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 JEANPIERRE indicatif "Soleil"

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MessageSujet: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Lun 28 Jan 2008 - 17:30



Le colonel Jean Pierre qui, comme Bigeard ne sortait ni de Saint-cyr, ni de polytechnique, est une figure prestigieuse de l'histoire des parachutistes français et de la légion étrangère. Celui qui l'évoque, Jacques Morin est également un acteur de proue de la saga des parachutistes.
Jeunes lieutenant au Tonkin en 1948, il a formé et commandé la première unité de légionnaire parachutiste (une compagnie du 3ème R.E.I). Il a été pour la première fois sous les ordres de Jean Pierre en 1949 au 1er B.E.P et il a été son second neuf ans plus tard en Algérie quand les rebelles abattirent son hélicoptère d'où il dirigeait une opération. Il défila à la tête du 1er R.E.P. dans les rues de Guelma pour présenter une dernière fois le régiment à son chef. Sa carrière militaire, comme celle de nombreux officiers parachutistes s'est arrêté en 1961. Il avait été fait commandeur de la légion d'honneur à trente cinq ans.

Le 29 mai 1958, une alouette s'écrase dans la forêt du Djebel Marmara, près de Guelma dans l'Est constantinois : le lieutenant colonel Jeanpierre tombe au combat à la tête de "son" régiment, le 1er régiment étranger de parachutistes.
Pour la légion et les parachutistes, pour l'armée de l'Indochine et de Algérie, ce nom de Jeanpierre a déjà sa pleine résonance. Lorsque quelques jours plus tard, le régiment en est tenue de combat défile à Guelma devant son cercueil gardé par six officiers, nombreux sont les généraux et colonels venus le saluer une dernière fois. Toute la population et là, elle aussi, comme ceux d'alléger, les pieds-noirs de Guelma, savent ce que signifie le nom de Jeanpierre.

Mais que savent de lui tous les autres et tous les français ? Se souviennent-ils seulement de lui, ceux qui l'ont vu passer le 14 juillet 1957, en tenues camouflées et béret verts à la tête des éléments du 1er REP qui défilent sur les Chamlps-Elysées ?
Et pourtant le général de Gaulle tiens à venir en personne saluer son cercueil à Alger au cours d'une cérémonie solennelle, à Nevers où son corps est transporté, les honneurs sont tout aussi marquant. Honneurs militaires plus significatif encore le 24 juillet 1960, dans les landes de Coët-quidan, la nouvelle promotion de jeunes officiers de l'école spéciale militaire prend le nom de "promotion de lieutenants-colonels Jeanpierre".

Quelques années plus tard, la légion étrangère revenue en France accueille en toute majesté les cendres de Jeanpierre qu'elles reposent dans son nouveau sanctuaire d'Aubagne et en fasse partie intégrante. Et tout récemment, en janvier 1978, la ville de Nice, terre d'asile pour de nombreux pieds-noirs, donne un nouveau square le nom du commandant du 1er REP.

Pourquoi tant honneurs officiels ? Certes, parce qu'il est rare de nos jours qu'un chef de corps soit tué au combat à la tête de ses hommes, et que les succès et le prestige du 1er REP, rendaient alors cette mort encore plus symboliques. Aussi, bien sûr, parce que l'armée française était alors engagée dans ce qu'on appelait la "guerre" d'Algérie et qu'il était bon d'exalter ceux qui menaient ce combat.

Ces hommages ne sont d'ailleurs que la partie apparente de ceux qui lui sont rendus. Dans l'ordre du jour qu'il rédige en quittant la légion étrangère, le colonel Brothier commandant le 1er RE à Sidi-Bel-Abbés, ancien chef et ami de Jeanpierre, déclare : "dans mon bureau j'avais essayé de symboliser cela ... En plaçant les portraits de Sérigné et Jeanpierre à côté de celui du colonel Rollet. Car si l'un mérite d'être pour toujours le père de la légion, les autres en ont été les dignes fils."

Mais plus durables encore et plus significatifs restent surtout les hommages secrets : la photographie du colonel que les légionnaires gardent dans leurs chambrées et leurs portefeuilles et, aujourd'hui encore, la manière indéfinissablement faite de fierté et de nostalgie qu'ont tous les "anciens" qui se rencontrent d'évoquer son souvenir et de prononcer son nom avec tous les accents de la vieille Europe. Pour ceux qui étaient sous ses ordres à l'époque de sa mort, son souvenir reste quelques chose à eux seuls, en dehors de tout ce qui est dit et écrit.


Qui est donc le colonel Jeanpierre ?


Il est né en 1912. Son père, officier d'active, est alors capitaine de chasseur.

En 1914, il part pour le front. Il est tué en 1916, sans avoir jamais revu sa famille. Jeanpierre est élevé par sa mère dans le culte paternel et n'a bientôt qu'une seule idée en tête : devenir lui aussi officiers. Pour réaliser son rêve, il s'engage à 18 ans dans l'infanterie et devient caporal, sergent, sergent-comptable. Enfin, en 1935, il est brillamment reçu à l'école d'officiers de Saint-Maixent. le 1er octobre 1936, il est promu sous-lieutenant.

Dès le mois d'avril 1937, il est affecté à cette légion étrangère qui ne quittera plus. En mai, il se présente à Sidi-Bel-Abbès et commence sa carrière de jeune officier dans des lieux qui ont leur poids de tradition: Bedeau, Aïn-El-Adjar, Oujda où il est nommé lieutenant le 1er octobre 1938. C'est la période classique d'instruction dans ce qui est encore la "vielle légion", celle des bandes molletières, des marches dans le désert, des travaux de poste...

Jeanpierre ne fait pas en France la guerre qui éclatent. En avril 1939, il a rejoint l'armée du levant au 6ème régiment étranger à Damas et Beyrouth ; il y reste jusqu'en mars 1942. Il a participé en 1941, coté Vichy, aux combats qui se déroule au Levant. L'invasions de la zone libre en novembre 1940 le trouve au centre de recrutement de Marseille alors qu'il vient de se marier. Comment toute l'armée française, il est mis en disponibilité.

