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 Souvenirs de Bigeard

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bretirouge
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MessageSujet: Souvenirs de Bigeard   Dim 13 Déc 2015 - 16:35



A 93 ans, le général Bigeard, le militaire le plus décoré de France publie un ouvrage coup-de-poing, une sorte de testament.

Les livres, c’est comme ses médailles, le général Bigeard ne les compte plus.

 Mon dernier round est celui d’un homme lucide qui affronte la vieillesse comme il s’est battu : droit dans ses bottes.


Le général Bigeard livre son dernier combat.

 Contre un ennemi dont il sait qu’il sera le vainqueur : le temps.

 «Je savais que ce serait dur, la vieillesse.

Contre elle, on ne gagne jamais.

 La mort, je la regarde en face, elle ne baisse pas les yeux.

 Mais j’ai encore de l’énergie».

Celle d’écrire. Un livre, Mon dernier round, qui sort aux éditions du Rocher, et des dizaines de lettres par semaine, à la plume, d’une grande écriture nerveuse, pour répondre à ses lecteurs.


A 93 ans, le vieux soldat, le militaire le plus décoré de France publie un ouvrage coup-de-poing sur son sujet de prédilection : la France.

«J’avais décidé qu’on le publierait après ma mort.

 Et puis vous savez ce que c’est. L’éditeur m’a pressé.

 Alors je lui ai dit oui », rigole-t-il, assis derrière son grand bureau de chêne, avec son air «de vieux caïman aux yeux pochés ».

Nulle irrévérence là-dedans, la formule est de lui.

 Choc, comme d’habitude.

 L’âge n’a pas érodé son franc-parler. Peut-être même l’a-t-il rendu encore plus libre.

 La mort est présente dans son esprit et dans le livre aussi.

 Il y a souvent songé en Indochine, à Dien Bien Phu, en Algérie, ou en Afrique Noire, quand il voyait tomber ses camarades, ou quand une balle est venue se loger «à un centimètre du cœur ».

 Mais cette fois, c’est autre chose.

Coup de foudre pour Gaby


Marcel Bigeard ne sort plus guère de chez lui. Un peu fatigué ces derniers mois.

 «Tu as passé trop de temps à écrire derrière ton bureau, tes jambes sont toutes ankylosées » le gourmande Gaby, la compagne de toujours pour justifier le fauteuil roulant.

Gaby et Marcel, c’est une histoire d’amour qui commence à Toul quand la gamine avait 14 ans et lui 18. Ils étaient voisins.

 Sophie, madame Bigeard-mère, rêvait pour son fils d’une fille bien dotée. Lui n’avait d’yeux que pour la jolie brunette d’à côté. Les deux femmes se sont affrontées.

 Gaby a gagné. Ça fait 75 ans qu’ils s’aiment et se chamaillent.

 Dans sa maison touloise de la rue François-Badot, où un canon planté dans le jardin accueille le visiteur, il vit au milieu des souvenirs de ses campagnes et de ses compagnons d’armes.

 Ses décorations sont entassées, en vrac, dans une grande boîte en carton. Dans son bureau, une grande photo en noir en blanc attire le regard, accrochée juste sous le fanion brodé d’une devise héroïque : Croire et oser.

 Un soldat, beau, semble dormir, la tête posée sur un sac de toile. «Il s’appelait Sentenac, il avait 24 ans, il était sergent-chef.

 Il savait qu’il était perdu.

 Il m’a dit "colonel, dans une minute je serai mort".

Vous savez, j’ai toujours trouvé des très grands chez les petits…», se rappelle-t-il avec l’émotion qui fait un peu vibrer sa voix.

Tout au long de sa vie, cette photo a accompagné le général Bigeard.

Manuel de contre-guérilla

«Tiens, quand je serai crevé, dans quelques années, voilà ce qu’on publiera !»,

 dit-il d’une voix forte en montrant une série de classeurs noirs où il a rangé les lettres les plus intéressantes de ses lecteurs.

 Elles viennent de partout et chaque livre en suscite une avalanche.

Le dernier n’échappe pas à la règle.

 Il y parle de lui, et de son enfance de saute-ruisseau «dressé » par une mère qui avait une grande ambition pour son fils. «Avec elle, fallait être le premier.

 Si j’étais 3e, c’était une baffe !» A 20 ans, il travaillait à la Société Générale à Toul, et ses supérieurs ne tarissaient pas d’éloges sur le jeune Marcel.

 «J’avais des notes fumantes de mes chefs ». Qui sait, s’il n’avait pas embrassé la carrière militaire, peut-être aurait-il terminé chef de la succursale ?

 Il ne s’appesantit pas longtemps sur le sujet, le seul qui l’intéresse, c’est son pays et la menace du terrorisme islamiste.

L’actualité qu’il suit au jour le jour, lui donne matière à réflexion.

«Obama m’a surpris, c’était courageux d’envoyer des soldats en Afghanistan, même si c’était pas populaire.

Mais foutre le camp, c’est laisser la porte ouverte à ces gens-là qui ont des volontaires de la mort dans leurs rangs.
 Alors il faut continuer à se battre », conclut-il en ajoutant que quelques-uns devraient s’inspirer de son manuel de contre-guérilla, écrit en 1956 contre les poseurs de bombe en Algérie, pour traquer les réseaux d’aujourd’hui !

