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 Les Alginquins - Abenakis.

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Athos79
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MessageSujet: Les Alginquins - Abenakis.   Mer 18 Fév - 21:19

Abénaquis ou Abénakis



ABENAQUIS ou ABENAKIS, nom d'une confédération algonquine qui habitait le long du littoral du Maine actuel: Wabun, lumière blanche, aki, terre, région : « Ceux de la terre du levant », eu égard aux Algonquins de l'ouest.

Champlain orthographiait Abénaquiouiels et Abénaquioit; les missionnaires jésuites adoptent la forme Abénaquiois, racine du terme usité jusqu'à nos jours. Quand un groupe de ces indigènes émigra vers Québec, le nom désigna ceux de la région de Kénébec et de Pentagouet.


I - Division de la confédération.

À l'origine, elle comprenait un grand nombre de ramifications secondaires, énumérées dans leur histoire par l'abbé Maurault.

1° Les Kanibesinnoaks, ou « Ceux situés près des lacs », que les Français nommèrent, par abréviation, les Caniba;

2° Les Patsuikets, ou « Ceux du pays de la fraude », qui s'introduisirent chez eux par ruse, en sortant des régions qui s'étendent entre le Connecticut et la Merrimac ( Mourôtenak , rivière très profonde);

3° Les Sokouakiaks, ou « Ceux de la terre du Midi », Sakaquiois ou Sokokis des Français, occupant le pays du New Hampshire;

4° Les Narantsouaks ou « Ceux qui voyagent par eau », qui habitaient les hauteurs de Kénébec et les régions lacustres;

5° Les Pentagoëts ou Penaouhskets, ou « Ceux de la région pierreuse », qui campaient à l'embouchure et en amont du fleuve, nommé des Français Pentagouët et des Anglais Penobscot;

6° Les Etemankinaks, ou « Ceux du pays des peaux de raquettes », les Eteminquois ou Etchemins des Français, qui demeuraient sur les rives de la rivière Sainte-Croix et du haut Saint-Jean, contrées peuplées d'orignaux et de caribous;

7° Les Sarasbegoniaks, ou « Ceux de la rivière du clinquant », qui vivaient sur les rives de la rivière Saint-Jean, où roulaient des parcelles d'or. Les descendants des Etchemins-Souriquois sont dénommés Malécites, ou « Ceux qui sont de Saint-Malo »; d'après Maurault, leurs ancêtres étaient en partie des trafiquants malouins. Les Micmacs parlaient un idiome fort différent.

Une série de lettres, attribuées à Raudot fils et conservées aux Archives, traite de leurs moeurs et de leurs coutumes. A part quelques variantes de circonstances locales, ces us et coutumes sont identiques ou analogues aux moeurs et usages des autres tribus indigènes.

Les Abénaquis, selon le récit, sont répartis en six villages, dont quatre en Acadie et deux au Canada, où Abénaquis et Malécites sont mélangés : Novenaouan, à 40 lieues de la mer, sur le Kénébec; Panaouanké, à 18 lieues sur la rivière Pentagouêt; Passamaquoddy, à 40 lieues du dernier village, sur la baie et à l'embouchure et en amont de Sainte-Croix; Médoctec, à 40 lieues de l'embouchure et en amont de la rivière Saint-Jean. En 1707, ils cultivaient un peu de blé d'Inde, mais la chasse et la pêche sont leurs uniques occupations en temps de paix. Tous passent le temps à flâner dans l'indolence, laissant les travaux aux femmes. Ces tribus prennent pour femmes toutes les soeurs d'un même wigwam, qu'ils abandonnent souvent pour s'unir à d'autres. Tous sont­ excellents guerriers et aiment à se battre. Au début du XVIIIe siècle, selon l'assertion du narrateur, les Abénaquis sont baptisés, fort attachés à la prière et très soumis à leurs missionnaires (V. Corr. gén. Can ., vol. 122 ou C. 11, 250).


II. Histoire de la nation.

Au XVIIe siècle, Champlain le premier, en 1604, explore le littoral de Norembègue, visite les eaux du Pentagouët jusqu'à 25 lieues à l'intérieur. Les Canibas firent bon accueil au Père Biard en 1611-13. Vers 1627, Charles de la Tour eut un fortin à son embouchure. En 1640, les Algonquins du Saint-Laurent s'allient à ceux de Kénébec. En 1643, un Algonquin de Sillery, accompagné d'un adolescent abénaquis, vient à Kénébec enseigner les rudiments du christianisme et, l'année suivante, un bon groupe se rend à Québec se faire instruire et y recevoir le baptême.

