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 Pau , le brevet 1955

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bretirouge
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MessageSujet: Pau , le brevet 1955   Ven 6 Mar 2015 - 20:28

PAU, camps d'Astra-- La BETAP-- Le Brevet .






          Le 7 novembre 1955:. Enfin me voici à PAU- La BETAP (base école des troupes aéroportées).  


      Ce camps d'entrainement des parachutistes est conçu pour faire passer le brevet parachutiste à un nombre important de candidats au TAP. Je fais parti de la 266e Promotion. 

      Je me sent en vacances par rapport aux durs traitements de la Citadelle de Bayonne. Le cantonnement est fait de baraquement en bois, à peine chauffé par un poêle vétuste, qui ne dégourdit qu'une partie de l'air de la chambre, je grelotte la nuit malgré un ciel clément, le froid arrive avec le mois de novembre.


        Un peu de sport le matin en petites foulées mené par un moniteur du stage, rien à voir avec le forcing durant les deux mois à la Citadelle. La nourriture est excellente et abondante, et oh ! Surprise, je retrouve mon pote « NONO » dans la même promotion et dans la même chambrée, c'est la vedette du coin, avec sa tête de boxeur et son baratin, les gars sont toute ouï


   Les repas servis dans des plateaux système self service, pour les grands mangeurs, possibilité d'avoir du rab, à cette cadence je vais reprendre du poids.


    14 novembre 1955: nous commençons l'entrainement de sortie d'avion sur une carcasse de Junker 52, les explications du sergent Aréal ( que je retrouverai à Chypre en 1957 comme largueur avec le grade de sergent-chef).

    Entrainement aux harnais, savoir s'harnacher correctement et surtout ne pas laisser coincer les « joyeuses » dans une sangle. On se détend comme des gamins attentifs, il y a des sourires dans l'air quand le moniteur nous promet des surprises à la tour de départ. Par contre, au moment des essais à la tour d'arrivée simulant le contact au sol en parachute, vu la tête des gars à l'arrivée en glissade le long d'un câble d'acier, notre sourire ressemble à un rictus. 


   Le contre poids réglé pour notre poids de corps est approximatif et pour les grandes gueules, le contre poids est allégé, de ce fait, la vitesse d'arrivée est amplifiée et notre fanfaron en est quitte pour une superbe gamelle avec le casque qui vient lui percuter le nez, les quolibets fusent !.


     « Brigitte » ( la tour de départ) nous attend de pieds ferme, avec ses 18 mètres de haut terminée par une plate-forme, un harnais se balance au dessus d'une imitation de porte d'avion. A sa vue, on devient humble avec de l'anxiété à revendre, je m'efforce de cacher une petite trouille par des blagues, mes les rires sont nerveux.

    On accède à la plate-forme par une échelle interne fixée dans la tour faite d'assemblage métallique, la haut on nous harnache, puis en position à la porte, il faut se lancer dans le vide, c'est curieux comme on voit les copains en bas plus petit que de coutume. Celui qui se présente à la porte sans crainte et saute sans hésiter donne du baume au cœur au suivant, mais malheur si le gars hésite, le moniteur lui parle pour le remettre en confiance, et si cela de fonctionne pas, il le retire pour un temps de réflexion, et le remet en place pour le saut, en général sa marche .


   J'ai un bon camarade qui n'a jamais pu faire le saut, les gars qui attendaient hurlés: «  il va sauter ! ce con là ! mais pourquoi il saute pas ??  » en fait, il avait la hantise du vide je l'ai su après, il est parti honteux, humilié par le moniteur car il avait mis le doute dans l'esprit des autres camarades. 

  Pour moi, pas de problème, je n'ai pas le vertige, sans appréhension je me suit mis à la porte et au « GO » j'ai passé la porte. Le sergent moniteur nous avait autorisé de crié «  merde pour le sergent! » à condition que cela soit dit à la sortie de la porte mais pas avant, mon camarade René Cadet, voulu le faire, il ne se doutait pas que lorsque les dents sont serrés et la gorge nouée, il est dur d'en faire sortir un son, ce n'est qu'au choc dû au freinage qu'il a dit la phrase, qui lui a couté 50 pompes, nous avons tous compté les pompes en rigolant !!.


   Une fois mon contrat terminé, je me suis retrouvé dans une grosse boite du bâtiment où je faisais des dépannages de balancelles motorisées servant à monter des murs-rideau, telle que la Maison de la Radio à Paris ou la Base Aérienne de Paris dans le 17e, la hauteur dépassant 100mètres, quand une balancelle tombée en panne c'était souvent le micro- contact de flèche qui lâchée, il fallait que je joue au trapéziste à grande hauteur pour changer ce sacré contact.