La guerre, il la continue dans la résistance : officiellement représentant de commerce, il conduit en fait sous le nom de Jardin, une activité inlassable de recrutement et de formation d'unités clandestines, de camouflage et de sauvetage d'anciens légionnaires, de recherche et récupération d'armement, dans les rangs du mouvement "Ceux de la Libération". Cette activité lui vaut le triste privilège d'être arrêté le 19 janvier 1944 à Orléans et, après un passage par Compiègne, d'être déporté à Mauthausen le 6 avril 1944. Il est dirigé sur Linz le 17 mai 1944, revient au Revier de Mauthausen puis est renvoyé à Linz ou la libération le sauve le 5 mai 1945.

Il retrouvera alors sa famille, refait des forces mises à mal par une grave pleurésie et, tout naturellement, rejoint son autre famille, la légion étrangère..
En juillet 1948 apprenant que l'on crée en Algérie un bataillon étranger de parachutiste, le capitaine Jeanpierre, se porte volontaire, rejoint Sidi-Bel-Abbès, puis Philippeville, où il est breveté parachutiste. Le 24 octobre 1948, il embarque avec le 1er BEP sur le pasteur pour rejoindre Hanoï. Il est alors "adjudant-major", commandant en second le bataillon, dont le capitaine Segretain est le chef.

L'histoire du colonel Jeanpierre, celle de qui se terminera en légende, commence là. C'est à partir de cette fusion entre les qualités et les exigences d'un légionnaire et d'un parachutiste, au contact de l'action journalière, à la tête d'hommes jeunes, qu'il peut donner libre cours à toutes ses falcutés et réaliser ce qu'il porte en lui, ce que sa carrière déjà troublée a fait de lui.

Le 1er BEP est une troupe formé de tout jeunes légionnaires. Seuls les sous-officiers sont des anciens de la légion. Les commandant la compagnie ne sont pas d'origine légionnaire. À part Laborde et Hochent, les chefs de section, sont tout juste sortis d'écoles militaires. Bien peu connaissent donc Jeanpierre et ce n'est pas ce que lui-même dévoile de sa vie qui va leur en apprendre grand chose.

- Qui a-t-il alors derrière cette silhouette déjà trapue, cette vitalité inépuisable, cette exigence et cette dureté qui parfois suffoquent ?
- Qui a-t-il derrière ce visage solide et ces yeux clairs, cet aspect souvent fermé mais qu'éclaire tout aussi souvent un sourire désarmant qui attache tout de suite ?

Jeanpierre est un parachutiste fraîchement breveté. Il n'est le héros d'aucun des deux régiments qui dominent la légion : 13ème DBLE qui a fait tous les combats de la France libre et le 3ème REI héritier de la gloire des régiments de marche de la légion. L'on sait seulement qu'il était en Syrie en 1941 et que sa citation lui a été acquise dans les rangs de l'armée dite "Pétainiste". lui n'en parle jamais. De brides de confidences accumulées parcimonieusement au cours des années, on saura seulement que cela a été pour lui un grave cas de conscience. Mais qui l'avait estimé devoir rester dans son corps et obéir aux ordres reçus. Il garde pour lui ses sentiments et ne ce lance jamais dans une polémique stérile.

Anciens déportés il est marqué physiquement et moralement par une souffrance et une horreur encore proches. Mais de cela aussi il ne parle que très rarement, même entre initiés, et seulement pour évoquer les souvenirs de détail. Il ne lui échappe qu'une vague confidence, c'est que d'une telle épreuve "on" ressort très différent de ce que l' "on" était auparavant.

Probablement doit-il à la déportation un certain goût du silence et de la solitude, une sorte d'insesibilité extérieure, un certain scepticisme sur les valeurs apparentes ne un titre des hommes et une inquiétude sur leurs réelles possibilités. N'ayant pas connu, du fait de la déportation, les heures de gloire des combats de la libération il reste marqué par la défaite de 1940. Il sait que ce que peut amener une impéparation matérielle et psychologique. Il se jure bien bien que ce ne sera pas par sa faute si, à son échelon, de tels événements peuvent se reproduire.

Jeanpierre apparaît enfin comme un vrai et anciens légionnaires. La légion et son élément, il s'y sent à l'aise pour vivre et commander, à l'aise pour comprendre des mentalités différentes, absolument sans haine pour la nation qui l'a fait souffrir. Dès ce moment il apparaît clairement tous qu'il mènera toute sa carrière dans la troupe et à la légion. Il est vebue au BEP par désir d'action, mais il l'avoue, Ceux qui l'ont choisie lui ont demandé de maintenir et développer l'esprit légionnaire dans cette nouvelle unité parachutiste qui apparait, à Sidi-Bel-Abbè, un peu diabolique et déviationniste, apte à créer une race d'aventurier dans laquelle la légion risque de se perdre. Cette mission, il la remplit pour le grand bien de la légion et des parachutistes.

Dès son arrivée, Jeanpierre a donc une place à part : indispensable à son patron, au-dessus et en dehors des autres capitaines, indiscuté des chefs de section, entièrement à son aise avec les sous-officiers et les légionnaires. Ce n'est pas lui le chef de corps et, si l'on sent son impatience légitime de l'être, il reste à sa place de second : administration et instructions.

L'instruction est la passion de Jeanpierre. Dès ce jour il veut forger un instrument qui pourra résister à tout ce qu'on lui demandera. Pour cela qu'il faut conserver la solidité de la légion, cette cohésion apparemment lourde que nécessite la coexistence de mentalité si différente. Il y faut y ajouter la rapidité d'exécution et l'esprit d'initiative des parachutistes.
Il s'attelle à cette tâche jour après jour, hanté par cette idée qu'il répète souvent : la guerre d'Indochine et alors relativement facile pour les troupes d'intervention, mais de quoi sera capable le bataillon si cela devint plus grave, ce qui lui semble évident en 1949, dès la communisation totale de la Chine. Il sait surtout que tout défaut d'instruction se paie par des morts aux combats. De cela il ne veut pas. Il semble un indifférend à sa mort et à celle des autres - il en a tant vu à Mauthausen - il s'en sent personnellement comptable et responsable.

