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 OPEX Rwanda Opération "Turquoise"

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bretirouge
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MessageSujet: OPEX Rwanda Opération "Turquoise"   Dim 24 Jan - 8:25

Les Opérations Extérieures : Rwanda


  Rwanda

  
Rappel historique :
Le Rwanda, ou Ruanda, petit état de 26.000 kilomètres carrés enclavé au cœur de l’Afrique équatoriale, est habité par une population essentiellement rurale estimée, au début des années 1990, à 7.000.000 d’habitants, dont plus de 80% sont Hutus, 15% Tutsis et 5% Pygmées.

Depuis des siècles, au Rwanda, le pouvoir était aux mains d’un roi issu de l’élite tutsie, régnant sur les différentes chefferies.

En 1899, le Rwanda devient un protectorat allemand, mais, à l’issue de la première guerre mondiale, la Société des Nations donne à la Belgique, le mandat d’administrer le pays, qui passe sous la tutelle de l’ONU en 1946, puis, devient indépendant en 1962.

Cependant, soutenus par les autorités de tutelle, les Hutus se sont employés à inverser l’ordre coutumier et en 1973, un coup d’état porte au pouvoir un Hutu, le général Juvénal Habyarimana.

 Une « chasse aux sorcières » commence, qui voit la minorité tutsie progressivement dépouillée de ses prérogatives. En 1990, plusieurs centaines de milliers de Tutsis qui ont été chassés ou se sont enfuis du pays, créent un mouvement politico-militaire, le Front Patriotique Rwandais (FPR).

Les casques bleus ont interdiction de recourir à la force…

En août 1993, après diverses péripéties, des accords de paix sont contractés entre le président Habyarimana et le FPR, aux termes desquels celui-ci sera représenté au sein d’un gouvernement de transition.
 L’ONU garantit la paix, au moyen de 2.500 hommes détachés au Rwanda dans le cadre de la MINUAR, mais qui ont interdiction de recourir à la force…

Au cours de la même période, des dizaines de milliers de jeunes Hutus sont mobilisés et envoyés dans des camps où ils sont entraînés au maniement d’armes par les milices du Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND), et celles du Hutu Power.

Des dépôts d’armes à feu, d’armes blanches et de munitions sont constitués. Au début de l’année 1990, le président Habyarimana fait lui-même distribuer des armes dans toutes les communes…

Dés cette époque, des avertissements très clairs sont lancés par certains coopérants militaires, belges et français, qui dénoncent la situation d’extrême danger ainsi créée ; afin d’être en mesure d’agir, ils réclament des renforts ainsi qu’une modification de leur mandat.

 Rien n’y fait ; l’ONU se limite à exprimer officiellement ses inquiétudes mais pour autant, continue à interdire à la MINUAR toute action.
Le Rwanda est devenu un baril de poudre et par ce manque de prescience et de réactivité, l’ONU ne fait rien pour en couper la mèche. Il ne manque plus que l’étincelle pour que la plus épouvantable des tragédies se réalise. Cette étincelle se produit le 6 avril 1994 : l’avion transportant le président Habyarimana, qui est accompagné du président du Burundi, est abattu par deux missiles au dessus de Kigali, la capitale rwandaise.

Une épouvantable tuerie commence…
C’est le signal…

Les Hutus, saisis d’une frénésie de mort, s’emparent des armes stockées depuis plusieurs mois et se livrent à l’extermination de la population tutsie. La tuerie est organisée, systématique.

 Il ne doit rester aucun témoin ; tous les hommes, femmes et enfants tutsis doivent disparaître et sont abattus à coups de machette ou de bâton.
Cette folie sanguinaire qui s’étend à tout le pays, va durer trois longs et terribles mois, et coûter la vie à plus de 500.000 êtres humains, c'est-à-dire, plus de la moitié de la population tutsie.


Mais les Tutsis du FPR, soutenus par l’Ouganda, réagissent et lancent une offensive contre les milices hutues, qui sont défaites. Le 4 juillet 1994, l’armée tutsie, l’APR, prend Kigali et Butaré ; Paul Kagamé, le chef du FPR, est porté au pouvoir.

Le gouvernement hutu, son armée et ses milices, entraînant de nombreuses populations dans leur exode, s’enfuient alors en masse vers les pays voisins, et notamment au Zaïre. Deux millions de réfugiés vont ainsi arriver en quelques jours à Goma.

Le 19 juillet 1994, un gouvernement d’union nationale est créé entre le FPR et sept autres partis politiques rwandais.

Selon l’organisation MSF, le FRP installé au pouvoir aurait alors à son tour, laissé mourir ou exécuté 200.000 Hutus, convaincus d’implication dans le génocide tutsi.

Le 8 novembre 1994, l’ONU adopte une résolution ordonnant la création d’un tribunal international pour le Rwanda, afin d’identifier et de juger les organisateurs et les auteurs des crimes contre l’humanité qui ont été commis.