C'est en 1646 que le Père Druillettes entreprend avec eux le retour à Pentagouët : il se fixe à Houssinok, aujourd'hui Augusta dans le Maine. Les convertis le nomment le Patriarche et l'Homme des miracles. Versé dans la connaissance de l'algonquin, il apprend leur idiome en dix mois et il catéchise ses auditeurs. Retourné à Québec en 1647, il revient en 1650, puis en 1652. D'autres Jésuites lui succèdent, fondant la mission de l'Assomption à Kénébec. Simultanément, les missionnaires capucins de Port-Royal évangélisent la tribu. En 1654, Pentagouët et l'Acadie tombent au pouvoir de Sedgwick. En 1670, M. de Grandfontaine la recouvre, en vertu du traité de Bréda et y fixe sa résidence. Dès l'arrivée de M. de Saint-Castin, les Abénaquis deviennent les fidèles alliés de la France. « La présence de cet homme énergique au milieu des Sauvages, écrit M. Ferland, offusqua les marchands anglais de Pemquid. » En 1675 et en pleine paix, les Abénaquis furent surpris à Cocheco, décimés, les uns pendus, les autres vendus à Boston comme esclaves. Un groupe alla se réfugier à Sillery, résidence occupée par les Algonquins; d'autres encore s'y transportèrent dans la suite en nombre considérable. En 1683-84, le Père Bigot reçut de M. de la Barre l'emplacement du village Saint-François de Sales. La même année, plusieurs suivaient les troupes du gouverneur contre les Iroquois. En 1687, environ 300 accompagnaient M. de Denonville et incendièrent les moissons de Tsonnontouans. En 1689, irrités de l'odieux massacre de Lachine, les Abénaquis rejoignent leurs compatriotes d'Acadie. Sous les ordres du baron de Saint-Castin, ils se précipitent sur la garnison de Pemquid, rasent le fort, portent le feu et le fer dans treize villages anglais, massacrent environ 200 personnes. En février-mars 1690, nos alliés se distinguent dans le détachement que M. de Frontenac lance contre la Nouvelle-Angleterre; ils marchent contre Winthrop et Phipps. En août 1691, ils sont vainqueurs à la Prairie de la Madeleine, sous les ordres de M. de Valrennes. Durant l'hiver, M. de Frontenac rallie de nouveau, contre les Agniers, Canadiens et Abénaquis, qui retournèrent chargés de butin. La même année, les familles converties firent à Notre-Dame de Chartres un voeu qu'elles accompagnèrent d'un grand collier de wampum, sur lequel on lisait l'inscription : Matri Virgini Abenaquivei. D.- D., « offert à la Vierge Mère par les Abénaquis ». Cet ex-voto existe encore à la cathédrale. En 1693, les Iroquois font irruption le long du fleuve, de Boucherville à la Rivière-du-Loup : Canadiens et Abénaquis les pourchassent à outrance. A la même époque, leurs congénères d'Acadie s'illustrent sous les ordres du sieur de Villebon : les chefs Madaôdo (Esprit) et Taksus (Marteau) font des prodiges de valeur à Oyster Bay et à Boston. En 1696, ils secondent M. d'Iberville dans la prise du fort Pemquid.

Au XVIIIe siècle nos fidèles alliés sont sans cesse prêts à répondre aux appels des gouverneurs et toujours soumis à leurs mandataires, militaires ou civils. Le 25 juillet 1701, ils sont représentés à l'assemblée plénière de Montréal, où M. de Callières cimente la paix solennelle et définitive entre toutes les tribus indigènes de la colonie : ainsi les trois mille combattants abénaquis, en s'attachant aux Français, avaient vaillamment travaillé, sur divers théâtres de lutte, à sauver la Nouvelle-France et à amener la pacification universelle, le 4 août 1701. Les missionnaires jésuites ne cessèrent jamais de les évangéliser, de les civiliser, de les conseiller, à l'égal des Hurons et des Iroquois.

Toutefois, la Nouvelle-Angleterre ne déposait point les armes; elle convoite l'Acadie et même le Canada. En 1703, le gouverneur Dudley convie les chefs abénaquis à la convention de la baie Casco, où il s'en attache plusieurs par un traité d'alliance. Informé aussitôt, M. de Vaudreuil lance un détachement canadien-abénaquis, mis sous les ordres de M. Le Neuf de La Vallière, contre les établissements situés entre Casco et Wells. En 1704, nouvelle expédition commandée par le sieur Hertel de Rouville : il enlève la place de Deerfield. Se sentant ensuite harcelés sans répit, des groupes d'Abénaquis viennent se fixer à Bécancour, à Nicolet, à Saint-François-du-Lac. En 1707, les guerriers du baron de Saint-Castin secondent deux fois M. de Subercase dans la défense de Port-Royal. En 1708, nos alliés sont encore de l'expédition contre Haverhill. C'est alors que les Anglais mirent à prix la chevelure de chaque Abénaquis, à raison de 10, 20; 50 liv. sterling : c'était décréter leur extermination. En 1709, infructueuse expédition de M. de Ramezay. En 1710, l'Acadie devient la Nouvelle-Ecosse. Mais le baron et ses troupes harcèlent sans répit les postes occupés; en 1711, ils se voyaient maîtres d'Annapolis, quand survint la flotte de Hovenden Walker. Contre Nicholson s'avançant sur Montréal, M. de Vaudreuil arme tous les Abénaquis; on sait l'échec de Walker et la retraite de Nicholson. Mais un parti abénaquis ayant franchi le Vermont tombe à l'improviste sur Gilltown, y enlève le jeune Samuel Gill et d'autres prisonniers. En 1713, traité d'Utrecht, qui mit fin aux ravages que portaient nos alliés dans les forts, villages, métairies de la Nouvelle-Angleterre.