Cette instruction, il en verra l'épanouissement lorsqu'il confiera au lieutenant Faulque le commandement des pelotons d'élève gradés. A eux deux ils en feront un instrument de premier ordre, propres à assurer l'encadrement futur.
En opération, Jeanpierre est infatigable. Sa science du terrain est ahurissante, tellement elle est instinctive. Son esprit de décision est immédiat. Et rien, ni le terrain ni les pluies, ne peuvent jamais l'empêcher d'effectuer ce qu'il a décidé.

De cette période reste quelques souvenirs marquants.

Jeanpierre marchant de long en large en lisant - il lisait dès qui avait un moment de libre, ne serait-ce que le dictionnaire - puis posant des questions aux lieutenants pour savoir si eux savaient ce que lui venait d'apprendre, et amicalement heureux de les prendre en défaut.

Jeanpierre à la fête des rois, avec ceinture bleu, épaulettes et képi de caporal chef, remplissant goguenard les fonctions de chef de poste et effectuant des relèves parfaites.

Jeanpierre le soir en opération, bavardant des heures entières avec le médecin capitaine Pedousseau, parlant littérature, poésie... Pedousseau est probablement le seul auquel Jeanpierre s'est confié de tout ce dont sa pudeur lui interdisait de discuter avec tous


Dernière édition par le Mer 30 Jan 2008 - 19:41, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Lun 28 Jan 2008 - 17:31


Roger Faulques en 1946 à Ang kor, griévement bléssé en octobre 1950, rendu mourrant par les viets, on le retrouvera pourtant en Algérie, puis au Katanga et ailleurs


Il reste surtout un souvenir d'opération ou Jeanpierre révèle tout ce qu'il sera et fera plus tard. Dans le delta Tonkinois, en fin 1949, le bataillon effectue une opération sous ses ordres : tout et précis, minuté, surveillé de près, tout se déroule le comme à la parade ... Mais l'on ne trouve rien. Puis brusquement, loin à l'écart de l'itinéraire prévu, la binoculaire découvre des viets.

Alors tout change, se bouscule, s'accélère : le renseignement est rapidement précisé, le BEP est dérouté à toute allure avec un seul mot d'ordre "vite encore au plus vite" il se met en place et l'ordre arrive clair et net : l'assaut. Celui-ci est mené dans une rizière sèche absolument nue, contre les restes d'un vieux fort chinois. Il se continue par le corps à corps et la poursuite de échevelée des fuyards, et se terminera par un "debriefing" très détaillé et une autocritique obligatoire très pousser. Ensuite vient un compte rendu déjà très personnel, car ce que Jeanpierre a fait et réussi, il tient à ce qu'on le sache.

Jeanpierre s'accomplit une première fois en octobre 1950 sur la RC4, lors du désastre de Cao-Bang. De là lui viennent sa première auréole, la considération de ses pairs et le respect des plus jeunes. Il est commandant en second et exécute les ordres de son chef. Mais c'est lui qui lance l'action de la 3ème compagnie et du peloton de Faulques pour prendre Dong-Khé et qui s'accroche jusqu'a l'ordre impératif de repli, conscient que toute la partie se joue là. C'est lui qui, lorsque tout est fini, à la sagesse de diviser des quelques rescapés en petits groupes, avec l'ordre de rejoindre That-Khé, il est un des rares (le BEP à était anéati. Il y a, avec Jeanpierre, 23 rescapés) qui aura la force physique et la volonté de réussir.

Ce qui l'avait prévu était arrivé : la guerre n'était plus facile, les grands combats étaient commencés. Le bataillon n'avait pu s'en sortir, tellement les adversaires étaient nombreux, mais, grâce à l'instrument que Segretain et lui avaient forgé, il avait héroïquement rempli sa mission de sacrifice et il rentrait dans l'histoire militaires.

Quant à lui, sur ce quil avait fait, sur ce qu'il savait, sur ce qu'on lui avait commandé de faire et sur ce que l'on aurait jamais dû le faire, il rédige un rapport dur et précis, le transmet et s'en explique. Puis il regagne la France, se repose en permission, rejoint la légion en Algérie, et reprend à Mascara ce qui est une passion : l'instruction.

De son rapport il ne parlera plus qu'à certains, par a Coup et à des moments privilégiés, mais il n'oublie rien et n'oubliera jamais rien de ce qui s'est passé dans les calcaires et la brousse de la RC4.
La rosette de la légion d'honneur et la nomination à titre exceptionnel au grade de chef de bataillon récompensent sa conduite. Plus important pour lui, les combattants savent ce qu'il est et ce qu'il a fait.

En Indochine, les combats continuent, le 1er BEP a été recréée. Mais, fatigué physiquement, Jeanpierre ne peut repartir tout de suite. D'autres prennent la suite pour continuer ce que Segretain et lui ont commencé. Trois ans et plus tard, Dien-Bien-Phu se passe sans lui et on l'envoie alors reprendre le bataillon qui a vu mourir de près en 1950 et qui vient de disparaître une deuxième fois.

Le capitaine de Saint-Marc la recréer, puis en a passé le commandement capitaine Germain, un cavalier envoyé en renfort avec d'autres officiers de cavalerie ardents à vivre et à chahuter, que Jeanpierre adopte d'emblée. Jeanpierre prend le commandement du 1er BEP le 1er novembre 1954, le jour où, pour l'histoire, commença la guerre d'Algérie.

Psychologiquement la situation est difficile. Le 1er BEP reconstitué comprend ceux qui n'ont pu servir à Dien-Bien-Phu et ceux, qui, souvent malgré eux, n'ont pu le rejoindre qu'après. Il voit passer les officiers et les légionnaires prisonniers puis libérés. ... Il écoute leurs récits. Jeanpierre doit se demander à quoi ont servi les leçons de la RC4. Mais de cette période triste - car à la liste des morts et longue et l'on sent la fin proche de la France en Indochine - il sait faire une époque fraternelle et presque joyeuse. Il est l' "ancien" qui a vécu en 1950 une aventure presque semblable. Il sait comprendre les réactions. Il est à la fois chef et camarade. Pour éviter à tous de trop penser, il lance à fond le bataillon dans l'instruction.

