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 Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle

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bretirouge
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MessageSujet: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 19:07

Les conflits : La guerre d'Algérie

1960 - Dégagement à Alger


  
La fin de semaine arriva et avec elle, la permission du dimanche.
Plusieurs types furent refoulés pour quelques défauts dans la tenue. Les autres, heureux veinards, montèrent dans les « Ford Canada ».

 Les huit de la 6ème étaient tous là, bien entendu. Tout au long de la route, ils sifflèrent les filles et insultèrent les biffins qui traînaient.

 Enfin, ils débarquèrent dans Alger comme en terrain conquis. Ils commencèrent par entrer dans un café pour se « jeter une bière derrière la cravate » comme disait Jo.

 C’était le café du « vieux grenadier ». Devant la porte, sur le trottoir, trônait un grenadier de la Garde Impériale en contreplaqué, qui justifiait l’appellation du lieu.

Dans la salle aux fenêtres grillagées, une bande de légionnaires était déjà en train de faire un sort à une caisse de bière.

 Ils appelèrent à grands cris nos bleus et se poussèrent pour faire de la place aux nouveaux soiffards.


Après deux heures et quelques bières dans la panse, Jo remarqua que le café s’était peuplé d’une foule de soldats, aviateurs et biffins.

 La marine ne serait pas la marine si elle pouvait tolérer un biffin ou un aviateur, aussi, ignorant délibérément qu’il se trouvait dans un endroit public, Jo se leva et apostropha deux aviateurs qui buvaient tranquillement leur coup.

Eh vous deux, les volailles, foutez le camp d’ici, c’est réservé aux vrais hommes ici.

 Allez taillez vous, coqs châtrés !!

Les aviateurs s’approchèrent de Jo et peu désireux de finir au trou, essayèrent de le raisonner.

Allez mon pote, bois ton coup et fait pas chier.

 On ne demande rien à personne ; on boit notre coup et on rentre.

 Si tu es nerveux, pisse sur un balai.
Jo n’était pas en état d’écouter ce langage de raison et il envoya son poing dans la gueule de l’aimable aviateur. La bagarre fusa comme un coup de tonnerre.

 Jo se débattait sous les deux aviateurs qui y allaient de bon cœur.

Bon Dieu de Bon Dieu, pas moyen de boire tranquille dans ce rade avec ces cons de graisseurs de piste.

L’équipe se leva, les légionnaires qu’un peu de gymnastique réjouissait, se levèrent aussi. La mêlée devint générale.

Le patron, pendu au téléphone, essayait d’avoir la police militaire tout en esquivant les trajectoires de bouteilles vides ou pleines qui allaient fracasser le miroir derrière lui.

 Tous y allaient de bon cœur, se défoulant allégrement au détriment du matériel. 

 Les curieux s’étaient agglutinés devant la porte et essayaient de voir ce qui se passait.

 Un légionnaire se pointa avec une bouteille d’eau de seltz et arrosa la foule qui recula.

 Un vacarme de fin du monde s’échappait de cet enfer miniature.

 Aux beuglements des combattants se mêlait le fracas des tables et de la verrerie qui se brisaient.
 
Le patron, à moitié assommé par une bouteille qui ricochant sur son crâne, s’était finalement fracassée sur la caisse enregistreuse, l’inondant de vermouth, venait d’obtenir la police militaire.

 Le hurlement lointain de la sirène des policiers sépara les combattants qui tous retrouvèrent le tonus nécessaire pour s’éloigner dare-dare des triques des représentants de l’ordre militaire. 

 Les huit se retrouvèrent dans un petit café sympa connu de Jo, dont il savait que la serveuse avait un faible pour lui.

 Deux jeeps bourrées de soldats casqués s’arrêtèrent dans un terrible grincement de frein devant le café dévasté et jonché de débris.

 Ils sautèrent avec ensemble dans le café et eurent la vision dantesque d’un carnage de bouteilles et de verreries diverses.

 Le patron émergeant de derrière son bar, une bosse stupéfiante sur son front, renseigna les policiers militaires.

 Ceux ci connaissaient les habitudes des loups de mer et  se pointèrent dans la soirée à l’emplacement des camions de la Marine.
 
Ils surveillèrent l’arrivée des permissionnaires qui seuls ou en groupe, ralliaient leur bahut. Ils en interrogeaient certains, puis les laissaient embarquer.