Les Abénaquis, tous catholiques, résidaient alors, les uns à Pentagouët avec les missionnaires, les autres à Narantsouak - appelé Norridgewock encore aujourd'hui par les Anglais; d'autres à Médoctec, desservie par les Jésuites également. En 1715-16, les autorités de Boston entreprirent de gagner les Abénaquis à leur allégeance et de prendre leurs terres. Les Français firent savoir à leurs alliés que la clause du traité n'embrassait point les régions convoitées. En 1717, le gouverneur Dudley les convoqua à une réunion, où ils refusèrent toute concession. Il leur fit savoir alors que tout le continent, de Boston à Québec, appartenait à Sa Majesté Britannique, et qu'il enverra un corps expéditionnaire de 200 hommes s'emparer de Norridgevock. En 1716, les Abénaquis se firent renseigner par le Père Rasle sur leurs droits et leur résistance. A Kénébec, ils ont concédé aux Anglais d'ouvrir une école indigène, de bâtir un magasin de traite, plusieurs maisons, un fortin. Consulté, M. de Vaudreuil les en blâme, car la presqu'île acadienne ou Nouvelle-Ecosse a été cédée seule. Alors une députation se rend à Boston, où l'on retient prisonniers quatre délégués. De plus, Dudley réussit à entraîner le baron dans un guet-apens et le met aux fers à Boston. On le conduit, après un mois de détention, en Angleterre, d'où il passe en France. La tête du P. Rasle est alors mise à prix et le capitaine Westbroke, suivi de deux cents hommes, va tenter le coup de force. Le Père prévoit la fin de la nation et, en 1722, exhorte les guerriers à se retirer à Saint François-du-Lac, tandis qu'il demeurera, avec les vieillards et les infirmes. Le 23 août 1724, le village Narantsouak est surpris par 1,100 Anglais; tout est pillé, brûlé, le P. Rasle égorgé et scalpé. La mission de Médoctec subsista jusqu'en 1731. Dès lors, l'histoire des Abénaquis se limite aux villages du Canada.

Dès 1726, devenus exclusivement Français, les Abénaquis se battent avec les Canadiens et les soldats réguliers. En 1728, environ huit cents font avec eux la campagne du lac Michigan contre les Folles-Avoines et les Outagamis. En 1733, la petite vérole vient décimer leurs villages. En 1744, formés en plusieurs détachements, ils opèrent à l'Ile-Royale, en Acadie, dans les colonies voisines et, en 1746, ils vont ravager le New-Hampshire. En février 1747, unis aux Canadiens, ils infligent une totale défaite aux Anglais stationnés à Beaubassin sous le commandant Noble. La même année, un groupe de combattants suit les Français au lac Michigan contre les Miamis en révolte. En 1748, nouvelle expédition, commandée par M. de La Corne de Saint-Luc, et prise du fort Clinton et du fort Bridgeman sous les ordres de M. de Léry. Puis la paix d'Aix-la-Chapelle vient assurer une trêve de quelques années.

En 1754, reprise des hostilités. Divers partis de guerre vont molester et assaillir les bourgs de New-Hampshire, semant la dévastation et la mort. Le 9 juillet 1755, près de deux cents Abénaquis, mêlés aux Canadiens, se distinguent à la Monongahéla; en septembre, ils se battent sous les ordres de Dieskau avec l'entrain de la fureur; mais le feu violent de l'artillerie anglaise les force à la retraite. Durant l'hiver, plusieurs contingents abénaquis allèrent venger la déportation des Acadiens, leurs amis fidèles. Le 3 juillet 1756, une centaine lutte avec impétuosité sous les ordres de M. de Villiers, sur les voies qui mènent à Oswego ou Chouagen. Dans la suite, 600 environ prirent leur rang dans les troupes de défense : le chevalier de Lévis et M. de Rigaud les commandaient à William-Henry, à Carillon, à Montmorency, aux Plaines ou au siège de Québec (1757-59).

Les Abénaquis se montrèrent fidèles à leurs nouveaux maîtres; ils versèrent leur sang en 1775 et en 1812. Leur postérité tend à disparaître en se fusionnant avec les blancs. Néanmoins, en 1903 les Abénaquis de Penobscot flottaient entre 300 et 400 âmes; ceux de Passamaquoddy atteignaient le chiffre de 800; ceux de Saint-François-du-Lac 222; et ceux de Bécancour 50 âmes, au recensement de 1921.

Source  : LE JEUNE, L., « Abénaquis ou Abénakis », dans Dictionnaire Général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mours, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. 1, Ottawa, Université d'Ottawa, 1931, 862p., pp. 4-6
© 2004 Claude Bélanger, Marianopolis College

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