Chef de corps, libre de commander à sa guise, Jeanpierre ramène son bataillon en Algérie, en février 1955, et l'engage immédiatement dans les Nementchas autour de sa base de Tebessa le paysage et lunaire et difficile, les opérations exténuantes, la situation juridique des combats encore incertaine, les moyens reduits. Jeanpierre peut cependant donner libre cours aux qualités qui ont fait sa force en Indochine et qu'il a encore mûries silencieusement. il augmente son exigence, estomaque tout le monde par sa science du terrain et la rapidité de ses réflexes.
Mais, sans qu'il y soit pour rien, malgrè l'outil incomparable qu'il a su créer, les résultats sont encore trop maigres. Quand le bataillon devenu régiment (1er REP) quitte Tebessa, le nom de Jeanpierre est encore plus connu et estimé des spécialistes, mais d'eux seul. Il y avait le chef et son outil, mais pas encore les circonstances qui permettent l'apothéose.

Une grande déception l'atteint alors que : n'étant pas inscrit au tableau d'avancement, il doit passer le commandement du régiment, le 6 février 1956, au lieutenant-colonel boursier. Il estime ce dernier, dont il se sait complémentaire, mais la pilule est dure à avaler. Il a besoin d'être le patron total. Il sait ce dont il est capable. Il n'est pas heureux de redevenir le second d'une troupe qu'il estime être la sienne, ni de savoir ce qui sera bien fait ne pourra lui être complètement imputé.

Mais il n'est pas question pour lui de quitter ce qui est devenu totalement sa vie. Alors, il redevient un irremplaçable second avec promesse de succession.


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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Lun 28 Jan 2008 - 17:32


Le commandant Segretain, en tenue cam


Il peut alors donner libre cours à une de ses passions. La légion à toujours aimé bâtir et , en vieux légionnaires, de Brothier et lui se prennent d'amour pour la base arrière de Zeralde près d'Alger où les familles commencent s'installer.
A eux deux, ils se mettent à construire ce qu'un journal appellera "la cité radieuse de l'habitat militaire". Chaque jour de présence, Jeanpierre fait le tour du camp et rien ne lui échappe des bâtiments, des fleurs et des arbres de cette de forêt de pins. Chaque responsable de base arrière n'a qu'une mission primordiale : se débrouiller par tous les moyens pour embellir le camp, en faire un jardin et un havre de paix. Les "rosiers de Jeanpierre" de l'allée centrale sont encore dans toutes les mémoires, comme le sont les engueulades impitoyables quand l'eau manque dans le château d'eau pendant l'été.

Il assouvit sa deuxième passion dans la préparation de la campagne d'Égypte. Le régiment a été mis en alerte le 1er août 1956 mais n'embarque que le 31 octobre. Entre ces deux dates il a fait de rares opérations dans l'Atlas blidéen. Tout se passe en instruction et, bien sûr, elle est confiée à Jeanpierre qui s'y donne avec d'autant plus de délectation qu'il dispose de moyens rarement accordés : Tirs réels à toutes armes, exercices amphibies avec la marine, exercices d'appui aérien, sauts, instruction automobile, mise en place des mortiers lourds et des canons antichars, assimilation d'un escadron d'AMX et mise sur pied d'un peloton de LVT. (péniches de débarquement).

C'est une période intense d'où sort un régiment entièrement réadapté à une guerre plus moderne. C'est également une époque heureuse où, dans l'été algérois, Jeanpierre peu enfin vivre et se détendre dans sa famille, recevoir des amis à sa table et mener, après les rudes Nementchas, une vie presque normale.

Tout le monde sait ce qu'il advint du débarquement en Égypte. Dans la villa des faubourgs de Port-Saïd qui, dès le lendemain abrite le PC du 1er REP au cours des longs jours qui s'écoulent entre un débarquement réussi et un triste retour, Jeanpierre ne remâche pas trop sa désillusion : tout ce bel instrument n'a servi à rien. lui, souvent impatient, sait calmer les rancoeurs de certains. Que pense- t-il de tout cela ? Peu le saurons .

Mais la page est rapidement tournée : une nouvelle mission est confiée au régiment dans Alger. À l'exemple du 3ème RPCde Bigeard qui a démantelé des réseaux FLN et récupéré des armes, on décide de confier cette mission de mettre fin au terrorisme, qui est une mission de police, à tous les régiments parachutistes. Que va faire le 1er REP ? Faut-il, comme il est "étranger", le retirer d'Alger ? Non : il fera comme les autres.

Cette mission ne plaît pas plus à Jeanpierre qu'a Brothier, mais il ne reste plus qu'à la réussir. Comment le faire ? C'est une mission de guerre subversive. Elle implique certaines techniquement est une certaine mentalité. Il revient à Jeanpierre de surveiller les détails et de régler la mise en oeuvre.

Ancien clandestin, il sait trop tout ce que peut connaître le plus anodin des prisonniers et tout ce que risque Alger si l'on ne parvient pas à connaître ses secrets.

Anciens déporté et "vieil" officiers de légion, il sait trop aussi les dangers que l'accomplissement d'une telle mission peut faire courir à une troupe et particulièrement à une troupe d'étrangers. Plus que jamais on le voit marcher de long en large, discuté avec Brothier, consulter l'aumônier Delarue. ( le père Delarue rédige la pour la 10ème DP une note intitulé : "réflexion d'hommes prêtres sur le terrorisme urbain", où il affirmait : "on a le droit d'interroger efficacement - même si l'on sait que ce n'est pas un tueur, tout homme dont on est certain qu'il connait des coupables, qu'il n'a été témoin d'un crime, qu'il a sciemment héberger quelques bandits. En se taisant, il est coupable, complice des tueurs, responsable de la mort d'innocents ...").