 Ce fut encore Jo qui les vit le premier.

Stop les gars !! regardez !!! La flicaille nous attend.

 Avec les cocards que nous trimbalons nous allons nous faire coffrer.

 Toi Luc, planque ta main gonflée et préviens le chauffeur de s’arrêter une minute en bas du Telemly.

 On sera là bas. Allez les gars on file.

Luc n’attira pas l’attention des flics et, après avoir papoté avec le chauffeur, un   gars compréhensif qui en avait vu d’autres, il embarqua.

Ouf !! gémit Jo en enjambant la ridelle du camion, je me fais vieux pour ce genre d’exercice.

 Qu’avez vous foutu pour être dans cet état, s’étonna un passager.

 Vous allez vous faire gauler par « Œil de Faucon ».

On verra ça mon pote.

 C’est tout vu à voir ta gueule.

Le camion entra dans le camp et s’arrêta devant le BSI (Bureau du Service Intérieur), et les permissionnaires débarquèrent pour l’inspection de retour de terre

 (un marin est toujours embarqué à bord d’un bateau ou dans un camp et il va à terre pour la permission).

En pleine lumière, Œil de Faucon, le bidel, se pointa l’air de mauvais poil (il avait dû entendre parler des exploits de la bande, et des emmerdements administratifs que cela lui vaudrait).

On est bons comme la romaine, chuchota Luc à Jo
Ouais sûr !!

 Garde à vous et silence sur les rangs !!

La démarche souple, la gueule de travers, Œil de Faucon passa et pointa son doigt :

Vous, vous, vous et vous sortez des rangs et alignez vous devant le BSI !! Permissionnaires rompez !!!

Puis s’approchant des quatre les plus marqués (œil noirâtre, oreille saignante, tenue déchirée et bâchi crâdé)

Vous m’avez l’air d’aimer le grand air !! D’où viennent ces gueules ? Vous, résumez moi ça !!!

 Nous marchions tranquillement Premier Maître, et des Arabes nous ont insultés.

 Nous comprenons l’arabe et donc nous avons décidé de leur apprendre à vivre.

Ils étaient une dizaine et eux sont dans un état pire que le nôtre. 

 De quelle compagnie êtes vous ? 

 De la sixième, Premier Maître !!

 A terre !! trente pompes chacun !! Comptez avec moi :  Un …. Deux …. Trois…
Puis il les renvoya à leur couchette, tout contents de ne pas prendre quinze pains.

 Le reste de la bande fut soulagé en les voyant entrer et se coucher. Bientôt, le silence envahit la chambrée.
                                                      
                    
Extrait du livre « les Saccos » de Lucien Henri Galea


 

    
 
 

Escorteurs d'éscadre


Hélicoptère Sikorsky H19 larguant un stick


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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 20:01

Putaing , la "Bonne Vie" de l'époque.  cheers

Maintenant , sont en perm chez Papa ou Maman .  Very Happy

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 20:40

Dans mes souvenirs me reviens une bordée dans Alger,

 en 1957 ou après une bouffe chez un juif arabe,

 ou nous avions fauché les couverts, nous sommes partis au "Chat Noir" le bordel en bordure de la casbah

 A trois "minus" nous ne faisions pas le poids, après avoir tiré un bon coup, à la sortie nous sommes tombés sur des "rampants" coup de gueule !!

 Mais eux étaient huit et se sentaient fort.

 un mot à un autre ont fonce dedans , le premier qui me balance son poing poussa un hurlement,

 je l'avais embroché avec ma fourchette, décuplement de coup de  botte de saut et coup de poing,
 bientôt submergés vu l'alcool absorbé, ont a gueulés "à nous les paras "

 un cri sauvage arriva à notre rencontre, c'était "Mario" mon caporal ancien d'Indo

et de Corée un taureau de 100 kg, blessé à la tête durant sont séjour de Corée

il perdait les pédales du à l'alcool et sa blessure .