  Mon camarade René Cadet fit son temps au 3e RPC, dans mon équipe, lui comme tireur FM, moi chef de pièce.


   21 décembre 1955: c'est le jour « J »; de bon matin, habillé le jus avalé, nous allons au terrain, la promo au complet et percevons les parachutes apportés par camion en bordure de piste ou les Dakota attendent notre embarquement. Le ciel est claire et frisquet, pas un souffle de vent dans l'air.

  Nous percevons les parachutes numérotés et inscrit dans un registre de vol, avec le nom du propriétaire provisoire, le type d'avion et le nom du largueur. Je vérifie mes parachutes afin de m'assurer que rien ne cloche, car des anciens laissent courir un bruit comme quoi « certains sont bourrés de paille ! » Ah ! Les vaches ! Comme si ont n'avait pas assez de stress sans çà .


   Le moniteur nous incite à faire le « pipi de la peur » comme il dit afin de vider la vessie, puis une fois harnaché, aidé par le gars à côté ou un chef qui vérifie la parfaite mise en place du harnais, un « futur para » à même oublié de passer une sangle, l'émotion sans doute

   Ne pas oublier de dégager les «  bijou de famille   » , heureusement, le moniteur à les yeux partout. Le casque lourd attaché par un bout de ficelle au harnais en cas de chute de ce dernier par le choc à l'ouverture.
 
  Comme un crabe maladroit je suis le la file indienne qui se dirige vers le Dakota ou un escabeau nous permet de monter dans la carlingue aidé par un para afin d'éviter un déséquilibre ou une chute , je suis en 5ème position. Assis face à face dans des sièges, les yeux sont ailleurs, les deux bras pliés sur le ventral et tenant le mousqueton de la SOA qui tout à l'heure sera accroché au filin d'acier permettant à ce celui-ci de glisser jusqu'à la porte.


  C'est dans la tête que tout ce passe à ce moment là. Les moteurs sont mis en route dans un crachotement et une pétarade d'enfer, puis un essai de puissance des moteurs qui fond vibrer toute la carcasse de vieux bimoteur. On se regarde avec un sourire crispé, l'avion vibre plus que jamais, une vrai caisse de résonance.

  Il roule pour se mettre dans le vent en position de décollage, les moteurs poussés à plein régime l'avion roule de plus en plus vite pour atteindre sa vitesse de décollage dans un grondement féroce.


  La pression nous colle aux sièges tant que nous serons pas à l'altitude de 400 mètres environ. Je deviens léger, quelques trou d'air nous tasse de temps en temps, les moteurs sont devenus beaucoup moins bruyant. Le moniteur essaye de nous faire chanter, les voix sont timides, «  debout les paras il est temps de sauter sur notre patrie bien-aimée ! » quelques sons de gorges s'échappent étouffées par le bruit des moteurs du vieux Dakota qui à du faire toutes les guerres !.

   Je regarde le voyant lumineux rouge, quand la voix du largueur rugit « Debout ! Accrochez ! », nous sommes debout et tout les mousquetons sont enfilés sur le câble toujours tenue par la main. Dernière vérif, nous sommes collés les uns aux autres, «  numérotez-vous !  » crie le moniteur, «  1..! 2 ..! 3..! etc .. », Le pieds gauche en avant, je suis prêt ! Soudain le claxon hurle et le voyant passe au vert, je ne vois que le dorsal du gars devant moi, que je suis déjà à la porte en position les mains sur le montant de de l'ouverture, le regard vers l'horizon, la tape du largueur sur l'épaule et le « GO » me font comme un ressort.

  Je lance le pied droit le plus loin possible et je crois avoir fermés les yeux, aspiré comme un fétus de paille par ce vide, je crois aussi avoir aperçu du ciel bleu dû à ma position ! La dégringolade est de courte durée, je me sent brutalement remis à la vertical avec une grosse secousse dans les épaules, un silence incroyable m'environne, j'aperçois des corolles se balancés devant moi, je lève la tête pour admirer la coupole de mon parachute, tout est en bon ordre, je fait mon tour d'horizon, de petits paras s'agitent au sol, les copain que je reconnais, hurle des mots que je ne puis entendre,un haut parleur du sol donne des directives:

  «  traction à gauche !.. traction à droite !.. groupez-vous !..) çà c'est pour les gus qui ont les jambes écartées. Les premiers arrivés au sol, s'activent pour dégager la DZ ( dropp zone ), le sol arrive vite, les pieds bien groupés et les jambes fléchies, je me présente pile et en douceur dans un roulé-boulé impeccable, la voile commence à s'affaler doucement, je me relève et marche sur la voile en tirant les suspentes pour dégonflé le pépin.