Puis, il assume son rôle, coordonne l'action des compagnies et veille strictement à l'application des ordres du colonel : les légionnaires ne doivent pas être mêlé à la recherche même des renseignements. Seuls les officiers et quelques sous-officiers triés sont autorisés à cette recherche.
Pour lui, insoucieux du sommeil, il prend ses responsabilités et veillent à tout. Il exige que chacun sache réfléchir et s'adapter à cette nouvelle forme de guerre qui, au fond, le passionne, et ne se laisse pas aller au découragement. Ses responsabilités prise et bien prise, il n'aime pas s'étendre sur ses états d'âme.

Une seule fois il explose : l'abbé Barthez frère d'un officiers de légion, a été arrêté par le régiment. Il prenait ses repas avec les officiers. Au cours d'un repas où les discussions étaient libre, Jeanpierre le prie plus que vertement de ne pas confondre la destruction systématique et sadique des prisonniers telle qu'il l'avait vue à Mauthausen et la recherche de renseignements qui empêcheront les bombes de tuer des innocents dans Alger.


Figures du 1er REP en 1957, adjudant Filatof, capitaine Martin, lieutenant Bonnet de Martin "Loulou"

Pour lui, il reste en première ligne. Le 23 septembre 1957, lorsque le chef de la zone autonomes d'Alger, Yacef Saadi est débusqué dans sa cache du 3 rue Caton, Jeanpierre, devenu chef de corps après le départ du colonel Brothier pour l'état-major de la 10ème DP, pénètre le premier, par la brèche pratiquée dans la cache par le légionnaire Tasnady. Mais une grenade jaillit. Elle crible d'éclats Jeanpierre. Il est blessé aux jambes. Jamais plus ne pourra marché ni sauter en parachute comme avant.

Le 1er REP gagne beaucoup de popularité à Alger. Cela fait certain un plaisir à Jeanpierre, mais il aurait été plus heureux de gagner cette gloire à l'occasion de vrai combats et c'est ce à quoi il aspire. Il désire réellement quitter Alger pour les djebels, d'autant qu'Alger lui apparaît de plus en plus amolissant pour le régiment.
Redevenu chef de corps et chef de guerre, le lieutenant colonel Jeanpierre continue ce qui est depuis toujours sa double obsession : réussir toute mission, perfectionner son outil. Il lui semble ainsi indispensable que l'on puisse dire que que le 1er REP marche moins vite que le 3ème RPC de Bigeard.

En opération, il révèle à plein sa manière de penser. Pour lui, en matière militaire, rien n'est jamais acquis et l'honnêteté morale la plus élémentaire consiste à analyser ses faiblesses, en chercher les raisons, trouver les remèdes et les appliquer. Pour lui aussi il n'y a pas de recettes toutes faites : chaque situation doit avoir la sienne. Il faut donc étudier chaque mission avec un esprit neuf et trouver la solution adaptée, même si cela doit bousculer toutes les idées reçues, même surtout si cela doit coûter n'importe quelle somme de fatigue. Mais, pour trouver la bonne solution, il faut connaître son métier et dont le règlement. Il n'admet pas que quelqu'un - surtout un officier - puisse se fier au génie de la improvisation.

Ses idées il les applique au long de l'été 1957, tirant jusqu'au bout les leçons d'un échec, ou de ce qu'il estime une réussite est incomplète. À la suite de pertes subies par une compagnie dans une embuscade, il conclut qu'il doit savoir tout et tout de suite, et il articule le commandement des transmissions en conséquence. Il découvre aussi, maintenant qu'il marche moins bien, la valeur et les possibilités des hélicoptères qui lui permettent d'être partout et de tout surveiller : il deviendra un maître en opération héliportées.

Ses idées il les applique au Sahara en fin 1957. La mission est claire : le premier pétrole doit quitter Hassi-Messaoud sans emcombre. Or, il existerait quelque part des groupes de fellaghas dont le but est justement de faire sauter ce pétrole. Cette dernière hypothèse apparaît impensable à tous, surtout au commandement local et aux vieux sahariens. La mission agace le régiment qui n'a pas très envie de se relancer dans une bataille d'Alger, même sous les palmiers. Mais Jeanpierre tempête et s'impatiente. Il tarabuste ses compagnies étalées sur plus de trois cents kilomètres. Les rebelles existent. Il en est sûr. Et il a raison. Il fait procéder à des raffles dans les oasis. Les rebelles sont débusqués et exterminés. Et le pétrole passe, même si le régiment s'est un peu cabré sous la poignée exigeante de son chef.

le 19 janvier 1958, par une le pluies diluviennes, le 1er REP quitte le Sahara pour Guelma, dans la joie car chacun espère enfin de vrai combat : Jeanpierre marche vers son accomplissement. Pour réussir, il faut l'alliance entre un chef et sa troupe, mais il faut aussi que les circonstances soient favorables : ce sera le cas.

L'outil qu'il entre les mains est apte moralement et professionnellement. Estimé, déjà réputé, il se sent les coudées assez franche pour agir. L'adversaire qu'il va rencontrer et nombreux et décidés, le terrain très difficile, mais le commandement ne lui lesine pas les moyens et les laisse entièrement libres d'agir pourvu qu'il réussisse la mission : détruire les unités du FLN qui tente de passer de Tunisie en Algérie et celle qui leur servent de relais dans l'Est constantinois.

L'action débute par un semi-echec : le jour de l'arrivée, trois compagnies déroutées pour rechercher des fellaghas signalés subissent quelques pertes sans résultat. Les leçons en sont immédiatement tirées et le 24 janvier, le combat de la Mahouna, au cours duquel le régiment met dans la journée 75 rebelles ont de combat et s'empare de six mitrailleuses, donne lieu à un compte rendu qui surprend les états-majors et leur fait croire à une hablerie il n'en est rien.

Ce jour-là, Jeanpierre s'épanouit, mais d'un épanouissement très lucide : la poigne de fer qui tient le régiment ne se relâchera jamais un seul jour. Il tient sa chance et il ne la lachera pas. Il appuie même sur l'accélérateur. Du 24 janvier au 1er mars, le régiment tue 600 rebelles. Pendant trois mois le 1er REP tourne à plein régime : 1300 armes dont plus de 120 armes automatiques sont prises aux fellaghas qui laisse dans les lentisques de la région de Guelma la totalité de leurs effectifs permanents ou de passage. Le 1er REP apparait alors comme la plus belle unité de l'armée.