Monique RAUX.

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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Dim 13 Déc 2015 - 16:47


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MessageSujet: Encore un souvenir de mon chef "Bruno"   Dim 13 Déc 2015 - 17:11

Bigeard

Petit texte de dominique Venner qui date un peu mais si bien écris...
 
 
Il a demandé que ses cendres soient dispersées sur Dien Bien Phu où tant de ses camarades sont morts dans les combats désespérés de 1954.

Ce geste le décrit dans ce qu’il avait de plus noble.

Avant de devenir une sorte d’ultime monument national, le général Marcel Bigeard (1916-2010), fut le plus illustre des « colonels » de la guerre d’Algérie.

 Avec espoir ou angoisse, on imaginait alors que ces fameux colonels allaient engendrer on ne sait quelle révolution bottée.

Lui-même se prêtait au jeu sans dépasser les limites dangereuses.

Cela faisait partie du personnage, avec sa gouaille vengeresse, ses coups de gueule et sa belle gueule.

Je n’ai pas eu l’honneur de servir sous ses ordres, mais nous nous connaissions et nous avions un ami commun en la personne de Marc Flament, son génial photographe.

 Ils publièrent ensemble deux albums d’une poésie guerrière à couper le souffle, Piste sans fin (1957) et Aucune bête au monde (1959), édités par Jacques Grancher (La Pensée moderne).

Pour la petite histoire, cet éditeur fut également le mien.

 Il publia la série de mes livres illustrés sur les armes, dont Marc Flament réalisait les maquettes.

 Je conserve de lui une photo dédicacée, époque guerre d’Algérie. On voit en gros plan une Mat 49 et une bouteille de bière Mützig.

 Marc n’avait pas résisté au calembour : « La Mützig adoucit les mœurs ». Fin de la parenthèse.

La carrière peu commune de Bigeard est bien connue, depuis son appel sous les drapeaux en 1936.

 Combats des corps-francs en 1940, capture, évasion, armée d’Afrique, parachutage dans un maquis en 1944.
 Viendra ensuite l’Indochine, trois séjours de 1945 jusqu’à Dien Bien Phu. Lors de la reddition, Bigeard refusera de lever les bras.

 Après sa libération des camps viets, ce sera la guerre d’Algérie où sa légende s’imposera. Il n’était jamais passé par les écoles militaires, mais quelle fabuleuse bête de guerre !

En octobre 1955, il prend la tête du 3ème Régiment de paras coloniaux, transformant une troupe médiocre en unité d’élite.

Au petit matin du 8 mars 1956, alerte générale.

 Une compagnie de tirailleurs algériens en poste près de Guelma a déserté après avoir massacré ses cadres européens.

 Bigeard reçoit mission de les retrouver. Tout en obtenant des hélicos pour transporter ses compagnies (une nouveauté), il étudie la carte.

 A ce jeu, il est imbattable.

 Sous ses yeux, une carte se transforme en terrain vivant, pitons, thalwegs, itinéraires de fuite, heures de marche…

A midi, les hélicos déposent déjà ses hommes sur une série d’objectifs.

 A 14 heures, premier accrochage. A 17 heures, tout est bouclé : 126 déserteurs tués, 15 autres capturés.

 Chez les paras, un seul mort ! Commentaire de Bigeard : « Tomber pile sur la bande, une heure et demie après le début de l’opération, il fallait le faire ! »

 En effet ! La presse consacre à l’exploit ses gros titres. La photo de Bigeard est à la une. Les paras vont devenir un mythe sur lequel Jean Lartéguy brodera la saga des Centurions…

Entre-temps est intervenue la bataille d’Alger (1957). Avec les autres régiments de la 10ème DP, Bigeard casse les réseaux terroristes du FLN. Commence alors la campagne sur « la torture ».

À la différence de Massu, Bigeard justifiera les « interrogatoires musclés », sobrement qualifiés de « mal nécessaire ». Les accusation lancées contre lui (Louisette Ighilariz) s’effondreront pourtant dans le ridicule : à l’époque des faits reprochés, il n’était plus à Alger !

Parmi toutes ses qualités, Bigeard avait un sens inné de l’allure.

À la façon d’un grand couturier, il fit retailler les pantalons camouflés de son régiment, adoptant une ligne « près du corps » imitée ultérieurement par toute l’armée. Il imposa surtout un entrainement sportif intense.

À son image, la vieille armée « cul de plomb » se modernisa et, en dépit de tout ce qui allait la frapper à la fin de l’Algérie, elle en sortira métamorphosée. C’est à Bigeard que l’on doit cette révolution.
Dominique Venner

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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Dim 13 Déc 2015 - 17:20


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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Dim 13 Déc 2015 - 19:02

merci Gus. guy
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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Lun 14 Déc 2015 - 18:11

Merci Gus

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Nous redirons à tous ceux qui nous suivent, les œuvres glorieuses...”

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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Lun 14 Déc 2015 - 21:33

Pas de quoi !!!

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MessageSujet: Re: Souvenirs de Bigeard   Jeu 24 Déc 2015 - 11:59

Bonjour,

Des chefs comme lui, on peut espérer en rencontrer quelques-uns par siècle...Sachons repérer le prochain!
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