  Tout le monde s'active, dans la joie libératrice, nous sommes fiers de notre premier saut, je ramasse mon pépin et le love dans mes bras comme on me l'a enseigné, pour le ramener vers mon stick. AH ! Les commentaires joyeux, intarissables, la pression sur le mental a disparue, nous sommes fiers ! . Je suis détendu et crevé à la fois.


   Les autres sauts se feront les 21, 24, 25, 26, 28, 29, novembre 1955. Fin de sauts, tout le monde en tenue, présentation au drapeau de la 266ePromotion, remise du Béret Rouge, et du brevet parachutiste dont le N° 110396 est restait dans ma mémoire et sera mon numéro fétiche.


   Ce sont les adieux aux moniteurs après la photo souvenir de la promo, nous, fiers du résultat, eux , un peu blasés mais satisfaits de leur mission. Retour à Bayonne, les nouvelles recrues nous regardent passer avec envie.

    Le service administratif est sous le commadement du capitaine Porcher, la formation de l'Escadron de Jeeps Armées, sera sous les ordres du capitaine Le Boudec, ancien lieutenant au 6 BPC du lieutenant/colonel BIGEARD, en Indochine, héros de DBP.

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 6 Mar 2015 - 20:38

Merci mon frère Para

Pour tous , je crois que le passage a l'ETAP est un moment "Emouvant"


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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 6 Mar 2015 - 22:09


Gus !

oui a l'époque 2 semaines à l'ETAP c'est rester graver dans beaucoup
de tronche de vrais paras !!

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Dans une guerre, ce qui se passe, ce n'est jamais ce qu'on avait prévu. Alors ce qui compte, c'est d'avoir le moral !
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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Sam 7 Mar 2015 - 8:07

Je m'en lasse pas d'y penser !! c'était le bon temps de ma jeunesse à 19 ans l'avenir est devant nous et le monde nous appartiens







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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Sam 7 Mar 2015 - 10:40

Bonjour,

J'aime bien lire ces petites pages d'Histoire.Merci pour ce récit!
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GIPEGE

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Lun 9 Mar 2015 - 12:02

Un souvenir me revient: après le bruit d'enfer des moteurs du NORATLAS, le vent de l'hélice qui vous faisait valser au bout de la SOA, c'était le silence et, après avoir vérifié la bonne ouverture de la voilure, en tractionnant pour se situer par rapport aux copains du stick, je revois une quantité de petits élastiques qui accompagnaient notre descente...(ou alors je gagate?)
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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Lun 9 Mar 2015 - 14:16

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Jeu 12 Mar 2015 - 19:47

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Jeu 12 Mar 2015 - 22:14

Tu as raison , Gipege

C'était les élastiques , que nous devions changer a chaque pliage

Ceux qui ouvraient les volets du sac de la voile ( les enrouler a gauche et a droite)

Putain que de bons souvenirs

Maintenant les pépins sont dans un film  bien emballés et dans une remorque climatisée

A notre époque : en vrac dans un GMC , et un gus qui te le jetait dans les bras , comme un sac de pommes de terre

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GIPEGE

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 13 Mar 2015 - 9:59

Base de Bricy, il y avait dans l'encadrement un petit capitaine qui, pour rassurer les stagiaires inquiets
de la non ouverture possible de leur pépin, avait fait un saut avec la voile en vrac dans les bras. Je pense que c'était un sauteur très confirmé, il s'appelait NOMURA (phonétiquement, orthographe non garantie)
je n'ai pas été témoin directement, mais on ne parlait que de ça sur le terrain...
c'était en 62...
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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 13 Mar 2015 - 13:43

Bonjour,

Je crois qu'il y avait un No Mura chez les légionnaires parachutistes...
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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 13 Mar 2015 - 20:04

Egalement au 14eme RCP

Un ancien d'Indo scratch

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MessageSujet: Re: Pau , le brevet 1955   Ven 13 Mar 2015 - 20:34

De mon temps il n'y avait pas de légende ou de héros, mais tout simplement la réussite du saut, pour les élastiques je ne me rappelle pas du son des élastique mais plutôt de l'échappement à ce bruit infernal des moteurs et du hurlement de klacson donnant le signal du "GO" vers l'inconnu puis l'aspiration irréssistible   dès la sortie plus ou moins nette que j'imagine, les yeux fermés attendant le choc à l'ouverture qui va me redresser brutalement comme un pantin dans un silence soudain,  presque  inimaginable tellement tout devient vaporeux, léger c'est l'apothéose  du para dans un ultime soulagement de fierté, d'éblouissement de beauté de la terre vu de la sorte !!!!

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