Jeanpierre ne commande pas seulement son régiment, mais les unités d'appui et les troupes de secteur dont il a besoin. Et surtout il dispose à sa guise des hélicoptère qui manie un artiste. Au-dessus des compagnies tourne sans cesse une alouette dans laquelle, un parfait tandem avec ses pilotes devenus des amis et des complices admiratif. Il sait tout, voit tout, ordonne tout.

Lui qui n'aime pas écrivain se sent assez sûr et fier de lui pour formuler quelques idées simples auxquelles ils tient et les exposer devant une pléiade d'officiers supérieurs :

- Pour ce battre il faut une troupe capable, et pour cela il faut l'instruire. On ne se bat pas bien avec de mauvais soldats. Il faut aussi des chefs qui acceptent de payer de leur personne.

- Pour réussir dans la "guerre" d'Algérie, il faut d'abord être renseigné ; le renseignement doit être collecté de tous les côtés et par tous les moyens, vérifiiez et diffusé sans délai. Et lorsqu'elle ne "sait" rien, la troupe doit concevoir et mener des opérations dans le seul but de rechercher le renseignement.

- Quand le renseignement est confirmé, et l'adversaire localisé, la notion essentielle est la vitesse. La deuxième et l'encerclement, beaucoup plus sûr que la course derrière un adversaire qui peut vous échapper.


Dernière édition par le Mar 29 Jan 2008 - 20:23, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Lun 28 Jan 2008 - 17:33

Ces idées, Jeanpierre sait parfaitement les appliquer comme il sait mettre au point les tactiques qui en découlent : mouvement de nuit, appui aérien, appui de l'artillerie, manoeuvres héliportées surtout qui donne à la fois vitesse et surprise et permettre de pour basculer à chaque moment.

La dernière idée de Jeanpierre est la plus simple et la plus dure : on me gagne à jamais en tirant des coups de canon de loin, il faut donner l'assaut et aller au corps à corps car c'est le rôle essentiel de l'infanterie et des troupes de choc. Et s'il y a tant d'insuccès en Algérie, c'est parce que souvent on n'ose pas souvent regarder regarder cette vérité en face

. "Guelma" est l'apothéose du 1er REP, la serie d'opération qui consolide sa renommée. C'est l'oeuvre de Jeanpierre et de lui, à cette époque, surnage des images précieuses.


Jeanpierre harassé de sommeil et de fatigue, dormant assis par terre en, le dos contre une mechta, le béret rabattu sur les yeux.

Jeanpierre descendant de son alouette, carte en main, recevant les explications, donnant des ordres, puis remontant dans son PC volant vers un autre piton, le tout dans un telps record.

Jeanpierre à Guelma, lors des enterrements périodiques ou le régiment fait et toute la ville avec lui, rendent les derniers honneurs aux morts du dernier combat, marchant pensif au premier rang derrière les cercueils.

Jeanpierre à la popote installée dans un hôtel de ville, présidant la table ronde des capitaines anciens, détendu et bavard pour quelques heures, grand chef peut-être, un peu moins proche des chefs de section, mais toujours aussi simple et directs.

Jeanpierre reprenant ses habitudes et d'Indochine et marchant de long en large dans la Cour de l'école où le régiment est cantonné.

Jeanpierre s'inquiètant de l'état des rosiers de Zeralda ...

Le 13 mai 1958 le trouve en opération. C'est le seul jour où la radio a servi, avec son autorisation, a écouté autre chose que les communiqués réglementaires. Il part à Constantine et à Alger pour s'informer. Revient et se tient aux aguets puis, peu de temps après conclut que tout cela c'est très bien mais que sa mission reste inchangée. Et le régiment reprend les pistes à peine abandonné.
Mais le REP et fatigué. Jeanpierre le sait mais ne veut pas l'entendre. Les "anciens", interrogés, lui disent qu'il est temps de rentrer base arrière et que, de toute manière, on ne trouve rien, il explose.

- De quoi vous plaignez-vous, je vous fabrique de la gloire.

Il les soupçonne certainement ces "anciens" de formuler un désir personnel et non un avis impartial. Pourtant au retour d'une liaison à Alger, il annonce le repos pour bientôt. Mais cela ne lui plait pas, et peut être est-il mort en nous en voulant de notre réponse. Le repos et proche, les opérations sont les dernières à mener. Pour lui, le 29 mai 1958, ce sera vraiment la dernière. Il restait quelques fellaghas.. Près de l'hélicoptère abattu par une rafale, dans lequel Jeanpierre gît, écrasé contre le pilote, le capitaine Ysquierdo prend le combiné de son poste radio :

le capitaine Ysquierdo


- "Jacky, de Rouge"
- Jacky écoute.
- "Soleil est mort".

Les capitaines entendirent ensemble l'inconcevable. Les combats continuèrent dans le djebel. Il y eut un beau bilan, mais le colonel ne le connaîtrait pas. Une immense tristesse s'était abattu sur le régiment.
Dès les premiers combat de Guelma la cravate de commandeur avait récompensé Jeanpierre.
Sur son cercueil la plaque de Grand Officier décernée à titre posthume, le confirme dans ce qui devient presque une légende. Trois mois en fait on suffit à créer celle-ci, trois mois pendant lesquels tout a été réussi pour la permettre, mais trois mois qui ont suffit parce que, depuis des années Jeanpierre a travaillé à la rendre possible.

Dix ans sépare sa mort de son arrivée au 1er BEP, huit ans à peine de la première mort du BEP à Cao-Bang : pendant ces années il y n'a pas varié d'un pouce mais, pas à pas, patiemment ou impatiemment, il a pris la stature qui reste dans tous les souvenirs. Trois mois aussi, et Jeanpierre le sait bien, pendant lesquels il a été le dernier chainon du travail que d'autres, et tous au-dessus de lui, à ses cotés, sous ses ordres ou sous d'autres ordres, ont mené dans le même esprit que le sien pour qu'une unité de légionnaires parachutistes soit digne d'estime.