Je vois toujours la masse de viande rentrer dans les huit "rampant"

tête baissée du premier coup deux tombent au sol et alors galvanisé par cette aide

inattendue, sa tape dur,

j'ai ramassé un poing dans le nez qui a raflé l'oreille, les hurlements de bête de "Mario"

nous stimule , les "rampants dégagent avec perte et fracas

 j'ai eu le temps d'en piquer un autre avec ma fourchette, mon pote Jacky Fièvre mort 6 mois plus tard était content de cette sortie

 et notre caporal, fût pour nous une mère poule !!! 

 et c'est lui ce caporal qui au cours d'une visite en règle de Bigeard dans nos guitoune,

 vit la panoplie de médaille du caporal  "Mario Piacenza" demanda qu'il fasse le peloton de sous-off, mais comme c'était un arsouille, 

 après un regard sur son pédigrée, il resta caporal et quelques mois après il disparue du "3 RPC. pour bagarre avec un officier,

 qui s'appelait  "lieutenant ROHER" chef de notre 4eme peloton , puis muté à la 2eme compagnie et mourus dans les dunes  de TIMIMOUN en même temps que  SENTENAC

dans cette opération que je fit d'un bout à l'autre..

 Mario resta 15 ans dans les paras et se maria, mais c'était pas sa vie !! il finit misérablement,

 et c'est mon chef de section avec qui je correspond toujours

qui le recueilli avec sa femme et l'aida pour survivre il disparu très tôt,

 Jacques MIchel mon lieutenant devenu commandant aida sa femme dans les funérailles..

 triste pour un guerrier qui ne vivait que pour la guerre et la bagarre !!

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 21:15

Merci pour ces souvenirs mon Frère Para

Pour certains , seules existaient , la Guerre et la Bagarre

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 22:39

Mario Piacenza qui était un fidèle de "Bruno" quand au retour d'une opé , alors que nous étions à Bône dans une ancienne conserverie de tomates, nous avons appris que Bigeard venait d'être descendu par de tueurs au cour d'un footing dans Bône, de deux balles de révolver dans le dos; il grimpa dans une jeep à laquelle il avait mis un FM sur son support , pour nettoyer l'affront fait sur son chef adoré !! il a fallut un échange de coup de poing avec le lieutenant Roher qui réussi à le viré de la jeep avant qu'il fasse un massacre dans Bône, et de plus c'était ma jeep, sacrément emmerdé  !!! Mario bien sûr bourré ,aurait  fait carnage chez les crouilles ... çà c'est passé devant moi !!! putain, heureusement que Roher savait boxer et même pas mal, il a ébranlé la gueule à Mario et çà l'a calmé !!! mais pas un motif ni un blâme !! un chef comme à la légion tout entre nous !!!  j'ai moi même reçu un coup de poing dans la figure d'un lieutenant qui s'appelait L....., un fou de guerre qui nous avait surpris entrain de fumer pendant la garde de taulards terroristes, à El biard au centre du 2eme bureau .... un mot à un autre je lui ai dit que dans le djebel on se retrouverait, j'ai ramassé une praline de première dans mon pif!!! mais tout c'est arrêté là... jamais il m'en a voulue ni moi, et j'ai appris beaucoup plus tard que devenue colonel à la retraite, il a pété un plomb et c'est suicidé alors que très riche et marié à la fille d'un milliardaire, il aurait pu avoir une vie bien rangé  ??? ce qui prouve que l'on est bien petit dans ce monde qui nous accepte ou qui nous rejette de la société .......

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 22:56

C'était la bonne époque , celle des hommes avec un grand "H"

Chez nous aussi , pas de trou , lessive entre nous , puis direction le Mess ou le Foyer .

Pas comme chez les Baziers .

Je vois mal de nos jours une telle façon d'agir .

Autre époque , autres méthodes Rolling Eyes

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MessageSujet: Lieutenant ROHER à TIMIMOUN    Lun 29 Juin 2015 - 23:12


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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Lun 29 Juin 2015 - 23:31

Le "Portrait Type du Para"

Merci Gus

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Mer 1 Juil 2015 - 7:11

On a eu de hors normes  mais aussi  des connards comme partout, tout ceux que j'ai connu étaient des chefs né, la preuve du sergent-chef Ménage qui devint général, et bien d'autres...

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MessageSujet: Re: Une bordée dans Alger ou un dégagement en règle    Mar 7 Juil 2015 - 8:32

Mes souvenirs s'estompent, les lieux et le nom de certains endroits de plaisirs, mais grâce à mes petits carnets, quelques souvenirs remontent à la surface

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