui est monté le plus haut dans la hiérarchie militaire. Car lorsqu’il s’agit en 1962 de choisir un nouveau CEMA, de Gaulle donna la préférence à Ailleret sur Beaufre. Le chef de l’Etat appréciait le technicien de l’atome et l’originalité d’une personnalité qui n’avait pas hésité à se démarquer des mentalités traditionnelles et savait regarder à distance le corps militaire. [3] En conséquence, Ailleret se fait une certaine idée de la stratégie fondée sur le niveau de responsabilité décisionnelle. Beaufre ne dit rien d’autre : « cette stratégie est celle des chefs de gouvernement, assistés de leurs chefs d’état-major de la Défense nationale. ». [4] Et d’ajouter : « pour moi la stratégie n’est pas un art ou une science mais un niveau d’où l’on examine et d’où l’on traite les questions relatives à la guerre, que ce soit pour la préparer et pour la conduire ou pour utiliser à des fins politiques les situations qui en résultent ». En somme la stratégie c’est ce que je fais, moi CEMA. Ailleret distingue la stratégie militaire « où les commandants en chef préparent et conduisent les opérations » et la stratégie gouvernementale : « niveau de ceux qui décident de la guerre et qui en assurent ensuite la conduite d’ensemble en fixant aux commandants en chef les buts qu’on leur demande d’atteindre » [5] Cette hiérarchisation reconnaît la prééminence du politique et assigne aux chefs militaires un rôle d’exécutants techniques. Ailleret remarque cependant que « les deux stratégies réagissent donc l’une sur l’autre » et sont difficiles à dissocier.


Le mot stratégie désigne leur unité dynamique. Ailleret souligne également que le gouvernement n’est que le représentant du peuple dont la volonté et le soutien constituent la condition suprême de l’exercice de l’autorité politique. La conception d’Ailleret de la relation entre autorités civiles et militaires détermine son approche à l’égard du rôle de l’arme atomique dont il a immédiatement reconnu la nature éminemment politique.

Partant de l’objet concret, de sa nature technique et des incidences militaires opératives du feu nucléaire, Ailleret remonte graduellement vers les niveaux supérieurs de la stratégie, atteignant au niveau politique. Conformément à sa conception, il suspend là sa démarche, laissant à l’autorité gouvernementale le soin et la responsabilité de la prise de décision. Cependant il est bien exact que sa confiance dans cette autorité est totale. Cette conception générale perdure, identique en son principe, jusqu’à nos jours. Elle procédait, à l’époque, me semble-t-il, de la relation de très forte d’empathie entre Ailleret et de Gaulle. Par la suite, d’un président et d’un gouvernement à l’autre, elle deviendra plus institutionnelle mais immuable.
C. Ailleret. Conférence au Collège de l’OTAN
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