Lui mort, tout en imprégné de lui, le régiment continue.

La légion lui doit d'avoir été le l'un de ceux qui ont contribué à la rajeunir tout en lui gardant son âme. Les parachutistes lui doivent d'avoir su insuffler leur esprit à une arme réputée vieille et lente. L'armée française lui doit le respect dû à un officier, qui toute sa vie, a servi dans la troupe et, à chaque instant, est allé au maximum de sa propre exigence.

Le dernier souvenir qui reste de lui, c'est une plaque de Grand Officier et un képi de légion sur un cercueil, sous le soleil d'une petite ville d'Algérie. Et lorsque quelques part dans le monde, deux anciens du REP, qui l'ont idôlatré, se rencontrent, ils parlent du colonel Jeanpierre.


Le commandant Jacques Morin


Dernière édition par le Mar 29 Jan 2008 - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Polémique concernant le Lieutenant-colonel Pierre Paul JEANPIERRE   Ven 21 Juin 2013 - 21:08

Becker ; Pouillot



Un article d’Elisabeth Becker paru dans « l’Est Républicain » au sujet d’une polémique concernant le Lieutenant-colonel Pierre Paul JEANPIERRE, né à Belfort en 1912, mort pour la France à Guelma en 1958 et dont une rue de la ville   porte le nom,   fait réagir deux anciens légionnaires dans une sorte de lettre ouverte à madame Becker.
*

 
Non il n’y a pas de méprise Madame, nous savons que Elisabeth Becker n’est pas seulement la connue gardienne des camps de concentration nazis, celle-ci ayant été condamnée à mort et pendue en 1946, mais aussi et plus heureusement vous êtes Madame, l’une des journalistes actuelles de l’Est républicain qui, pour bâtir votre article sur la "polémique Jeanpierre"  vous référez à Henri Pouillot, ce chevalier blanc paré de vertu, cet apôtre des combats anticolonialistes qui n’a de cesse de dénoncer « le révisionnisme colonial », et s’attacher en particulier à la guerre d’Algérie.
Madame  Becker, vous débutez votre article  de manière assez équivoque ne permettant pas de comprendre d’emblée si vous êtes pour ou contre ou… « bien au contraire » !
Lors du baptême de la rue par Jean-Pierre Chevènement, maire, le 29 mai 2009,  le maire actuel n'avait   pas assisté à la cérémonie. Aujourd’hui encore, selon vous, il "botte en touche".
Depuis peu, grâce à Henri Pouillot « historien » ( !) du MRAP,   une polémique sur le bien-fondé de ce baptême est lancée, au prétexte que JEANPIERRE aurait été un tortionnaire pendant la guerre d’Algérie. Il mentionne des écrits de Douglas Porsch dans son opus « La Légion étrangère – 1831-1962 », comme caution et  les tient pour parole d’évangile.
L’attaque est grossière, mais… allons savoir ce qui se passe dans  certains esprits…
Le général François Meyer  nous  faisait récemment part de sa préoccupation de constater que toutes ces attaques sont rendues possibles par le manque de réaction de ceux qui possèdent encore la mémoire vivante mais qui, l’âge aidant, disparaissent doucement mais sûrement.
Les historiens auto-proclamés tout comme certains journalistes de tout poil peuvent prendre, sans danger d’être contredits par des témoins opérationnels, les dossiers qui leur conviennent et les manipuler à leur guise. Dans l’ambiance qui règne actuellement dans notre pays, qui s’en inquiéterait ?
 
De ce fait, ils font flèche  de tout bois et marchandise de toutes substances.
Tout est bon pour faire haro sur le baudet, l’animal étant celui qui n’a eu l’heur de plaire à ces nouveaux censeurs, alchimistes de  histoire qui nous refilent du plomb pour de l’or,   surtout lorsque l’incriminé ne peut plus se défendre…
 
Ils se servent du climat délétère qui nous entoure et dans la fange duquel ils se vautrent pour attaquer tous-azimuts  pourvu que leur cible soit peu ou prou liée à des minorités visibles. Ils habitent le camp du Bien, s’habillent du lin blanc de la repentance, se parent de vertu et tentent d’abattre sinon l’homme - il leur manquerait le nécessaire courage - au moins sa réputation et l’idéal qu’il peut ou a pu représenter. Dans le cas présent il y a deux cadavres : celui du lieutenant-colonel JEANPIERRE et celui du 1er régiment étranger de parachutistes. Et  ces Zorros de pacotille osent venir cracher sur leurs tombes !
 
Poser de manière ambigüe et toute honte bue, la question de savoir si le lieutenant-colonel Jeanpierre était un héros ou un tortionnaire semble relever de la pure injure envers un soldat qui a donné sa vie pour la France.
 
Il n’est pas acceptable, Madame, de laisser entendre que le 1er régiment étranger de parachutistes était constitué de deux tiers d’allemands anciens des Waffen SS ! La Légion, forte des expériences malheureuses qui ont marqué sa création en 1831, a adopté très rapidement, dès 1835 et à l’instar de Carnot avec les révolutionnaires, le principe de l’amalgame des nationalités pour créer un équilibre des origines au sein de ses unités. Une faiblesse de jeunesse   s’est transformée  en une véritable force. Comment pourrait-il en être autrement dès lors que pour pouvoir parler de grande famille, Legio Patria Nostra, mélangeant plus de 140 origines nationales, il faut  que tous, volontairement fassent abstraction de la nationalité, des origines sociales et des religions ?
 
Nous ne pouvons et nous ne voulons pas laisser certaines publications manipuler l’information sans réagir,  car qui ne dit mot consent. Mais beaucoup d'esprits chagrin sont courageux comme Tartarin dans la chasse au lion et, comme dans une charade à tiroirs, ils pratiquent le mode cascade ; c’est l’homme qui a vu l’homme, qui a vu l’ours ! Elisabeth Becker vous retranscrivez les dires de Pouillot que lui-même se réfère à Porsch et à des témoins suisses dont on ne connait pas les noms! D’ailleurs Madame, en exégète de la pensée de Pouillot, vous utilisez les guillemets à l’envi, mais ce faisant, vous semez néanmoins à tout vent !
 