      Le rôle de la France  

C’est en 1990 que des accords de défense avaient été conclus entre le président français François Mitterrand et le président rwandais Juvénal Habyarimana, à une époque où le problème ethnique entre Hutus et Tutsis existait déjà.

A ce titre, au cours des années qui suivirent, la France fut appelée à fournir son assistance militaire à l’armée rwandaise, dont l’effectif atteint 50.000 hommes. Un officier supérieur français est nommé conseiller du chef d’état-major de l’armée rwandaise et 600 hommes des forces spéciales constituent l’encadrement.

Il est enjoint aux forces françaises de se retirer
Cependant, à la suite des accords de paix d’Arusha en Tanzanie, entre le gouvernement rwandais hutu et le FPR tutsi, et conformément à ceux-ci, il est enjoint aux forces françaises de se retirer, ce qui est exécuté, en sorte que le 6 avril 1994, lorsque commencent les tueries, il ne reste à Kigali que 24 militaires français et moins de 500 « casques bleus » sous-équipés.

Au cours des semaines suivantes, près de 2.000 hommes des armées occidentales, dont 450 soldats français, sont envoyés au Rwanda, avec pour mission l’évacuation des ressortissants étrangers.

A la mi-juin 1994, la France lance « Turquoise », une opération humanitaire autorisée par le Conseil de Sécurité de l’ONU.
Les forces françaises, qui comptent 2.500 hommes et ont installé une base à Goma, au Zaïre, pénètrent au Rwanda au niveau de Cyangugu.

 Leur mission est de faire cesser le génocide, en créant une zone humanitaire dans le sud-est du pays. Des milliers de réfugiés arrivent dans celle-ci : membres du gouvernement intérimaire, miliciens hutus et populations civiles.

Les troupes françaises disposent d’avions Mirage et Jaguar, d’hélicoptères de combat, et d’une centaine de blindés. Mais à cette période, le FPR et l’armée tutsie contrôlent déjà le reste du Rwanda.
La mission des soldats français de l’opération « Turquoise » accomplie, le gouvernement français fait appel à l’ONU pour assurer leur relève.

     NDLR  
Il a été reproché à l’ONU et aux puissances occidentales, en particulier à la France, leur passivité, voire leur complicité ( !), dans l’effroyable tragédie du Rwanda.

Une telle critique est aisée, mais elle ignore un fait pourtant évident : les responsables des massacres du Rwanda sont ceux qui, pour des raisons raciales, ont mis à mort des centaines de milliers d’innocents, et ceux qui ont prémédité et organisé de telles atrocités.

L’entraînement dispensé par la mission d’assistance militaire française, dans le cadre des accords pris régulièrement avec le gouvernement rwandais, est, à l’évidence, sans rapport direct avec le génocide tutsi perpétré dans les conditions barbares que l’on sait.

Par ailleurs, en ce qui concerne les anciennes puissances coloniales dont la France fait partie, il convient de rappeler que si elles ont un devoir d’assistance et de protection à l’égard des pays qu’elles ont jadis administrés, elles sont limitées dans leur capacité d’action par une règle absolue qui est celle de l’autodétermination des peuples à disposer de leur propre destin, ce qui entraîne un principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Ainsi, toute intervention de troupes occidentales, non autorisée préalablement par le Conseil de Sécurité de l’ONU, n’aurait pas manqué d’être ressentie dans l’opinion mondiale comme une agression néo-colonialiste, et dénoncée comme telle.

Mais il est vrai que les comportements meurtriers de milices fanatiques ou de foules incontrôlées, ont été à plusieurs reprises dans l’histoire récente, à l’origine de crimes contre l’humanité et de génocides.
 
De telles abominations, pour être évitées, nécessitent une rapide prise de conscience internationale suivie du déploiement rapide de forces militaires d’intervention suffisantes pour s’opposer à ces déchaînements, mais cela implique aussi une nouvelle obligation morale d’ingérence qui constitue une exception au principe de non-ingérence évoqué plus haut.

Qui peut dire où finit l’un et où commence l’autre…

La doctrine devient déjà subtile au niveau du raisonnement. Mais quand il s’agit de l’appliquer de manière concrète sur le terrain militaire, dans une situation conflictuelle aiguë, on mesure les difficultés d’une telle entreprise.
Quant aux critiques relatives à la rapidité et à la pertinence des décisions prises par le Conseil de Sécurité, il appartient à celui-ci de s’en expliquer.

Que chacun fasse, honnêtement son examen de conscience et se souvienne de ce qu’il a dit ou fait lui-même d’utile, lors de l’épouvantable tragédie du Rwanda, ou durant les jours qui l’ont précédée, ou encore, dans le passé, lorsque d’autres crimes contre l’humanité ont été commis, que ce soit au nom de l’idéologie bolchevique, nazie, ou khmer rouge, ou sans autre cause ni explication que le simple racisme.

___________________________________ ____________________________________

3 ans chez Bigeard
N° 110396
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