Le terrorisme de la censure est aujourd’hui bien installé. Pendant que certains journalistes, pisseurs de copie, crachent sur des soldats morts pour la France, d’autres, des lions de panurge médiatiques, ne s’offusquent nullement du fait que le président algérien, un autre cobra cracheur, passe sa convalescence à l’Hôtel des Invalides à Paris, fief des blessés de l’Armée Française. Quel manque de fierté pour ce président que de venir se faire soigner chez "ses" anciens tortionnaires, par des médecins militaires français et séjourner dans le temple de nos soldats, dans le sein même de ces ennemis tant conspués! Je l’ai vu, vieillard penaud, dans le Salon des poteries. Quel aveu terrible  sur l’état lamentable des hôpitaux de son pays.  Les Japonais diraient : quelle perte de face !
Pour l’heure, suivant la tendance totalitaire générale que l’on observe dans notre pays, qui bride la liberté d’expression, pose des bâillons ou des muselières, cadenasse les claviers d’ordinateur, empêche le débat parlé ou écrit. Les juges de la pensée conforme sont en place, le tribunal est constitué. Les procès en sorcellerie peuvent se dérouler sans encombre.
 
Par clientélisme politique on a donné libre cours aux imaginations les plus farfelues en vue de la création d’associations dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle au nombre de leurs adhérents. Des électrons qui se croient libres, pour exister, « s’y agrègent » pour dénigrer leur pays.
 
Non, Madame, la guerre d’Algérie n’a pas été ce que vous semblez souhaiter incruster dans la tête de vos lecteurs. Il est scandaleusement inexact  de prétendre que le général Aussaresses faisait partie  du 1er REP. Cet officier n’a jamais servi à la Légion étrangère.
 
Il serait intéressant et profitable que vous vous instruisiez plus d'avant sur cette guerre d’Algérie qui est défigurée dans sa réalité historique par les écrits « d’historiens  de rencontre» qui assènent allégrement des contre-vérités pour satisfaire leur ego, plaire à certaines franges de la population, puisque c’est tendance, et à certains partis politiques. Les citer comme références universelles ne fait de vous qu’une rapporteuse de faits non avérés. S’appuyer sur les écrits de ce triste sire c’est lui offrir une tribune dans la propagation de la haine qui l’anime et dont vous êtes ainsi le véhicule et par-là, une sorte de complice !  
 
Christian Morisot    

Honteux , les Socialos Communistes au Poteau : Becker ; Pouillot et autres



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MessageSujet: L'ECHO D'ALGER du 31 MAI 1958 - MORT DU LT-COLONEL JEANPIERRE   Jeu 4 Juil 2013 - 17:53

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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Jeu 4 Juil 2013 - 18:08

Merci Guy ,

 

Passes par la case présentation , certains ici ne te connaissent pas , mets ton avatar .

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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Sam 6 Juil 2013 - 9:18

Très belle biographie de Jeanpierre ce héros de la guerre d'AFN où il est passé de l'autre côté
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Papa schulz
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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Dim 26 Aoû 2018 - 7:07



      "Soldat,
Tu vivras comme un chien...
Tu risqueras ta vie, tu peineras dans le djebel et la rizière. On te fera perdre des batailles. On t’obligera à la perdre. On portera atteinte à ton honneur. Et on t’accusera, toi seul, de la défaite. On te traînera dans la boue. Tu seras délaissé, oublié, renié. On te crachera dessus, on flétrira ton œuvre. On s’amusera tandis que tu souffriras, loins des tiens, des tiens, des tiens ingrats. Un jour, ceux là qui te soutenaient, te glorifiaient, ceux-là aussi te laisseront dans l’abandon. Car ils trouvaient quelque chose qui leur déplaît en toi ; ta justice, ta droiture, ta discipline, ta hiérarchie et même ton courage. Ce jour-là sera bien mauvais. Ce sera la désagrégation ; mais toi tu seras grand, même si tu meurs. Et toi, tu te fous de tout cela ; tu te fous des mensonges et des perfidies, des trahisons. Car tu es plus haut. Tu n’es pas de la même race.
Tu es seigneur de la guerre. Sur le piton qui domine la vallée, tu ne penses pas aux autres hommes. Ils sont si petits en bas, si vilains...
Et si tu perds une bataille, tu seras quand même gagnant car tu t’es battu. Tu as essayé, tu as tenté. Et qu’est ce que la victoire ou la défaite, sinon le fait de s’être battu ? Et là est l’essentiel. Et si on perd ce que tu as gagné, qu’importe encore ? Toi, tu as tenté.
Dommage que ton pays, jadis si grand, se complaise dans la honte et l’abandon. Tant pis pour toi. Qu’est ce que cela peut foutre, si toi tu es grand ; est ce ta faute si d’autres n’ont pas compris, si toi tu as compris ?
Qu’importe la trahison, la fourberie, qu’importe l’amour d’une femme, qu’importe l’admiration. C’est si éphémère. Toi tu portes ton amour en toi, toi tu sais et tu n’as pas besoin des autres. Cela ne regarde pas les autres hommes, cela regarde Dieu et toi. Toi tu es soldat, tu es pur : et Dieu te comprend. Et si ton ami tombe, qu’importe encore : c’est la plus belle victoire, et tu auras la tienne un jour...
et si tu comprends cela, le reste est facile.
Et tu seras seigneur."

Lieutenant colonel JEANPIERRE
Mort pour la France en 1958

___________________________________ ____________________________________

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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   Dim 26 Aoû 2018 - 11:29

La Gloire, la Fierté d'être un Guerrier, la Race de Vainqueur, qu'importe ce que l'on dise de toi! Tu es au-dessus tout çà !!! quelle envolée de paroles d'un guerrier comme Jeanpierre !!

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MessageSujet: Re: JEANPIERRE indicatif "Soleil"   

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JEANPIERRE indicatif "Soleil"
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